03.07.2008
Sarcelles : les apprentis sorciers du communautarisme
Le député maire de Sarcelles, François Pupponi, successeur de Dominique Strauss-Kahn, porte-parole auto-proclamé de la banlieue, veut faire de sa ville un laboratoire vivant de la France de demain. Ils se garde pourtant bien de faire la promotion de certaines de ses recettes, des plus nauséeuses pour tout républicain qui se respecte. Dans une ville « communautarisée », selon ses propres termes, la réaffirmation des principes républicains devrait d'autant plus être de rigueur. C'est le contraire qui est pratiqué. L'exemple le plus édifiant et le plus scandaleux est celui de la « liste bleue », intégrée en grande pompe à la majorité municipale. Petit retour historique.
2001, dans une communauté juive inquiète de la recrudescence de l'antisémitisme, quelques personnalités locales ont la brillante idée de monter une liste communautaire aux élections municipales : la liste bleue. Ils tentent au préalable une négociation avec DSK et Pupponi selon les termes suivants. La communauté juive représente une partie importante de la classe moyenne d'une ville en voie de paupérisation, elle doit à ce titre contrôler les compétences municipales clés. Le bon sens l'emporte à l'époque, la demande est jugée irrecevable et la négociation échoue. La liste bleue se constitue donc et se présente devant les électeurs. 45 colistiers triés sur des critères religieux, sinistre première. Le but affiché : mettre la liste de gauche en ballottage et négocier entre les deux tours. DSK qualifiera pendant la campagne cette liste de « honte pour la république » (1). Malgré un score plus qu'honorable : 13,54%, le « front communautaire juif » ne parvient pas à ses fins, la liste Pupponi-DSK est réélue au premier tour avec 58% des voix.
Les républicains et les laïcs sont soulagés… pas pour longtemps, car la partie n'est pas terminée, la liste bleue revient à la charge. Au lieu d'enterrer cet honteux épisode, Pupponi reprend le dialogue avec Gérard Uzan, chef de file de la liste bleue, qui siège en compagnie de deux colistiers au conseil municipal. La tactique de Pupponi, validée par DSK, est simple : cette alliance amène les voix d'une majorité de la communauté juive, de moins en moins encline à voter à gauche. En l'échange de son soutien aux candidats socialistes locaux, la liste bleue intègre la majorité municipale. Peu importe si cette tactique conduit à faire reconnaître et valider institutionnellement le communautarisme le plus intégral, seul le résultat compte. Devant les premiers signes d'alliance, certains communistes, partenaires des socialistes locaux, se rebiffent en distribuant un tract peu reluisant intitulé « le baiser de Judas »… Ils finiront pourtant par avaler la couleuvre, qui aura considérablement grossi entre les deux élections municipales.
2007, DSK est en difficulté aux législatives face à Sylvie Noachovitch. Entre les deux tours, on sollicite la liste bleue, qui
signe un tract et le distribue à dessein, aux abords de la synagogue et dans les boîtes aux lettres sur lesquelles est inscrit un patronyme juif… DSK est réélu avant de s'envoler pour le FMI. 2008, élections municipales, la liste bleue réclame son dû. Pupponi paie rubis sur l'ongle en intégrant trois anciens de la liste bleue sur sa liste, délégations clés à l'appui. Gérard Uzan aura en charge l'action sociale, Fabienne Sroussi le logement, Charles Souffir le développement économique via la vice-présidence de la communauté d'agglomération. Voyant les portefeuilles principaux leur échapper, les partenaires de Pupponi, médusés, n'osent pas désavouer leur chef, tandis que l'opposition hésite à dénoncer cette alliance, les accusations d'antisémitismes peuvent fuser à tout moment.
Pourtant, il y en aurait à redire. La liste bleue a constitué son propre groupe au conseil municipal. Fabienne Sroussi, juive pratiquante, porte la perruque et ne serre pas la main des hommes, ce qui est son droit, du moins tant qu'elle n'est pas élue. Car la laïcité en France prohibe tout signe religieux ostentatoire chez les représentants de l'Etat et interdit que l'on traite différemment les citoyens. Mais à Sarcelles, en plus de ne pas pouvoir vous loger dignement, crise du logement oblige, si vous êtes un homme, vous n'aurez même pas droit à une poignée de main de la part de l'élue de référence.
De son côté, Charles Souffir, ancien Sarcellois habitant aujourd'hui Neuilly sur Seine, arbore la kippa en toutes circonstances. Riche entrepreneur, il possède à Sarcelles un immeuble, le Francilien, où il loge, contre loyers, des services municipaux. Un conseiller municipal qui fait des affaires avec sa propre municipalité, quoi de plus normal ? Après tout, l'emprunt pour financer la construction de son immeuble a été garanti par la communauté d'agglomération du Val de France, dont il est aujourd'hui le vice-président. En charge du développement économique, il peut peser dans
les décisions d'implantations d'entreprises avec lesquelles, peut être, « travaillera-t-il ». Le communautarisme se double ici d'un mélange des genres sur lequel la justice ne saurait tarder à se pencher.
Enfin, à l'action sociale, Gérard Uzan, est un médecin respecté mais un politicien illuminé. Déjà colistier de DSK en 1990, il s'était alors rendu coupable de la plus odieuse des diffamations envers le maire RPR de l'époque en déclarant « en souvenir des six millions de nos frères morts dans les camps, nous n'avons pas le droit de voter pour Raymond Lamontagne ». Ce dernier, décoré comme résistant , portera plainte et la justice condamnera Gérard Uzan . Les associations de déportés auraient pu en faire autant : instrumentaliser la mémoire de la Shoah pour diffamer un adversaire politique, quelle horreur…!
Aujourd'hui Pupponi, réélu à 69%, peut être fier de lui. Il n'a jamais perdu une élection. Il a, de plus, fait d'une pierre trois coups, bafouant tout à la fois les règles élémentaires de la laïcité, de la probité et du respect de la dignité des personnes. Il a ouvert la boîte de pandore du communautarisme politique en montrant la voie aux intégristes de tous bords : « pesez électoralement et vous obtiendrez tout ce que vous voudrez ». Et dire que cet apprenti sorcier veut faire de Sarcelles un laboratoire de la France de demain. Au secours !
ARTICLE De Bernard Lanra, citoyen sarcellois républicain. publie sur www.communautarisme.net
le Dimanche 22 Juin 2008
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02.07.2008
L’introuvable souveraineté de l’Union européenne
Le non irlandais au traité de Lisbonne donne l’occasion d’entendre le discours de crise convenu qui accompagne désormais chaque remise en cause du projet européen. L’unanimisme foncier dont font preuve la plupart des commentateurs transparaît à travers leurs analyses tronquées, les débats « contradictoires » entre deux partisans du oui et les formules incantatoires pour « sortir l’Europe de l’impasse ». Au lieu de proposer un espace aux réflexions que l’évènement devrait susciter, les médias se sont comportés en véritable dispositif de crise permettant de dédramatiser les conséquences du non tout en culpabilisant les électeurs réticents. C’est ainsi qu’ils favorisent la poursuite envers et contre tout du processus d’intégration.
Plutôt que de s’interroger sur le texte rejeté, les défenseurs du traité préfèrent accabler les Irlandais qui auraient « tout obtenu de l’Europe ». Quelques jours avant le scrutin, anticipant le résultat, Daniel Cohn-Bendit parla même de « sociétés à logique égoïste » ; une formule qui vise autant à accabler l’Irlande pour son « ingratitude » à l’égard d’une Europe nourricière qu’à suggérer un repli identitaire. L’UE ne fait pourtant que redistribuer les subsides des états membres ; lorsque l’un d’eux conteste son allégeance à la nouvelle donne supranationale, pourquoi s’empresser d’assimiler son refus à un réflexe de peur ? Le soupçon de nationalisme stigmatisant les peuples doutant des bienfaits de l’UE et lui refusant le chèque en blanc qu’elle exige permet en fait de discréditer le cadre politique de l’Etat-nation au profit des institutions communautaires.
Autre argument minimisant la souveraineté populaire, celui du nombre, qu’il était difficile d’avancer lors des refus français et néerlandais ; comme le dit Jean Daniel, « Un pays de 4 à 5 millions d’habitants comme l’Irlande ne peut pas tenir en otage des nations réunissant 490 millions de citoyens. » Le rappel incessant du faible poids de l’Irlande dans la population de l’UE indique que les européistes refusent de considérer ce troisième non pour ce qu’il est, l’expression de la volonté d’une nation ; ils le réduisent à une opposition minoritaire au sein d’un « peuple européen » qui, n’existant pas au sens politique du terme, ne peut donc constituer une source de légitimité. L’Europe supranationale est pour eux d’ores et déjà souveraine.
Là où en 2005 les dirigeants européens furent contraints de patienter le temps de déguiser la constitution Giscard en traité de Lisbonne, il n’est plus question aujourd’hui de « continuer des débats institutionnels qui ennuient tout le monde dans toute l’Europe », selon le chancelier autrichien, Alfred Gusenbauer. Cette impatience traduit l’aspect impératif du projet malgré le scepticisme persistant des peuples, il sera donc mené en leur nom, malgré eux s’il le faut. Pour José Luis Zapatero : « Il n’est pas possible que l’Irlande, avec tout le respect pour son choix démocratique, puisse stopper un projet aussi nécessaire. » Une fois encore la rhétorique de l’obligation fait office d’argumentaire.
Alors que la notion de souveraineté devrait être au cœur des débats, elle continue d’en être la grande absente, le mot n’étant même jamais prononcé. On préfère insister sur « l’addition des mécontents, aux motivations disparates et contradictoires », comme on pu le lire dans Le Figaro, manière de rendre inaudibles les arguments du non. Ainsi les Irlandais auraient voté entre autres : par incompréhension du texte, contre l’avortement, la remise en cause de leur fiscalité ou de leur neutralité, pour sanctionner leur gouvernement, par peur de l’immigration, etc. Ces motifs hétéroclites répondent malgré tout à un traité cryptique impliquant un transfert massif de compétences depuis les états membres vers l’administration bruxelloise. Et peut-on prétendre sans condescendance, comme on l’a entendu, que les Irlandais auraient voté non en réaction à la déclaration maladroite de Bernard Kouchner : « Ce serait quand même très, très, très gênant pour la pensée honnête qu’on ne puisse compter sur les Irlandais qui, eux, ont beaucoup compté sur l’argent de l’Europe » ? Une nouvelle démonstration de « pédagogie » qui en dit davantage sur l’état d’esprit des dirigeants européens que sur le contenu du traité qu’ils défendent.
Cette méfiance à l’égard des peuples les conduit naturellement à déconsidérer la démocratie directe ; pour le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, « ce qui est en cause, c’est surtout la procédure du référendum ». Avant le résultat du vote irlandais, les députés européens rejetèrent par 499 voix contre 129 un amendement déposé par la Gauche unitaire européenne demandant que le Parlement « s’engage à respecter le résultat du référendum irlandais ». Courageuse assemblée qui refuse à une large majorité de prendre en compte le verdict possible d’un peuple souverain alors que la campagne n’a pas encore commencé… Sans doute s’agit-il pour ces députés d’accomplir un acte de résistance à la manifestation anticipée d’un « despotisme irlandais », selon l’expression emphatique d’Alain Duhamel.
Une fois le résultat connu, les européistes s’empressèrent d’en nier la portée. Une réaction parmi d’autres, celle du Premier ministre polonais, Donald Tusk : « Le référendum en Irlande ne disqualifie pas le traité de Lisbonne. L’Europe trouvera un moyen de le faire entrer en vigueur. » Si l’on parle à l’envi de « crise », c’est pour immédiatement mettre en oeuvre les moyens d’en sortir sans rien abandonner du projet originel. Mais le terme de crise est-il justifié au sujet d’un vote qui apporte une nouvelle réponse claire au projet de réforme des institutions ? N’est-ce pas plutôt un début de solution ? Pourtant toutes celles qui ont été proposées jusqu’à maintenant supposent l’application du traité. Qu’il s’agisse de laisser l’Irlande à l’écart de l’Europe normalisée ou de lui consentir des aménagements juridiques en vue d’un second vote en 2009, l’essentiel est de permettre l’avènement d’une « gouvernance » supranationale, unique horizon politique proposé aux peuples européens.
La présidence française de l’UE ne pourra s’exercer que dans les étroites limites de ce mandat implicite. Les grands
chantiers que souhaite lancer Nicolas Sarkozy nécessitent la ratification du traité de Lisbonne. Il est significatif que sa seule initiative véritablement indépendante, l’Union pour la Méditerranée, soit fortement contestée parce qu’elle contredit la logique centralisatrice de Bruxelles. Quoi qu’il en soit, si le nouveau cycle médiatique qui s’ouvre avec la présidence française étouffait le non irlandais, on voit mal comment un tel affront permettrait de « changer notre façon de faire l’Europe », selon le vœu pieux exprimé par Nicolas Sarkozy.
Article de
Dominique GUILLEMIN et Laurent DAURE paru le lundi 30 juin 2008 sur Revue Républicaine
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20.06.2008
L'affaire Vincent Humbert ou la propagande pro-euthanasie !
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LE REFERENDUM IRLANDAIS OU LE RETOUR DU REFOULE
Comment ne pas être frappé, en voyant rejet du traité de Lisbonne émanant du peuple irlandais, par le contraste entre la faiblesse de l’enjeu apparent : un pays sur vingt-sept et un des plus petits, périphérique qui plus est, ne représentant que 1,1 % de la population de l’Union, et le séisme que provoque ce vote à travers toute l’Europe.
Les raisons qui peuvent expliquer ce retentissement ne manquent certainement pas : l’Irlande étant le seul pays que sa loi fondamentale obligeait à soumettre le traité à référendum, tout le monde a compris que le peuple irlandais dit tout haut ce que les autres pensent tout bas ; on sait aussi qu’un traité international comme celui de Lisbonne n’est valide que si tous les pays signataires l’ont ratifié et que la défaillance d’un seul suffit à le rendre inopérant.
Certes. Mais l’Europe en a vu d’autres : la machine européenne a su jusqu’ici gérer ces problèmes quitte à faire revoter certains pays ou à leur ménager un régime spécial (Royaume-Uni, Danemark, Irlande déjà ).
Les partisans du traité peuvent dire en outre que l’Irlande, encore prisonnière d’ un catholicisme étriqué, est un cas à part : que la question de l’avortement ait en partie motivé son refus l’écarte , de toutes façons, du courant dominant.
Pourtant cet Etat , longtemps à la traîne, est devenu le plus riche de l’Union ; il a le taux de prélèvements obligatoires le plus faible et au moins autant que les questions de mœurs, a joué dans ce pays réputé libéral la crainte que l’Europe ne remette en cause la gratuité de la santé et de l’éducation. Le refus des aventures militaires où la politique étrangère commune pourrait entrainer ce pays resté à l’écart de l’OTA N a aussi influé.
Mais la réaction de l’opinion internationale témoigne surtout de l’extrême fragilité de l’édifice bruxellois.
Déjà, deux grands pays fondateurs, la France et les Pays-Bas, avaient en 2005 rejeté le projet de constitution européenne provoquant un premier ébranlement. La réaction des élites européennes attachées à une mécanique dont l’effet premier, profitable pour elles, est d’ouvrir l’espace européen à tous les vents de la mondialisation, fut de s’asseoir sur le couvercle de la marmite. Le traité prétendu simplifié (tellement simplifié que François Bayrou lui-même n’hésite pas à qualifier d’illisible), annoncé par Nicolas Sarkozy dans sa campagne électorale, devait remettre l’Europe sur les rails « parce qu’il n’y a pas d’autre solution. » Afin d’éviter cette fois tout risque de rejet, 26 états sur 27 avaient décidé de l’adopter par voie parlementaire, des gouvernements et des parlements dociles à l’ordre international n’hésitant pas, comme en France, à désavouer frontalement le vote populaire. Mais le référendum irlandais a été le maillon faible de l’entreprise : avec lui , c’est toute une bouffée de vapeur qui s’échappe de la marmite , venant rappeler que le calme apparent avec lequel les dirigeants européens faisaient mijoter leur petite soupe n’était qu’un faux-semblant recouvrant une contrainte lourde imposée aux peuples et un viol, sinon dans la lettre du moins dans l’esprit, de ce fondement essentiel de la civilisation européenne qui s’appelle la démocratie.
Que va-t-il se passer désormais ? La France et l’Allemagne ont, sans surprise, annoncé conjointement que le processus de ratification devait se poursuivre comme s’il ne s’était encore une fois rien passé. Les électeurs irlandais sont renvoyés aux brumes d’Avallon.
Freud a expliqué que le mécanisme du refoulement permettait à l’homme de vive au quotidien, en « censurant » les vérités traumatiques qu’il ne veut pas voir. Depuis plusieurs années les dirigeants européens censurent pour cette raison le refus profond des peuples d’Europe d’aliéner leur liberté ou à tous le moins d’approuver des politiques européennes décidées sans qu’on leur demande leur avis.
Le plus probable dans l’immédiat est qu’un nouveau mécanisme de refoulement - de forclusion disent aussi les psychanalystes - , quelques subterfuges juridiques aidant , se mette en place, pour que l’Europe puisse croire reprendre le cours de son long fleuve tranquille. Le traumatisme passé, on fera comme s’il ne s’était rien passé. Mais l’amnésie aura un caractère plus artificiel que jamais. Et comme le refoulé, nous dit encore Freud, finit toujours par revenir à la surface, ce sera jusqu’au prochain débordement.
Article de Roland HUREAUX pblié sur son blog le Vendredi 13 juin 2008
09:10 Publié dans Tous les articles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : LE REFERENDUM IRLANDAIS OU LE RETOUR DU REFOULE
17.06.2008
Les peuples veulent reprendre le contrôle de l'Europe
Après le “non” irlandais, la solution est proche. Le « non » irlandais au traité de Lisbonne est sans appel : malgré le déchaînement des pressions de tout genre, nationales et internationales, 53,4 % de votes « non », 33 circonscriptions sur 43, avec un taux de participation élevé pour l'Irlande – deux caractères que l'on retrouvait déjà en 2005 dans les référendums français et néerlandais. Il est clair aussi que la plupart des peuples d'Europe, si d'aventure ils étaient consultés, répondraient à peu près la même chose. Il n'y a qu'une conclusion à en tirer : les peuples ne veulent ni de la Constitution européenne, ni de ses succédanés, car ils ont compris que l'Europe supranationale en construction, hors de tout contrôle proche et direct des citoyens, néglige leur défense, piétine leurs valeurs, et finalement se retourne contre eux. Ils ne rejettent pas l'Europe en elle-même, ils rejettent cette forme d'Europe, et veulent en reprendre le contrôle.
par Georges Berthu*
Tout cela était hautement prévisible pour qui voulait bien écouter nos concitoyens sans se laisser assourdir par les dogmes fédéralistes. L'année dernière, ici-même dans Liberté politique (13 décembre 2007), nous doutions que, malgré le verrouillage massif opéré par les classes politiques, le traité de Lisbonne puisse être un jour adopté : « Il nous paraît peu vraisemblable, écrivions-nous, qu'une réticence populaire aussi massive ne trouve pas un moyen de se frayer un chemin chez l'un au moins des 27 États membres, ou chez plusieurs ». Eh bien, nous y sommes.
Qui peut ne pas voir désormais que les Français, comme tant d'autres, ne croient plus du tout à l'Europe telle qu'elle est, une Europe qu'ils avaient fondée pour qu'elle les défende mieux, à laquelle ils ont donné des pouvoirs dans ce but, et qui maintenant les galvaude?
La confiance en l'Europe est rompue. Et pis encore, les responsables politiques nationaux qui s'efforcent de défendre cette Europe discréditée y perdent eux-mêmes leur crédit. La délégitimation européenne se répercute ainsi sur les institutions nationales qui auraient pu servir de recours, et la rupture entre les citoyens et leurs représentants n'en est que plus grave.
Une Europe qui nous défende
Il faut absolument réagir, car dans ce monde globalisé plus dangereux que jamais, nous avons besoin d'une Europe qui nous défende. Il nous faut un acte éclatant et radical, montrant à tous, indiscutablement, que l'Europe change de direction.
Au lieu de cet acte salvateur, que voyons-nous ces derniers jours ? Des fédéralistes aigris qui nous expliquent que les Irlandais, après avoir reçu tant d'aides européennes, se montrent égoïstes et ingrats. Ces affirmations sont vraiment injustes. Car ceux qui ont suivi la campagne irlandaise de près savent bien que l'argument le plus fréquent était celui de la souveraineté : « Nous n'avons pas résisté cinq siècles à la domination anglaise pour plier maintenant devant les bureaucrates de Bruxelles. » La pseudo-explication par l'égoïsme et la cupidité, dont se repaissent les fédéralistes, leur nuit à eux-mêmes au premier chef, car elle les rend incapables d'analyser les vrais enjeux, et elle les disqualifie.
« Les Irlandais n'ont pas lu le traité de Lisbonne » répètent aussi les mêmes aigris. Mais qui l'a bien lu ? Ceux qui ont voté « oui » pas plus que les autres. En vérité, les Irlandais qui ont refusé Lisbonne n'ont sans doute pas lu chaque article mot à mot, mais ils ont parfaitement compris la direction générale, tout simplement parce que cette direction générale, ils la sentent dans leur vie quotidienne. C'est en cela qu'une vraie démocratie est irremplaçable, n'en déplaise aux fédéralistes.
Enfin, on nous soutient encore qu'il faudrait poursuivre les ratifications du traité de Lisbonne parce qu'il « n'y a pas d'autre Europe possible ». Si c'était vrai, ce serait désespérant. Et beaucoup répondraient sans doute : « Alors, il vaut mieux pas d'Europe du tout que cette Europe qui nous trahit. » Mais heureusement, ce n'est pas vrai.
Il y a bien une autre Europe, mais encore faudrait-il que les fédéralistes sortent de leur tour d'ivoire, qu'ils écoutent et regardent les réalités autour d'eux. Qu'ils comprennent que le général de Gaulle n'émettait peut-être pas une idée absurde lorsqu'il voulait faire du « Compromis de Luxembourg » la clé de voûte des institutions européennes, parce qu'il y voyait le meilleur moyen d'établir un lien direct entre l'Europe et chaque peuple. Ce Compromis ne peut pas être transposé tel quel dans une Europe à 27 ou 30 membres ? Bien sûr, modifions-le, transformons-le en un « droit de ne pas participer », restaurons ainsi la valeur des démocraties nationales, et conservons son esprit. C'est l'essentiel.
Le Compromis de Luxembourg modernisé ne risquerait-il pas de produire une « Europe à la carte » ? Assez d'épouvantails ! Si c'est une Europe efficace, proche de ses peuples, respectueuse des identités comme des démocraties nationales, ce sera bien suffisant.
Alors courage, MM. les chefs d'État et de gouvernement ! La solution est peut-être proche si vous le voulez bien.
*Georges Berthu est ancien député européen
ARTICLE PUBLIE SUR (http://www.libertepolitique.com/) ET SUR
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15.06.2008
Plan B : Kouchner veut 'remettre ce Traité sur le métier'
Interviewé sur RTL ce lundi 9 juin, le ministre des Affaires Etrangères français Bernard Kouchner exhorte les irlandais à
se prononcer en faveur du « oui » lors du référendum sur le Traité de Lisbonne qui se tiendra ce jeudi 12 juin. En cas de "non" irlandais, il annonce ce qui ressemble fort à un "plan B". Il faudra, explique-t-il "tenter de convaincre les Irlandais qui ont déjà revoté une fois à propos du Traité de Nice justement, de remettre ce Traité sur le métier. Difficile situation qu'on commence à envisager un peu partout."
Vers de nouveaux opting out (dérogations) pour l'Irlande en cas de
Plan B : Kouchner veut 'remettre ce Traité sur le métier'
Là où d'autres ont mis les formes pour plaider en faveur d'une ratification du Traité de Lisbonne, M. Kouchner affiche un dogmatisme pour le moins de mauvais goût quand il affirme : « Nous faisons tout pour que le "non" disparaisse des esprits et que le "oui" l'emporte. Je crois que la première victime d'un "non" éventuel auquel je ne veux pas croire, ce serait les Irlandais ».
Le ton de Bernard Kouchner ne manque pas d'arrogance quand il évoque les fonds communautaires - en réalité ceux des autres Etats membres transitant par Bruxelles -récoltés par l'Irlande : « Oui, ils en ont profité plus que les autres. (…) Ce serait quand même très, très, très gênant pour la pensée honnête qu'on ne puisse compter sur les Irlandais qui, eux, ont beaucoup compté sur l'argent de l'Europe. »
Avait-on dit aux Irlandais qu'accepter les aides européennes les priverait de toute possibilité de ne pas être d'accord avec la politique de l'Union, avec la façon dont elle se construit et par-delà les priverait de tout droit démocratique lorsque l'Union est dans les parages, à commencer par celui de dire "non" ? La vision toute clientéliste de l'Europe par Bernard Kouchner fait grincer des dents dans le camp du "oui" irlandais, où l'on attendait tout, sauf du chantage aux fonds européens pour soutenir la difficile cause du traité de Lisbonne.
Mieux, le Ministre français des affaires étrangères révèle, en se retenant un peu quand même, que le "non" mettrait certes l'Union européenne dans une "difficile situation" mais que comme lors du premier "non" irlandais sur le traité de Nice, on remettrait l'ouvrage "sur le métier" et que c'est la solution que l' "on commence à envisager partout", autrement dit, la négociation de nouvelles dérogations (opting out) en faveur de l'Irlande.
Extrait :
Alain Duhamel (RTL) : Si un pays manquait à l'appel, les 26 pourraient-ils appliquer le Traité ? Ou le Traité serait-il définitivement loin ?
Bernard Kouchner : Théoriquement non. Théoriquement non. Je pense qu'il faudrait poursuivre en ce qui concerne la France puisque nous serons Président à partir du 1er juillet, il faudrait continuer, s'acharner, aller très vite, continuer sur les priorités que nous avons définies et puis tenter de convaincre les Irlandais qui ont déjà revoté une fois à propos du Traité de Nice justement, de remettre ce Traité sur le métier. Difficile situation qu'on commence à envisager un peu partout avec comme dirais-je, de l'espoir certainement c'est nécessaire, mais un peu d'incompréhension qui va se transformer en une gigantesque incompréhension. Ce n'est pas en étant seul qu'on arrivera à faire face ; et au contraire, vraiment les Irlandais se pénaliseraient.
Aujourd'hui, Le Monde (10 juin ) confirme : "en cas de non, pour éviter une réaction en chaîne et ne pas interrompre le processus de ratification du traité par les autres pays - seuls quinze Etats membres ont déjà ratifié -, une solution serait de faire revoter les Irlandais sur de nouvelles bases, en leur concédant d'autres "opting out" (dérogations) sur les sujets qui leur sont sensibles. Le précédent de Nice nourrit l'espoir qu'un non pourrait à chaque fois être gratifié d'une prime des têtus."
Après la menace, la douceur, au pire le "non" irlandais provoquera une..."gigantesque incompréhension" comme le dit Bernard Koucnher, et l'on renégociera des concessions et garanties à l'Irlande. Preuve qu'en dehors de provoquer un immense, mais provisoire désarroi chez les élites décidément incomprises des peuples européens, ce "non" irlandais ne pourra qu'être fécond. En France, où le référendum en cas de transferts de souveraineté n'est pas constitutionnellement obligatoire, on avait pas eu cette chance.
A rticle de Christophe Beaudouin publié sur "L'Observatoire de l'Europe après le Non" le Mardi 10 Juin 2008
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29.05.2008
Touche pas à mon préambule !
Par Anne-Marie Le Pourhiet, Professeur de droit public à l'université Rennes-1, tribune parue dans Le Figaro, 23 mai 2008. Anne-Marie Le Pourhiet détaille les raisons pour lesquelles il ne lui semble pas judicieux de réviser le préambule de la Constitution où sont consacrés la philosophie politique de la France ainsi que les droits et libertés des citoyens.

Par décret du 9 avril 2008, le président de la République a désigné le comité présidé par Simone Veil, chargé de réviser le préambule de la Constitution française où sont consacrés la philosophie politique de la France ainsi que les droits et libertés des citoyens. Trois mois s'étant écoulés depuis l'annonce faite le 8 janvier, et le président ayant depuis judicieusement rappelé qu'il n'avait pas été élu pour désigner des comités, on s'était pris à espérer qu'il renonce à son inquiétant projet. Il n'en a rien été.
C'est pour ancrer la Ve République dans la tradition républicaine, et rassurer ceux qui redoutaient une dérive bonapartiste du régime, que la loi constitutionnelle du 3 juin 1958 avait imposé au gouvernement du général de Gaulle de garantir dans la nouvelle Constitution les droits essentiels consacrés par la déclaration libérale de 1789 et le préambule social de 1946.
La cohabitation n'a pas toujours été facile entre ces deux philosophies puisque le libéralisme impose à l'État de se cantonner dans des fonctions régaliennes (État gendarme) tandis que le socialisme l'invite au contraire à fournir prestations et réglementations (État providence). Toutefois, les textes de 1789 et de 1946 ont en commun un élément essentiel qui assure leur cohérence : l'universalisme, qui ne veut rien voir entre le citoyen libre et la nation souveraine. La consécration de l'autodétermination d'un homme doué de conscience et de raison, libéré de toute chaîne ou appartenance héréditaire, coutumière, ethnique, religieuse ou linguistique est la caractéristique majeure de la tradition républicaine et donc de notre «identité constitutionnelle», pour reprendre l'expression du Conseil constitutionnel. L'égalité de tous les citoyens devant la loi, le refus des groupes, catégories ou corporations, l'abolition des privilèges et la promotion du seul mérite constituent, depuis la Révolution, le socle intangible de nos valeurs.
Or la lettre de mission adressée par le président Sarkozy à Mme Veil, malgré ses précautions de langage, promet
clairement une remise en cause de celles-ci. Il ne suffit pas, en effet, d'affirmer que la révision projetée ne saurait «modifier ou affaiblir» les textes de 1789 et de 1946 et qu'il s'agirait seulement d'inscrire dans le préambule «des droits et principes fondamentaux nouveaux». Les juristes savent bien que beaucoup de «droits nouveaux» issus du multiculturalisme ou du féminisme ne s'ajoutent pas simplement aux droits de l'homme traditionnels mais les contrarient au point de les détruire. Lorsque Marcel Gauchet affirme : «Un nouvel homme des droits de l'homme est né qui n'a plus rien à voir avec son ancêtre de 1789», il constate simplement que les nouveaux droits aujourd'hui revendiqués ou consacrés dénaturent les libertés fondamentales de la première génération.
Introduire la parité et la diversité dans le préambule revient à saper le principe d'égalité de tous devant la loi et à consacrer des assignations à identité sexuelle, ethnique, linguistique ou religieuse que le Conseil constitutionnel a toujours refusées au nom de l'universalisme révolutionnaire. C'est aussi remettre en cause la méritocratie républicaine que d'introduire des discriminations positives, c'est-à-dire des passe-droits ethniques et sexuels, qui constituent autant de privilèges, au sens étymologique de lois privées, en opposition avec la res publica. Ne nous y trompons pas, c'est la philosophie réactionnaire de Joseph de Maistre, illustrée par son fameux «J'ai vu des Français, des Italiens, des Russes mais quant à l'homme je déclare ne jamais l'avoir vu de ma vie», qui est de retour et que l'on a clairement entendue dans le discours de Dakar qui ne voulait voir, lui aussi, que «l'homme africain». La remise en cause de la laïcité n'est sans doute pas expressément au programme du comité Veil, mais on devine bien qu'elle rôdera alentour sous couvert de «diversité religieuse» ou de «dignité des croyants», et l'on sait aussi que les militants des langues et «préférences» régionales ont déjà préparé leurs amendements ethnocentriques.
La dignité constitue aujourd'hui la menace la plus directe contre la philosophie des Lumières et l'idée républicaine, l'arme fatale contre nos libertés. Ériger cette notion philosophique et morale, éminemment subjective et relative, en norme juridique est une folie. On voit déjà depuis plusieurs années que c'est au nom de la dignité des individus et des groupes que des militants narcissiques et hystériques ont obtenu la multiplication des incriminations pénales de harcèlement moral et sexuel, de discriminations et propos sexistes, homophobes, handiphobes, etc., aboutissant à un arsenal répressif menaçant notamment les libertés d'expression et de la presse. C'est encore au nom de la dignité humaine qu'est revendiquée une euthanasie «très active», et ce n'est pas non plus un hasard si les décisions juridictionnelles récentes les plus intellectuellement indigentes et tirées par les cheveux ont été rendues sur le fondement de cette notion fourre-tout et galvaudée.
Prenons garde à ce que l'on ne nous remplace subrepticement la devise «Liberté, Égalité, Fraternité» par la trilogie «dignité, diversité, parité» et que l'emblème «bleu, blanc, rouge» ne vire subitement au «black, blanc, beur». Le seul texte constitutionnel français à avoir jusqu'à présent mentionné expressément la «dignité de la personne humaine» et reconnu les «droits des communautés» est le projet de Constitution du maréchal Pétain. C'est à méditer.
Dans ses vœux à Jacques Chirac, en janvier 2006, Pierre Mazeaud indiquait que
«l'inconstance institutionnelle porte l'empreinte du sous- développement». C'est exact et il est certain que le remplissage droit-de-l'hommiste ne saurait tenir lieu de philosophie politique. Et puisque nous avons emprunté notre principe «gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple» à Abraham Lincoln, il conviendrait enfin de rappeler au président de la République française que si c'est le «peuple constituant» qui s'est effectivement référé en 1958 aux principes de 1789 et de 1946, c'est encore à ce même peuple qu'il conviendrait de proposer, cinquante ans plus tard, de les modifier. On ne change pas le contrat social d'une nation sans son consentement exprès et direct.
tribune parue dans Le Figaro, 23 mai 2008
Par Anne-Marie Le Pourhiet,
Article paru sur communautarisme.fr le 27 Mai 2008
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24.05.2008
Un nouveau totalitarisme ?
L'Histoire ne serait-elle qu'un éternel recommencement ? Après avoir gangrené l'humanité au début du vingtième siècle, le prurit totalitaire semblait s'être apaisé. Il réapparaît aujourd'hui sous une nouvelle forme : l'Islam.

Ironie de l'Histoire, c'est ceux qui combattaient le plus farouchement la réaction religieuse -la gauche en l'occurrence mais pas seulement- qui s'en font aujourd'hui les plus ardents défenseurs.
Pourquoi ? Est-ce parce que cette nouvelle idéologie totalitaire ressemble presque trait pour trait au stalinisme le plus dogmatique :
- mêmes buts : une société totalitaire où l'individu disparaît au profit de la communauté (communisme), société policière et anti-démocratique où la vie humaine hors communauté n'a aucune valeur. Négation de la culture et des valeurs occidentales (individualisme, liberté d'opinion, liberté religieuse, droit de l'homme mais aussi respect de la femme, citoyenneté, rationalisme...)
- même méthodes : subversion, technique de guérilla, propagande, double langage, manipulation, endoctrinement, utilisation des faiblesses et des contradictions de la démocratie contre elle-même.
Il n'y a pas de doute, ces individus ont lu Lénine ("Que faire ?"), Mao ("La guerre révolutionnaire") et Hitler ("Hitler m'a dit" de Rauschning).

Autre ironie de l'Histoire ; les Nations et les peuples européens refont les mêmes erreurs à l'identique, 70 ans après : l'Angleterre, fidèle à sa tradition libérale, pense que les mouvements extrémistes s'essouffleront d'eux-mêmes ; la France, fidèle à sa tradition chrétienne et universaliste, nie tout d'abord la réalité et l'importance du problème et pense qu'amour, compassion et dialogue suffiront à désarmer les méchants.
Le traité de Munich n'a pourtant pas empêché la deuxième guerre mondiale, bien au contraire : il fut un formidable encouragement adressé à Hitler.
L'Islam wahhabite, religion dominante dans les banlieues occidentales mais aussi dans la majeure partie des pays musulmans, est une idéologie totalitaire qui, à l'instar du communisme et du nazisme, a besoin de la violence et de la guerre pour exister. La violence n'est donc pas un moyen politique mais le but ultime.Hélas, bien peu de nos concitoyens en ont aujourd'hui conscience (il est vrai que nos dirigeants et nos médias ne font rien pour éveiller les esprits).
Ce n'est pas en niant la réalité, en minimisant l'ampleur du danger, qu'on pourra répondre de manière mesurée à ce nouveau défi. Quand, de surcroît, les peuples européens renient volontairement leurs Histoires, leurs valeurs, leurs cultures et sabordent leurs nations, il y a là un effet démultiplicateur qui pourrait bien nous conduire à de grandes tragédies.
Il ne s'agit pas de dénigrer l'Islam en tant que tel, le wahhabisme n'ayant plus grand chose à voir avec la spiritualité musulmane (il en serait même la négation) ; c'est en fait une nouvelle mutation du mal totalitaire qui a pris l'apparence d'une spiritualité séculaire (l'Islam) afin de mobiliser les masses (car il n'y jamais eu et il n'y aura jamais de totalitarisme sans embrigadement des masses).
Les totalitarismes communistes et nazis furent les maladies infantiles (comme disait Lénine) des sociétés occidentales modernes (du moins, espérons-le !) qui avaient proclamé la mort de Dieu. Le wahhabisme est donc la preuve vivante que le monde musulman est entré de plain-pied dans la modernité, pour le meilleur comme pour le pire !
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19.05.2008
Pétition pour le maintien du 8-Mai
L’Union du peuple français diffuse une pétition dont nous nous faisons ici l’écho :
A l’attention de : Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Une simple brève dans la presse écrite nationale ; une dépêche lue à la radio, c’est ainsi que les français ont appris en ce début du mois de mai 2008 que François Fillon n’écartait pas l’idée avancée par le Premier ministre Luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, de faire du 9 mai, jour de la fête de l’Europe, un jour férié en remplacement du 8 mai.
Déjà en 1975, le Président de la République, Valéry Giscard d’Estaing avait décidé de supprimer la commémoration de la victoire alliée du 8 mai au motif de la réconciliation franco-allemande dans le cadre de la relance de la construction européenne.
Cette volonté de supprimer le 8 mai participe d’une vision dévalorisante et mortifère de l’Histoire de France où certains souhaitent amputer la mémoire nationale pour faciliter une intégration dans une Europe fédérale, libérale et atlantiste.
Mais le devoir de mémoire ne peut se satisfaire d’une information sélective car les peuples qui ferment les yeux sur leur passé risquent fort d’être condamnés à le revivre en devenant aveugles devant le présent.
Au moment même où Nicolas Sarkozy a rendu hommage à « la vraie France », celle de la Résistance, ajoutant que la France, « elle n’était pas à Vichy, elle n’était pas dans la Collaboration », cette annonce constitue une véritable provocation.
Puisque l’idée d’un 9 mai férié en Europe, qui remplacerait le 8 mai, sera discutée au Parlement français, nous vous invitons à signer cette pétition pour le maintien d’un 8 mai férié et de ses commémorations nationales afin de démontrer à nos représentants l’attachement du peuple français à cette date anniversaire.
Diffusez et faites signer autour de vous cette pétition afin de leur rappeler que la commémoration de la victoire remportée par les armées françaises et alliées le 8 mai 1945, comme d’autres journées commémoratives telle que le 18 juin (anniversaire de l’appel du général de Gaulle depuis Londres) ou, surtout, le 11 novembre, rassemblent la population autour de grandes manifestations.
Signer la pétition
Article publié le mercredi 14 mai 2008 sur revue républicaine
18:30 Publié dans Tous les articles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Pétition pour le maintien du 8-Mai
18.05.2008
Constitution : renforcer la laïcité contre les dérives communautaristes
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le 7 mai 2008 - COMMUNIQUE DE PRESSE de Jacques MYARD, Député UMP, Président du Cercle Nation et République
Jacques Myard (sur la photo avec Dominique de Villepin) a déposé à l'Assemblée nationale une proposition de loi constitutionnelle visant à interdire aux partis politiques de se réclamer d'aucune religion ni d'aucune ethnie.
En effet, il est apparu lors d'élections locales que certains mouvements politiques se sont présentés comme des représentants ou des défenseurs d'un groupe ethnique ou religieux.
Il s'agit là d'une manifestation évidente de dérives communautaristes, ces groupements politiques s’adressant de façon discriminatoire à une fraction de la population en fonction de son origine ethnique ou de son appartenance religieuse, comme on l'a vu aux dernières élections municipales de Strasbourg.
Ce phénomène est potentiellement dangereux car il peut menacer directement l’indivisibilité de la République et remet en cause le principe de laïcité qui est le meilleur garant de la cohésion nationale et du respect des droits individuels.
Ces mouvements profitent actuellement de l’absence de définition claire du parti politique dans la loi, simple association loi de 1901 qui « se forme et exerce son activité librement » conformément à l’article 4 de la Constitution qui lui impose l'obligation de respecter « les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie » et de favoriser la parité.
Il convient donc de combler un vide juridique dans lequel s'engouffrent des activistes politiques et religieux en complétant l'article 4 de la Constitution pour qu'aucun parti ne puisse se réclamer d'une confession ou d'une ethnie.
Tout parti ou groupement politique qui participe à la vie démocratique de notre pays et aspire à le gouverner se doit de veiller au respect des principes fondateurs de notre vouloir-vivre ensemble, en s'adressant à l'ensemble des Français sans aucune discrimination.
Jacques Myard déposera dans le cadre du débat sur la réforme des institutions un amendement à l'article 4 de la Constitution à cette fin.
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