28.04.2007
LA MONTEE DE L'INSIGNIFIANCE
Il manque la voix de Cornelius Castoriadis, il manque cette jubilation dans sa voix en répétant Nous qui désirons ou nous qui délirons ?, il manque par la fenêtre le pont Bir Hakeim et le métro aérien, il manque la lumière sur la Seine ce matin de novembre 1996.
Ce qu'il disait tombe à pic en ces temps "trotsko-balladuriens", lui qui renvoyait dos-à-dos le "communisme anti révolutionnaire", et le néolibéralisme avec sa pensée unique, sa "non-pensée".
Pas question d'abdiquer pour autant. Il n'a pas sombré dans le renoncement esthète, ni dans le cynisme mitterrandien, ni dans cette apathie repue qui dit: tout se vaut, tout est vu, tout est vain.
Cette montée de l'insignifiance, il la voit dans une élite politique réduite à appliquer l'intégrisme néolibéral, mais aussi -voie de conséquence- du côté du "citoyen" que le chômage et la précarité généralisée désengagent de la vie de la Cité. Le chômage qui entraîne la désinsertion, la précarité qui entraîne la soumission. D'où la dislocation de la communauté de destin. Silencieusement, nous avons consenti, nous avons "collaboré" à cette formidable régression, une non-pensée produisant cette non-société, cette montée de l'insignifiance, ce racisme social. Le problème majeur n'est pas le chômage, c'est d'abord et toujours le profit, répétait Corneille.
Face aux brouilleurs de piste et à la fausse complexité, espérant tout de l'imaginaire social, jusqu'au bout il recherche une radicalité. Je suis un révolutionnaire favorable à des changements radicaux disait-il quelques semaines avant sa mort.(1) Je ne pense pas que l'on puisse faire marcher d'une manière libre, égalitaire et juste le système français capitaliste tel qu'il est. Révolutionnaire qui sa vie durant allait répétant : nous ne philosophons pas pour sauver la Révolution mais pour sauver notre pensée et notre cohérence.
Mais on ne peut réduire Cornelius Castoriadis à un seul registre. Philosophe, sociologue, historien, il fut aussi économiste et psychanalyste.Un titan de la pensée, énorme, hors-norme, dit Edgar Morin. Une pensée encyclopédique, une jubilation de vivre et de lutter, lutte charnelle, spirituelle, infinie, mais en mouvement et qui nous laisse du grain à moudre et du pain sur la planche...
Daniel Mermet (7 février 1998)
-Cornelius Castoriadis est mort le 25 décembre dernier. Né en Grèce, il s'installe en 1945 à Paris où il crée la revue, aujourd'hui mythique, Socialisme ou barbarie". En 1968, avec Edgar Morin et Claude Lefort, il publie "Mai 68 la Brèche.. En 1975, il publie L'institution imaginaire de la société, sans doute son ouvrage le plus important. En 1978, il entreprend la série Les carrefours du labyrinthe. C'est à la suite de cette publication sur La montée de l'insignifiance, qu'il nous a reçus en novembre 1996.
Nl DIEU Nl CESAR Nl TRIBUN !... (Cet entretien a eu lieu en Novembre 1996)
Daniel Mermet - Pourquoi la Montée de l'insignifiance ?
Cornélius Castoriadis - Ce qui caractérise le monde contemporain, c'est bien sûr les crises, les contradictions, les oppositions, les fractures, etc... mais ce qui me frappe surtout, c'est l'insignifiance. Prenons la querelle entre la droite et la gauche. Actuellement elle a perdu son sens. Non pas parce qu'il n'y a pas de quoi nourrir une querelle politique et même une très grande querelle politique, mais parce que les uns et les autres disent la même chose. Depuis 1983, les socialistes ont fait une politique, puis Balladur est venu, il a fait la même politique, puis les socialistes sont revenus, ils ont fait avec Bérégovoy la même politique, Balladur est revenu, il a fait la même politique, Chirac a gagné les élections en disant : "Je vais faire autre chose" et il fait la même politique.
D. M. - Par quels mécanismes cette classe politique est-elle réduite à cette impuissance ? C'est le grand mot aujourd'hui, impuissance.
C. C. - Ils sont impuissants, ça c'est certain. La seule chose qu'ils peuvent faire c'est suivre le courant, c'est-à-dire appliquer la politique ultra libérale qui est à la mode. Les socialistes n'ont pas fait autre chose et je ne crois pas qu'ils feraient autre chose s'ils étaient au pouvoir. Ce ne sont pas des politiques à mon avis, mais des politiciens au sens de micropoliticiens. Des gens qui chassent les suffrages par n'importe quel moyen.
D. M. - Le marketing politique ?
C. C. - Le marketing, oui. Ils n'ont aucun programme. Leur but est de rester au pouvoir ou de revenir au pouvoir et pour ça ils sont capables de tout. Clinton a fait sa campagne électorale en suivant uniquement les sondages : "Si je dis ceci, est-ce que ça va passer ?". En prenant à chaque fois l'option gagnante pour l'opinion publique. Comme disait l'autre : "Je suis leur chef, DONC je les suis". Il y a un lien intrinsèque entre cette espèce de nullité de la politique, ce devenir nul de la politique et cette insignifiance dans les autres domaines, dans les arts, dans la philosophie ou dans la littérature. C'est ça l'esprit du temps. Tout conspire dans le même sens, pour les mêmes résultats, c'est-à-dire l'insignifiance.
D. M. - Comment faire de la politique ?
C. C - La politique est un métier bizarre. Même cette politique-là. Pourquoi ? Parce qu'elle présuppose deux capacités qui n'ont aucun rapport intrinsèque. La première, c'est d'accéder au pouvoir. Si on n'accède pas au pouvoir, on peut avoir les meilleures idées du monde ça ne sert à rien, ce qui implique donc un art de l'accession au pouvoir. La deuxième capacité, c'est une fois qu'on est au pouvoir, d'en faire quelque chose, c'est-à-dire de gouverner. Napoléon savait gouverner, Clemenceau savait gouverner, Churchill savait gouverner, des personnes qui ne sont pas dans mes cordes politiques, mais je décris là un type historique. Rien ne garantit que quelqu'un qui sache gouverner, sache pour autant accéder au pouvoir. Dans la monarchie absolue, accéder au pouvoir c'était quoi ?
C'était flatter le roi, c'était être dans les bonnes grâces de Madame Pompadour. Aujourd'hui dans notre pseudo-démocratie, accéder au pouvoir signifie être télégénique, flairer l'opinion publique...
D. M. -Vous dites pseudo-démocratie ?
C. C. - J'ai toujours pensé que la démocratie dite représentative n'est pas une vraie démocratie. Ses représentants ne représentent que très peu les gens qui les élisent. D'abord, ils se représentent eux-mêmes ou représentent des intérêts particuliers, les lobbies, etc... Et, même si cela n'était pas le cas, dire : quelqu'un va me représenter pendant cinq ans de façon irrévocable, ça revient à dire que je me dévêts de ma souveraineté en tant que peuple. Rousseau le disait déjà : les Anglais croient qu'ils sont libres parce qu'ils élisent des représentants tous les cinq ans mais, disait-il, ils sont libres un jour pendant cinq ans, le jour de l'élection, c'est tout. Non pas que l'élection soit pipée, non pas qu'on triche dans les urnes. Elle est pipée parce que les options sont définies d'avance. Personne n'a demandé au peuple sur quoi il veut voter. On lui dit Votez pour ou contre Maastricht" par exemple. Mais qui a fait Maastricht ? C'est pas nous qui avons fait Maastricht. Il y a la merveilleuse phrase d'Aristote : "Qui est citoyen ? Est citoyen quelqu'un qui est capable de gouverner et d'être gouverné". Il y a 60 millions de citoyens en France en ce moment. Pourquoi ne seraient ils pas capables de gouverner ? Parce que toute la vie politique vise précisément à leur désapprendre à gouverner. Elle vise à les convaincre qu'il y a des experts à qui il faut confier les affaires. Il y a donc une contre-éducation politique. Alors que les gens devraient s'habituer à exercer toutes sortes de responsabilités et à prendre des initiatives ils s'habituent à suivre ou à voter pour des options que d'autres leur présentent. Et comme les gens sont loin d'être idiots, le résultat, c'est qu'ils y croient de moins en moins et qu'ils deviennent cyniques.
D. M. - Responsabilité citoyenne, exercice démocratique, est-ce que vous pensez qu'autrefois c'était mieux ? Qu'ailleurs, aujourd'hui, c'est mieux par rapport à la France ?
C. C. - Non, ailleurs, aujourd'hui, ce n'est certainement pas mieux, ça peut même être pire. Encore une fois les élections américaines le montrent. Mais autrefois c'était mieux de deux points de vue. Dans les sociétés modernes, disons à partir des révolutions américaine et française jusqu'à la deuxième guerre mondiale environ, il y avait un conflit social et politique vivant. Les gens s'opposaient. Les gens manifestaient. Ils ne manifestaient pas pour telle ligne de la SNCF. Je ne dis pas que c'est méprisable, c'est quand même un objectif, mais ils manifestaient pour des causes politiques où les ouvriers faisaient grève. Ils ne faisaient pas toujours grève pour des petits intérêts corporatistes. Il y avait des grandes questions qui concernaient tous les salariés. Ces luttes ont marqué ces deux derniers siècles. Or ce qu'on observe maintenant, c'est un recul de l'activité des gens. Et, voilà un cercle vicieux. Plus les gens se retirent de l'activité, plus quelques bureaucrates, politiciens, soi-disant responsables, prennent le pas. Ils ont une bonne justification : "Je prends l'initiative parce que les gens ne font rien". Et plus ces gens-là dominent, plus les autres se disent : "C'est pas la peine de se mêler, il y en a assez qui s'en occupent et puis, de toute façon, on n'y peut rien". Ca, c'est la première raison.
La deuxième raison, qui est liée à la première, c'est la dissolution des grandes idéologies politiques. Idéologies soit révolutionnaires, soit réformistes, qui voulaient vraiment changer des choses dans la société. Pour mille et une raisons, ces idéologies ont été déconsidérées, elles ont cessé de correspondre au temps, de correspondre aux aspirations des gens, à la situation de la société, à l'expérience historique. Il y a eu cet énorme événement qui est l'effondrement de l'URSS et du communisme. Est-ce que vous pouvez me donner une seule personne parmi les politiciens -pour ne pas dire les politicards- de gauche, qui a vraiment réfléchi sur ce qui s'est passé, pourquoi ça s'est passé et qui a, comme on dit bêtement, tiré des leçons ?. Alors qu'une évolution de ce type, d'abord dans sa première phase -I'accession à la monstruosité, le totalitarisme, le goulag, etc...- et ensuite dans l'effondrement, méritait une réflexion très approfondie et une conclusion sur ce qu'un mouvement qui veut changer la société peut faire, doit faire, ne doit pas faire, ne peut pas faire. Or, zéro ! Bien sûr, ce qu'on appelle le peuple, les masses, tire les conclusions qu'il peut tirer mais il n'est pas vraiment éclairé.
Vous me parliez du rôle des intellectuels : que font ces intellectuels ? Qu'est-ce qu'ils ont fait avec Reagan, Thatcher et avec le socialisme français ? Ils ont ressorti le libéralisme pur et dur du début du XlXème siècle qu'on avait combattu pendant cent cinquante ans et qui aurait conduit la société à la catastrophe parce que, finalement, le vieux Marx n'avait pas entièrement tort. Si le capitalisme avait été laissé à lui-même, il se serait effondré cent fois. Il y aurait eu une crise de surproduction tous les ans. Pourquoi il ne s'est pas effondré ? Parce que les travailleurs ont lutté. Ils ont imposé des augmentations de salaire, donc ils ont créé d'énormes marchés de consommation interne. Ils ont imposé des réductions du temps de travail, ce qui a absorbé tout le chômage technologique. On s'étonne maintenant qu'il y ait du chômage. Mais depuis 1940 le temps de travail n'a pas diminué. On dit "trente neuf heures", "trente huit et demie", "trente sept trois quarts", c'est grotesque ! ... Donc il y a eu ce retour du libéralisme, je ne vois pas comment l'Europe pourra sortir de cette crise. Les libéraux nous disent : "Il faut faire confiance aux marchés". Mais ce que disent aujourd'hui ces néo-libéraux, les économistes académiques eux-mêmes l'ont réfuté dans les années trente. Ils ont montré qu'il ne peut pas y avoir d'équilibre dans les sociétés capitalistes. Ces économistes n'étaient pas des révolutionnaires, ni des marxistes ! Ils ont montré que tout ce que racontent les libéraux sur les vertus du marché qui garantirait une allocation, la meilleure allocation possible, qui garantirait des ressources, la distribution des revenus la plus équitable possible, c'est des foutaises ! Tout ça, ça a été démontré, ça n'a jamais été réfuté. Mais il y a cette grande offensive économico-politique des couches gouvernantes et dominantes qu'on peut symboliser par les noms de Reagan, et de Thatcher, et même de Mitterrand, d'ailleurs ! Il a dit : "Bon, vous avez assez rigolé. Maintenant, on va vous licencier, on va dégraisser l'industrie -on va éliminer la "mauvaise graisse", comme dit monsieur Juppé !- et puis vous verrez que le marché à la longue vous garantit le bien-être". A la longue. En attendant il y a 12,5% de chômage officiel en France !
D. M. - Pourquoi n'y a-t-il pas d'opposition à ce libéralisme-là ?
C. C. - Je ne sais pas, c'est extraordinaire. On a parlé d'une sorte de terrorisme de la pensée unique, c'est-à-dire une non-pensée. Elle est unique en ce sens que c'est la première pensée qui est une non-pensée intégrale. Pensée unique libérale à laquelle personne n'ose s'opposer. Qu'était l'idéologie libérale à sa grande époque ? Vers 1850, c'était une grande idéologie parce qu'on croyait au progrès. Ces libéraux-là pensaient qu'avec le progrès il y aurait l'élévation du bien-être économique. Mais, même quand on ne s'enrichissait pas, dans les classes exploitées, on allait vers moins de travail, vers des travaux moins pénibles, on serait moins abruti par l'industrie : c'était le grand thème de l'époque. Benjamin Constant le dit : Les ouvriers ne peuvent pas voter parce qu'ils sont abrutis par l'industrie (il le dit carrément, les gens étaient honnêtes à l'époque !), donc il faut un suffrage censitaire. Mais par la suite, le temps de travail a diminué, il y a eu l'alphabétisation, il y a eu l'éducation, il y a eu des espèces de lumières qui ne sont plus les lumières subversives du XVlIIème siècle mais des lumières qui se diffusent tout de même dans la société. La science se développe, l'humanité s'humanise, les sociétés se civilisent et petit à petit, asymptotiquement, on arrivera à une société où il n'y aura pratiquement plus d'exploitation, où cette démocratie représentative tendra à devenir une vraie démocratie.
D. M. - Pas mal ?
C. C. - Pas mal. Sauf que ça n'a pas marché ! Le reste s'est réalisé mais les hommes ne se sont pas humanisés, la société ne s'est pas civilisée pour autant, les capitalistes ne se sont pas adoucis, on le voit maintenant. Ca fait que de l'intérieur, les gens ne croient plus à cette idée. Aujourd'hui ce qui domine c'est la résignation même chez les représentants du libéralisme. Quel est le grand argument, en ce moment ? C'est peut-être mauvais mais l'autre terme de l'alternative était pire . Ca se résume à ça. Et c'est vrai que ça a glacé pas mal les gens. Ils se disent : si on bouge trop, on va vers un nouveau goulag. Voilà ce qu'il y a derrière cet épuisement idéologique de notre époque et je crois qu'on n'en sortira que si vraiment, il y a... il faut attendre. il faut espérer il faut travailler pour une résurgence d'une critique puissante du système et aussi d'une renaissance de l'activité des gens, d'une participation des gens.
D. M. - Elite politique réduite à servir de larbin à la World Company, intellos chiens de garde, médias qui ont trahi leur rôle de contre pouvoir, voilà quelques causes et quelques symptômes de cette "montée de l'insignifiance".
C. C. - Mais en ce moment, on sent frémir un regain d'activité civique. «à et là, on commence quand même à comprendre que la "crise" n'est pas une fatalité de la modernité à laquelle il faudrait se soumettre, "s'adapter" sous peine d'archaÔsme. Alors se pose le problème du rôle des citoyens et de la compétence de chacun pour exercer les droits et les devoirs démocratiques dans le but -douce et belle utopie- de sortir du conformisme généralisé.
D. M. - Votre confrère et compère Edgar Morin parle du généraliste et du spécialiste. La politique exige les deux. Le généraliste qui sait à peu près rien sur un peu tout et le spécialiste qui sait tout sur une seule chose mais pas le reste. Comment faire un bon citoyen ?
C. C.- Ce dilemme est posé depuis Platon. Platon disait que les philosophes doivent régner, eux qui sont au-dessus des spécialistes. Dans la théorie de Platon, ils ont une vue du tout. L'autre terme de l'alternative c'était la démocratie athénienne. Qu'est-ce qu'ils faisaient, les Athéniens ? Voilà quelque chose de très intéressant. Ce sont les Grecs qui ont inventé les élections. Ca c'est un fait historiquement attesté. Ils ont peut-être eu tort, mais ils ont inventé les élections ! Qui est-ce qu'on élisait à Athènes ? On n'élisait pas les magistrats. Les magistrats étaient désignés par tirage au sort ou par rotation. Pour Aristote, souvenez-vous, un citoyen c'est celui qui est capable de gouverner et d'être gouverné. Tout le monde est capable de gouverner donc on tire au sort. Pourquoi ? Parce que la politique n'est pas une affaire de spécialiste. Il n'y a pas de science de la politique. Il y a une opinion, la doxa (1) des Grecs, il n'y a pas d'épistémè (2)
Je vous fais remarquer d'ailleurs que l'idée qu'il n'y a pas de spécialiste de la politique et que les opinions se valent c'est la seule justification raisonnable du principe majoritaire. Donc chez les Grecs le peuple décide et les magistrats sont tirés au sort ou désignés par rotation. Il y a des activités spécialisées parce que les athéniens n'étaient pas fous, ils ont quand même fait des choses assez considérables, ils ont fait le Parthénon, etc... Pour ces activités spécialisées, la construction des chantiers navals, la construction des temples, la conduite de la guerre, il faut des spécialistes. Donc, ceux-là, on les élit. C'est ça, l'élection. Parce que l'élection, ça veut dire l'élection des meilleurs. Et sur quoi on se base pour élire les meilleurs ? Eh bien là, intervient l'éducation du peuple car il est amené à choisir. On fait une première élection, on se trompe, on constate que par exemple Périclès est un déplorable stratège, eh bien on ne le réélit pas, ou même on le révoque. Mais cette doxa, cette opinion dont on peut postuler qu'elle est également partagée, c'est bien sûr un postulat tout à fait théorique. Pour qu'il ait un peu de chair il faut que cette doxa soit cultivée. Et comment peut être cultivée une doxa concernant le gouvernement ? Eh bien en gouvernant. Donc la démocratie -c'est ça l'important- est une affaire éducationnelle des citoyens, ce qui n'existe pas du tout aujourd'hui.
Récemment, un magazine a publié une statistique indiquant que 60% des députés avouent qu'ils ne comprennent rien à l'économie. Des députés en France qui vont décider, qui décident tout le temps ! Ils votent, ils augmentent les impôts, ils les diminuent, etc.. En vérité, ces députés, tout comme les ministres, sont asservis à leurs techniciens. Ils ont leurs experts mais ils ont aussi des préjugés ou des préférences. Et si vous suivez de près le fonctionnement d'un gouvernement, d'une grande bureaucratie -moi je l'ai suivi dans d'autres circonstances- vous voyez que ceux qui dirigent se fient aux experts, mais ils choisissent les experts qui partagent leurs opinions. Vous trouverez toujours un économiste pour vous dire : "Oui, oui, il faut faire ça". Ou un expert militaire qui vous dira : "Oui, il faut l'armement nucléaire" ou "il ne faut pas d'armement nucléaire". N'importe quoi. C'est un jeu complètement stupide et c'est ainsi que nous sommes gouvernés actuellement. Donc dilemme de Morin et de Platon, spécialiste ou généraliste. Les spécialistes au service des gens, c'est ça la question. Pas au service de quelques politiciens. Et les gens apprenant à gouverner en gouvernant.
D.M. - Educationnel , vous avez dit et vous dites : Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Plus généralement, quel mode d'éducation vous voyez ? Quel mode de partage de la connaissance ?
C. C. - Il y a beaucoup de choses qu'il faudrait changer avant qu'on puisse parler de véritable activité éducatrice sur le plan politique. La principale éducation dans la politique c'est la participation active aux affaires ce qui implique une transformation des institutions qui permette et qui incite à cette participation alors que les institutions actuelles repoussent, éloignent, dissuadent les gens de participer aux affaires. Mais cela ne suffit pas. Il faut que les gens soient éduqués et soient éduqués pour le gouvernement de la société. Il faut qu'ils soient éduqués dans la chose publique. Or si vous prenez l'éducation actuelle, ça n'a strictement rien à voir avec ça. On apprend des choses spécialisées. Certes on apprend à lire et à écrire. C'est très bien, il faut que tout le monde sache lire et écrire, d'ailleurs chez les Athéniens, il n'y avait pas d'analphabètes. A peu près tous savaient lire et c'est pour ça qu'on inscrivait les lois sur le marbre. Tout le monde pouvait les lire et donc le fameux adage, "personne n'est censé ignorer la loi", avait un sens. Aujourd'hui on peut vous condamner parce que vous avez commis une infraction alors que vous ne connaissez pas la loi alors qu'on vous dit : vous êtes censé ne pas l'ignorer". Donc l'éducation devrait être beaucoup plus axée vers la chose commune. Il faudrait comprendre les mécanismes de l'économie, les mécanismes de la société, de la politique, etc... On n'est pas capable d'enseigner l'histoire. Les enfants s'emmerdent en apprenant l'histoire alors que c'est passionnant. Il faudrait enseigner une véritable anatomie de la société contemporaine, comment elle est, comment elle fonctionne.
D.M. - Vous avez beaucoup parlé et écrit autour du mouvement de mai 68, qu'avec Edgar Morin et Claude Lefort vous avez appelé "la Brèche". Aujourd'hui, cette période est un âge d'or pour les jeunes qui regrettent de ne l'avoir pas vécue. Si on repense à cette époque, on est frappé par l'aveuglement. Ces comportements révolutionnaires, romantiques, absolus, doctrinaires, sans aucune base, dans une ignorance totale par exemple de ce qui se passait réellement dans la Chine de Mao, choses qu'on pouvait savoir. Mais on préfère croire que savoir...
C. C. - Oui, vous avez raison d'un certain point de vue qui est très important. Mais ce n'est pas tellement une question de niveau de connaissance, je crois. C'est l'énorme domination de l'idéologie au sens strict et, j'allais dire, au sens mauvais du terme. Les maoistes, ce n'est pas qu'ils ne savaient pas, on les avait endoctrinés ou ils s'endoctrinaient eux-mêmes. Pourquoi acceptaient-ils l'endoctrinement ? Pourquoi s'endoctrinaient-ils eux-mêmes ? Parce qu'ils avaient besoin d'être endoctrinés. Ils avaient besoin de croire. Et ça, ça a été la grande plaie du mouvement révolutionnaire depuis toujours.
D. M. - Mais l'homme est un animal religieux. C'est pas un compliment mais...
C. C. - Pas du tout un compliment. Aristote que je n'arrête pas de citer et que je vénère énormément a dit une seule fois une chose qui est vraiment une grosse... bon on ne peut pas dire bourde quand il s'agit d'Aristote, mais tout de même. Quand il dit: L'homme est un animal qui désire le savoir , c'est faux. L'homme n'est pas un animal qui désire le savoir. L'homme est un animal qui désire la croyance, qui désire la certitude d'une croyance, d'où l'emprise des religions, d'où l'emprise des idéologies politiques. Dans le mouvement ouvrier au départ, il y avait une attitude très critique. Quand vous prenez les deux premiers vers de l'internationale qui est quand même le chant de la Commune, prenez le deuxième couplet : "Il n'est pas de Sauveur suprême ni Dieu -exit la religion- ni César ni tribun" -exit Lénine !- Mais il y a ce besoin de croyance. Aujourd'hui, en quoi sommes-nous plus sages qu'en Mai 1968 ? Je crois que peut-être le résultat, à la fois des suites de Mai et de l'évolution dans les pays de l'Est et de l'évolution en général de la société font que les gens sont devenus, je pense, beaucoup plus critiques. Ca, c'est très important. Bien sûr il y a une frange qui cherche toujours la foi. La scientologie, les sectes, ou le fondamentalisme, ça c'est dans d'autres pays, pas chez nous, pas tellement. Mais les gens sont devenus beaucoup plus critiques, beaucoup plus sceptiques. Ce qui les inhibe aussi pour agir. Périclès dans le discours aux Athéniens dit : Nous sommes les seuls chez qui la réflexion n'inhibe pas l'action. C'est admirable ! Il ajoute : Les autres, ou bien ils ne réfléchissent pas et ils sont téméraires, ils commettent des absurdités ou bien, en réfléchissant, ils arrivent à ne rien faire parce qu'ils se disent : il y a le discours et il y a le discours contraire . Or actuellement on traverse aussi une phase d'inhibition, c'est sûr. Mais il faut comprendre, chat échaudé craint l'eau froide. Ils ont goûté tout ça, ils se disent : les grands discours et tout le reste, bof !. Effectivement, il ne faut pas de grands discours, mais il faut des discours vrais.
D. M. - Ce qui fait la richesse de votre pensée, c'est aussi ce regard du psychanalyste sur le monde. Il n'est pas si fréquent d'avoir ainsi plusieurs éclairages. Raoul Vaneigem a publié un livre dont le titre est : Nous qui désirons sans fin.
C.C. - Nous qui délirons ? Oh ça, oui ! Nous qui délirons ! (rire)
D. M. - Qu'est-ce que vous pensez de cet irréductible désir qui fait que l'histoire continue ?
C. C. - Mais, de toute façon il y a un irréductible désir. Enfin et encore ! (silence) Là alors, vraiment ... c'est un gros chapitre. Si vous prenez les sociétés archaÔques ou les sociétés traditionnelles, il n'y a pas un irréductible désir. On ne parle pas là du désir du point de vue psychanalytique. On parle du désir tel qu'il est transformé par la socialisation. Et ces sociétés sont des sociétés de répétition. Or dans l'époque moderne, il y a une libération dans tous les sens du terme, par rapport aux contraintes de la socialisation des individus. On dit par exemple : Tu prendras une femme dans tel clan ou dans telle famille. Tu auras une femme dans ta vie. Si tu en as deux, ou deux hommes, ce sera en cachette, ce sera une transgression. Tu auras un statut social, ce sera ça et pas autre chose". Mais aujourd'hui on est entré dans une époque d'illimitation dans tous les domaines et c'est en ça que nous avons le désir d'infini. Or cette libération est en un sens une grande conquête. Il n'est pas question de revenir aux sociétés de répétition. Mais il faut aussi apprendre -et ça c'est un très grand thème- apprendre à s'autolimiter, individuellement et collectivement. Et la société capitaliste aujourd'hui est une société qui à mes yeux court à l'abîme à tous points de vue car c'est une société qui ne sait pas s'autolimiter. Et une société vraiment libre, une société autonome, doit savoir s'autolimiter.
D. M. - Limiter c'est interdire. Comment interdire ?
C. C. - Non, pas interdire au sens répressif. Mais savoir qu'il y a des choses qu'on ne peut pas faire ou qu'il ne faut même pas essayer de faire ou qu'il ne faut pas désirer. Par exemple l'environnement. Nous vivons sur cette planète que nous sommes en train de détruire, et quand je prononce cette phrase je songe aux merveilles, je pense à la mer Egée, je pense aux montagnes enneigées, je pense à la vue du Pacifique depuis un coin d'Australie, je pense à Bali, aux Indes, à la campagne française qu'on est en train de désertifier. Autant de merveilles en voie de démolition. Je pense que nous devrions être les jardiniers de cette planète. Il faudrait la cultiver. La cultiver comme elle est et pour elle-même. Et trouver notre vie, notre place relativement à cela. Voilà une énorme tâche. Et ça pourrait absorber une grande partie des loisirs des gens, libérés d'un travail stupide, productif, répétitif, etc... Or cela, évidemment, c'est très loin non seulement du système actuel mais de l'imagination dominante actuelle. L'imaginaire de notre époque, c'est l'imaginaire de l'expansion illimitée, c'est l'accumulation de la camelote... une télé dans chaque chambre, un micro-ordinateur dans chaque chambre, c'est ça qu'il faut détruire. Le système s'appuie sur cet imaginaire qui est là et qui fonctionne.
D. M. - Ce dont vous parlez là, sans cesse, c'est de la liberté ?
C. C. - Oui.
D. M. - Derrière ça, il y a la liberté ?
C. C. - Oui.
D. M. - Difficile liberté ?
C. C. - Ah oui ! La liberté, c'est très difficile.
D. M. - Difficile démocratie ?
C. C. - Démocratie difficile parce que liberté, et liberté difficile parce que démocratie, oui, absolument. Parce que c'est très facile de se laisser aller, l'homme est un animal paresseux, on l'a dit. Là encore je reviens à mes ancêtres, il y a une phrase merveilleuse de Thucydide : Il faut choisir se reposer ou être libre. Je crois que c'est Périclès qui dit ça aux Athéniens: Si vous voulez être libres, il faut travailler. Vous ne pouvez pas vous reposer. Vous ne pouvez pas vous asseoir devant la télé. Vous n'êtes pas libres quand vous êtes devant la télé. Vous croyez être libres en zappant comme un imbécile, vous n'êtes pas libres, c'est une fausse liberté. Ce n'est pas seulement l'âne de Buridan qui choisit entre deux tas de foin. La liberté, c'est l'activité. Et la liberté, c'est une activité qui en même temps s'autolimite, c'est-à-dire sait qu'elle peut tout faire mais qu'elle ne doit pas tout faire. C'est ça le grand problème, pour moi, de la démocratie et de l'individualisme.
D. M. - La liberté, c'est les limites ? Philosopher, c'est établir les limites ?
C. C. - Non, la liberté, c'est l'activité et l'activité qui sait poser ses propres limites. Philosopher, c'est la pensée. C'est la pensée qui sait reconnaître qu'il y a des choses que nous ne savons pas et que nous ne connaîtrons jamais...
Novembre 1996.
(1) Ensemble des opinions reçues sans discussion comme une évidence naturelle dans une civilisation donnée.
(2) Ensemble des connaissance réglées (conception du monde, sciences et philosophie) propres à un groupe social et à une époque.
Entretien par Daniel Mermet à la mémoire de Cornelius Castoriadis, disparu le 25 décembre 1996, nous avons rediffusé l'entretien qu'il nous avait accordé un an plus tôt. On a parfois envie de retenir les mots, revenir sur les idées, à "oreille reposée". En vous proposant de vous adresser le script de cet entretien, je ne m'attendais pas à un tel intérêt de toute part, tout horizon, tout milieu, pour une des pensées les plus fécondes et les plus lucides de notre temps. A travers la brèche on sent que tout n'est pas perdu !
Note de Péricles: En hommage à un grand philosophe trop méconnu, texte entièrement repris sur le site
http://www.costis.org/x/castoriadis/montee.htm
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25.04.2007
Paroles libératrices
"Un prophète n'est vraiment prophète qu'après sa mort, et jusque-là ce n'est pas un homme très fréquentable. Je ne suis pas un prophète, mais il arrive que je voie ce que les autres voient comme moi, mais ne veulent pas voir. Le monde moderne regorge aujourd'hui d'hommes d'affaires et de policiers, mais il a bien besoin d'entendre quelques voix libératrices. Une voix libre, si morose qu'elle soit, est toujours libératrice. Les voix libératrices ne sont pas les voix apaisantes, les voix rassurantes. Elles ne se contentent pas de nous inviter à attendre l'avenir comme on attend le train. L'avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l'avenir, on le fait."
Bernanos
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Qu'est-ce qu'être français ?
La Belgique polyglotte n'est-elle pas une Nation ? Monsieur Yann, c'est une très bonne question.
Laissez-moi donc vous poser quelques questions à mon tour :
- L'Empire des Habsbourg était-il une Nation ?
- La Yougoslavie était-elle une Nation ?
- La Tchécoslovaquie était-elle une Nation ?
- L'URSS était-elle une Nation ?
- Le Rwanda est-il une Nation ?
Je ne suis pas un spécialiste de la Belgique, mais je pense qu'il ne faut pas confondre frontières administratives et Nation. Ce ne sont pas une armée, une administration, un gouvernement, des frontières qui font une Nation (bien des colonies au début du XXème siècle avaient ces caractéristiques). Un territoire occupé par des peuples de langues différentes peut exister, parfois pendant des siècles, sans pour cela former une Nation.
Une Nation peut se créer sur des bases ethniques, religieuses, ou bien sur une histoire commune (souvent liée à une aire géographique, comme la France). Une chose est sûre, un pays sans homogénéité linguistique (et donc culturelle) n'est pas une Nation, même si elle en a l'apparence.
Bien entendu, en France, nous avons beaucoup de mal à l'accepter, car nous avons le fantasme de l'homme universel, et surtout la hantise du conflit, car nous confondons souvent Nation et nationalisme.
Mais l'homme universel n'existe pas. Il existe des français, des espagnols... qui deviennent des français, des espagnols...grâce à leur langue. Un français ne sera jamais français s'il ne parle pas le français. C'est par l'intermédiaire de la langue qu'une collectivité transmet ses valeurs et ses représentations. Cela se fait tellement naturellement que nous ne nous en apercevons même pas. Quand à 7 ans, nous commençons à prendre conscience du monde (et que nous commençons à avoir l'illusion de la liberté), la culture française nous a déjà façonnés ; nous sommes déjà des petits français : la langue en a été le vecteur.
L'enfant qui n'a pas été façonné par une langue quelconque ne deviendra pas un homme, mais un animal (voir Victor, l'enfant sauvage de l'Aveyron, décrit par Jean Itard).
Un français (ou un anglais) ne comprendra jamais qu'artificiellement et de l'extérieur les spécificités d'une autre culture. Même s'il a l'impression de les comprendre, il ne fait souvent que les déformer par le prisme de ses représentations, et de ses préjugés (essayez donc de comprendre le sens du "ki" dans les arts orientaux).
Pour conclure, je pense donc que la Belgique n'est pas une Nation mais une construction administrative qui restera toujours très fragile. Au moindre remous historique (ce qui n'est qu'une question de temps),
qu'adviendra-t-elle ?
De Gaulle a lui même écrit qu'en 1945 s'il avait voulu intégrer la Belgique francophone à la France, elle se serait jetée dans ses bras.
J'ai du mal à croire que la même chose aurait été possible entre la Bretagne et l'Angleterre par exemple.
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21.04.2007
La république des girouettes
Quand je vous entends, Madame Royal, je ne sais pas si je dois rire ou pleurer. Quand avec votre voix
d'automate, vous nous parlez de Nation, de responsabilité, de travail, de la France, du drapeau français, d'ordre ("ordre juste" pour pas trop ridiculiser les anars du PS qui vous soutiennent). Non pas que ces symboles et valeurs me choquent, bien au contraire puisqu'elles sont les fruits de la Révolution Française et des Lumières.
Mais, franchement, pour le parti socialiste, c'est un virage à 180 degrés.
Vous qui avez été conseillère (1) de Monsieur Mitterrand et de sa cour (Fabius, Lang, Drey..), chantres du mondialisme, du libéralisme, des années frics et toc, de l'Europe supranationale et donc du démantèlement de la France, de l'irresponsabilité politique, de la corruption à tous les niveaux, de l'utilisation politicienne et irresponsable de l'immigration, de l'école, des institutions, j'en passe et des meilleures... vous voilà redevenue apôtre de Jaurès.
Pourquoi ? Avez-vous déjà défendu ces positions dans le passé ? Jamais !
Mais, depuis les déculottées de 2002 et du référendum de 2005, le sens du vent a tourné. Alors, en bon marchand de tapis, le PS sort son nouveau produit qui colle bien au marché : Mme Royal et ses superbes emballages blancs.
Le but n'est pas de construire l'avenir ni de transmettre, au travers d'une politique, le patrimoine français aux générations futures. Le but est de gagner des élections, et pour cela, il suffit de raconter n'importe quoi, surtout ce que les gens veulent entendre. Même si cela nécessite des grands écarts idéologiques, même si on doit se contredire, se renier, se coucher, se ridiculiser... Après tout, les français n'ont pas de mémoire : la preuve.
Et puis, quand vous serez au pouvoir, vous pourrez continuer comme avant.
Rassurez-vous, vous ne portez pas toutes les responsabilités. L'alternative de Monsieur Sarkozy est du même acabit : un homme de parti qui défendra en priorité les intérêts de son parti, avant ceux des français.
Les promesses n'engagent que ceux qui y croient.
(1) À l’été 1985, lors d’une réunion de la commission exécutive du PS Calvados, à Caen, elle déclarait : "Voilà, je m’appelle Ségolène Royal, je suis membre de la section de Trouville et conseillère municipale. J’ai 28 ans. Je suis mère d’un enfant. Je travaille à l’Elysée auprès de François Mitterrand. Les deux personnes que j’aime le plus au monde, c’est mon bébé et François Mitterrand."
Il est étonnant qu'elle ait eu tant d'admiration pour un homme aux antipodes de ses convictions actuelles, si ce n'est peut-être, sa capacité à obtenir le pouvoir et à le garder par tous les moyens. Mais les convictions de nos représentants politiques varient souvent au gré des sondages. On appelle cela la démocrassouille d'opinion.
18:35 Publié dans Mes articles personnels, Tous les articles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Mme Royal, Démocratie d'opinion
16.04.2007
Extrême-droite irresponsable.
Après les conversations douteuses de de Villiers au sujet des Turcs, voici un article paru sur le blog d'un fan de Jean Marie Le Pen :
"Policier tué : "C'était une bande de blacks"
http://www.youtube.com/watch?v=q9qsFUFBqNs
Marcel Campion, président de l’Association du monde festif, dit très clairement que, pour lui, il n'y a pas de doute : le policier, fonctionnaire de la SDI11 basé à Bessières, a été poussé. Un policier qui laisse une petite fille".
Puis la conférence de presse de Jean Marie Le Pen :
"Communiqué de presse de Jean-Marie LE PEN. Foire du Trône : arrêtez de mentir aux Français.
Le gouvernement UMP, particulièrement le ministre Baroin, ne sert pas son candidat à la présidentielle par sa gestion désastreuse de l'affaire de la Foire du Trône. Il est scandaleux de faire pression sur les témoins, pour tenter de confirmer la version officielle de « l’accident ».
Il est absurde d’envisager de fermer la Foire du Trône, comme si, en supprimant le lieu du crime, on pouvait effacer ce qui s’est passé.
Il est surtout dérisoire d’imaginer pouvoir cacher la vérité sur le meurtre du policier Caron par une bande de voyous ethniques. Les Français sont au fait de la montée des violences en tout genre, notamment contre les forces de l’ordre.
La campagne présidentielle ne doit pas être l’occasion de dissimuler les problèmes, mais au contraire de les voir en face, afin de permettre aux citoyens de se déterminer sur le candidat le mieux à même de les affronter."
Messieurs, comment pouvez-vous vous réclamer du respect de la Nation, quand vous mettez en cause le sérieux des institutions (policières et judiciaires), simplement parce que vous voulez atteindre le gouvernement en place ? Avez-vous des éléments sérieux pour étayer vos insinuations ? Si c'est le témoignage de Monsieur Campion que l'on voit sur la vidéo, laissez-moi vous dire qu'il manque sérieusement de fiabilité, tout simplement parce qu'il n'a rien vu et qu'il ne fait que rapporter des dires, qui eux-mêmes étaient peut-être déjà des ouï-dire.
Il y a un vingtaine d'années, j'ai été témoin d'un accident : une jeune fille était tombée dans le vide à cause d'un mouvement de foule. Par malheur, deux noirs se trouvaient là, et il s'est trouvé un hurluberlu pour se mettre à crier que c'était eux qui avaient fait le coup. Fort heureusement, nous avions été plusieurs à voir la scène, et avions pu constater que ces deux personnes n'avaient rien à voir là-dedans.
Pourtant, je peux vous garantir que des dizaines de témoins, qui physiquement n'avaient pas pu voir la scène, ont confirmé cette version délirante. Après enquête, il a été établi par des faits indiscutables que les deux accusés ne pouvaient pas avoir commis cet acte.
Heureusement que tous les français ne sont pas racistes (comme les médias veulent bien nous le faire croire), sinon ces deux malheureux auraient pu être lynchés.
Quant à vos allégations, elles ne reposent que sur des rumeurs. Que les forains de la Foire du Trône subissent des agressions est certainement vrai. Qu'un black (comme un blanc d'ailleurs) soit capable de commettre un meurtre gratuit et sordide est incontestable. Qu'il existe des tensions ethniques est indiscutable. Que la classe médiatique et politique essaie de nier tous ces problèmes est évident. Cela ne fait pas d'une bande de voyous, des assassins. Peut-être le sont-ils ? Mais vous n'en avez aucunes preuves. Accuser des individus de crime , sans preuves et sur la foi de témoignages bidons, est un acte extrêmement grave.
Mettre en doute l'intégrité de la police et de la justice, tout simplement pour éclabousser l'UMP, est irresponsable et encore plus grave, car vous jouez avec la paix civile.
Savez-vous ce qui ronge la France ? Ce ne sont pas les "bandes de blacks", mais l'esprit partisan. Cet esprit qui fait qu'on est prêt à tout pour avoir la place, même s'il faut mettre le feu à la maison.
La délinquance et les tensions ethniques ne sont que le résultat de cette irresponsabilité collective : demandez donc, après vos insinuations, à un jeune paumé de banlieue de respecter les institutions, quand vous-même y mettez (symboliquement) le feu, quand cela sert vos intérêts.
Qu'est-ce-qui est le plus grave pour la paix civile : un voyou qui brûle une école, ou un homme politique qui met en doute l'intégrité des institutions ? Selon moi, il y a une hiérarchie dans les responsabilités.
Une société repose sur la confiance, et il y a des sujets qui, pour un démocrate ou un républicain, devraient être maniés avec précaution et responsabilité.
Si vous avez des éléments concrets, donnez-les, sinon, si vous aimez réellement votre pays, taisez-vous !
21:00 Publié dans Mes articles personnels, Tous les articles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : extrême-droite, Foire du Trône, Tensions ethniques
11.04.2007
Les islamistes sont-ils des alliés de l'Amérique ?
Quel est le lien réel entre les USA et les islamistes ?
Sont-ils d'irreductibles ennemis ou bien la réalité est-elle plus complexe ?
Et si il y avait, en réalité, une alliance d'intérêt entre les islamistes et les USA ?
Quels sont les éléments qui font que je me pose cette question ?
L'histoire commence par la création, le financement,la formation militaire et logistique (subversion, propagande, organisation, armement...) des groupuscules activistes islamistes par les USA lors de la guerre d'Afghanistan dans les années 70-80.
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Ben Laden est le fils spirituel de la CIA. Ce sont ses membres qui l'ont formé pendant la guerre d'Afghanistan. C'était un allié objectif et très utile dans leur lutte contre l'empire soviétique. Dans un monde médiatisé comme le nôtre, où le moindre délinquant peut faire la une des médias nationaux en brûlant une voiture, donner une telle formation et des moyens à des activistes fanatiques et déterminés, c'est s'exposer à les voir monopoliser la scène médiatique (et donc politique) mondiale.
Les USA ont été également les alliés des islamistes bosniaques pendant la guerre en ex-Yougoslavie au début des années 90. Ils ont, par exemple, mis à la tête de l'état bosniaque Monsieur Izetbegovic. Ce dernier a offert la nationalité bosniaque à Ben Laden pour services rendus à la cause (il avait, en effet, décapité quelques Serbes). Savez-vous que Monsieur Izetbegovic, que nos amis US et médias nous présentaient comme un homme de paix, un modéré, était un intégriste (il a écrit un livre prônant la charia dans les années 70). Il fût également recruteur pour la division musulmane SS Handschar (en effet, les musulmans étaient alliés aux nazis pendant la guerre 39/45) et est à l'origine de nombreux massacres de Serbes civils et militaires.
Quand on pense que nos médias, toujours prompts à relayer la propagande américaine et à défendre les intérêts US (quand ils ne dénigrent pas leur propre pays), nous présentaient les Serbes comme des nazis, alors qu'ils furent des alliés de la France.
Comble de l'ironie, Madeleine Albright (secrétaire d'état aux affaires étrangères de 1997 à 2001 sous la présidence de Clinton), pincipale initiatrice de cette cabale anti-serbe, fut recueillie et protégée des persécutions antisémites par une famille serbe, lorsqu'elle était enfant. Si cela ne s'appelle pas du cynisme...
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L'Amérique fut également une alliée de la cause musulmane au Kosovo. La présence de conseillers militaires américains auprès de l'UCK (l'armée d'indépendance du Kosovo) pendant la guerre du Kosovo, à la fin des années 90, est avérée : officiellement, l'intervention américaine au Kosovo avait pour objectif de protéger les musulmans des exactions serbes (qui n'ont été commises qu'après le début du conflit), et non pas d'aider à la création d'un état musulman indépendant. Les exécutions de masse de kosovars par les serbes, qui ont servi de prétexte à l'intervention US, n'ont en réalité jamais existées (comme les armes de destruction massive irakiennes ; mais l'avantage avec des médias complices, c'est qu'on peut toujours utiliser les mêmes grosses ficelles, cela marche à chaque fois).
Depuis la fin de la guerre, le Kosovo connaît, dans une indifférence médiatique très étrange et totale, une épuration ethnique anti-serbe (harcèlement, églises brulées, viols, meurtres et pogroms) ; avec l'accord tacite des USA, puisque cette épuration est la plus importante dans le secteur sous responsabilité américaine. Il existe d'ailleurs un plan (connu des organismes internationaux) visant à faire du Kosovo une terre à 100% musulmane (10% avant l'intervention militaire US). Et pourtant, en 2007, les organismes internationaux (voix de l'Amérique) proposent la création d'un état musulman indépendant, avec l'appui de l'Europe pro-US (grâce à la carotte de l'adhésion à l'Union et à la promesse d'aides économiques).
Il y a également l'alliance très étrange entre les USA et l'Arabie Saoudite (malgré tous les efforts de nos journalistes pour nous faire croire que cette alliance bat de l'aile). Les Ben Laden font partie de l'entourage de la famille dirigeante saoudienne, qui est elle-même très proche des cercles du pouvoir US. Cette même Arabie qui, grâce à l'argent du pétrole et à son positionnement géographique et idéologique (tout musulman devant faire au moins un voyage à la Mecque dans sa vie), a pu diffuser le wahhabisme, vision de l'islam fanatique et rétrograde et terreau du terrorisme, dans l'ensemble du monde musulman depuis les années 70.
Enfin, sachant tout cela, ne trouvez-vous pas étrange qu'en France, quelques semaines après le refus de Monsieur Chirac de participer à la guerre d'Irak, le problème du voile ait refait surface et empoisonné le débat politique et médiatique ?
Quand on connait les relations très étroites entre les milieux islamistes français (voir Union des Organisations Islamiques de France ainsi que Tariq Ramadan et les Frères Musulmans) et l'Arabie Saoudite (notamment le financement des mosquées) et la manière dont toute cette opération a été menée, cela a de forts relents de guerre psychologique, ne croyez-vous pas ?
Les USA, comme souvent dans leur Histoire (voir le rôle de soutien de la CIA auprès des combattants du FLN communiste pendant la guerre d'Algérie), jouent un double jeu très dangereux : le rôle du pompier pyromane. Ils combattent officiellement les islamistes tout en s'en servant.
Mais quel est leur objectif principal ?
Je vous rappelle que, selon Mackinder (géographe britannique considéré comme l'un des pères fondateurs de la géopolitique anglaise), le monde est composé de deux zones : le heartland (qui est en fait l'actuelle Russie) qui est entouré du rimland. Selon Mackinder, celui qui contrôle le heartland contrôle le monde. Les USA considèrent donc encore la Russie comme leur principal ennemi (car potentiellement la plus susceptible de remettre en cause leur hégémonie). Toute leur politique extérieure s'attache donc à isoler et à détruire la Russie :
- grâce aux alliances militaires de l'OTAN qui l'isole de l'Europe,
- grâce au contrôle politique de l'Union Européenne qui empêche les états de se rapprocher de la Russie (voir la propagande anti-russe actuelle),
- grâce à l'alliance US avec l'islam en général, et les islamistes en particulier : alliance avec la Turquie, implantation de bases militaires dans les pays d'islam entourant la Russie, soutien à la Tchétchénie mais aussi création de toutes pièces d'Etats musulmans (Bosnie, Kosovo) au sein même de l'Europe, avec tous les risques que cela comporte pour sa sécurité, afin de ceinturer la Russie d'états hostiles. Les USA soutiennent également les intérêts de la Turquie, en organisant de très belles propagandes en faveur de son adhésion à la communauté européenne.
Mais, et le 11 septembre me direz-vous ! Et la guerre d'Irak ?
Vu les avantages stratégiques de l'alliance américano-islamique, vu le cynisme des dirigeants américains, vous connaissez la formule : on ne fait pas d'omelette...
Grâce aux islamistes, ils ont isolé leur ennemi héréditaire, la Russie, et l'ont empétrée dans des guerres perpétuelles qui l'empêcheront de recouvrer sa puissance, et donc de remettre en cause l'hégémonie US.
Grâce à eux, ils ont pu justifier la guerre en Irak, et faire (ou plutôt essayé de faire) main basse sur leur pétrôle.
Grâce à eux, ils n'ont jamais paru aussi indispensables aux yeux des dirigeants (pas des opinions) du monde comme stabilisateurs ( il me paraît évident que les USA ont besoin de créer des conflits pour justifier leur hégémonie).
Grâce à eux, les USA peuvent justifier aux yeux de leur opinion publique des investissements militaires inouïs.
Grâce à eux, ils peuvent destabiliser les états occidentaux indociles qui abritent de fortes minorités musulmanes (comme la France, avec l'appui des médias nationaux et via les nombreux réseaux islamistes franco-saoudiens). Pendant que la France éteint le feu dans ses banlieues, elle n' a plus les moyens de jouer les trouble-fêtes en Irak, ou ailleurs.
C'est une stratégie brillante, si l'on se place du point de vue des intérêts américains. Mais pour l'Europe, et surtout pour la France, l'avenir est lourd de menaces. Il serait d'ailleurs temps que nos "dirigeants" en prennent la mesure...
07.04.2007
La France est-elle raciste ?
La France est-elle un pays où une majorité de la population croit à l'inégalité des races ? Y-a-t-il en France des institutions qui pratiquent une discrimination raciale systématique, basée sur une politique de hiérarchisation des races ? Existe-t-il en France une politique d'apartheid volontaire ? Y-a-t-il en France des pogroms réguliers et meurtriers encouragés plus ou moins tacitement par les autorités ?
Celui qui soutient ce genre de discours, soit n'habite pas en France, soit regarde trop la télévision, soit les deux à la fois.
Comment peut-on, de bonne foi, dire que la France est un pays raciste ?
Parce qu'il y a des français racistes ? Quel pays de 60 millions d'habitants peut se targuer de ne pas avoir de racistes ?
Parce qu'il y a une discrimination à l'embauche pour les gens de couleurs ? Mais demandez donc aux gens très laids, aux obèses, aux handicapés, aux bègues, aux gens qui louchent.... s'ils ne sont pas victimes de discriminations. Dans un pays en crise qui a 5 millions de chômeurs, tout ce qui vous fait sortir du lot et qui ne rassure pas l'employeur vous condamne au chômage.
Imaginons un poste de secrétaire de direction à pourvoir avec deux jeunes femmes à compétences égales en lice : une superbe jeune femme française d'origine algérienne, physiquement très typée mais très belle, parlant parfaitement la langue française, et, en face, une gauloise de souche, normande aux joues rouges et à la couperose, 80 kg pour 1 m 55, et laide comme un pou de surcroît. D'après vous qui va être discriminée ? Vous pouvez toujours dire que cet exemple est une caricature ; si je vous l'avais proposé avec comme contexte l'Afrique du sud des années 80, entre une noire et une blanche, la réponse aurait été totalement différente.
Celui qui soutient que la France est un pays raciste est :
- soit un imbécile qui ne connait pas le sens des mots ou qui répète bêtement ce qu'il entend sans savoir pourquoi,
- soit un ignorant qui n'a jamais vécu suffisamment longtemps dans un pays étranger pour pouvoir juger,
- soit un extrémiste qui pense que toute chose doit atteindre l'absolue perfection pour qu'on la considère comme normale,
- soit un individu mal intentionné ayant un intérêt à semer la division dans un pays prompt à la discorde.
Car à qui profite le crime ? Pourquoi nous rabâcher tous les soirs que nous sommes d'indécrottables racistes, colonialistes, nazis, Dupont-la-joie, facistes,... alors que l'Europe (France incluse) est le continent le plus tolérant au monde : vous pouvez faire ce que vous voulez, arborer n'importe quel signe religieux en public, garder vos coutumes d'origine, vous balader à poil, fumer du shit dans la rue, insulter un poulet ou même le Président de la République, insulter tous les croyants ainsi que le pape... Je vous mets au défi de faire la même chose sur le continent africain, au Maghreb, au Moyen-Orient, en Asie, en Russie, au Japon, en Chine, en Amérique du sud... sans risquer la mort soit institutionnelle, soit par lynchage.
Alors peut-être est-ce à cause de notre Histoire ? Donnez-moi le nom d'un seul pays qui n'a pas de sang sur les mains.
" Les plus corrupteurs des mensonges sont les problèmes mal posés" disait Bernanos.
Pourquoi les médias et la classe politique cherchent-ils à orienter le débat sur les questions ethniques ? Pourquoi dans tous les reportages parle-t-on systématiquement de communautés musulmane, homosexuelle, juive ? Comme s'ils avaient peur qu'on oublie le communautarisme.
Est-ce l'expérience des USA où les problèmes raciaux occultent (pour le plus grand bonheur des puissants) les problèmes sociaux ?
En effet, il est plus facile, moins coûteux et beaucoup moins risqué d'afficher ses bons sentiments et son anti-racisme que de s'attaquer aux pouvoirs de l'argent (ceux qui financent les campagnes électorales entre autre).
De plus, les travailleurs français "d'origine" (qui sont encore majoritaires et donc potentiellement dangereux) n'ont plus à se plaindre, même si on les exploite sans vergogne tout comme les travailleurs immigrés, car ils ne sont pas de couleur. Un bon moyen de les baîllonner !
Enfin nos politiques (à courte vue) croient appliquer les préceptes de Machiavel : diviser la France pour mieux régner. Grosse erreur... Celui qui amène la division dans une cité pour s'en emparer ne pourra jamais y régner. Car la division est une gangrène qui finit par s'étendre sur tout le corps social, pour souvent se terminer en guerre civile (dixit Machiavel).
11:55 Publié dans Mes articles personnels, Tous les articles | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Racisme, Discrimination
05.04.2007
Emeutes à la gare du nord : La France irresponsable !
Regardez bien cette vidéo. Regardez comme la France de la bonne conscience souffle sur les braises et s'amuse de voir des désoeuvrés et des pauvres types jouer à la guerre et à l'intifada. Sachant tous très bien, qu'étant dans un Etat de droit, ils ne risquent pas grand-chose.
Qui se lèvera pour fesser tous ces irresponsables : je ne parle pas des jeunes qui ne se rendent pas compte de leurs actes, mais de tous ces adultes qui les encouragent, les défendent, sourient à leurs "révoltes" au lieu de poser les règles.
Que de bonne conscience, d'hypocrisie, de lâcheté, d'esprit partisan, d'irresponsabilité, d'ignorance et de bêtise.
Voici un bel exemple de régression intellectuelle et morale.
La société française joue avec le feu, assise sur une caisse de dynamite.
22:25 Publié dans Mes articles personnels, Tous les articles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Emeutes gare du nord, irresponsabilité
L'école républicaine est-elle morte ?
Question : résumer le problème actuel de l'école française à un problème de pédagogie, n'est-ce pas réducteur ? N'est-ce pas l'arbre qui cache la forêt ?
Comment l'école républicaine, telle qu'elle était il y a encore quelques années, peut-elle survivre à la mort de la République ? Même si tout le monde en parle, la République française est morte ou au bord du trépas. Parler d'un
mort ne veut pas dire qu'il vit encore.
Comment la République peut-elle survivre à la mort de l'esprit républicain ? Parler aujourd'hui de Nation, de souveraineté populaire, de projets collectifs, de culture française (voire de culture tout court) ou d'Histoire de France revient à être taxé, au mieux de réactionnaire, au pire de facho.
Pourquoi le débat actuel ne s'attache-t-il qu'aux détails ? Le pédagogisme à la sauce mai 68 n'est que le symptôme, pas la cause de la maladie. Le pédagogisme et l'idéologie qu'il sous-tend ne se sont developpés que dans le vide laissé par l'idéologie républicaine.
Pourquoi le peuple français a-t-il rejetté l'idéologie républicaine ?
Certains pensent que les horreurs des nationalismes totalitaires, fascistes et communistes, en sont une des causes. Pourtant, ces derniers n'ont remplacé que des états faibles et des sociétés en voie d'atomisation, comme la nôtre actuellement.
Et puis, penser éviter le totalitarisme en instaurant l'anarchie (je parle ici du projet politique et philosophique anarchiste) est une erreur que les anarchistes espagnols ont découvert à leurs dépens dans les années 30, pendant la guerre d'Espagne.
Je pense, quant à moi, que l'origine du mal vient d'une véritable peur du conflit qui traverse la société française, et ce, depuis la première guerre mondiale.
La réaction française à l'envahisseur allemand en 1940 montre bien, qu'à part une minorité, les français n'avaient plus la volonté de combattre. Les intentions allemandes étaient pourtant claires : l'esclavage pour les colonisés. Ces réactions sont compréhensibles mais incroyables pour un peuple qui avait fait de la liberté et de la dignité humaine sa valeur suprême.
Cette peur du conflit s'est également exprimée dans l'adhésion quasi-générale de la population française à l'idéologie communiste qui promettait un monde sans contradictions et donc sans conflits. Elle a enfin explosé dans le projet de société post 68 et son refus de tout conflits : au niveau individuel par le rejet de toute sorte de contraintes (sociales, responsabilité, ambition, déni de la souffrance et de la mort, de l'argent, fusion dans un conformisme communautaire...) ou collectif par la liquidation de tout ce qui peut créer un risque de confrontation (Nations et frontières, idéal républicain, culture française, Histoire de France, fierté individuelle ou collective, syndicalisme et engagement politique, relativisme généralisé sur toutes les valeurs : femme voilées et liberté de la femme, communautarisme et individualisme libertaire... tout est désormais culturel).
Tout ceci permet au peuple français de vivre dans un monde utopique où le conflit a ou peut disparaître.
Il oublie, ou tente de nier, que la confrontation directe a été remplacée par une violence moins visible (ce qui permet d'avoir bonne conscience) mais plus inhumaine et aussi destructrice. Prenons l'exemple des entreprises : la confrontation syndicale a disparu au profit d'un management manipulateur, mélange de propagande prônant des valeurs pseudo-humanistes, de rapports en apparence cordiaux mais souvent lourds de menaces et de peur, de pressions psychologiques, d'incitation à la délation, sans oublier le harcèlement institutionnalisé (je peux témoigner que de nombreuses formations en management, où on vous enseigne le harcèlement avec moult euphémismes, existent). L'employé ou l'ouvrier n'est plus un ennemi que l'on combat avec le respect qu'engendre la peur, mais un esclave qu'on utilise et qu'on dresse à la soumission avec l'aide de psychologues grassement rétribués utilisant les théories comportementales et leurs connaissances en neurobiologie.
Bien entendu, on entretient l'illusion du conflit en s'attaquant à des fantômes ou en tirant sur des ambulances comme les fascistes, les Sadam... ce qui permet d'avoir le statut de héros sans risques (avez-vous remarqué que le nombre d'anti-fascistes est inversement proportionnel au nombre de nazis : c'est mathématique !)
Cette peur du conflit qui transpire par tous les pores de la société française est, à mon avis, la principale cause de l'abandon des principes de l'école républicaine. Pour éviter la souffrance et les conflits qu'engendrent la sélection, la compétition, les capacités inégales de chaque enfant, la difficulté à accéder à la connaissance et à la culture, quoi de plus logique que de supprimer toute sélection, compétition, contrainte, émulation..., quoi de plus naturel que de baisser le niveau pour l'amener au niveau des plus faibles, que de décréter que toute culture est relative : ainsi Mozart n'est pas supérieur à Doc Gynéco. Pour éviter toute confrontation, on recule face aux élèves perturbateurs, aux caïds. Pour se justifier, on leur trouve toute sorte d'excuses psycho-sociologiques ; on
accuse la société, la France, la police d'être responsables, ce qui permet de détourner le problème. Et surtout, on adapte la règle commune à leurs comportements. On a, bien entendu, une recette magique : le dialogue. Mot qui permet, par un tour de passe-passe sémantique, de transformer toutes les reculades en compromis responsable. On recouvre le tout d'un parfum d'humanisme pour se donner bonne conscience et cacher... sa trouille.
L'école républicaine est malade car la République est agonisante. La République est agonisante car la démocratie, et surtout l'homme démocratique a disparu. Ce dernier aspirait à la liberté mais savait que celle-ci est un combat de tous les jours, souvent ingrat, demandant efforts et sacrifices. Il était conscient qu'un individu est le fruit d'une collectivité, et que sans elle, les mots Liberté et Droits de l'Homme sont des mots vides de sens. Bernanos disait que "l'homme totalitaire précède le régime totalitaire". Espérons qu'il ait eu tort.
Rappelons quand même à nos compatriotes, que le seul état qui garantit un monde sans conflits est ...
la mort.
22:20 Publié dans Mes articles personnels, Tous les articles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : liberté, confrontation syndicale, harcelement, délation, école républicaine, souffrance et mort, peur de conflit




