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18/05/2007

Réponse à Mr Arnaud au sujet des promesses de Sarkozy.

Les salariés seraient devenus les privilégiés sous Mitterrand... On croit rêver. Arrêter d'écouter la propagande du MEDEF, cela vous fera le plus grand bien. Je suis d'accord avec Mr Erwan : il ne faut pas faire d'amalgame entre les gros groupes qui sont privilégiés et les petites entreprises. Je serais même plus précis ; parmi les petites entreprises, il y a les artisans et les entreprises de moins de 5 salariés qui sont des employeurs dont les conditions se rapprochent le plus du salariat, sans en avoir les avantages. Les patrons de PME plus importantes tirent très bien leur épingle du jeu, rassurez-vous !

Parmi les salariés, il y a les privilégiés du service public (encore qu'il y ait d'énormes inégalités entre eux, souvent liées à leur capacité, ou incapacité à avoir un rapport de force favorable) et les salariés du privé, dont la plupart (pas tous, pas encore...) connaissent les joies de l'ultra-libéralisme.

Il est d'ailleurs étonnant que Mr le Président Sarkozy nous parle souvent des privilégiés du salariat, et en même temps, des martyrs du patronat. On voit dans quelle direction penche le coeur et la propagande de Mr le Président Sarkozy.

Je ne suis bien entendu pas du tout pour une stricte égalité de revenus entre un employé et un employeur (on en parle beaucoup mais je n'ai jamais connu ce genre de situation en France). Il est tout à fait normal et sain pour notre pays qu'un homme qui prend des risques soit largement récompensé.

Mais jusqu'où doit-on accepter les écarts de revenus ? Dites-moi, je suis curieux de connaitre votre opinion sur ce sujet.

Quant aux aides de l'Etat : je vous garantis que les entreprises qui emploient du personnel bénéficient de nombreuses aides ou avantages de l'Etat. Evidemment, elles ne s'en vantent pas, un peu comme certaines catégories de fonctionnaires qui oublient de mentionner leurs nombreux avantages quand ils parlent de leurs misérables revenus.


Contrairement à Mr le Président Sarkozy qui est pour la suppression des privilèges du salariat -au nom de l'orthodoxie libérale- je suis pour la suppression de tous les privilèges. En revanche, je suis pour que les aides sociales soient inversement proportionnelles au niveau social des individus. Je suis donc pour le maintien des aides sociales et du système de protection sociale, avec une gestion plus rigoureuse et plus responsable qu'elle n'a été faite jusqu'à aujourd'hui. Et vous ?

Je ne suis pas contre, à priori, qu'un bac+6 soit payé plus qu'un bac+2, encore que les années après le bac ne soient pas toujours synonymes de compétence.

En tant que républicain, je suis pour le maintien des impôts, proportionnels aux revenus, et correctement dépensés pour le bien de la collectivité. Je suis également pour une présence forte de l'Etat au sein de l'économie, seule garantie pour les plus faibles.

Mr Arnaud, je travaille depuis quelques années, et je peux vous garantir que les entreprises peuvent (si elles en ont les moyens, je parle donc des entreprises de plus de 40 ou 50 salariés) licencier sans motifs. Je peux également vous garantir que le harcèlement moral est interdit mais qu'il est pourtant pratiqué et encouragé dans nombre d'entreprises.
Je peux également vous garantir que les abus de biens sociaux et les magouilles en tous genres sont monnaie courante en France, et ceci dans une parfaite impunité. Tout ceci, je ne l'ai pas lu dans les livres de Marx... je l'ai vécu.

Sachez également que quand j'ai commencé à travailler je faisais entre 50 et 60 heures par semaine. J'étais employé et je gagnais moins de 1000 euros. Mon patron ne faisait pas plus d'heures (voire moins que moi), et je vous garantis qu'il ne gagnait pas mon salaire. Mais comme je n'avais pas papa ou maman pour subvenir à mes besoins et que j'avais une famille à charge, il fallait bien que je bouffe. Lorsque j'ai commencé à me rebiffer, il m'a fait une vie si impossible que vous vous doutez bien de la suite.

Je ne dis pas que les patrons sont les méchants et les employés, les gentils. Je dis juste que les employeurs et les salariés ont des intérêts divergents (malgré ce que nous dit
Mr Sarkozy). Si l'un des côtés a trop de pouvoir, la logique voudra qu'il en abuse.
La différence est que quand le salariat a un rapport de force trop favorable, les conséquences négatives sont économiques (ce qui n'est pas négligeable). Quand c'est le patronat, elles sont humaines, ce qui est pire, à mon sens.

Quant à Marx, qu'avez-vous contre lui ? Quel est son crime ? L'avez-vous lu ? Qu'il se soit trompé sur certaines de ses conclusions ne veut pas dire que ses constats étaient faux.


Suite à l'article paru sur: libéral-démocrate

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