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17/05/2007

Travailler plus pour gagner plus : une arnaque ?

medium_070514161231.xm2ok9g50_le-president-elu-nicolas-sarkozy-avec-laurence-parb.jpgMonsieur Sarkozy déclare que les français désirant gagner plus pourront le faire en effectuant des heures supplémentaires, et ceux qui voudront avoir plus de temps libre pourront travailler moins. Je doute qu'il ait jamais mis les pieds dans une entreprise car, pour sa gouverne, ce n'est pas ainsi que cela marche.

Je travaille moi-même depuis 1995 dans une clinique. Si demain, j'ai envie de gagner plus cher, je dois donc aller voir mon directeur pour lui dire : "Monsieur mon chef, j'ai envie de faire des heures supplémentaires parce que je veux investir dans un logement et devenir propriétaire." Lui va me répondre : "Chère collaboratrice, notre activité actuelle ne nous permet pas de vous donner de travail supplémentaire".
Par contre, si l'activité de l'entreprise le nécessite, il va me dire : "Madame, il faut que vous fassiez des heures supplémentaires" et là, je n'ai pas le choix. La loi prévoit que le salarié ne peut pas refuser, même si j'ai trois enfants dont il faut organiser la garde.

Faire croire aux salariés que c'est eux qui ont l'initiative de moduler leur temps de travail est un leurre, à moins de changer la législation du travail.

Economiquement parlant, c'est l'intérêt de l'employeur qui prévaut et même si je désire un temps partiel pour m'occuper de mes enfants ce sera uniquement selon son bon vouloir.
Il faut le savoir : dans les entreprises (privées tout du moins, je ne connais pas le fonctionnement du secteur public), le dernier mot, c'est toujours pour l'employeur.

Article publié sur : le jeu de Gerri

Commentaires

Pericles, vous faites bien d'evoquer ce sujet la, car je crois que vous manquez d'elements pour etre parfaitement a meme de juger.

Dans un entreprise ou l'on produit des richesses, donc pas dans une clinique, l'activite economique s'accroit avec le nombre d'heures travaillees.

Pour le domaine hospitalier, je crois avant toutes choses qu'il faut revenir sur les 35 h qui ont ete un veritable desastre. Vous ne me direz quand meme pas que votre employeur n'a pas besoin de plus de personnes, car je ne vous croirais pas, vu la situation qu'il regne dans les services medicaux, notamment aux urgences.

Alors vous ne serez donc pas oblige de faire plus de 35h si vous ne le voulez pas, et vous ferez des heures supplementaires si vous en avez envie. Je comprends bien que cela ne depend pas uniquement de votre volonte, et c'est pour cela que NS negocie actuellement avec les syndicats et le patronant afin de faire evoluer cette situation.

De plus, NS mettra en place des systemes de creches pour les personnes desirant travailler plus, ainsi vous pourrez travailler un peu plus tout en sachant vos enfants entre de bonnes mains.

Tout sera fait pour que ceux qui veulent travailler plus afin d'augmenter leur niveau de vie puissent le faire.

http://liberal-democrat.midiblogs.com

Écrit par : liberal-democrat | 16/05/2007

je ne demande qu'à vous croire.

Écrit par : Pericles | 16/05/2007

Moi aussi, je ne demande qu'à vous croire. Mais l'expérience me fait dire que les entreprises privées (et la mienne en particulier) tiennent d'abord compte de leurs intérêts. Il n'y a pas de place pour l'humanisme : la preuve, au premier enfant, on a commencé à me regarder de travers, au deuxième, j'ai pris un mi-temps parental et on m'a reléguée dans un coin, avec engueulades tous les matins pour rien. Quand j'ai demandé une augmentation (j'ai un bac+2 en ressources humaines et je suis employée alors que je devrait être technicienne selon la convention collective), on a même essayé de me virer mais comme je fais bien mon travail, ils n'ont pas trouvé la faille. A mon troisième enfant, j'ai pris un congé parental à temps plein car avec à peine 1200 € par mois (13ème mois inclus) et les frais de garde, cela ne valait pas la peine de travailler même si mon désir était de le faire. Je sais d'ores et déjà que l'on me mettra au placard quand je reprendrais.
Beaucoup de mes amis travaillent dans le secteur privé et la situation humaine dans ces entreprises s'est considérablement dégradée depuis plusieurs années (et notamment dans la grande distribution). Il est donc normal que nous soyons extrêmement méfiants aujourd'hui car pour nous, gauche ou droite, c'est pareil. Plus cela va, moins on gagne. Depuis l'euro et les 35 heures, notre pouvoir d'achat a dégringolé (mon salaire a été figé pendant près de 5 ans avant les 35 heures et depuis c'est à peine 1% d'augmentation par an). Comme ce sont toujours nous qui trinquons (pour la réforme des retraites, les hausses de cotisations sociales, les médicaments plus remboursés), nous courbons le dos et nous attendons à encore en prendre plein la figure.
Affaire à suivre. Verdict dans 5 ans...

Écrit par : GERRI | 16/05/2007

En réponse à:
"Ms vous en vous demandez pas pourquoi ces relation employeur-employés se sont degradés???
Pcq de nos jours on demande de plus en plus de choses au employeurs, ils peuvent de moins en moins prendre de risques, et sont abattus par les charges!
Bon après je ne parles pas des richissimes industriels ms bon il y en presque plus en france...

Je comprend votre situation, ms ce que je veux dire, c'est que les "patrons" ne sont pas des mechant lutins, attirés obsédement par l'argent...si l'entreprise coule, c'est tout le monde qui coule.

Ecrit par : Arnaud | 16.05.2007"

Réponse de Péricles
Mr Arnaud, personne ne dit que l'employeur est le méchant. L'entreprise fonctionne selon une logique (logique d'autant plus puissante que l'entreprise est grande) qui est le profit. Le monde du travail est régi par le rapport de force. Si vous travaillez, vous avez dû constater que ce rapport est largement défavorable au salarié.
Le problème des relations au travail n'est pas qu'un problème de coût, mais également un problème d'équilibre des forces.

Si Mr Sarkozy veut vraiment aider les humbles et les travailleurs, qu'il agisse sur ce rééquilibrage.

Quant aux difficultés des entreprises face au coût du travail, vous oubliez toutes les aides dont bénéficient ces dernières, qui sont comme par hasard, rarement évoquées par nos propagandistes.
On nous parle d'une France qui a peur du risque, de la mondialisation, du capitalisme, et pour illustrer ces propos, on nous montre une minorité protégée -SNCF, RATP...- alors qu'une majorité des salariés trinque et subit les affres de l'ultra-libéralisme.
Les entreprises n'ont actuellement aucune difficulté à licencier sans motifs, aucune difficulté à faire baisser le coût du travail et des salaires, aucune difficulté à exploiter ses salariés... ; il suffit de payer les amendes. Le rapport de force leur étant très favorable, elles ne veulent même plus jeter ces miettes.
L'histoire est un éternel recommencement : après la propagande ultra-libérale du dix-neuvième siècle, la propagante marxiste du vingtième, revoilà l'ultra-libérale.
Pendant ce temps-là, ce sont toujours les mêmes qui trinquent.

Écrit par : Pericles | 16/05/2007

Les commentaires sont fermés.