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21/02/2007

Du conformisme de la pensée politique française.

Cher Touriste,
Il me semble qu'il y a une certaine confusion dans votre esprit. Mon propos n'était pas de défendre Mr Sarkozy mais une certaine conception de la société.
Je pense, comme vous, que les idées de Mr Sarkozy sont à combattre dans la mesure où elles représentent une vision anglo-saxonne de la société : communautarisme, profit comme idéal et ciment de la société, non prise en compte des inégalités de fait entre les hommes (celui qui veut réussir peut aller très haut).

Par contre, je pense que votre raisonnement, s'il semble logique, repose sur une succession de préjugés qui me semblent contestables.

1- Contrairement à vous, je pense que la légitimité des institutions républicaines en général, et de la
police en particulier, est remise en cause actuellement. Pas au travers de débats, mais de manière larvée, liée à la survivance de vieilles idéologies fumeuses dans l'esprit des élites françaises. Pour preuve (parmi tant d'autres), cette émission de débat politique sur une chaîne publique (Français votez pour moi, le 30/01/2007). Un reportage mettait face à face un policier et un "jeune" des cités, chacun s'exprimant face à l'autre. Ce reportage est vite devenu un réquisitoire à charge contre le policier, le "jeune" endossant le rôle du procureur, défendant les opprimés des banlieues. Le policier étant, bien entendu, obligé de justifier ses actions devant cette personne. Je ne referais pas l'argumentation sur la police et sur les représentants de la collectivité ; je rappelle que la démocratie ne s'exprime pas dans les rues et les banlieues, ni sur les plateaux de télévision. Cela prouve bien la confusion sur les rôles de chacun : un policier n'est pas un assistant social, ni un médiateur. Il est là pour faire respecter la loi. A chacun son métier..
Des structures de domination sont inévitables dans une société, même si ce terme effraie vos chastes oreilles et vous donne mauvaise conscience. Je répète que l'alternative à une structure de domination démocratiquement consentie n'est pas la libération et le bonheur de l'homme, mais soit la barbarie, soit le totalitarisme (l'apparition du voile et du fondamentalisme musulman en est une preuve éclatante). Je vous invite à relire vos livres d'histoire contant la libération de l'homme par Lénine ou Marx ( Et pourtant le rêve d'anarchisme existait déjà ).

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2- Contrairement à vous, je n'aurais pas l'hypocrisie de rendre Mr Sarkozy seul responsable de la situation dans les banlieues. C'est un état de fait qui existe depuis au moins 20 ans. Les gouvernements précédents n'ont eu comme seule obsession à ce sujet de "ne pas faire de vagues" et donc de fermer les yeux sur les trafics en tout genre, la polygamie, l'excision, les mariages forcés, le grand banditisme voire le terrorisme et j'en passe...Ce qui leur permit d'éviter de régler le problème de la paupérisation dans ces quartiers : trop risqué pour leurs carrières.

3- Contrairement à vous, je ne pense pas que la question de la délinquance se règlera en nombre
d'effectif (la France disposant d'une des plus grandes proportions de policiers par citoyen en Europe) mais bien par la volonté politique. Celui qui ne veut pas mettre sa carrière en jeu n'a qu'une solution : jeter les problèmes sous le tapis.
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4- Contrairement à vous, je ne pense pas que la délinquance a pour seule cause la pauvreté et qu'elle est donc uniquement imputable à la société. Ma mère fut orpheline de guerre. Comme tant d'autres dans les années 50, elle a connu la misère (je précise la misère, pas la pauvreté) financière et affective bien éloignée de celle nos banlieusards médiatisés en Nike et blousons de cuir. Malgré cela, elle m'a toujours enseigné le respect de ce qui nous permet de vivre ensemble : la République, la démocratie, la loi, nos institutions, notre Histoire... Réduire le problème de la violence et de la délinquance à un problème économique et social est une vaste fumisterie, ou la répétition idiote d'un schéma de pensée stérile (marxiste en l'occurence) et souvent intéressé. Je pense, quant à moi, que ces problèmes sont également liés à une crise de représentation et de valeurs de la société française.

5- Contrairement à vous, je ne pense pas que la mondialisation soit la seule cause du délitement social. Au
début du XXème siècle, le volume des échanges entre les pays était à peu près équivalent à celui de notre époque (ce qui est l'une des explications de la crise de 1929). Pourtant, malgré la misère et la pauvreté qui existaient à l'époque, les français étaient fiers d'être français. Ils étaient attachés à leur Nation, à son Histoire et à sa culture. Je pense que la cause de la déliquescence sociale se touve plutôt dans le refus d'un peuple, mais d'abord et surtout de ses élites, d'adhérer aux valeurs de ce pays, chacun pensant à son propre intérêt. Malgré les beaux discours, il n'y a plus de citoyens ; il ne reste que des consommateurs, le principe de responsabilité envers la collectivité ayant totalement disparu au profit de la notion de confort personnel.

En conclusion, vous êtes représentatif d'un courant de pensée typiquement français qui refuse la notion de conflit. Vous pensez qu'en étant aimable, poli et compatissant, vous convertirez une crapule en agneau. Cette conception très "chrétienne" - ou très rousseauiste si vous préférez - ne démontre qu'une chose : vous prenez vos désirs pour des réalités. Vous analysez par syllogisme, vous refusez les contradictions inhérentes à la réalité qui pourraient s'opposer à votre vision des choses. Enfin, vous amalgamez les pauvres des cités aux crapules pour nous faire croire que ces derniers se révoltent au nom des démunis. Un délinquant ou un trafiquant ne défend qu'un intérêt : le sien.
Mais je vous rassure, vous êtes à l'image de 90 % de nos journalistes, intellos, et politiciens...Sauf que ses derniers trouvent beaucoup d'avantages à raconter de pareilles sornettes : cela leur évite de régler les problèmes à la source.

En réponse au commentaire:
http://pericles.midiblogs.com/archive/2007/02/15/en-reponse-a-une-vision-trop-largement-repandue-a-mon-gout.html

20/02/2007

Aphorisme dédié à nos socialistes anars et à notre nouvelle droite ultra-libérale.

"Je pense, quant à moi qu'un Etat sert mieux l'intérêt des particuliers en étant d'aplomb dans son ensemble, que prospère en chacun de ses citoyens individuellement, mais chancelant collectivement."


Péricles cité par Thucydide "La guerre du Péloponnaise" cinquième siecle avt JC

15/02/2007

En réponse à une vision trop largement répandue à mon goût.

Voir texte joint:http://lantifadas.midiblogs.com/archive/2007/02/13/sarkozy-bush-meme-combat
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Je n'ai pas de sympathie particulière pour Mr Sarkozy et ses méthodes, mais je trouve que votre analyse et votre argumentation frisent la manipulation. Vision qui est, hélas, largement répandue dans les médias. Vous simplifiez des situations complexes, vous stigmatisez l'institution policière dans l'intention d'éclabousser Mr Sarkozy. Je me dois de vous rappeler qu'un policier n'est pas l'égal d'un individu lambda. La police est une institution républicaine au service de la Nation. La police est détentrice de la violence légitime (car démocratique) que lui a déléguée la Nation (donc vous et moi).
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La violence d'un policier, si elle entre dans le cadre de ses fonctions, n'a pas du tout la même signification que la violence d'un individu à l'égard d'un policier. L'un défend l'ordre public, l'autre cherche à imposer sa loi et son ordre (retour à la féodalité). Un individu qui tutoie ou qui insulte un policier, insulte un représentant de la collectivité nationale ; donc il vous insulte. Un policier applique les directives de son ministère, lequel a un ministre qui est issu d'un gouvernement, issu d'élections démocratiques. La démocratie se fait dans les urnes, pas dans les banlieues. La France est un état de droit, loin d'être parfait j'en conviens -à ce propos, je vous encourage à aller vivre dans les nombreuses dictatures qui parsèment le monde, et vous verrez que vos arguments vous paraîtront bien futiles. Vous dénoncez les méthodes de Goebbels, il semble pourtant qu'il vous ait inspiré. L'objectif des nazis pendant la période d'avant-guerre, était de s'attaquer aux institutions des pays ennemis par la propagande et la subversion, rejoignant par là les communistes.Tout ce qui pouvait dévaloriser les gouvernements, la République, l'armée française ou la police, et donc la cohésion nationale était utilisé.Tous ces discours étaient bien sûr relayés soit, par des français mal intentionnés, soit, par ce que les communistes appelaient "les crétins utiles". Il est bien évident que toutes les belles âmes qui crachaient sur les "institutions bourgeoises et répressives" ont une lourde responsabilité sur les drames qui ont suivis. Il n'y a qu'un avenir pour une nation démocratique : que les individus qui la composent comprennent qu'il n'y a qu'une alternative à une police républicaine et démocratique, c'est une police totalitaire.


"Comment imposer ma volonté à l'adversaire ? Je commence par briser et paralyser d'abord la sienne. Je le trouble et le conduis à douter de lui même." A. HITLER cité par RAUCHNING.


Soit vous êtes un adepte de l'anarchisme et/ou d'une vision totalitaire du monde, et je comprends votre logique. Soit vous vous considérez comme un enfant des Lumières et de la Révolution Française et votre discours va, certainement inconsciemment, à l'encontre de vos valeurs.

14/02/2007

Raymond Aron disait : "Il ne faut jamais sous-estimer le rôle de la bêtise dans l'Histoire"

"La volonté de paix a été la principale motivation des pères de l'Europe"
Faux : après la guerre, les dirigeants francais se préparaient à un éventuel conflit avec l'Allemagne. Seule la peur de l'Union Soviétique a permis l'alliance des nations ouest-européennes. D'ailleurs, Francois Mitterrand avait bien senti, après l'écroulement de l'empire communiste, le risque de dislocation de l'Europe. En effet, le danger communiste disparaissant, l'Europe des technocrates risquait d'apparaître sous son vrai visage aux yeux des Français : un système artificiel absurde, au service d'intérêts étrangers. C'est pourquoi Mr Mitterrand a décidé, au début des années 90, sans en référer au peuple français, d'emmener la France sur la voie du fédéralisme européen. Sacrifiant ainsi la Nation francaise, la démocratie et la souveraineté du peuple Français à une illusion d'Europe américaine. Je ne parle même pas de cette parodie de démocratie que fut le référendum dit "de Maastricht". Quinze ans après, on peut juger l'arbre à ses fruits.
Commentaires bienvenus.

12/02/2007

Election mai 2007 ou l'illusion de la démocratie.

Pourquoi tant de tapage pour une élection qui ne changera rien à rien ? 80 pour cent des lois étant décidées à Bruxelles, je ne vois pas en quoi cette élection est importante. Pouvez-vous m'éclairer ?
A moins que ce théâtre d'ombres ne soit là que pour nous divertir, et détourner notre regard des vrais centres de pouvoir, bien loin de cette désuette souveraineté populaire. A propos, alors que les gouvernants francais se sont peu à peu défaits de leur capacité de décision au profit de l'Europe, pourquoi le nombre de postes ministériels a-t-il crû de manière exponentielle ? Les honneurs sans les responsabilités peut-être, qui n'en a jamais rêvé ? Et bien, ils l'ont fait !

La 6ème République ou comment se cacher derrière son petit doigt...

La 5ème République est responsable de tous nos maux. La preuve, lorsqu'elle fut bien employée par des gouvernants responsables, elle permit de sortir la France d'une très grave guerre civile, dans les années 60. Vous pouvez créer les meilleures institutions au monde, si elles sont prises en main par des irresponsables, vous courerez à la catastophe. Nos politiques voudraient nous faire croire qu'avec une nouvelle République, le manège redémarrerait comme si de rien n'était. Grâce à cet ingénieux stratagème, ils ne seraient plus responsables du fiasco économique et social de la France ; la faute à de Gaulle. C'est confondre causes et conséquences.
Les causes sont :
- nos trois derniers présidents (Giscard, Mitterrand, Chirac) et leur cour, qui ont toujours eu derrière chacune de leurs décisions politiques, le souci de leur carrière et de leur longévité,
- le démantèlement systématique de la Nation, de la souveraineté populaire et donc de la démocratie,
- l'incommensurable bêtise de croire que l'on peut créer une entité politique artificielle (l'Europe) par la seule force de la volonté. Marx, Lénine et Hitler ont fait la même erreur dans le passé, pour le plus grand malheur de leurs peuples,
- enfin, la naiveté (?) de penser qu'en suivant les théories économiques ultra-libérales anglo-saxonnes, l'Europe allait devenir aussi puissante que les USA. La Russie post-Soviétique s'y est essayée avant nous, les mafias s'en frottent les mains, pas le peuple.
Aucune institution n'est éternelle mais, avant de soigner un malade, il faut déjà faire un diagnostique correct. En sont-ils seulement capable ? Connaissent-ils l'histoire de leur pays ? Comprennent-ils seulement le sens des mots démocratie, souveraineté, responsabilité ? Sont-ils cyniques ou sont-ils stupides ? Je pense que nous avons de très brillants hauts fonctionnaires, mais de très médiocres hommes d'état. Beaucoup d'intelligence, mais comme disait Bergson "bien peu d'intuition".
Vos commentaires sont les bienvenus.

"... supposons qu'une démocratie parfaite nous tombe du ciel : cette démocratie ne pourra pas continuer plus que quelques années si elle n'engendre pas des individus qui lui correspondent et qui sont, d'abord et avant tout, capable de la faire fonctionner et de la reproduire."
Cornélius Castoriadis

10/02/2007

Dis-moi ce que tu veux entendre, je te donnerai mon programme éléctoral ...

Pourquoi des sujets comme l'immigration, la délinquance, l'insécurité sont-ils à la mode ?
Ces sujets, si vous les aviez seulement suggérés il y 7 ou 8 ans, on vous aurait taxé de fasciste, raciste, réactionnaire.... souvent par ceux qui en font, aujourd'hui, leur prose favorite.
Pourquoi ? Les Royal, Sarkozy, Bayrou... sont-ils des fascistes ? Non, mais leur objectif principal étant de prendre la place, ils s'adaptent au discours dominant. Ont-ils seulement des convictions ?
De l'ambition, sûrement. Et si l'air du temps revenait au fascisme (je ne dit pas au pétainisme car on y est depuis longtemps), ces hommes et femmes de conviction préféreraient-ils l'exil ? Hélas, je crois bien que non, pas si une opportunité de carrière se présentait.


"En politique, une absurdité n'est jamais un obstacle."
Napoléon Bonaparte

06/02/2007

Humanité...

"Le secret de l'immortalité de la bonté est dans son impuissance. Elle est invincible. Plus elle est insensée, plus elle est absurde et impuissante, et plus elle est grande."
V Grosman "vie et destin"

Parole ultra libérale sur l'Europe ?

Il faut libérer le monde de son passé historique. Les nations sont les matériaux visibles de notre histoire. Il faut donc brasser ces nations, les mouler dans un ordre supérieur.


Sans l'institution d'une certaine forme de servitude, le développement de la culture humaine n'est pas possible... Ce n'est que de cette manière qu'on pourrait également pratiquer une politique agricole des prix, afin de ramener progressivement les prix de nos produits agricoles au niveau des prix mondiaux.

Adolf Hitler cité par Rauchning dans "Hitler m'a dit"

Paroles étonnantes de modernité. Qui a oublié que le libéralisme fut la première forme de totalitarisme, au 19ème
siècle, qui enfanta le communisme puis le nazisme.

04/02/2007

Relations USA-FRANCE

Sparte avait, sous son hégémonie, des alliés qui ne payaient pas de tribut, mais chez qui elle prenait soin de faire régner une oligarchie répondant à sa commodité.
Thucydide La guerre du Péloponnaise livre I