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28/05/2007

Comment juger les premiers actes politiques du Président Sarkozy ?

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Comment interpréter les premiers actes de Mr Sarkozy ? Comment interpréter le fait qu'au lendemain de son élection, il se fasse inviter sur le yacht d'un milliardaire ? Bien entendu, ses thuriféraires clament à qui veut l'entendre que cet épisode appartient à sa vie privée, et que de toutes façons, ce séjour n'a pas coûté un centime au contribuable français. Ah, l'argent, l'argent, ils n'ont que cela à la bouche !
Je ne parle pas d'argent, je parle de symboles, de sens, de significations. N'y a-t'il que l'argent qui vous intéresse ?
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Comment ne pas être choqué quand le premier fonctionnaire de France (dans la hiérarchie) passe ses vacances tous frais payés, sur le yacht d'un milliardaire, qui travaille à l'occasion avec les commandes de l'Etat ? Cela n'a-t'il donc aucune signification à vos yeux ? Manifestement, il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir.
N'importe quel fonctionnaire s'autorisant ce genre de comportement ferait l'objet d'une enquête administrative pour suspicion de corruption.
Mais il est vrai qu'à notre époque les élections effacent toutes les fautes.
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Comment interpréter le fait que le Mr Sarkozy fasse son footing, au lendemain de son élection, affublé d'un tee-shirt NYPD " New York Police Department". Connaissant ses penchants pour le modèle americain, il y a de quoi être troublé. Mais non, mais non - crient à l'unisson ses feudataires- cela ne veut rien dire, c'est un détail, après tout, il a bien le droit de s'habiller comme il veut !
Il y a quelque chose d'incroyable dans cet aveuglement : à notre époque où tous les détails du comportement, de l'apparence, des paroles des hommes publiques sont réglés comme du papier à musique (Merci Mr Séguéla) jusqu'à en devenir ridicules (voir l'attitude de Mme Royal singeant les de Gaulle pendant la campagne, entre autres), se dire que ce qu'a fait Mr Sarkozy n'a pas de signification est à proprement parler, stupéfiant .
Naïveté, aveuglement, esprit partisan, mauvaise foi ?
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Pour moi, le symbole est clair : Mr Sarkozy tombe le masque. Ses vraies valeurs sont anglo-saxonnes. Son regard ne se porte pas vers la France ascétique d'un de Gaulle ou d'un Jules Ferry, mais vers l'Amérique de Reagan et son argent roi.
Mon amertume n'est pas due à cela. Après tout, libre à lui de croire que le salut viendra de l'étranger. Bien d'autres avant lui se sont laissés séduire : Pétain et l'Allemagne, les Alexandre Adler, Kouchner, Gluksmann (entre autres) avec les états totalitaires communistes (Mr Sarkozy, c'est mauvais signe d'avoir de tels soutiens ! Mauvais signe pour qui, au fait ?), tous les contres-révolutionnaires français du dix-neuvième siècle qui préféraient voir les armées étrangères défiler à Paris, plutôt que de voir la Révolution Française réussir.
Non, mon amertume n'est pas due à cela. C'est d'avoir compris (trop vite peut-être) que toutes les promesses, tous les espoirs suscités pendant quatre mois n'étaient que du flan.
Je lui sais gré de nous avoir dégrisé rapidement ; Mr Sarkozy est un pragmatique : continuer à raconter du bobard est un acte désormais inutile. Place à l'action et aux vrais convictions : King money bless France !

Vous me direz " les promesses n'engagent que ceux qui y croient, et comment un candidat qui a promis tout et son contraire pourrait-il tenir parole ?"
Après tout, pour beaucoup de nos concitoyens, la fin justifie les moyens, et quand le pouvoir est au bout de l'ambition, tous les moyens sont bons.
Beaucoup de nos concitoyens pensent que le cynisme en politique est une vertu cardinale : je pense quant à moi que la vertu cardinale doit reposer sur la conviction que l'intérêt et l'avenir de son pays priment sur sa carrière personnelle : vieux débat entre l'éthique de conviction et l'éthique de responsabilité.

La vrai démocratie pour la France ne réside pas dans les illusions de démocratie participative, mais dans la relation entre un peuple et des hommes politiques responsables.

La droite est-elle le seul mouvement politique permettant de redresser la France ?

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Dans notre histoire, la droite est-elle le mouvement politique qui a permis à la France d'être la cinquième puissance mondiale ?

Je crois bien que non.
La gauche comme la droite ont été capables du pire comme du meilleur, chacune de leur côté. Voici quelques erreurs de la droite qui auraient pu nous renvoyer au Moyen-Age ( difficile de toutes les énumérer, il faudrait un blog spécial).

La raclée que la France a subie en mai-juin 1940 est de la responsabilité autant de la droite que la gauche puisqu'ils ont gouverné ensemble, de manière alternée (les gouvernements avaient une durée moyenne de 6 mois), dans les années 30. Ils n'ont pas su, les uns les autres, préparer la France à l'épreuve de la guerre contre les nazis.
Une bonne partie de la droite s'est réjouie de cette défaite car, pour elle, c'était la fin du mouvement progressiste issu de la Révolution Française. Les gens de droite préféraient retrouver les pleins pouvoirs sous la botte de Hitler, que de voir des gueux leur tenir tête.
En juin 1940, la France n'est plus une puissance mais une colonie, et les français des esclaves. Vive la droite, et vive le Maréchal.
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La droite était, dans sa majeure partie, partisane du maintien des colonies en Indochine et en Algérie.
Imaginez la situation de la France si, aujourd'hui, on avait gardé l'Algérie française. Grâce à la décolonisation, l'armée française s'est modernisée -elle a accédé au club très fermé des puissances nucléaires- et l'économie française a connu un tel boom économique dans les années 60 (l'Algérie étant devenue, malgré tout ce qu'on veut bien nous raconter aujourd'hui, un gouffre financier et un obstacle à la modernisation de l'économie française), qu'au début des années 70 sa puissance inquiétait les USA. Heureusement pour les USA, il y a eu depuis Giscard (de droite), Mitterrand (de gauche) et Chirac (de droite). Je n'ai pas l'impression qu'après 14 ans de gauche et de 19 ans de droite (et oui 7 ans de Giscard et 12 ans de Chirac), la France ait gagné en puissance.

Car il ne faut pas oublier que Mr Chirac a gouverné pendant 12 ans, et la France n'a jamais été aussi mal en point (c'est pas moi qui le dit, c'est Mr Sarkozy qui a d'ailleurs gouverné avec lui pendant 5 ans).
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Donc, après d'aussi piètres résultats, je pense que la droite devrait faire preuve de plus d'humilité. Le carriérisme, le manque de scrupules, l'incompétence, le dogmatisme et la bêtise ne sont pas des spécialités de la gauche. La droite a toujours su se montrer à la hauteur dans ces domaines.

http://pericles.midiblogs.com/

22/05/2007

Pouvons-nous encore nous entendre ?

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"Si nous pouvions garder les uns envers les autres un minimum d'accointances, fut-ce dans le désaccord, peut-être pourrions nous opposer quelques barrages aux maléfices ? On ne voit plus que ruptures, qu'exclusives, qu'exclusions. Où que l'on aille, nous marchons sur des amitiés mortes. Si faibles qu'elles soient,elles s'affirment pourtant plus vivantes, j'en suis sur, que les monstres de papier journal, par quoi elles sont englouties."

Adaptation au présent d'un texte d'Emmanuel Berl, qui avait pour sujet les dissensions entre individus ( bolchéviques, fascistes,freudiens...) qui précédèrent la seconde guerre mondiale. D'actualité ?

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Leçon d'Histoire à l'attention de Mr Sarkozy.

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Dans un gouvernement, ce ne sont pas les petits qu'il faut surveiller, ce sont les grands ; c'est vers ces derniers qu'il importe de porter toute son attention. Discontinuez de brider les grands, en moins de rien ils envahiront le souverain. Pourquoi se préoccuper tant du riche ? Le riche a tous les avantages de la société ; sa position de fortune ne le protège que trop. La force, l'avenir d'un gouvernement, la puissance d'un trône sont dans les petits, et les dangers qui peuvent les menacer sont dans les grands. Souverains, protégez donc les petits, si vous voulez qu'à votre tour ils vous protègent.
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Scoop : voici la première mouture (réécrite depuis) du discours d'investiture de Sarkozy

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"Mesdames, Messieurs,

En ce jour où je prends la responsabilité d'assumer la plus haute charge de l'Etat, je me sens dépositaire d'une espérance.
L'élection présidentielle n'a pas vu la victoire d'une France contre une autre, d'une idéologie contre une autre. Elle a vu la victoire d'une France qui veut se donner les moyens de sa puissance pour le troisième millénaire.

Il n’y a eu qu’un vainqueur le 6 mai 2007, c’est l’espoir. Puisse-t-il devenir la chose de France la mieux partagée ! Pour cela j’avancerai sans jamais me lasser sur le chemin de l'efficacité, de la confrontation dans le respect d’autrui. Président de tous les Français, je veux les rassembler pour les grandes causes qui nous attendent et créer en toutes circonstances les conditions d’une véritable communauté nationale

Le 6 mai, le peuple français a exprimé sa volonté de changement.


...Cette nouvelle société, quant à moi, je la vois comme une société prospère, jeune, généreuse et libérée.
Une société prospère, parce que chacune des fins essentielles de notre vie collective suppose que nous disposions de grandes possibilités matérielles : parce que c’est la prospérité qui permet de faire passer le droit dans les faits et le rêve dans la réalité. Une société prospère, c’est-à-dire une société dans laquelle chacun des gestes qui concourent à la production soit plus efficace, parce qu’il incorpore plus de savoir et s’inscrit dans une organisation plus réfléchie et prend appui sur une plus grande quantité de capital accumulé.
La prospérité et l'efficacité conditionnent tout. L’exemple de pays plus en pointe que nous dans la voie de l'efficacité économique le montre. La prospérité est nécessaire pour édifier une société meilleure.

Les mots qui les ont désignées, ces ambitions - liberté, égalité, fraternité - ont perdu leur force, d’abord parce qu’ils sont anciens, ensuite parce qu’ils sont abstraits. Mais c’est à nous qu’il appartient de leur donner un sens nouveau, une réalité nouvelle et concrète, que seul rend possible le développement de l'efficacité économique.

Une société libérée, celle dont nous rêvons, est une société qui, au lieu de brider les imaginations, leur offre des possibilités concrètes de s’exercer et de se déployer. »

....Il est dans la nature d’une grande nation de concevoir de grands desseins. Dans le monde d’aujourd’hui, c’est, en tout cas, l’idée que je m’en fais et la volonté qui me porte, assuré qu’il ne peut y avoir d’ordre et de sécurité là où règnerait l’injustice, le manquement à la morale et l'irresponsabilité. C’est vaincre au bénéfice de la France, qui m’importe et non convaincre.
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... De ce jour, date une ère nouvelle de la politique française. Ceci n'est pas seulement dû, M. le président du Conseil Constitutionnel, à la proclamation du résultat que vous venez de rappeler et dont, par respect pour la France et pour sa longue histoire, je mesure l'honneur. Ceci n'est pas seulement dû aux 53% de français qui m'ont fait la confiance de me désigner pour devenir le vingt-deuxième Président de la République française. Ceci est dû en réalité à la totalité des suffrages du 6 mai 2007. Ces suffrages égaux selon la règle démocratique qu'il s'agisse de ceux des femmes et des hommes, des jeunes et des moins jeunes, des travailleurs et des inactifs, et qui se sont prononcés chacun à leur manière et selon leur préférence en témoignant leur volonté de changement.


...J'adresse le premier salut du nouveau Président de la République à celle qui dans cette compétition aspirait à le devenir et qui avait la capacité de le faire, je veux parler de Mme Royal. Ainsi c'est moi qui conduirait le changement, et je le conduirai seul. Si j'entends assumer pleinement la tâche de Président, et si j'accepte, à cet égard, les responsabilités qu'une telle attitude implique, l'action à entreprendre pourra associer le gouvernement dans ses initiatives et le Parlement. Je le conduirai seul parce que j'écoute et que j'entends encore l'immense rumeur du peuple français qui nous a demandé le changement. Nous ferons ce changement, pour lui, tel qu'il est dans son nombre et dans sa légitimité, et nous le conduirons en particulier pour sa jeunesse qui porte comme des torches la gaieté et l'avenir.

Messieurs les présidents, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, voici que s'ouvre le livre du temps avec le vertige de ses pages blanches. Ensemble comme un grand peuple uni abordons l'ère nouvelle de la politique française.
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Vive la République

Vive la France !"

Comme vous avez pu le constater, ce discours est un faux. C'est un mélange de plusieurs discours prononcés dans le passé -certains ont plus de trente ans- par des Présidents ou premiers ministres français (j'ai bien entendu été obligé de faire quelques modifications minimes pour coller au nouveau président).
Ces discours vous les avez déjà entendus, vous y avez déjà cru, vous avez tous été déçus. Pourtant, on vous réchauffe le plat tous les 5 ans, et vous vous jetez dessus comme des affamés.
Le peuple français est manifestement fait d'un bois léger.

Au fait, petit quizz : avez-vous deviné à qui appartiennent ces bouts de discours ?

19/05/2007

Mr Sarkozy, fils spirituel de Mitterrand.

  1. N'y a t'il pas une contradiction fondamentale entre un Sarkozy défendant la constitution supra-nationale de 2005, et un Sarkozy prônant le retour à la Nation Républicaine ?
Mais après tout Mitterrand nous avait bien promis la révolution, pour finir par proner le traité ultra-libéral de Maastricht.
Que de ressemblances entre Sarkozy et Mitterrand : l'ambition démesurée, la capacité aux coups tordus, l'amour du fric et du strass, les promesses contradictoires (un peu pour les patrons, un peu pour les salariés), l'atlantisme, la capacité à aller dans le sens du vent, jusqu'à son actuel gouvernement qui n'aurait pas fait tâche sous tonton : il manque Bernard Tapie et le tableau serait parfait.

18/05/2007

Réponse à Mr Arnaud au sujet des promesses de Sarkozy.

Les salariés seraient devenus les privilégiés sous Mitterrand... On croit rêver. Arrêter d'écouter la propagande du MEDEF, cela vous fera le plus grand bien. Je suis d'accord avec Mr Erwan : il ne faut pas faire d'amalgame entre les gros groupes qui sont privilégiés et les petites entreprises. Je serais même plus précis ; parmi les petites entreprises, il y a les artisans et les entreprises de moins de 5 salariés qui sont des employeurs dont les conditions se rapprochent le plus du salariat, sans en avoir les avantages. Les patrons de PME plus importantes tirent très bien leur épingle du jeu, rassurez-vous !

Parmi les salariés, il y a les privilégiés du service public (encore qu'il y ait d'énormes inégalités entre eux, souvent liées à leur capacité, ou incapacité à avoir un rapport de force favorable) et les salariés du privé, dont la plupart (pas tous, pas encore...) connaissent les joies de l'ultra-libéralisme.

Il est d'ailleurs étonnant que Mr le Président Sarkozy nous parle souvent des privilégiés du salariat, et en même temps, des martyrs du patronat. On voit dans quelle direction penche le coeur et la propagande de Mr le Président Sarkozy.

Je ne suis bien entendu pas du tout pour une stricte égalité de revenus entre un employé et un employeur (on en parle beaucoup mais je n'ai jamais connu ce genre de situation en France). Il est tout à fait normal et sain pour notre pays qu'un homme qui prend des risques soit largement récompensé.

Mais jusqu'où doit-on accepter les écarts de revenus ? Dites-moi, je suis curieux de connaitre votre opinion sur ce sujet.

Quant aux aides de l'Etat : je vous garantis que les entreprises qui emploient du personnel bénéficient de nombreuses aides ou avantages de l'Etat. Evidemment, elles ne s'en vantent pas, un peu comme certaines catégories de fonctionnaires qui oublient de mentionner leurs nombreux avantages quand ils parlent de leurs misérables revenus.


Contrairement à Mr le Président Sarkozy qui est pour la suppression des privilèges du salariat -au nom de l'orthodoxie libérale- je suis pour la suppression de tous les privilèges. En revanche, je suis pour que les aides sociales soient inversement proportionnelles au niveau social des individus. Je suis donc pour le maintien des aides sociales et du système de protection sociale, avec une gestion plus rigoureuse et plus responsable qu'elle n'a été faite jusqu'à aujourd'hui. Et vous ?

Je ne suis pas contre, à priori, qu'un bac+6 soit payé plus qu'un bac+2, encore que les années après le bac ne soient pas toujours synonymes de compétence.

En tant que républicain, je suis pour le maintien des impôts, proportionnels aux revenus, et correctement dépensés pour le bien de la collectivité. Je suis également pour une présence forte de l'Etat au sein de l'économie, seule garantie pour les plus faibles.

Mr Arnaud, je travaille depuis quelques années, et je peux vous garantir que les entreprises peuvent (si elles en ont les moyens, je parle donc des entreprises de plus de 40 ou 50 salariés) licencier sans motifs. Je peux également vous garantir que le harcèlement moral est interdit mais qu'il est pourtant pratiqué et encouragé dans nombre d'entreprises.
Je peux également vous garantir que les abus de biens sociaux et les magouilles en tous genres sont monnaie courante en France, et ceci dans une parfaite impunité. Tout ceci, je ne l'ai pas lu dans les livres de Marx... je l'ai vécu.

Sachez également que quand j'ai commencé à travailler je faisais entre 50 et 60 heures par semaine. J'étais employé et je gagnais moins de 1000 euros. Mon patron ne faisait pas plus d'heures (voire moins que moi), et je vous garantis qu'il ne gagnait pas mon salaire. Mais comme je n'avais pas papa ou maman pour subvenir à mes besoins et que j'avais une famille à charge, il fallait bien que je bouffe. Lorsque j'ai commencé à me rebiffer, il m'a fait une vie si impossible que vous vous doutez bien de la suite.

Je ne dis pas que les patrons sont les méchants et les employés, les gentils. Je dis juste que les employeurs et les salariés ont des intérêts divergents (malgré ce que nous dit
Mr Sarkozy). Si l'un des côtés a trop de pouvoir, la logique voudra qu'il en abuse.
La différence est que quand le salariat a un rapport de force trop favorable, les conséquences négatives sont économiques (ce qui n'est pas négligeable). Quand c'est le patronat, elles sont humaines, ce qui est pire, à mon sens.

Quant à Marx, qu'avez-vous contre lui ? Quel est son crime ? L'avez-vous lu ? Qu'il se soit trompé sur certaines de ses conclusions ne veut pas dire que ses constats étaient faux.


Suite à l'article paru sur: libéral-démocrate

17/05/2007

Travailler plus pour gagner plus : une arnaque ?

medium_070514161231.xm2ok9g50_le-president-elu-nicolas-sarkozy-avec-laurence-parb.jpgMonsieur Sarkozy déclare que les français désirant gagner plus pourront le faire en effectuant des heures supplémentaires, et ceux qui voudront avoir plus de temps libre pourront travailler moins. Je doute qu'il ait jamais mis les pieds dans une entreprise car, pour sa gouverne, ce n'est pas ainsi que cela marche.

Je travaille moi-même depuis 1995 dans une clinique. Si demain, j'ai envie de gagner plus cher, je dois donc aller voir mon directeur pour lui dire : "Monsieur mon chef, j'ai envie de faire des heures supplémentaires parce que je veux investir dans un logement et devenir propriétaire." Lui va me répondre : "Chère collaboratrice, notre activité actuelle ne nous permet pas de vous donner de travail supplémentaire".
Par contre, si l'activité de l'entreprise le nécessite, il va me dire : "Madame, il faut que vous fassiez des heures supplémentaires" et là, je n'ai pas le choix. La loi prévoit que le salarié ne peut pas refuser, même si j'ai trois enfants dont il faut organiser la garde.

Faire croire aux salariés que c'est eux qui ont l'initiative de moduler leur temps de travail est un leurre, à moins de changer la législation du travail.

Economiquement parlant, c'est l'intérêt de l'employeur qui prévaut et même si je désire un temps partiel pour m'occuper de mes enfants ce sera uniquement selon son bon vouloir.
Il faut le savoir : dans les entreprises (privées tout du moins, je ne connais pas le fonctionnement du secteur public), le dernier mot, c'est toujours pour l'employeur.

Article publié sur : le jeu de Gerri

Les Trois Petits Cochons censurés en Angleterre !

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Des cochons passés à la moulinette du politiquement correct.

Pour ne pas offenser les musulmans, une école anglaise a préféré remplacer les Trois Petits Cochons par trois petits chiens.

Dans son édition du 16 mars 2007, le Daily Mail rapporte que les responsables d'une école britannique ont jugé bon de censurer une représentation théâtrale des Trois Petits Cochons destinée à des enfants de 11 ans. Afin d'éviter d'offenser les musulmans assistant éventuellement au spectacle, les trois petits cochons de l'histoire ont été purement et simplement remplacés par... trois petits chiens !

Gill Goodswen, professeur principal de la Honley Church of England Junior School de Huddersfield (West Yorkshire), a ainsi justifié cette décision : "nous devons être attentifs si nous voulons être multi-culturels. Il est apparu comme plus responsable de ne pas faire référence aux trois petits cochons. Nous avons eu peur que des enfants musulmans se refusent à chanter des paroles au sujet de cochons. Nous n'avons pas voulu prendre ce risque. S'il suffit de modifier quelques mots pour éviter d'offenser les musulmans, alors nous le ferons."

Le plus pathétique dans cette affaire, c'est que les dirigeants de l'école, qui n'avaient reçu aucune plainte de parents d'élève, ont agi de leur propre initiative. D'ailleurs, les représentants locaux du culte musulman ont dit trouver "bizarre" la décision de l'école en rappelant que l'interdit religieux de l'Islam portait sur le fait de manger du porc et non sur l'animal lui-même.

Une histoire un peu dingue qui montre une fois de plus que le communautarisme provient souvent davantage de la lâcheté -mâtinée de bons sentiments- des institutions que de l'activisme des groupes minoritaires.

Samedi 24 Mars 2007

Article paru sur le site: Observatoire indépendant sur le communautarisme

Dérisoire liberté

Que l'on puisse créer une âme d'esclave n'est pas seulement la plus poignante expression de l'homme moderne, mais peut-être la réfutation même de la liberté humaine.
La liberté humaine est essentiellement non-héroique. Que l'on puisse, par l'intimidation, par la torture, briser la résistance absolue de la liberté jusque dans sa liberté de penser, que l'ordre étranger ne vienne plus nous frapper de face, qu'on puisse le recevoir comme s'il venait de nous même, voilà la dérisoire liberté (...).

Ce qui reste cependant libre, c'est le pouvoir de prévoir sa propre déchéance, et de se prémunir contre elle. La liberté consiste à instituer hors de soi un ordre de raison; à confier le raisonnable à l'écrit, à recourir à une institution.

Emmanuel Lévinas