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28/06/2007

Le communautarisme? Un monstre. Hommage à Philippe Muray.

 

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Tout récemment, dans l'émotion soulevée par un crime odieux, et aux applaudissements d'un certain nombre d'associations, on a pu voir le garde des Sceaux Dominique Perben annoncer qu'il allait soumettre au Premier ministre des propositions tendant à sanctionner les « injures homophobes » ; ce qui d'abord, précisa-t-il, impliquait de « modifier la loi de 1881 sur la liberté d'expression ».

On ne saurait trop conseiller à ce garde des Sceaux de ne pas perdre son temps à modifier la loi de 1881 sur la liberté d'expression mais de la supprimer sans façon, car très bientôt elle ne servira plus à rien dans la mesure où, par la grâce des sanctions qu'il prépare, c'est l'expression en soi, toute possibilité d'expression quelle qu'elle soit, et non pas seulement ses « abus » comme par le passé, qui va disparaître. Et nul ne s'en alarmera puisqu'une fois de plus, « dans le silence de l'abjection », l'on n'entendra « retentir que la chaîne de l'esclave et la voix du délateur ». Sauf que le délateur, aujourd'hui, loin de raser les murs, couvert de crachats et de honte, tient sous le nom jamais tout à fait revendiqué de communautariste le haut du pavé, dicte ses volontés au ministre de la Justice et déploie son hystérie sans limites sous forme de lois imposées, via les médias amplificateurs, au nom de la tolérance et de la liberté.

Et lorsque les nouvelles sanctions qu'il aura exigées seront votées, ce n'est plus seulement l'expression de ce qui lui déplaît dont il réclamera la répression accrue, mais même sa manifestation potentielle ou virtuelle. Ainsi se constituera un nouveau délit non prévu par Orwell : le crime d'arrière-pensée (ou de sous-pensée, ou de non-pensée, ou de pensée in statu nascendi). L'annonce de cette répression nouvelle et prévisible réjouit déjà les belles âmes officielles, et on a pu lire dans Le Monde un éditorial où, après quelques hypocrites bouffonneries (« Trop de loi tue peut-être la loi, comme le dit l'adage. Mais dans notre société – même si l'on peut regretter cette dérive légaliste –, sans doute faut-il un texte pour arrêter le sexisme ordinaire, celui qui fait mal et peut tuer », etc.), on s'empressait de désigner à la vengeance un journaliste de province coupable d'avoir parlé de « lynchage » ou d'«Inquisition» à propos de ce début de croisade contre l'homophobie. Et il était aisé de deviner qu'on regrettait de ne pouvoir encore le traîner devant un tribunal.

Chez les plus logiques des communautaristes, la persécution emprunte d'ores et déjà les voies du principe de précaution, et implique qu'on abatte tout le troupeau avant même qu'il ait fait la preuve de sa nocivité : pourquoi se gêneraient-ils puisque les ministres se couchent devant eux et s'empressent de transposer en mesures législatives leur délire ? Bien d'autres maîtres chanteurs, également groupés en associations de malfaisance patentée, piaffent déjà derrière la porte, avec à la main leurs innombrables pétitions qui se résument pour la plupart à exiger des pouvoirs publics un accroissement de l'arsenal répressif, ainsi qu'une politique enfin efficace de prévention, dans des domaines variés : contre les actes et propos handiphobes, contre les actes et propos féminophobes, contre les actes et propos islamophobes, contre les actes et propos jeunophobes, contre les actes et propos zoophobes, etc. Dans l'apocalypse communautariste où nous nous enfonçons, chaque groupe de pression particulier peut bien être en guerre avec les autres, ou faire semblant de l'être ; ils n'ont ensemble qu'un seul ennemi : la liberté. Du moins le peu qui en reste. Et ils sont décidés à l'achever.

Le communautarisme est un monstre. Par là, il reflète bien notre époque monstrueuse qui semble n'avoir plus d'énergie que pour en terminer de toutes les manières possibles avec la définition fondamentale de l'être humain. Et c'est bien à cela que l'on travaille lorsqu'en exigeant, par exemple, que les grands singes bénéficient des droits de l'homme on contribue à faire disparaître la barrière qui se dresse encore entre l'humanité et le monde animal ; et c'est à cela aussi que l'on s'adonne lorsque, à l'occasion d'un crime, on fait ressortir que la victime était homosexuelle avant d'être une personne humaine. D'un côté comme de l'autre, c'est l'anthropos en général qui est nié ou en passe de l'être. Le communautarisme n'est certes pas un humanisme. Il ressemblerait plutôt à ces maladies qu'on appelle auto-immunes où le système immunitaire, brusquement, ne reconnaît plus comme siens certains constituants de l'organisme et s'attaque à eux. Dans un cas comme dans l'autre, la destruction est aussi et d'abord une autodestruction.

Ce n'est pas seulement jouer sur les mots que de remarquer qu'entre communisme et communautarisme il n'y a que quelques lettres de différence, et que tous deux ont la même origine latine, communis. Ce n'est pas non plus se laisser aller à des abus historicistes que de noter le parfait synchronisme avec lequel on a vu finir le communisme et, presque aussitôt, apparaître les délires des communautarismes et leurs premières actions d'éclat. Comme si, des ruines de l'un, avaient émergé les autres. Et comme si le dogme de la dictature du prolétariat n'avait attendu que l'occasion de se transformer en despotisme des minorités dans un monde décentralisé, désorbité, où le centralisme démocratique de jadis accouche finalement d'un décentralisme frénétique tout aussi ennemi de la démocratie, bien sûr, que l'ancien centralisme. Dans le même temps, est rétablie la vieille notion bolchévique de « suspects », indispensable dans toute situation de terreur, et sont désignés de nouveaux « ennemis du peuple » (les homophobes, les sexistes, les islamophobes, etc.). La nuisance a horreur du vide. Les espoirs d'égalité illimitée que l'ancienne idéologie avait donné à l'homme, même s'il ne vivait pas en régime communiste, et même si ces espoirs avaient été rapidement bafoués, loin de disparaître avec cette idéologie, se reconstituent mais par morceaux, de manière éclatée, en poussière de néo-soviets ou de milices vigilantes qui exercent d'abord et comme de juste leur tyrannie sur ceux qui appartiennent au groupe, puis répercutent cette tyrannie et l'étendent à l'ensemble de la société, contrainte dès lors de s'incliner devant leurs exigences particulières et de les reconnaître comme autant de bienfaits. Tous les droits à la différence additionnés débouchent alors sur l'unique droit qui reste à l'individu ordinaire, celui qui ne peut se réclamer d'aucun particularisme : le droit à la déférence.

Ces exigences, d'ailleurs, se chantent sur l'air du Bien absolu et de la positivité la plus irréfutable. Les « offres » communautaristes sont de celles qu'on ne peut pas refuser puisqu'elles parlent de justice, de tolérance, d'amour, d'équité, de métissage et d'ouverture à l'autre. Ce qui se traduit aussitôt en demandes insatiables de lois répressives. Car c'est bien sûr le Mal, ce Mal que l'on entend éradiquer (sous les divers masques du « phobe »), qui est d'ores et déjà passé avec armes et bagages dans le charabia du Bien. Il habite tout entier là même où se rabâche sa dénonciation. Il est la maladie qui parle de remède, il est la contention qui s'intitule liberté, et la haine qui tremble d'amour. Il est la mort qui vit une vie humaine et qui lui emprunte sa force. Il est la perversion qui se nomme Loi. Sous son action, les lois elles-mêmes, par principe protectrices, deviennent meurtrières. Un programme total, pour ne pas dire totalitaire, constitue l'unité cachée de mille programmes communautaristes en apparence ennemis. C'est ainsi qu'aux militantes qui affirment vouloir « imposer la défense des revendications féministes à l'ensemble du mouvement altermondialiste », fait curieusement écho l'islamiste radical qui dit sans jamais vraiment le dire qu'il veut l'islamisation de la modernité.

Le démoniaque, un nouveau démoniaque, un démoniaque moderne, n'est pas loin. Si la définition du démon est de manquer d'être, et donc de se venger de ce manque en nuisant, il est à noter que le communautariste, par manque d'être aussi, empoisonne tout le monde. Cette ancienne victime (mais le diable, « celui à qui on a fait du tort », en est une aussi) se sent menacée de disparition par intégration. La certitude de ne plus être persécutée s'échange pour elle contre le risque de mourir d'inexistence. C'est alors qu'elle se met à hurler à la discrimination et qu'elle transforme un fait-divers criminel en marchepied de ses nouvelles conquêtes. L'homme communautariste, l'homme des associations est l'homme du ressentiment sous sa figure contemporaine. Son impuissance à être l'a conduit vers les officines où bout l'esprit de vengeance. Il lui faut sans cesse des combats, des revendications, des pressions pour se sentir être parce qu'il ne peut plus éprouver l'excitation vitale que sous la forme de la persécution : celles dont il se dit menacé justifiant celles dont il demande la mise en œuvre.
Mais tout cet enfer est si bien emballé dans le pathos de l'empathie qu'on l'entend à peine crépiter. En tout cas, ce serait une erreur de croire que le bruit qui s'en élève est la mélodie du bonheur.

 

texte de Philippe Muray paru dans le magazine Marianne du 15 03 2004. 

Un peuple sans passé n'a pas d'avenir

medium_Eglise_1.jpgUn article du Figaro du 5 mai 2007 nous apprend que pour ne pas « provoquer » les musulmans d'un quartier de Sartrouville, la nouvelle église sera illuminée mais... muette. (sic)Située sur le plateau de la deuxième plus grosse ville du département, en plein coeur des cités sensibles, c'est une église qui est en train de sortir de terre, comme l'atteste le clocher carré orné de la croix et déjà achevé. Un événement en soi dans un quartier classé « zone urbaine sensible ». Et une construction d'autant plus notable que, pour ne pas « provoquer » la population du quartier, à majorité musulmane, l'édifice n'aura pas de cloche. En lieu et place du bourdon, des vitraux seront éclairés par un projecteur, faisant du bâtiment un lieu illuminé mais... muet.

Un choix revendiqué. « Les chrétiens ne sont pas les seuls habitants du quartier, explique le père Alexandre de Bucy, le curé de la paroisse Saint-Vincent-de-Paul qui recouvre le nord de Sartrouville. Beaucoup ne partagent pas notre foi, même s'ils nous respectent. Par égard pour les habitants tout proches qui n'ont pas eu de cloche jusqu'à présent, nous ne voulions pas non plus en mettre. » Les fidèles ne semblent pas s'en émouvoir. « Une église sans cloche, ce n'est pas très normal, mais bon, ça ne me choque pas », laisse tomber Alvin, 16 ans."

Quel incroyable texte ! Vous l'auriez fait lire il y a encore quelques années, on ne vous aurait pas cru.
Aujourd'hui c'est normal ! C'est moderne !

Après avoir, pendant trente ans, acculturée la population française en détruisant l'école républicaine, après l'avoir abrutie, coupée de ses racines et de ses valeurs à l'aide des séries américaines diffusées en boucle sur nos petits écrans, que reste-t-il des français ?
Un peuple ignard qui ne sait plus d'où il vient, qui il est, et quelles sont ses valeurs. Il n'a plus que trois mots : dialogue, partage, respect des communautés.medium_mosqué.JPG

Cela représente-t-il réellement des convictions profondes ? Personnellement, j'en doute : pour moi le peuple français ressemble plus à un vieillard sénile, qui ne comprend plus le monde qui l'entoure parce qu'il perd la mémoire, un vieux bougre qui ne demande qu'à mourir en paix.

Comment la France peut-elle être frappée, à ce point, d'amnésie ?

Renier le christianisme, c'est renier le mouvement de pensée qui a façonné, pendant près de 2000 ans, la France.
Sans le christianisme, pas de droits de l'Homme, pas d'égalité entre les sexes, pas de laïcité, pas de Démocratie... entre autres.
Les français pensent que leurs valeurs sont universelles, qu'elles existent par elles-mêmes, qu'elles font partie des lois de la nature comme la loi de la gravité. Ils ne savent plus, ou ne sont plus capables de comprendre que ces valeurs sont issues d'un lieu, d'une Histoire, d'un peuple, d'une société particulière.

Détruisez la Nation française, sa culture, son histoire, sa langue... et de vos valeurs, il ne restera rien.

Cette destruction est déjà bien entamée : depuis déjà plus de 10 ans, le peuple français tolère ce qui va à l'encontre de ses valeurs : la polygamie, l'excision la femme voilée qui est ramenée au rang d'objet, les SDF qui vivent comme des chiens dans la rue, la marchandisation de l'homme et de son environnement...

Que reste-t-il comme valeur à nos compatriotes ? Acheter, et surtout acheter pas cher. Que les produits qu'ils achètent soient fabriqués par des enfants qui travaillent 20 heures par jour dans des conditions proches de l'esclavage ne
les choque pas plus que cela.

Nos compatriotes n'ont plus qu'un plaisir : s'oublier dans les rayons des Carrefour et des Auchan, et consommer comme des bovins à la stabulation.
Que le personnel des grandes surfaces soit exploité sans vergogne ne les choque pas d'avantage.

Quels sont leurs espoirs ? Que les magasins ouvrent le dimanche ; avoir une meilleure retraite ; ne pas être touché par la misère du monde.

Hélas, un peuple qui renie son passé sacrifie son avenir.

15/06/2007

Eloge de la langue française.

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"Ce fut comme une apparition :

Elle était assise, au milieu du banc, toute seule ; ou du moins il ne distingua personne, dans l'éblouissement que lui envoyèrent ses yeux. En même temps qu'il passait, elle leva la tête ; il fléchit involontairement les épaules ; et, quand il se fut mis plus loin, du même côté, il la regarda.

Elle avait un large chapeau de paille, avec des rubans roses qui palpitaient au vent derrière elle. Ses bandeaux noirs, contournant la pointe de ses grands sourcils, descendaient très bas et semblaient presser amoureusement l'ovale de sa figure. Sa robe de mousseline claire, tachetée de petits pois, se répandait à plis nombreux. Elle était en train de broder quelque chose ; et son nez droit, son menton, toute sa personne se découpait sur le fond de l'air bleu.

Comme elle gardait la même attitude, il fit plusieurs tours de droite et de gauche pour dissimuler sa manoeuvre ; puis il se planta tout près de son ombrelle, posée contre le banc, et il affectait d'observer une chaloupe sur la rivière.
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Jamais il n'avait vu cette splendeur de sa peau brune, la séduction de sa taille, ni cette finesse des doigts que la lumière traversait. Il considérait son panier à ouvrage avec ébahissement, comme une chose extraordinaire. Quels étaient son nom, sa demeure, sa vie, son passé ? Il souhaitait connaître les meubles de sa chambre, toutes les robes qu'elle avait portées, les gens qu'elle fréquentait ; et le désir de la possession physique même disparaissait sous une envie plus profonde, dans une curiosité douloureuse qui n'avait pas de limites.

Une négresse, coiffée d'un foulard, se présenta, en tenant par la main une petite fille, déjà grande. L'enfant, dont les yeux roulaient des larmes, venait de s'éveiller. Elle la prit sur ses genoux. " Mademoiselle n'était pas sage, quoiqu'elle eût sept ans bientôt ; sa mère ne l'aimerait plus ; on lui pardonnait trop ses caprices. " Et Frédéric se réjouissait d'entendre ces choses, comme s'il eût fait une découverte, une acquisition.
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Il la supposait d'origine andalouse, créole peut-être ; elle avait ramené des îles cette négresse avec elle ?

Cependant, un long châle à bandes violettes était placé derrière son dos, sur le bordage de cuivre. Elle avait dû, bien des fois, au milieu de la mer, durant les soirs humides, en envelopper sa taille, s'en couvrir les pieds, dormir dedans ! Mais, entraîné par les franges, il glissait peu à peu, il allait tomber dans l'eau ; Frédéric fit un bond et le rattrapa. Elle lui dit :

-- " Je vous remercie, monsieur. "

Leurs yeux se rencontrèrent. "

Extrait du roman de Flaubert : 'L'Education sentimentale"

09/06/2007

Comment nous sommes tous devenus américains?

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Petit catalogue de nos programmes de télévision française sur une semaine.

Samedi 2 juin matin: What about Brian. 50Mn inside. Inis cool. Cold Case. Making of. M6 kid. Hit Machine. Warning. Chic, best of. Absolutely fabulous. Delta state. W9 hits. Wake up. W9 live. Fast club. Pokémon : battle frontier. Extreme ghostbuster. hit music only. Kicked out. Star date. Oblivious. Mortal kombat conquest. One piece. Initial D. Girl 15. Next. R'N'B 15. Hit digital. hip hop 50. Next gen. The simple life.

Samedi 2 juin aprés midi: Game on. Kébab connection. Off prime. Spin city. Simpson le prime. W9 live. Clubbing. Oblivious. Sex attraction. Warlock 3. Fastlane. The sex inspektor. Sex house. R'N'B 15. Club 15. Next. Hip Hop 50. Party hits.
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Voici donc une journée en France sur les chaînes gratuites et TNT.

Cependant, n'oublions pas : Walker Texas Ranger. Ghost wisperer. Brother and brother. Cold case. How I met your mother. M6 music. Star 6 music. Beautiful people. West of Zanzibar. Ca cartoon. The office. A history of violence. Honkytonk man. Melrose place. Prehistoric park. Fast club. Viper. Ringtones 15. Hit Europe2tv.fr. Ordinary decent criminal. Joy in love. Flavor of love. Gilmore girls. Special ops force. Kiss tomorrow goodbye. Goodbye Emanuelle. The dudesons. Direct poker. Beverly hills. Téléshopping. Euronews. Morning café. Friends.

Je continue sans recenser les chaines TNT : NYPD blue. Deadwood. Murder city. The dark. Magnum. Reporter. Grey's anatomy. Welcome mister Marshall. Tracks. Totally Franck. NBA time. Génération hit. The evidence. Zoom Europa. Missing.
D-day, leur jour le plus long. Black moon. Alternative live. Watcast. hits and co. Flyboys. Desperate housewives. Scrubs. Nip/tuck.
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Avec comme cerise sur le gâteau, une émission sur Arte le mardi 5 juin intitulée "Comment nous sommes tous devenus américains?" La réponse paraît pourtant simple.
Dans un de ses ouvrages, Hannah Arendt écrivait qu'il existait un lien étroit entre l'impérialisme, le colonialisme et le capitalisme.
Mon recensement vient étayer son propos : la palme des chaînes les plus anglophones revient respectivement à : M6, Canal+ et TF1. France 2 n'est pas loin derrière mais je ne serais pas étonné que cette chaîne fasse l'objet d'une privatisation d'ici peu.

Il y a également une différence entre les colonisés africains du dix-neuvième et vingtième siècle, et les futurs (proche ?) colonisés français : les colonisations en Afrique se sont faites par le fil de l'épée ; nous, français, mettons personnellement les clés de nos cages dans les mains de nos maîtres.
De plus, le fait que la plupart de nos compatriotes pense que tout cela ne porte pas à conséquences me semble bien inquiétant.

N'est-ce pas la véritable preuve d'une défaite de la pensée en France, comme l'a si joliment dit le philosophe Finkielkraut ? D'ailleurs, pourquoi ce dernier est-il si critiqué en France ?

Dans un pays d'esclaves, un homme libre sera toujours considéré comme un extrémiste.
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Entre le coq gaulois qui se couche de lui-même dans l'assiette et le renard anglais, qui aura le dernier mot ?

Y-a-t-il encore un gramme d'intelligence dans la tête de nos politiciens ?

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"J'en finirai avec la repentance, je veux que l'on soit fier de la France" : quel beau slogan de Mr Sarkozy, radio diffusé 2 jours avant le deuxième tour ! Mais qu'en est-il des actes ? Le 8 mai 2007, pour la commémoration de l'armistice qui a mis fin à la deuxième guerre mondiale, notre président fraîchement élu a brillé par son absence. Cette guerre est pourtant riche en symbolique pour notre pays.
Notre président a préféré se rendre à la commémoration de l'abolition de l'esclavage, pour en finir avec la repentance. Peut-être est-ce plus moderne, moins frenchy ? Plus "communauté", plus "tensions ethniques à l'américaine", allez savoir ?
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De plus certains de nos députés UMP, républicains à coup sûr, nous prépare un projet de loi tendant à reconnaître "le génocide Vendéen de 1793-1794". Mais non, vous avez bien lu, un génocide ! Pour en finir avec la repentance !

Jusqu'où iront-ils ? Devrons-nous verser des indemnités pour dédommager les huguenots de la Saint-Barthélemy ?
Devrons-nous nous agenouiller pour implorer le pardon pour les croisades du Moyen-Age ? Et les Cathares, ne les oublions pas, les pauvres ! Et Jeanne d'Arc, quand va-t-on enfin faire son procès pour fondamentalisme religieux ?

Nous, français, sommes maudits ! Le mal nous habite. Vous verrez qu'un jour on découvrira que, sans la France, Staline, Hitler, Pol Pot... n'auraient jamais existé.

Mais que signifie cette farce ? Peut-être que nos politiciens incompétents voudraient nous faire croire qu'ils agissent ? C'est plus facile d'accuser des morts que de s'attaquer aux privilèges et aux injustices.
Continuez à dénigrer votre pays, pendant ce temps-là, on vous oublie.
Et puis si tout cela nous amène à la guerre civile, qu'importe, on accusera un mort d'en être responsable : de Gaulle peut-être ?

Du bon usage de l'irresponsabilité.

01/06/2007

Petit florilège des mensonges de Mr Sarkozy

A déguster sans modération


Du communautarisme au républicanisme incantatoire : que penser du revirement rhétorique de Nicolas Sarkozy ?

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Depuis ses premiers discours de campagne présidentielle de Nîmes et d'Agen, le probable candidat de l'UMP Nicolas Sarkozy a troqué son discours habituel vantant les "identités" et les "spiritualités" pour se faire le héraut de la République et de ses valeurs. Une analyse sérieuse de ses positions et de celles de ses principaux lieutenants conduit pourtant à ne déceler dans ce soudain accès de républicanisme qu'un nouvel avatar de l'opportunisme politique et de la stratégie de corruption idéologique qui amène à répudier la République en son nom.



Nicolas Sarkozy
Y a-t-il une « exception Sarkozy » en matière de communautarisme ? Tout porte à penser que le président de l'UMP, à l'instar de beaucoup de ses pairs de droite comme de gauche, pratique le clientélisme communautaire. Mais celui qui tente aujourd'hui de se refaire une virginité républicaine à travers des prises de position fortes sur la nation et la République, qui fulmine contre la « tentation communautariste » tout en entretenant un savant flou artistique sur ce qu'il entend concrètement par « discrimination positive », échoue à convaincre.

Les récents discours de Nîmes (Pour la France, 9 mai 2006) et d'Agen (Pour la France du travail, 23 juin 2006) ont en effet marqué un infléchissement significatif de la vulgate sarkozienne. Au point que le candidat à l'élection présidentielle de 2007 séduit désormais d'anciens compagnons de route de Jean-Pierre Chevènement comme Max Gallo (1) ou attire la sympathie critique mais somme toute bienveillante d'un Alain-Gérard Slama (2) dont l'inflexibilité sur les questions de communautarisme n'a d'égal que la sagacité des analyses (son dernier opus, Le Siècle de Monsieur Pétain, traite admirablement de cette aspiration identitaire qui, alternativement, exclu et emprisonne l'individu (3)).

Pourtant, il y a loin de la parole aux actes et la geste sarkozienne est truffée de contradictions.
Comment peut-on, en effet, flétrir ce communautarisme qui « menace d'enfermer chacun dans ses origines, dans sa religion et sa couleur de peau » (4), et se prononcer, dans le même temps, pour la prise en compte de l'origine ethnique dans les statistiques officielles (5) ?

Comment peut-on fustiger « ceux qui conspuent la France », qui la « caricaturent au travers de son histoire », prétendre également avoir tiré les leçons du non au référendum sur la Corse du 6 juillet 2003 et, en même temps, consentir à la ratification de la Charte des langues régionales et minoritaires (6), l'une des revendications les plus fondamentales des ethno-régionalistes ?

Comment peut-on appeler à une réforme de la loi de 1905 séparant les églises et l'Etat, au motif de « nationaliser » l'islam français, tout en s'en remettant, sur les questions touchant à la formation des imams ou au voile islamique, à l'avis d'une autorité religieuse étrangère (7) ?

Comment peut-on se dire préoccupé par l'égalité des chances, au point de prôner des méthodes radicales qui peinent à faire leurs preuves outre-atlantique (la fameuse « discrimination positive »), tout en affichant un bilan si peu convaincant ? Donner plus à ceux qui ont moins, très bien ! Encore faut-il ne pas se payer de mots ! Nicolas Sarkozy est, depuis 1983, à la tête d'une commune des Hauts-de-Seine – Neuilly – abritant moins de 800 logements sociaux, soit 2,5 % du parc résidentiel, ce qui est en totale infraction avec la loi SRU, qui exige un minimum de 20 % de logements sociaux (8). Alors quoi ? Volontarisme ici, immobilisme là ?!

Paradoxalement, ce n'est pas à Neuilly qu'il faut chercher un « laboratoire » du sarkozisme, mais à Asnières, où le « monsieur sondages » de l'UMP, Manuel Aeschlimann, expérimente les recettes de son mentor. Un « conseil des communautés » y est ainsi chargé, depuis 2002, d'appuyer la stratégie de marketing électoral de la municipalité qui consiste à cibler les populations et à identifier les problèmes qui leurs sont propres (9).

On pourrait objecter que le maire d'Asnières est une exception. Que le camp politique du Ministre de l'Intérieur a ses brebis galeuses. Que nenni ! C'est en observant les émules de Nicolas Sarkozy qu'il convient d'apprécier sa méthode.

Ainsi Roselyne Bachelot. En rabatteuse de voix à l'Assemblée générale du Conseil représentatif des associations noires (CRAN) (10), elle le déclare sans détours : « la discrimination positive est au coeur de l'engagement de Nicolas Sarkozy », même si, ainsi que le précise Patrick Devedjian, « il faut trouver un terme plus heureux que celui de "discrimination positive" » (rebaptisée depuis « action positive »)…

Ainsi Eric Raoult. Le député-maire du Raincy (Seine-Saint-Denis) et parrain de l'Association des Amis de Nicolas Sarkozy est aussi l'auteur d'une proposition de loi visant à sanctionner le blasphème (dépénalisé depuis 1791 !) pour s'attirer les grâces d'une organisation communautaire musulmane de Seine-Saint-Denis (11).

Ainsi Abderrahmane Dahmane. Considéré comme un proche de M. Sarkozy, ce secrétaire national de l'UMP chargé des relations avec les associations des Français issus de l'immigration, par ailleurs président d'un groupusculaire Conseil des démocrates musulmans de France (CDMF), appelle de ses vœux la constitution d'un « lobby maghrébin », confessant qu'il « [agit] comme les juifs du CRIF » (12)!

On saisit ici les limites et les incohérences du communautarisme tous azimuts.
En effet, Nicolas Sarkozy, qui a reçu le prix de la tolérance du Centre Simon Wiesenthal pour son action contre l'antisémitisme le 11 avril 2003, s'est rendu, huit jours plus tard (ah les savoureux hasards du calendrier !), à l'Assemblée générale annuelle de l'UOIF… la même UOIF que le Centre Simon Wiesenthal considère, dans un rapport rendu public (13), comme violemment antisémite !

Il faut toutefois s'arrêter un instant sur l'enjeu que représente la communauté juive dans la stratégie sarkozienne. En avril 2004, en visite à Washington, celui qui était alors Ministre de l'économie et des finances, n'a pas hésité à répondre favorablement à l'invitation à déjeuner de représentants de l'influent American Jewish Comitee (AJC). Cette visite, qui, selon les termes d'Esther Benbassa, « a eu un impact très fort en France » (14), prend place dans une stratégie de conquête du « vote juif » – aussi contestable que puisse apparaître ce type d'expression – qui ne doit rien à l'improvisation. C'est que « beaucoup de juifs éprouvent de la gratitude pour Nicolas Sarkozy », comme l'affirme Roger Cukierman, le président du CRIF (15). Le 30 mars 2006, Nicolas Sarkozy s'est ainsi vu décerner le prix de l'homme politique de l'année par l'Union des patrons et professionnels juifs de France (UPJF) (16). Accueilli avec enthousiasme jusque parmi les rangs de l'Hachomer Hatzaïr, association sioniste pourtant classée à gauche, Nicolas Sarkozy doit sa popularité auprès des organisations communautaires juives à ses prises de position fermes sur l'antisémitisme, à son intransigeance sur la délinquance, et à sa démarcation de la ligne traditionnelle des gaullistes en terme de politique étrangère. Il est en effet l'un des rares présidentiables à proposer aussi clairement de réorienter la politique proche-orientale de la France, jugée pro-arabe, en faveur d'un soutien plus franc à l'Etat d'Israël, comme peuvent en témoigner ses récents propos sur la guerre du Liban (17). En outre, dans un contexte d'affrontement communautaire larvé entre juifs et musulmans, le Ministre de l'Intérieur se présente en grand consolateur de « la Communauté ». De sorte que dans l'imaginaire d'une partie non-négligeable de l'électorat juif, Nicolas Sarkozy est devenu celui qui, dans les banlieues comme sur la scène internationale, « tient tête aux Arabes ».

Nul doute que le chef de l'UMP voudrait pouvoir entretenir d'aussi bonnes relations avec toutes les autres organisations communautaires. Aussi n'hésite-t-il pas à faire des appels de pieds aux diverses sectes évangéliques ou encore à l'Eglise de scientologie qu'il qualifie pudiquement, dans son livre La République, les religions, l'espérance (18), de « nouveaux mouvement spirituels ».

Le candidat à l'élection présidentielle de 2007 devrait se rappeler De Gaulle. Le Général était, comme le « fils d'immigré hongrois », un authentique catholique… en tant que personne privée ! Car De Gaulle, qui était tout sauf un « bouffeur de curé », se faisait une idée bien trop élevée de la République et de la laïcité pour qu'il acceptât, comme chef de l'Etat, de se signer en public. « La France » ne va pas à la messe. « La France » ne communie pas. « La France » ne se signe pas. Nicolas Sarkozy ne semble pas disposé à s'encombrer de tels scrupules « laïcards », considérés comme des tabous archaïques hérités d'une tradition républicaine surannée. Le signe de croix « ostensible » qu'il a exécuté lors d'une cérémonie officielle et dans le cadre de ses fonctions ministérielles devrait par conséquent faire réfléchir ceux qui sont prêts à lui donner la République sans confession.

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1) Cf. Philippe Ridet, « Le pas de deux de Max Gallo et Nicolas Sarkozy », Le Monde, 22 juin 2006.
2) Cf. « Encore un effort, M. Sarkozy ! », Le Figaro, 26 juin 2006.
3) Alain-Gérard Slama, Le Siècle de Monsieur Pétain : Essai sur la passion identitaire, Librairie académique Perrin, 2005, 274 p.
4) Cf. Pour la France, Agen, 23 juin 2006.
5) Le 6 février 2006, Nicolas Sarkozy a déclaré à RTL qu'il déplorait l'impossibilité légale de mentionner l'origine ethnique des délinquants dans les fichiers administratifs.
6) Voir « L'UMP promet la ratification de la Charte des langues régionales et minoritaires », Revue républicaine, 30 juillet 2006.
7) Cf. Le cheikh en blanc de Sarkozy, Observatoire du communautarisme, 03 janvier 2004.
8) Cf. Anna Bitton, « Et à Neuilly, elle est où, la fameuse discrimination positive ? », Marianne, n° 397, 27 novembre-3 décembre 2004, p. 19-21.
9) Cf. Asnières : laboratoire du communautarisme pour la «France d'Après», Ariel Weinberg, Observatoire du communautarisme, juillet 2006.
10) Cf. « Les responsables de l'UMP aux états généraux du CRAN : "la discrimination positive est au coeur de l'engagement de Nicolas Sarkozy" », Observatoire du communautarisme, 30 avril 2006.
11) Cf. « Blasphème : proposition de loi ou fatwa ? », Observatoire du communautarisme, 31 mars 2006.
12) Abderrahmane Dahmane veut un "lobby maghrébin", Observatoire du communautarisme, 9 juin 2004
13) Cf. http://www.wiesenthal-europe.com/csw/CSWPages/csweurope_rapportuoif.htm
14) Cf. « Sarkozy veut convertir les juifs à sa religion élyséenne », Libération, 14 décembre 2004.
15) Cf. Cécilia Gabizon, « La droite progresse au sein de l'électorat juif », Le Figaro, 19 juin 2006.
16) Présidentielles : « L'Union des patrons et des professionnels juifs de France » (UPJF) roule pour Nicolas Sarkozy, Observatoire du communautarisme, 1er avril 2006
17) Le 16 juillet 2006, sur TF1, interrogé sur les bombardements israéliens au Liban, Nicolas Sarkozy a désigné le Hezbollah comme l'agresseur d'Israël et déclaré que l'Etat hébreu « [devait] se défendre et [avait] le droit de se défendre ».
18) La République, les religions, l'espérance, Pocket, 2005, 208 p.

Du communautarisme au républicanisme incantatoire : que penser du revirement rhétorique de Nicolas Sarkozy ?
par Rudy Reichstadt,article publié sur " Observatoire du communautarisme"

L'Homosexualisme, nouvel avatar de la «libération sexuelle» et cheval de Troie du néolibéralisme

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L'homosexualité est un phénomène aussi vieux que l'humanité et les préjugés sur elle (qui relèvent de la même prérogative phallique qui fonde la misogynie) se sont dans une large mesure effacés dans la société occidentale (1). Aussi peut-on s'interroger sur l'activisme en présence qui consiste à présenter l'homosexualité sur un mode victimaire alors même qu'elle est publiquement présentée comme un nouveau modèle. Car ça n'est pas une vue de l'esprit : le marketing, la pub, la mode, les compagnies d'assurance, les fictions-télé (pour enfants comme pour adultes, et plus particulièrement pour les adolescents), les campagnes politiques s'appliquent à flatter l'homosexualité, à l'instrumentaliser comme un argument de séduction et de vente.

Cette promotion de l'homo n'est pas seulement le fait de la communauté homosexuelle, fut-elle sur-représentée parmi les instances médiatiques et culturelles et constituées en efficaces lobbies politiques. Elle est relayée par une large fraction de sympathisants et activistes hétérosexuels dont nombre de représentants politiques, journalistiques et culturels investis d'une foi militante, vecteurs d'un puissant prosélytisme.

Prédication et inquisition
L'Homosexualisme, nouvel avatar de la «libération sexuelle» et cheval de Troie du néolibéralisme
Afin de mieux cerner le socius et qu'y pénètre plus profondément la promotion des nouveaux modèles, une stratégie coercitive et dialectique s'est constituée. Agissant sur un mode culpabilisateur qui se donne les gants vertueux des Droits de l'homme, elle consiste à exercer une pression idéologique ayant vocation à formater l'opinion publique et une menace sur la liberté de pensée qui tend à la paralyser et à la criminaliser. Cette stratégie s'inscrit dans la politique européenne dite de «défense des minorités » qui consiste à encourager les revendications identitaires (linguistiques, sexuelles, ethniques, religieuses, régionales, etc), à attiser leur dimension conflictuelle en accréditant leurs discours victimaires et en les mettant en concurrence au sein de dispositifs institutionnels (2) « anti-discriminatoires » spécifiquement conçus pour accueillir et gérer ces conflits. Méthode du pompier pyromane mise au service d'une stratégie impériale notoire (diviser pour régner), qui a pour fonction de dissoudre la citoyenneté, les solidarités politiques et sociales qui s'y attachent, en fragmentant le corps social en communautés consuméristes concurrentes.
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Forts de ces puissants soutiens politiques et institutionnels, les lobbies homosexuels ne craignent pas d'exercer ouvertement leurs menaces sur la liberté de penser, parfois même sur le mode crapuleux. Par exemple par la voie du chantage à la dénonciation (banalisé sous le terme d'outing), celle de l'homosexualité de personnalités politiques afin qu'ils se déclarent publiquement tels et manifestent leur solidarité à la cause en imposant les amendements et dispositifs institutionnels adéquats pour que s'accélère la mutation de la culture et des moeurs. Voire même sur le mode de l'agression violente : manoeuvres d'intimidation sur des plateaux de télévision, pressions, violence verbale, agressions en commandos contre des auteurs critiques et leurs éditeurs (3).

La loi « anti homophobie », promulguée précipitamment à l'opportunité d'un fait divers -dont l'instruction s'est finalement soldée par un non lieu (4)-, est venue légitimer du sceau juridique ces pratiques d'intimidation, l'interdit de pensée et de débattre ainsi que le prosélytisme offensif qui caractérisent le mode opératoire homosexualiste.

Ces stratégies, qui associent l'activisme militant et les campagnes publicitaires, affichent une prédilection pour les milieux scolaires. La jeunesse adolescente et pré-adolescente, en plein éveil sexuel, présente en effet l'avantage d'un fort potentiel réceptif et constitue un vecteur de pérénité pour la cause homosexualiste.

A l'instar de représentants de commerce, des militants de la cause homosexuelle porteurs de «valises antihomophobie» (5) sont introduits officiellement dans les écoles, légitimés à empiéter sur le temps scolaire, à sensibiliser les jeunes à l'homosexualité et à la valoriser :
« Les élèves sont invités à prendre part à des débats et à des interventions sur l'identité gay, lesbienne, bi ou trans, sur la sexualité et ce qu'elle représente de plaisirs. (...) Les ressources offertes par le monde asssociatif ou les expériences d'autres pays offrent un large éventail d'exercices à faire en classe, d'interventions par de jeunes gays et lesbiennes exposant leur quotidien aux élèves et traitant de ce que représentent l'exclusion et l'injure homophobe » (6).

Des campagnes d'information d'envergure à l'attention des jeunes bénéficient du soutien et du financement publics. Notamment celles du CRIPS (7) qui, tirant opportunité des problématiques adolescentes contemporaines et du consensus politique qui entoure ses activités, outrepasse allègrement ses fonctions officielles de prévention du SIDA pour les instrumentaliser dans le sens du prosélytisme homosexuel. Nous pointerons notamment l'édition de brochures particulièrement crues, illustrées de dessins « sexuellement explicites », destinées au pré-adolescents (de 10/12 ans) qui se donnent pour mission de les mettre « sans fausse pudeur » au fait de la sexualité (masturbation, « première fois », pose du préservatif, etc) mais qui poussent aussi la sollicitude jusqu'à diriger celles et ceux qui s'interrogeraient sur leur « orientation sexuelle » vers une « Ligne Azur » (8), serveur téléphonique animé par un représentant notoire de la pornographie homosexuelle militante. Relève aussi de l'initiative et du financement publics la création d'accessoires et gadgets à but «éducatif» tel le «Manège enchanté» (dispositif «technique» consistant en une demi-douzaine de phallus multicolores dressés sur un socle de bois), qui postule à l'animation formatrice par exercices ou concours d'enfilage de préservatifs. Tandis qu'en parallèle des manoeuvres de lobbying s'emploient à réclamer une réforme des manuels scolaires permettant de légitimer par voie d'enseignement la nouvelle norme homosexualiste.

Autant de productions mentales et fantasmatiques de la sphère privée, introduites dans le champ public par voies médiatique et institutionnelle, qui ont pour vocation de générer et accélérer des mutations culturelles, civilisationnelles, en opérant au niveau de leurs structures les plus profondes, leurs fondements anthropologiques.

Ces visées s'expriment ouvertement au sein des stratégies politiques : la « gauche » s'est fait une spécialité idéologique et électorale de privilégier les revendications sociétales homosexualistes au point que leurs motions et programmes respectifs émanent des mêmes rédacteurs. Ainsi en est-il d'un groupe de travail du club de réflexion de Dominique Strauss-Kahn « A gauche en Europe » (dirigé par un adjoint de la Mairie de Paris, militant déclaré de la cause homosexuelle) qui relaie officiellement dans son programme l'intégralité des revendications militantes de l'interassociative LGTB (Lesbiennes-Gay-Transexuels-Bisexuels). Dans cette profession de foi s'exprime clairement la volonté de préparer « la reconstruction d'un projet politique adapté aux mutations de la modernité, d'une nouvelle identité face à la perte des repères collectifs anciens. (...) Il faut inventer un nouveau paradigme idéologique» (Christophe Girard, adjoint aux affaires culturelles à la Mairie de Paris, Libération 11/05/04).

Une « mutation » que nous découvrons programmée et imposée depuis plusieurs années par voie institutionnelle et médiatique : « Entre 1967 et 2001, une douzaine de grandes lois on fait passer notre pays d'un ordre post-vichyste (révérant un modèle procréateur, adulte, hétérosexuel et parfois violent) à un ordre post-soixante-huitard. Ces lois ont été adoptées au terme de débats et de combats très vifs et la question se pose de savoir dans quelle mesure elles étaient à la remorque de la demande sociétale, et également si elles n'ont pas elles mêmes produit des effets libérateurs, et en quelque sorte, imposé de nouvelles normes à des individus ou des groupes qui ne leurs étaient pas favorables ». (Janine Mossuz-Lavau, politologue et directrice de recherche au CNRS).

Pour compléter cet état des lieux, nous ajouterons que les principales motions en concurrence pour le Congrès du PS au Mans, inspirées par l'association Homosexualités et Socialisme, reprennent à leur compte les revendications du mouvement « gay ». Il n'y a t-il donc pas lieu d'être surpris que toutes les tendances du parti socialiste se soient rassemblées dans un mouvement unanime autour de cette thématique communautariste, qui évince les plus graves difficultés sociales pour présenter le plus sérieusement du monde le mariage homosexuel et l'homoparentalité comme une urgence sociale et un impératif politique.

Ce détournement des revendications sociales dans le champ sociétal (très avantageux sur le plan économique) étant parfaitement ajusté aux visées néolibérales et le marché électoral libertaire étant supposé en expansion, la « droite » n'entend pas être en reste pour les prochaines élections. Ainsi la profession de foi du groupe de réflexion UMP « On est là ! », à vocation « attrape gays », censée "déringardiser" la droite en lui permettant d'affronter des questions de société taboues, renchérit-elle en proposant tout un panel d'extensions de jouissances tels la création de "salles de shoot" où serait délivrée de l'héroïne sous contrôle médical, le droit à l'adoption pour les couples homosexuels, un "cours des différences de genre et d'éducation sexuelle de la sixième à la troisième" ainsi que la légalisation de l'euthanasie.

Ce travail de forçage et de sape s'exerce d'autant mieux que s'avèrent efficaces les mesures de coercition et d'intimidation qui frappent les esprits critiques. Mesures qui sont, comme nous l'avons vu, soutenues et légitimées par voie juridique, à savoir la déclinaison pénale, très dissuasive, de la loi «anti homophobie». Ainsi ces «minorités», auxquelles se sont alliés les pouvoirs médiatiques et institutionnels, se sont-elles dotées des moyens d'imposer leurs diktats au plus grand nombre (9), de peser sur la liberté de pensée et d'évacuer tout débat en réduisant leurs contradicteurs au silence.

Des incidences de l'effacement de l'Interdit sur le désir
L'homosexualisme, nouvel avatar de la « libération sexuelle » est, comme elle, le fruit de la permissivité issue de l'effondrement des interdits. La sexualité ayant été libérée au delà de toute espérance mais sans avoir tenu ses promesses, la « libération sexuelle » a pris au fil des ans l'allure d'une immense défaite, aussi amère que silencieuse.

Nous reconnaîtrons dans cette issue paradoxale de la «libération sexuelle» le parcours du désir en tant qu'il est lié à l'Interdit (10). Si le rapport de cause à effet ne s'impose pas a priori comme une évidence, nous pouvons toutefois en vérifier la pertinence a posteriori. Ce qui se manifeste en effet avec éclat aujourd'hui, c'est que la permissivité la plus générale mène non pas à l'épanouissement des satisfactions mais au contraire à une baisse du désir. En témoigne la surenchère transgressive que le désir s'impose pour se maintenir (11). Contre cette évidence, cette baisse du désir n'est pas chose aisée à éprouver comme telle, ce qui explique que rien n'en soit explicitement articulé. Plutôt ce désir en souffrance s'exprime t-il sur le mode de la frustration et du ressentiment qui s'exposent effectivement sur le devant de la scène publique. En l'occurrence, ce que l'on peut remarquer de plus flagrant (bien qu'implicite au discours public et culturel), c'est le discrédit du couple hétérosexuel. L'échec de la « libération sexuelle » ayant projeté l'ombre calamiteuse du ratage et le discrédit sur les deux protagonistes du rapport hétérosexuel.
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C'est de ces ravages inattendus sur le désir, directement liés à l'avènement de la société de consommation, au triomphe de l'Impératif de jouissance qu'elle a peu à peu substitué à l'Interdit judéo-chrétien, qu'est née la foi homosexualiste.

La prothèse pornographique
Le rattrapage a tout d'abord consisté à faire appel au dispositif fantasmatique qui fait usuellement office de soutien du désir défaillant. L'appareillage pornographique, qui se caractérise d'être adossé au fantasme, était voué à prospérer sur cette faillite du désir en lui permettant de se redéployer hors des sentiers battus et inopérants de l'amour. L'efficience de cette prothèse « techno-fantasmatique » qu'est la pornographie se vérifie par la dimension industrielle et proliférante, indicative de son succès, que nous lui connaissons aujourd'hui.

La fonctionnalité de la pornographie réside dans sa capacité à externaliser le fantasme singulier du sujet et à alléger ainsi celui-ci d'une partie de sa culpabilité. Mais elle ne l'épargne pas de son insatisfaction ni même de son angoisse car elle le laisse démuni face à l'énigme des conditions fantasmatiques de sa jouissance qui l'exténuent dans la répétition et l'aliènent, loin de tout idéal, en multiples contradictions.

Le traitement scientiste du désenchantement libertaire
C'est sur cette muette désillusion que prospère le fol espoir, relayé au porte-voix médiatique, qu'est l'effacement de la différence sexuelle. Cette fuite en avant se conforte de la croyance dans les sciences et techniques, dans leur capacité à transcender le réel biologique. Un combat qui trouve son terrain d'élection dans le champ de la procréation (médicalement assistée, les biotechnologies, appelées à se substituer à la relation sexuelle) où les espérances libertaires retrouvent un second souffle. Pointons au passage le caractère cocasse de ces revendications quand on se souvient que la profession de foi libertaire, qui plaide aujourd'hui en faveur des homosexuels pour le «droit au bonheur» par les voies du mariage et de la famille, s'était acharnée hier à provoquer leur perte.

L'homosexualisme est l'issue de secours dans laquelle se sont engouffrés tous les reliquats de cette défaite, mais aussi le solde des narcissismes en quête d'un nouvel espace d'épanouissement et de conquêtes. C'est ainsi que les espoirs déçus se redéployèrent dans un nouveau credo : une « libération homosexuelle », fondée sur l'amour du même. Amour-miroir, plus que jamais narcissique où est éludée la rencontre avec l'Autre, c'est-à-dire la problématique de la différence sexuelle qui lui est sous-jacente.


Un avant-gardisme régressif
Si l'homosexualisme ambitionne de promouvoir l'émergence d'une post-humanité affanchie de la dépendance des sexes et, à ce titre, prend volontiers une posture avant-gardiste, ses manifestations concrètes s'illustrent plutôt par une régression vertigineuse : l'aggravation des conflits entre les sexes et la restauration de cette configuration archaïque qu'est la bipartition sexuelle, catactéristique des sociétés traditionnelles.

L'homosexualisme tend à soutenir ses revendications, notamment parentales, sur la base du discrédit suscité par le démantèlement de la famille hétérosexuelle traditionnelle. Certaines de ces revendications visent le statut, supposé privilégié, accordé aux femmes depuis une trentaine d'années par les dispositifs juridiques de la société occidentale contemporaine. C'est l'opportunité de faire le point sur le statut féminin, dont on perçoit qu'il est actuellement en pleine « évolution », encore faudrait-il préciser si c'est dans le sens d'une avancée ou d'une régression.

Les amendements de l'arsenal juridique qui ont conféré dans les années 70 une position centrale à la mère ont contribué à approfondir le travail de sape des interdits, de l'autorité paternelle et de ses métaphores institutionnelles. Contre ces apparences, nous n'assistons pas à une montée en puissance du pôle féminin, comme on l'affirme ici et là. Bien au contraire. Cette « promotion » de la «responsabilité maternelle » dans la société occidentale contemporaine signale plutôt une régression archaïque, puisqu'elle consiste dans les faits à laisser à la charge des femmes les obligations éducatives, comme c'est d'usage dans les sociétés traditionnelles.

Faut-il s'étonner de cette « évolution » de la famille dans le contexte de la société de consommation régi par l'impératif de jouissance quand cette charge éducative et financière des enfants est réputée susciter plus d'empêchements que d'exaltation de la jouissance ? Ce qui explique en partie que tant d'hommes s'en défaussent, parfois à peine sont-il dotés d'une progéniture.

Tandis que l'attachement charnel et l'aliénation archaïque tendancielle – aujourd'hui massivement récurrente – du désir féminin (toujours prompt à se reporter dans le champ maternel, en amour pour l'enfant, notamment quand le désir des hommes les abandonne), a pour conséquence de sauvegarder un cadre d'accueil minimal (dit « monoparental ») à l'enfant. Tirant parti de cette attitude différencée des sexes à l'égard de l'enfant, le dispositif juridique, de plus en plus inféodé à la logique utilitariste du marché, s'est contenté d'ajuster la loi en fonction de l'évolution des moeurs. Ainsi l'affectation de la responsabilité parentale à la mère ne relève t-elle pas d'une promotion ni d'un privilège féminins mais plutôt d'une décharge opportuniste des responsabilités masculines et publiques. Que 80% des nouveaux pauvres soient des femmes seules élevant des enfants suffit à conforter notre propos. Quant aux réussites triomphales de sujets féminins exhibées sur le devant de la scène politique, économique et culturelle, elles ne sauraient nous leurrer : elles interviennent dans cette conjoncture comme des alibis chargés d'occulter cette réalité qu'est le retour de la bipartition sexuelle, la dépréciation, la relégation et l'exploitation des femmes qui vont de pair.

De toutes parts s'affirme ce diagnostic. La pornographie, devenue vecteur d'éducation sexuelle (60% des garçons de 11 ans, 30% des filles, ont vu des films pornographiques), installe une grande confusion entre réalité et fantasme, formatant ainsi la relation des garçons aux filles dans le sens de la domination et de l'instrumentalisation. Ces films présentent en effet une sexualité où les hommes sont dominants et les femmes dominées, réduites à l'état d'objet ou de marchandise. Cette dégradation de l'image de la femme conjointe à celle des conduites masculines occasionnent des ravages sur les adolescentes qui éprouvent le plus grand mal à s'identifier en tant que femmes, faute de trouver une image recevable de leur sexe. D'autant que cette dégradation de leur image se confirme dans la réalité quotidienne par une régression vertigineuse du statut féminin : la recrudescence de l'agressivité masculine à l'égard des filles, l'expansion de la violence conjugale, à quoi s'ajoutent par milliers les mariages forcés, les mutilations sexuelles, les humiliations et les misères de la polygamie en provenance des sociétés traditionnelles.

De l'homosexualisme à la marchandisation de l'humain
Spéculant sur la précarisation la plus générale du couple engendrée par l'Impératif de jouissance consumériste, les divas et ténors de l'homosexualisme instrumentalisent électivement (12) les divisions du couple hétérosexuel dans le sens de leurs intérêts propres dans un discours hautement paradoxal.

Prenant, d'une part, appui sur le « non désir d'enfant » supposé aux hommes hétérosexuels, affectant de plaider en faveur de leur affranchissement du pouvoir des femmes (de les faire pères contre leur gré), la juriste et militante homosexualiste Marcella Iacub leur propose une « solution » aussi singulière que radicale : la stérilisation volontaire, après dépôt de sperme dans une banque (13) ! Proposition pernicieuse puisqu'elle consiste à substituer une dépendance à une autre : assigner les hommes à la dépendance d'un marché de la reproduction, pour lequel elle milite. Dans le même temps, prenant cette fois appui sur le « désir d'enfant » issu des frustrations homosexuelles (14), et spéculant sur le rejet de l'autre sexe par les homosexuels, elle leur propose la médiation de la procréation assistée (promue dépositaire des précieuses gamètes et des prestations de service d'insémination).

Tandis qu'elle voue les femmes à une singulière « libération », toujours plus conforme aux intérêts du marché : s'appliquant à désacraliser le corps humain pour en légitimer la marchandisation, elle présente celui des femmes comme un outil de travail et une machine de production, valorise la prostitution et invite les femmes à étendre le commerce de leur corps à leurs organes de reproduction (vente d'ovules, location d'utérus, etc.) :
"Je pense que la prostitution n'est pas en soi quelque chose de néfaste pour la personne qui l'exerce, homme ou femme. (...) On confond l'activité avec les conditions dans lesquelles elle s'exerce : ce sont les conditions qui sont déplorables. Moi, je ne vois pas pourquoi la prostitution ne pourrait pas être un métier comme les autres, voire un art ! La seule chose qui me semble sexiste est qu'il n'existe pas ou peu de clientes". (Marcela Iacub, Télérama n°2769, 5/02/2003)

Nous pointerons la surenchère des « gays », aux côtés de ce « féminisme » new-look, qu'ils instrumentalisent dans le sens de leurs intérêts. Notamment leur soutien aux revendication parentales des « couples lesbiens » (dont ils attendent la collaboration pour leur propres « projets parentaux », en attendant de pouvoir bénéficier du clonage « sans mélange des gamettes », revendiqué par les plus radicaux d'entre eux). Il en est de même quand ils condamnent la misogynie consubstantielle à la pornographie hétérosexuelle et qu'ils proposent de lui substituer... la pornographie « gay » ! éliminant ainsi totalement les femmes de l'imaginaire hétérosexuel (fut-il celui de la pornographie, mode opératoire toujours délétère, sacrificiel, quelle que soit son orientation).

La liberté d'expression se trouve aujourd'hui gravement menacée par un double danger : d'une part une pornographie médiocre, hétérosexuelle et misogyne qui s'impose sur le marché, et d'autre part une rhétorique qui justifie une interdiction de principe contre toutes les images pornographiques (...) une pornographie gay et lesbienne, conçue et réalisée par les homosexuel(le)s eux-mêmes et diffusée dans les circuits généralistes permettrait de modifier l'image du désir et des fantasmes entre personnes du même sexe ». (Daniel Borillo, juriste et maître de conférence en droit privé à l'Université Paris X Nanterre, chercheur au CNRS, Libération, 10/2002)

Force est de constater que ce prosélytisme homosexualiste auquel nous avons affaire n'est pas une lutte pour « l'égalité », comme il le prétend (15), mais une lutte catégorielle élitaire médiatiquement assistée, ayant pour visée une révolution idéologique et une mutation anthropologique, qui entend pour ce faire renverser l'ordre actuel des pouvoirs et des normes pour y substituer les siennes, et imposer par voie juridique (16) sa vision fantasmatique à l'ensemble du corps social. Cette vision fantasmatique qui se donne des allures d'avant-garde s'avère promouvoir au contraire l'ordre social le plus inégalitaire et archaïque : la bipartition sexuelle. En effet, la dévaluation du sexe féminin, qui lui est traditionnellement associée et fonde la mysogynie, non seulement ne faiblit pas sous l'influence de l'homosexualisme mais au contraire s'accentue et se généralise. Car si la relation hétérosexuelle a toujours été problématique, il n'en reste pas moins qu'elle se distingue de faire bon gré ou mal gré mais toujours avec l'autre. Tandis que l'homosexualité, opte radicalement pour le choix de faire sans l'autre.

Aggravation des clivages sexués
Mais qu'on ne se leurre pas, ce choix du même n'ouvre pas à une bipartition sexuelle pacifiante, qui permettrait de dépasser la traditionnelle guerre des sexes. Celle-ci continue à diviser les milieux homosexuels en classes hostiles les unes aux autres. Ainsi en est-il du clivage du club « gay » où les « virils » méprisent, voire haïssent, les « efféminés ». Tandis que les lesbiennes se divisent en deux catégories, les masculines (désignées sous le nom de « butch » ou « camionneuses ») et les féminines (« fems »). Divisions qui reproduisent dans les deux champs les stéréotypes de la bipolarité homme-femmes, et la misogynie traditionnelle vecteurs des conflits entre les sexes.

Cette nouvelle bipartition, homosexuelle, est donc à considérer non pas comme un solutionnement de la problématique de la différence sexuelle mais comme son aggravation : une rupture radicale entre les sexes vectorisée par l'effondrement du désir intersexué. Rupture comme toujours préjudiable en premier lieu aux femmes, ce dont rend compte la marginalisation qui la frappe plus particulièrement aujourd'hui.

Les liaisons dangereuses : homosexualisme et biopolitique
On pourrait croire en effet que les institutions et les médias, toujours prompts à la proclamation vertueuse, à la geste humanitaire, à emboucher la dialectique victimaire, les mots d'ordres anti-discriminatoires, s'empresseraient de faire barrage à cette régression. Il n'en est rien. Rien ne semble en mesure de contrevenir à cet abandon, à ce naufrage du féminin. La tendance institutionnelle et politique, en phase avec les postulats du marché, allant inexorablement dans le sens de la domination des « gagnants » sur les « perdants ».
Le vote de la « loi anti homophobie », présenté comme une urgence (aussi rares soient les infractions commises à l'encontre des homosexuels) dans un contexte de recrudescence exponentielle des atteintes à la sécurité et à la dignité des femmes, est indicatif de l'indifférence des pouvoirs publics à l'égard de la déchéance du statut féminin.

La gestion de la santé publique confirme ce désintérêt des pouvoirs publics pour les difficultés des femmes, alors même qu'elles s'accroissent. Ainsi voyons-nous aujourd'hui la gynécologie (qui fut le paramètre médical idéologiquement marqué du sceau de la « libération sexuelle », et sans doute ceci n'est-il pas indifférent à la désaffection qui la frappe aujourd'hui) entachée de désuétude et son abandon programmé (17) alors même que cette discipline – par delà les fonctions gestionnaires du « planning familial » qui firent sa notoriété – s'est avérée et s'avère toujours des plus efficientes et irremplaçable en matière de santé publique, à savoir celle de la moitié féminine de la population (notamment pour la prévention des MST, les cancers du sein, de l'utérus, l'ostéoporose, etc.). Tandis que, de façon concommitante, nous voyons les pouvoirs publics reporter leur intérêt et leurs crédits en direction des biotechnologies et de la procréation assistée. Il n'est bien sûr pas dans notre propos de contrevenir à la recherche biologique et médicale. Simplement nous remarquerons que ces promotions médicales médiatiquement assistées semblent moins soucieuses de donner de nouveaux espoirs aux couples hétérosexuels stériles que de les instrumentaliser pour introduire et légitimer le nouveau paradigme idéologique du moment que sont les revendications parentales homosexuelles.
Il va sans dire que, si elles articulent le même désir et visent le même objet, les revendications « homoparentales » ne se fondent pas de causes identiques à celles des couples hétérosexuels stériles. Les couples hétérosexuels sont stériles en raison d'empêchements biologiques qu'ils subissent. Tandis que les homosexuels ne peuvent concevoir du fait d'un choix de jouissance qui exclut la procréation. Ce qui implique d'en assumer les conséquences. (18)

Notons que ce désintérêt latent des dispositifs de procréation assistée pour les couples hétérosexuels n'est pas sans relation avec les idéaux d'un « marché » devenu totalitaire. Nous pointerons en effet, dans ces options médicales homosexualistes, la prévalence de ce paradigme de la société de consommation qu'est le « choix », en tant qu'il est articulé à la jouissance d'objets monnayables, proposés par le « marché ». Et a contrario, la dépréciation de tout ce qui s'avère fonctionnellement « défaillant », qui relève d'une solidarité qui renvoie aux anciens paradigmes (chrétiens, collectifs), et d'une politique de service public républicaine redistributive qui lui était affiliée. Politique dont les dépositaires transitoires des institutions n'aspirent aujourd'hui qu'à se défaire.

Cette idéologie libérale-libertaire, fondée sur la légitimité de la jouissance et du profit, la prévalence de l'individualisme sur l'intérêt général, configurée dans un espace mondialisé où la scène des représentations et des identifications est confisquée par une minuscule élite médiatique (19), coïncide avec l'avènement d'une biopolitique de sinistre mémoire. Se réclamant comme toujours de disciplines scientifiques adossées à une logique utilitariste et gestionnaire, elle se spécifie aujourd'hui d'être dynamisée par l'impératif du profit édicté par le marché et ranime, à l'opportunité de l'anonymat de masses, des conceptions bouchères (20) de l'humanité qui consistent à envisager le corps humain comme une matière première (du marché du sexe, de la reproduction et des organes). Une biopolitique dont les tenants et aboutissants notoires sont l'eugénisme et l'euthanasie, actuellement en cours de réhabilitation. Pratiques banalisées par le marché (21) mais dont il convient de souligner la fonction sacrificielle, celle qui consiste à statuer sur la légitimité à vivre des plus faibles. Le nazisme racialiste a démontré l'horreur inhérente à ce principe. Mais on ne saurait se contenter des déclamations ostentatoires antiracistes et autres condamnations vertueuses du nazisme faites par les plus hautes instances politiques et économiques pour se croire affranchis de cette horreur sacrificielle.

Si l'eugénisme et l'euthanasie font retour aujourd'hui, c'est frappés des paradigmes idéologiques actuels : l'économisme, la rentabilité, le profit, la légitimité de la jouissance. C'est en vertu de ces valeurs techniques et fonctionnelles, devenues offensives par leur radicalisation et leur expansion totalitaire – valeurs qui se sont substituées à l'intérêt pour l'humain, pour le langage et le lien social qui le déterminent comme tel – que sont sacrifiés aujourd'hui les conditions de notre survie biologique et jusqu'au concept même d'humanité.

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(1) Les résultats d'enquêtes d'opinion (sondages IPSOS/Têtu), la multiplication des programmes TV qui y font référence (près de 800 en 2003), démontrent une banalisation, une acceptation croissante de l'homosexualité dans la société française et contredisent les discours victimaires ainsi que les chiffrages fantaisistes des « études militantes » des associations homosexuelles.
(2) La Halde (Haute Autorité de Lutte contre les Discrimination et pour l'Egalité) nouvel organisme institutionnel chargé de la « lutte anti discrimination » et son équivalent européen Equal, par lequel l'Union européenne subventionne désormais massivement des organisations communautaires. Ainsi l'association de lobbying de cadres homosexuels L'Autre Cercle s'est vue attribuer 400.000 euros de subventions (Libération, 26/05/04).
(3) « Après avoir intimidé l'éditeur d'Alain Soral, Act Up récidive en allant saccager les locaux du magazine 20 ans, qui aurait eu le tort d'accorder une interview à cet auteur. Une interview dans laquelle celui-ci redoutait que la montée actuelle des communautarismes ne tourne à un retour du fascisme des milices. Le 11 avril 2003, les locaux des éditions Blanche ont été dévastés par les membres d'Act Up. Le personnel présent a été agressé physiquement et une des stagiaires envoyée à l'hôpital. » (www.communautarisme.net)
(4) Il est important de rappeler que, faute d'éléments probants, la justice a prononcé un non-lieu dans l'enquête sur l'agression présumée de Sébastien Nouchet, qui avait accusé trois personnes de l'avoir brûlé vif dans son jardin. Ce fait divers avait amené Jacques Chirac à faire légiférer sans attendre, précipitant l'adoption d'un projet de loi relatif à la lutte contre les propos discriminatoires à caractère sexiste ou homophobe, en son temps qualifié de « Loi Nouchet ». Malgré l'avis défavorable de la Commission nationale consultative des droits de l'homme, qui s'était inquiétée des conséquences d'une loi « anti-homophobie » sur la liberté d'expression, ce projet a finalement été entériné par son intégration à la loi portant création de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité (HALDE) du 30 décembre 2004.
(5) Les « valises anti homophobie » sont des malettes dites « pédagogiques » créées par le gouvernement Jospin sous l'égide de Ségolène Royal.
(6) Extraits de documents en ligne sur le site du Club de réflexion de Dominique Strauss-Kahn A gauche en Europe
(7) Le CRIPS (Centre Régional d'Information et de Prévention du Sida) d'Île de France est un établissement public financé par la région, la Ville de Paris, la préfecture, le ministère des Affaire étrangères et la Caisse régionale d'assurance-maladie.
(8) Une présentation critique de ces brochures et prestations de service du CRIPS est accessible sur le site du Perroquet libéré
(9) Il n'est pas inutile de préciser que la proportion des homosexuels dans la population est de moins de 5%.
(10) La permissivité et l'invitation à la jouissance promulguées par l'idéologie libérale-libertaire ouvrent à la rencontre avec l'impossible, plus douloureuse que celle de l'Interdit. En effet, si celui-ci suscitait la frustration, il stimulait le désir en ménageant le credo dans un Possible. Tandis que la découverte de l'insatisfaction récurrente ouvre sur l'abîme d'un incontournable désenchantement.
(11) Nous voyons ainsi le catalogue des fantasmes ordinaires céder progressivement le pas à un inventaire qui rejoint celui des pathologies criminelles : inceste, pédophilie, meurtre, dont les recueils conçus et marchandisés comme des stimulants sexuels sont aisément accessibles dans les réseaux spécialisés.
(12) Notons que, si la précarité du couple hétérosexuel est notoire, celle des couples homosexuels l'est plus encore, du fait de leur inclination pour une pratique exacerbée du multipartenariat. La réflexion suivante est particulièrement pertinente quand il s'agit du couple homosexuel : « l'aboutissement de cette précarité de la famille qui est de moins en moins un rouage social et relève d'un contrat qui peut être résilié du jour au lendemain, se trouve aujourd'hui dans le pacs et demain dans les filiations à la demande. L'adoption ne risquerait-elle pas, à l'instar du mariage ou du pacs de devenir révocable du jour au lendemain pour non satisfaction du client ? « Le contrat se substituera à la loi » annonce catégoriquement Ségolène Royal à la télévision. Chirac a fait le même discours au Conseil économique et social. Mme Parisot plaide encore plus fortement dans le même sens. Et M. Sarkozy aussi, dans les récents discours d'Agen et de Perigueux ». Le contrat doit-il se substituer à la loi ? (Gérard Filoche, site Démocratie et socialisme, 19/12/06)
(13) « Père par virement bancaire - Stériliser tous les hommes après avoir stocké leur sperme en banque : une méthode radicale de contraception », Marcella Iacub (Libération 31-07-04)
(14) Nous pointerons, dans ces revendications du mariage et de la parentalité par les homosexuels, le symptôme de l'insatisfaction et de l'affaiblissement du désir dans le cadre de la relation homosexuelle. « Dans une société de plus en plus conciliante (...), où l'homosexualité est somme toute assez bien intégrée, (...) quand la télé, les médias et une majorité de citoyens proclament leur sympathie pour les gays, (...) comment faire pour se battre encore ? Où sont les nouveaux buts ? » , dit en substance Benoît Duteurtre, journaliste et homosexuel déclaré (« Noces gay pour petits-bourgeois - Le mariage homo, non sens et ultime lubie d'une minorité en manque de cause », Libération du 2/06/04). Nous traduirons : comment faire pour désirer encore ? où sont les nouveaux interdits (que nous puissions encore désirer... les transgresser) ? En quoi nous constatons que l'inversion des paradigmes (la substitution de l'Impératif de jouissance consumériste à l'Interdit judéo-chrétien) frappe de la même impuissance à désirer les homosexuels autant que les hétérosexuels.
(15) « En confondant différence et discrimination, le dévoiement de l'éthique de l'égalité peut mener à une violence infiniment plus radicale que celle qu'il entend conjurer. En effet, il n'est pires antagonismes que ceux nés de l'érosion des différences. Pour permettre le fonctionnement social, il importe de désamorcer la spirale des rivalités en maintenant, dans le corps social, à la fois de la dissymétrie et de l'égalité. Il n'est pas de défi plus fondamental pour les démocraties. » (« Un beau miriage gay ? », Francis Martens, en ligne sur Squiggle.be).
(16) Notons que, parmi les militants les plus actifs de l'homosexualisme, nous trouvons un grand nombre de juristes parmi lesquels Marcela Iacub, juriste, chercheuse au CNRS ; Daniel Borillo, universitaire et juriste; l'écrivain Dustan, pseudonyme d'un juge français aujourd'hui décédé, qui mettent leur position au service de leur cause.
(17) Sous prétexte d'harmonisation des formations en Europe, une loi de 1986 a abrogé, dans la discrétion la plus totale, la spécialité de gynécologue médical, typiquement française, née en 1965. Quelques chiffres : 1999 = 1920 gynécos ; 2015 = ils ne seront plus que 1000 ; 2020 = il n'en restera que 500. Après leur départ à la retraite, ne resteront plus que des gynécologues obstétriciens, ces chirurgiens spécialistes des grossesses et des opérations gynécologiques qui exercent à l'hôpital. Parallèlement, les médecins généralistes recevront une formation supplémentaire à la gynécologie de... 3 mois. (cliquer ici)
(18) Pour une approche pertinente de cette question de « l'homoparentalité », cliquer ici)
(19) J'ai présenté une analyse de cet enchaînement logique, historique et symbolique, dans " L'Enjeu Symbolique - Islam, christianisme, modernité" ( interprétation psychanalytique des fondements religieux, idéologiques et de leurs conflits), éd. de L'Harmattan, collection « Psychanalyse et civilisations », nov. 2004.
(20) "Le marché de l'humain en pièces détachées"
(21) Le courrier international a consacré à ce marché en plein développement un dossier intéressant : « Il est né le divin enfant : l'essor du bébé-business »



L'Homosexualisme, nouvel avatar de la «libération sexuelle» et cheval de Troie du néolibéralisme
Par Véronique Hervouët, essayiste et psychanalyste. Véronique Hervouët est membre des Forums du Champ Lacanien. Elle a notamment publié "L'enjeu symbolique - Islam, christianisme, modernité" (L'Harmattan, 2004).
Article publié sue "Observatoire indépendant sur le communautarisme"