Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

31/07/2007

Université : un coup d’épée dans l’eau


medium_université.jpg





Dans un colloque tenu au Conseil constitutionnel en 2006, en présence de plusieurs parlementaires dont Mme Valérie Pécresse, les juristes unanimes avaient dénoncé la malfaçon législative résultant du triomphe de la communication politicienne sur la prise en compte de l’intérêt général. Le projet de loi réformant l’université n’échappe malheureusement pas à ce travers et la qualité de la recherche et de l’enseignement supérieur est encore sacrifiée sur l’autel de la « démocratie d’opinion ».

medium_université3.jpg



On nous avait annoncé la « rupture » qui devait enfin permettre à l’Université française d’enrayer la dégringolade vertigineuse provoquée par une mentalité et des structures issues d’un soixante-huitardisme éculé. Il fallait pour cela avoir le courage d’expliquer aux Français qu’environ un tiers des étudiants qui s’inscrivent à l’université le font par défaut et ne possèdent pas les prérequis nécessaires pour y suivre les enseignements et y acquérir le diplôme espéré. Les moyens considérables ainsi gaspillés pour des étudiants voués à l’échec sont retirés à ceux qui auraient la possibilité de réussir avec un encadrement et des outils supplémentaires. Le nivellement par le bas et la dévalorisation des diplômes auxquels nous ont condamnés des syndicats idéologues et sectaires ne peuvent être corrigés sans l’introduction d’une sélection à l’entrée, tandis que les formations courtes de type IUT doivent être multipliées et plus ouvertes. Mais le gouvernement a eu peur de voir de nouveau des étudiants descendre dans la rue et l’a d’ailleurs reconnu publiquement. Il a donc préféré suivre une nouvelle fois les exigences de l’UNEF qui conduisent à dévaloriser la licence exactement comme on a bradé le baccalauréat. Ce syndicat, dont la capacité de nuisance est inversement proportionnelle à la représentativité (le taux de participation des étudiants aux élections universitaires est en moyenne de 10 %), trouve encore le moyen d’ériger la « massification » en horizon indépassable et de s’insurger contre la possibilité d’une sélection à l’entrée du master !

medium_université2.jpg


Mais il y a pire encore. Se fiant aveuglément aux propositions de la Conférence des présidents d’université (CPU) dont on sait pourtant qu’elle ne se compose pas des éléments les plus brillants ni les moins démagogues de la communauté scientifique, le gouvernement s’est attaché à prendre le parti de la médiocratie contre celui de la qualité dans le recrutement des enseignants-chercheurs comme dans la « gouvernance » des établissements. Le projet de loi privilégie, en effet, le localisme dans les recrutements et donne au président de l’université un droit de veto exorbitant sur l’affectation de tous les enseignants-chercheurs auquel s’ajoute la possibilité d’en recruter par voie contractuelle. L’absence de toute référence dans le texte au maintien des concours d’agrégation de droit, science politique, économie et gestion laisse même envisager une possible suppression de ce recrutement spécifique fondé sur l’excellence, dont on sait qu’il agace les présidents d’université et les doyens qui n’en sont pas issus. Le recrutement « local » a toujours inexorablement fait passer les médiocres devant les meilleurs au point de voir discréditer définitivement les universités qui l’ont trop pratiqué. C’est pourtant ce localisme qui triomphe dans le projet de loi au mépris des intentions affichées de redorer le blason de la recherche française et de stopper la fuite des cerveaux.

Enfin, le conseil d’administration de l’université a été resserré à vingt membres mais les professeurs n’y sont plus qu’au nombre de quatre tandis qu’on attribue sept sièges à des « personnalités extérieures » nommées discrétionnairement par le président et trois autres à des représentants d’étudiants alors même que ceux-ci font un séjour moyen de quatre ans à l’université et manifestent traditionnellement fort peu d’intérêt pour ces élections. Dans les universités pluridisciplinaires comportant plusieurs composantes (unités ou facultés) on est donc assuré que plusieurs d’entre elles (droit, pharmacie, sciences économiques ou autres) n’auront aucun représentant professeur au sein du conseil.

Ce texte ne consacre nullement l’autonomie de l’université et de ses composantes mais se borne à instaurer une dictature du président de l’établissement en faisant le choix du pouvoir contre le savoir. Ignorant délibérément les problèmes de fond décrits dans l’excellent livre intitulé Université : la grande illusion [1] il amplifie la dérive médiocratique de l’université française plus qu’il ne le corrige.

article de Anne-Marie LE POURHIET
publié le mercredi 27 juin 2007 sur Revue républicaine__________

30/07/2007

on ne peut plus rien dire !

 


On ne peut plus rien dire
Si tu veux pas te retrouver seul t'as intérêt de fermer ta gueule
On ne peut plus rien dire {x2}

Sûr qu'on est d'accord avec toi
Mais c'est pas nous qu'on fait la loi
On ne peut plus rien dire

Si j' veux parler d'Allah, on va me dire là vaut mieux pas
Si j' prononce le mot kippa, t'es gentil tu la gardes pour toi
Si je vous dis Jésus désolé ça n'intéresse plus
Et pareil pour Bouddha ? Ah oui le fromage des Pays-Bas

On ne peut plus rien dire
Sûr qu'on est d'accord avec toi
Mais c'est pas nous qu'on fait la loi
On ne peut plus rien dire

Si t'as une surcharge pondérale, on t'oblige à crever la dalle
Si j' dis qu' j'ai envie de refumer, sûr j'aurais le cancer dans l'année
Si j' me décide à faire du sport, on m' dis fais gaffe pas trop d'efforts
On peut plus rien faire

Si j'dis qu'j'ai un ami homo, tention dîtes pas qu' c'est un pd
Si j'dis qu' j'ai des côtés machos, ouais t'es plutôt qu'un obsédé
Si j'dis qu' j'aime bien les animaux, ils vont penser qu' j'suis zoophile
Si j'avoue j'adore les marmots, ils vont m'dire qu' j'suis pédophile

On ne peut plus rien dire
Si tu veux pas te retrouver seul t'as intérêt de fermer ta gueule
On ne peut plus rien dire {x2}

Sûr qu'on est d'accord avec toi
Mais c'est pas nous qu'on fait la loi
On ne peut plus rien dire

Faut faire gaffe aux radars, aux motards, au pinard, aux Ricard,
aux pétards, aux clébards, aux papelards
On ne peut plus rien dire

Tu dis la France qu'en même c'est vrai c'est un beau pays
Mais tu rigoles la France c'est un pays de pourri
Peut-être qu'en fait t'as raison, c'est pas si bien qu'on dit
Bah alors, connard, qu'est-ce qui t'oblige à vivre ici

On ne peut plus rien dire
Si tu veux pas te retrouver seul t'as intérêt de fermer ta gueule
On ne peut plus rien dire

Si t'avoues qu't'as lu Céline, tu risque vite d'être dénoncé
Et qu'étant jeune t'étais trotskiste, tu vas te planquer vite à l'île de Ré
Si tu dis que t'es de bonne foie, on va te dire c'est de la langue de bois
Et quand t'es pas consensuel, t'as le droit au quel con celui-là
Si tu dis merde j'veux plus voter, on te dit t'es qu'un enfoiré
Si tu dis pour qui t'as voté, t'es con, c'est tous des enc***s

On ne peut plus rien dire
Si tu veux pas te retrouver seul t'as intérêt de fermer ta gueule
On ne peut plus rien dire

Faut faire gaffe aux radars, aux motards, au pinard, aux Ricard,
aux pétards, aux clébards, aux papelards
On ne peut plus rien dire

J'voulais sortir style une connerie, mais j'crois ca été déjà fait
Messieurs, vous n'aurez pas ma liberté de pensée
Euhh ouais ça a été déjà fait...
Il vaut mieux rien dire
-- Ouais j'suis une fan de Florent Pagny

Si tu veux pas te retrouver seul t'as intérêt de fermer ta gueule
On ne peut plus rien dire
-- J'crois qu'on doit avoir la liberté de penser ou pas
On ne peut plus rien dire
-- Nous allons créer une loi contre l'homophobie
Sûr qu'on est d'accord avec toi
Mais c'est pas nous qu'on fait la loi
On ne peut plus rien dire
-- Mais alors une vraie loi, pas une loi de taffiole... euhh... enfin de...

Faut faire gaffe ils ont dit à l'eau de source ça aussi, à la bourse ça aussi,
aux virus ça aussi, aux malus ça aussi, aux pv ça aussi, aux UV ça aussi,
à Bové ça aussi, à la bourse ça aussi, et au pauvre Sarkozy... euhh...
J'ai dit une connerie ?
...
J'ai dit une connerie ?
...
Ah ouais, j'ai dis une connerie là...

Bon allez éteignez moi tout ça là !!!! oh !!
...

Monsieur Bourdon, vos papiers siouplait...

Désormais, il va falloir se battre pour avoir le droit de travailler en France avec notre propre langue.


 

Le collectif pour le « droit de travailler en langue française en France », composé de syndicats et soutenu par des parlementaires et associations, a pressé mercredi la France de ne pas ratifier le protocole de Londres, qui menace selon lui la langue française.

Ce protocole, que Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, ont récemment défendu, « est un acte par lequel chaque État signataire renonce aux exigences de traduction des brevets vers sa langue nationale », rappelle le collectif dans un communiqué.

L’objectif est la réduction du coût des frais de traduction, mais « le véritable enjeu est le régime linguistique », met-il en garde, rappelant que « 18 pays de l’Union européenne ont refusé de le signer et quatre autres l’ont signé sans le ratifier ». Selon le collectif, « l’office américain des brevets souhaite que l’anglais soit la seule langue en matière de propriété industrielle ». Mais la ratification du protocole par la France « entraînera à court et moyen terme de graves conséquences industrielles, juridiques, économiques, sociales et linguistiques, tant pour les petites et moyennes entreprises que pour leurs salariés », estime-t-il.

« Si les brevets ne sont plus traduits, les PME ne pourront plus assurer une veille technologique satisfaisante dans leur domaine, elles devront assumer les frais de traduction auparavant supportés par les brevetés étrangers », met en garde le collectif. « Renoncer à l’exigence du français comme langue obligatoire pour les brevets d’invention [...]ouvre la porte à d’autres renoncements, notamment celui de l’emploi du français comme langue de travail dans les entreprises en France », prévient-il. Le collectif plaide pour « un brevet communautaire qui respecte le plurilinguisme en s’appuyant sur les cinq langues-pivots de la Marque communautaire : français, allemand, anglais, espagnol, italien ».

Un « Comité contre le protocole de Londres », présidé par le linguiste Claude Hagège, a récemment dénoncé dans une pétition « les conséquences dramatiques pour la langue française » d’une ratification de ce protocole.

 

Article paru sur le site revue républicaine le vendredi 27 juillet 2007

Le mini traité européen: un nouveau déni de démocratie

Ce que contient la Constitution européenne remaquillée

medium_drapeaux_européen.jpg

 

Une Constitution remaquillée est toujours une Constitution. Bon connaisseur du débat institutionnel européen, M. Bourlanges s'émerveille du " traité modificatif " adopté le 23 aux petites heures : " Toute la Constitution est là ! Il n'y manque rien ! " ; et le Monde (24 et 25 juin) peut titrer : " Les symboles disparaissent, le fond reste ". Quelques jours après la fin du cycle électoral privant les Français de toute expression nationale avant longtemps, le sommet n'avait d'autre but que de reprendre le texte rejeté en 2005 en le remaquillant assez pour éviter un nouveau référendum. La manœuvre a donc réussi.

Je mets en garde les Français : ne nous laissons pas abuser par les malicieuses déclarations des partisans les plus acharnés de la supranationalité qui font mine de regretter la Constitution, ici quelques mots, là quelques symboles, ni par une presse dupée par le maquillage, qui évoque une victoire diplomatique de M. Sarkozy, comme si la France qui a dit Non sortait victorieuse de l'épreuve : en réalité les nonistes sont refaits, ce que montre toute étude précise dudit "compromis" et de ses cinq points-clefs :

medium_sarko_heureux.jpg

1-Personnalité juridique accordée à l'Union : point cardinal du fédéralisme qui permettait au texte Giscard de s'intituler Constitution, il est repris tel quel, certes discrètement. A lui seul, il crée en effet un nouvel Etat qui peut désormais être reconnu comme tel sur la scène internationale, ce qui permet de parler de nouveau de Constitution.

2-Présidence stable de l'Union : si ce traité était ratifié, l'Union se trouverait aussitôt placée sous l'autorité d'un Président, réputé "stable" en raison d'un mandat allongé - de six mois à deux ans et demi, et vraisemblablement porté ensuite à 5 ans comme le mandat parlementaire européen. Surtout, ce Président est désormais indépendant de tout Etat - alors qu'il était auparavant un chef de gouvernement en exercice ; il sera doté d'une autorité propre, ainsi que d'un secrétariat, puis d'un cabinet, etc... Gageons que cet instrument supranational se révèlera d'autant plus efficace que, à la différence des autres institutions, il sera incarné…

3-Haut Représentant pour la politique étrangère : comme l'a avoué imprudemment Nicolas Sarkozy lors de son allocution télévisée du 20 juin, c'est un "ministre des relations extérieures sans le nom" ; mais, à l'instar du texte Giscard, il sera dès 2009 vice-président de la Commission, ce qui lui donnera un grand poids auprès des autres Commissaires, et se verra doté d'un "service diplomatique" - en clair d'ambassades, les quelque 120 actuels bureaux de l'Union dans les capitales étrangères étant débaptisées et étoffées, leurs agents bénéficiant (grâce à la personnalité juridique) d'immunités et privilèges diplomatiques. A terme, lorsque ce super-ministère aura pris son allure et son poids, les ministères nationaux seront marginalisés, ce que symbolise déjà la délocalisation du Quai d'Orsay annoncée par M. Kouchner. Quant à la référence à l'OTAN, elle peut disparaître puisque le nouveau texte renvoie explicitement au traité de Maestricht, dont le titre V fixait que "Les Etats veillent à la conformité de leurs politiques nationales avec les positions communes" (art. J-2), et précisait que celles-ci devaient être compatibles avec "les cadres de l'OTAN". A la politique étrangère commune, il manquait un instrument : le voici.

4- Décisions à la majorité qualifiée. Quel que soit le mode d'adoption (système de Nice ou système appliqué partir de 2014), l'essentiel est que le cercle des questions échappant à l'unanimité s'élargisse considérablement ; outre les affaires communautaires (politique agricole, commerciale, douanière et, surtout, industrielle - dite "de concurrence", où la commission est pleinement compétente), il inclut quarante nouveaux domaines, les uns d'ordre économique (marché intérieur, énergie, recherche, politique sociale "partagée" avec les Etats) et d'autres plus régaliens : coopération judiciaire en matière pénale, porte ouverte au Parquet européen, et coopération policière, amorce d'une "police fédérale" . Désormais, la compétence de l'Union concerne quelque 70 domaines, soit l'essentiel des décisions et de la responsabilité politique - manquent encore la culture, l'éducation…

Schéma fédéral classique, d'autant que le compromis de Luxembourg permettant à un Etat d'invoquer ses intérêts vitaux, dont le candidat Sarkozy avait fait grand cas au cours de sa campagne, n'apparaît plus : une décision adoptée à la majorité s'appliquera dans tous les cas, et même un Etat qui n'y est pas favorable devra le mettre en œuvre sous peine de sanctions. Régime de fer, dont plusieurs Etats s'exemptent : la Grande-Bretagne, l'Irlande et le Danemark ; pas la France.

5-Charte des droits fondamentaux. Elle s'applique désormais de droit (sauf pour la Grande-Bretagne, qui jouit d'une dérogation) ; non reprise in extenso, elle fait cependant l'objet d'une référence dans le texte, ce qui en droit revient au même - d'autant que le droit est ici interprété par la très supranationale Cour de Luxembourg. Ses dispositions justifient les critiques que nous avions développées en 2005 : comment admettre par exemple le droit pour tout citoyen de saisir la Cour européenne des Droits de l'Homme aux fins de condamner un Etat pour non respect de principes très généraux - tel celui de l'égalité, qui inspire déjà la reconnaissance de l'homoparentalité ou du mariage homosexuel, ou celui de la liberté religieuse contre un Etat appliquant une législation laïque - telle la loi sur le voile ?

medium_islam.jpgmedium_gay.2.jpg

Il n'est pas question d'accepter un tel traité ; contrairement à ce que prétend une propagande bien orchestrée, les concessions aux souverainistes n'en sont pas. Certes, ne figurent plus les symboles de l'Union, drapeau, hymne et devise ; mais ils ont déjà été adoptés en Conseil et s'imposent sans qu'il soit besoin de les rappeler. Il en va ainsi de l'ancien art.6 du texte Giscard posant la supériorité de la norme européenne sur la loi nationale : si celle-ci ne figure plus dans le traité proprement dit, il y est cependant renvoyé explicitement dans une déclaration additionnelle, qui elle-même rappelle la jurisprudence de la Cour de Justice, ce qui revient au même. D'ores et déjà, outre les juges de Luxembourg, toutes les juridictions nationales admettent la supériorité du droit européen, écartant lois françaises, principes et dispositions constitutionnels chaque fois qu'ils entrent en contradiction avec une norme européenne. De même, c'est une escroquerie intellectuelle de prétendre, comme le fait M. Sarkozy, que le principe de "concurrence libre et non faussée" a disparu du traité, puisque celui-ci renvoie à un protocole additionnel qui le proclame, et le présente même comme un "instrument politique majeur" au service des objectifs du nouveau traité - la gauche semble n'y voir que du feu. Habiletés qui sont autant d'escroqueries morales, la pire étant de nommer traité simplifié un texte qui crée juridiquement un Etat et lui attribue de nombreuses compétences: il s'agit bien d'une Constitution, moins ronflante que le texte Giscard et d'autant plus habile

medium_la_loi_du_marché.jpg

 

Il y a deux ans, les supranationaux étaient décontenancés par le double non français et hollandais ; nous savions qu'ils chercheraient une parade. Elle fut simple et terrible : le problème venant de la France, c'est elle et ses Français qu'il fallait circonvenir ; pour les oligarchies européennes, il aura suffit d'attendre l'élection présidentielle et de trouver un homme assez rusé pour s'imposer, avec leur aide, et capable, une fois doté d'une fraîche légitimité d'annihiler en leur nom le Non des Français : la supercherie a parfaitement fonctionné. Restait à faire quelques concessions aux récalcitrants : un plus long délai pour la consultation des parlements nationaux, à la demande des Pays-Bas (et de partis danois) ; la prolongation pendant dix ans d'un système de pondération des voix qui avantage beaucoup une Pologne qui, elle, s'est bien battue - essuyant des quolibets innombrables : on moqua une phrase de son Président rappelant que, sans l'agression allemande de 1939, la Pologne aurait aujourd'hui quelque vingt millions d'habitants supplémentaires : un pays qui en détruit un autre peut-il, soixante ans plus tard, arguer de sa faiblesse pour le faire taire ? Il est vrai que l'habitude est désormais installée de tourner en dérision tout pays qui prétendra affirmer ses droits et ses principes.

Il y a quelque chose d'insupportable dans l'actuelle fanfaronnade de M. Sarkozy assurant que "en un mois et demi, il s'est passé plus de choses qu'en deux ans", ce qui est vrai : il s'est passé ceci que la France a été trahie par un ensorceleur qu'elle a pour son malheur placé à sa tête et qui peut désormais parler en son nom. Ceux qui, en votant pour M. Sarkozy ont permis cette supercherie portent une lourde responsabilité devant notre histoire.

J'appelle solennellement les Français qui ont dit Non à déjouer les propagandes - d'abord pour eux-mêmes ; je les appelle à étudier de près les informations qui filtreront de la prochaine Conférence Intergouvernementale et le texte définitif signé en octobre ; je les appelle à se mobiliser pour exiger que sa ratification soit soumise à référendum ; je les appelle à exiger pour la France un statut à tout le moins comparable à celui de la Grande-Bretagne, et des protections pour les droits, les principes et les intérêts de la France et des Français - et d'abord le respect de la démocratie, c'est-à-dire de la souveraineté populaire, dont on ne voit que trop qu'elle disparaît avec la souveraineté nationale ; je les appelle à agir sur les partis ou les solidarités diverses qui peuvent permettre de faire barrage lors du Congrès qui devra modifier une nouvelle fois notre Constitution ; je les appelle à manifester les troisièmes vendredis de chaque mois, à compter du 19 octobre, quelles que soient leurs opinions ou leurs inclinations, pourvu qu'ils soient attachés à la survie de la France comme Nation libre parmi les Nations du monde.

Article de 

medium_couteaux.jpg
 Paul-Marie Coûteaux publié sur son site

Hypocrite «discrimination positive»

 
     

Le débat relatif à la «discrimination positive» élude au moins quatre grandes questions qui, si on les ignore, ne cesseront de l'empoisonner. Il sera impossible d'en faire accepter le principe à un pays «égalitaire» comme l'est la France si l'on ne joue pas cartes sur table.

medium_roselmack.4.jpg

 

Première hypocrisie: toute discrimination positive est, d'abord, une discrimination négative. Si l'on veut embaucher ou inscrire dans les grandes écoles des individus choisis d'après leur profil racial ou religieux, cela signifie que d'autres, à qualités égales, seront refoulés, puisque les places sont en nombre limité dans les entreprises et les amphithéâtres. Parce qu'ils seront blancs, juifs, vietnamiens?

Deuxième tartuferie: la discrimination positive ne s'avoue pas sectorielle. Or, en bonne logique, elle devrait s'appliquer à toutes les activités sociales. D'accord, dira l'opinion, pour faire davantage de place aux musulmans ou aux Noirs à l'ENA ou chez Alcatel, mais alors quid de M 6 et des stades, où les minorités sont surreprésentées? Osera-t-on prétendre que le sport et la musique ne constituent pas, en Occident, deux faramineuses sources de revenus et de notoriété? Et qu'il conviendrait de les «partager», elles aussi?

Troisième non-dit: la discrimination positive concerne avant tout l'immigration musulmane. On ne voit nulle part les descendants d'Arméniens ou d'Indiens, les adeptes de l'orthodoxie ou du bouddhisme réclamer un traitement de faveur. Pourquoi, dès lors, ne pas tenir les Français pour raisonnables et leur avouer une fois pour toutes que la «discrimination positive» vise essentiellement à aider les jeunes d'origine musulmane?

medium_magrebin.3.jpg

D'où une quatrième question: va-t-on durablement visser les beurs dans un statut de «défavorisés», c'est-à-dire de victimes? Cédera-t-on longtemps encore à l'hystérie ambiante en refusant de constater que, de l'Inde à la Chine (2,3 milliards d'individus!), en passant par l'Amérique du Sud et de larges parts de l'Afrique, bien des cultures se révèlent parfaitement occidentalo-compatibles et que ceux qui sont originaires de ces contrées, ici comme aux Etats-Unis, réussissent aussi bien que les autochtones? Que, en dépit de leur peau jaune ou de leurs dieux exotiques, ils ne se plaignent pas d'un «racisme généralisé»? Continuera-t-on à accréditer le mensonge selon lequel la discrimination positive répare les méfaits du racisme, alors que, en réalité, elle propose, généreusement, de promouvoir les enfants d'une civilisation empêtrée dans la modernité?

medium_chinois.4.jpg

 Article paru dans l'Express du 22 03 04, de

David Martin-Castelnau, essayiste

 

 

27/07/2007

SOS Racisme défend Rachida Dati contre «une élite blanche»

medium_dati.jpg


Dans un entretien à Libération, le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, attribue les difficultés actuelles de la ministre de la justice, Rachida Dati, à un rejet de la classe politique du fait de ses origines.

Au moment où la ministre de la justice imposée par Nicolas Sarkozy rencontre des difficultés -démissions au sein de son cabinet, critiques à l'encontre de son projet de loi sur la récidive, déboires judiciaires de deux de ses frères- elle reçoit curieusement le soutien de SOS Racisme, une association liée de façon organique au parti socialiste.

Dans un entretien à Libération, le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, vole au secours de Rachida Dati qui est selon malmenée par une "élite blanche" :"Je pressens que Rachida Dati paie d'être une ministre atypique, parce qu'elle est jeune, femme, et d'origine maghrébine. Malheureusement, ce profil crée des rancœurs au sein d'une élite française constituée d'hommes blancs de plus de 55 ans."
SOS Racisme fait donc le choix de communautariser les problèmes rencontrés par la ministre de la justice de Nicolas Sarkozy. C'est un angle d'analyse qui est pour le moins discutable. En effet, il n'est pas anormal que l'on s'interroge, soixante jours après l'entrée en fonction de Rachida Dati, sur la démission de son directeur de cabinet et de plusieurs de se conseillers. Qu'elle soit liée ou non au caractère de la ministre, force est de constater qu'il s'agit d'un événement singulier qui pose la question du fonctionnement de l'Etat au plus haut niveau et peut révéler une certaine impréparation alors que c'est justement en convaincant les Français qu'il était le mieux préparé que Nicolas Sarkozy s'est imposé face à Ségolène Royal. Quant au fait que deux des frères de la ministre de la justice fassent l'objet de poursuites pour trafic de drogue, il faut là aussi admettre que ce n'est pas courant. Cela ne remet bien évidemment pas en cause les compétences propres de la ministre mais crée de facto une situation de conflit d'intérêts qui pose problème alors que l'indépendance de la justice est posée comme un principe. Il n'est donc pas anormal que les médias se soient emparés de ce sujet.

Pour l'observateur averti, l'intervention de SOS Racisme au secours de Rachida Dati n'est pas inintéressante. On sait en effet que Nicolas Sarkozy entretient des relations plus que courtoises avec le fondateur de l'association anti-raciste, le député PS Julien Dray, et son précédent président, Malek Boutih et qu'il n'a pas hésité à nommer une de ses anciennes dirigeantes, Fadela Amara, au sein de son gouvernement. On se souvient aussi que c'est l'intervention personnelle de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'intérieur, qui avait permis à SOS Racisme de survivre à un rapport accablant de la Cour des Comptes en 2004 qui avait mis en évidence des détournements au sein de l'association et une extrême faiblesse du nombre d'adhérents ayant pour conséquence une situation financière catastrophique.

De quoi s'interroger sur la pertinence de la dénonciation d'une "élite blanche" par Dominique Sopo à qui on pourrait faire remarquer que son association, qui agit souvent sur ordre venant de bien plus haut que lui, a pour parrains passés (Simone Signoret, Coluche) et présents (Guy Bedos, Yves Simon, Pierre Bergé, Anémone, BHL, Maxime Le Forestier, Danielle Mitterrand...) des personnalités qui incarneraient assez bien ce qu'il propose d'appeler "une élite blanche".

 Article paru le 21 07 2007 sur l'observatoire du communautarisme

Pourquoi le Président busch est-il si pressé de voir le Kosovo indépendant ?

Voici un article paru dans libération le lundi 11 juin 2007 :

 

"Cacophonie sur le futur statut du Kosovo. En visite en Bulgarie lundi, George Bush a de nouveau répété que le Kosovo devait être indépendant, tout en déclarant qu'il fallait offrir à la Serbie la perspective d'une intégration à l'Otan afin qu'elle accepte la perte de sa province à majorité albanaise.
«Le moment est venu de faire avancer le plan Ahtisaari», du nom médiateur de l’ONU accordant une quasi-indépendance au Kosovo, a déclaré le président américain lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue bulgare Georgi Parvanov à Sofia. «L'Amérique croit que le Kosovo doit être indépendant», a-t-il dit malgré les résistances de Belgrade et de son alliée, la Russie.
medium_carte_kosovo.jpg

D'ailleurs, lundi après-midi, la Serbie s'est dit «dégoûtée» par la déclaration du président américain, a déclaré le Premier ministre serbe Vojislav Kostunica. "Les Etats-Unis ont le droit de soutenir certains gouvernements et nations en accord avec leurs intérêts, mais ils ne peuvent sûrement pas leur faire cadeau de quelque chose qui ne leur appartient pas", a ajouté Kostunica.

Dimanche, à Tirana (Albanie) où il a été accueilli en héros, Bush a été explicite et a rejeté l’hypothèse d’un «dialogue sans fin» sur le Kosovo. En pleine crise des relations avec la Russie, il a même menacé de passer outre à l'opposition de celle-ci pour établir l'indépendance de la province placée sous contrôle international depuis 1999.

Si Américains et Européens, favorables à l'indépendance du Kosovo, ne parviennent pas rapidement à un accord avec les Russes et les Serbes, qui y sont hostiles, «vous devez dire: ça suffit, le Kosovo est indépendant», a déclaré M. Bush, au cours d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre albanais Sali Berisha à Tirana. S'il apparaît qu'un terrain d'entente ne peut être trouvé «dans un délai relativement rapide (...) nous devons déposer (au Conseil de sécurité de l'ONU, ndlr) la résolution» conduisant le Kosovo à une quasi-indépendance. «C'est ce que date-butoir veut dire», a affirmé le président américain.
medium_kosovo.jpg


A Belgrade, l’entourage de Vojislav Kostunica, avait immédiatement indiqué que le gouvernement serbe proclamerait «immédiatement nulle et non avenue» toute déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo.

La fermeté américaine rajoute à la cacophonie sur le futur statut du Kosovo. Jeudi, au G8 de Heiligendamm en Allemagne, Nicolas Sarkozy avait surpris diplomates et chefs d’Etat en proposant d'instaurer un délai de six mois avant tout vote d'une résolution au Conseil de sécurité, mais avec, pour préalable, une reconnaissance par Moscou du caractère inéluctable de l'indépendance. En vain.
medium_drapeau_kosovo_pont.jpg

La Russie avait insisté sur la nécessité de  respecter l’intégrité du territoire de la Serbie. De son côté, Angela Merkel, la chancelière allemande, avait indiqué que le «temps pressait» et qu'elle n'était pas favorable à un report d'une décision sur le statut futur du Kosovo.

Mardi, à Paris, des hauts fonctionnaires des pays membres du groupe de contact sur le Kosovo, à l'exception de la Russie, se réuniront pour évoquer le futur statut de la province, Cette réunion «s'inscrit dans la continuité des efforts menés au sein de la communauté internationale pour parvenir à une solution sur le futur statut du Kosovo», a déclaré le porte-parole adjoint du ministère, Denis Simonneau.


Dans les prochains jours, le débat ne devrait pas manquer de rebondir au Conseil de sécurité des Nations unies qui doit décider du statut de la province serbe, administrée par l'ONU depuis 1999."
 
article paru dans libération 
 
Cette insistance n'est-elle pas étonnante, quand on sait que la Palestine attend son indépendance depuis un demi siècle ?
Lors du conflit en 1999, Bill Clinton n'avait-il pas affirmé que l'indépendance du kosovo n'était pas l'objectif de la guerre ? 
Pour ceux qui semblent croire qu'il y a une différence de politique entre républicains et démocrates, voici la preuve du contraire !
medium_clinton-couple_1df288.jpg
 
 
Pourquoi l'Allemagne, après avoir soutenu la Croatie (son ancienne alliée dans les années 40) en 1992, ce qui fut l'une des causes principales de la guerre au début de la décennie 90, s'acharne t'elle sur la Serbie (son ancienne ennemie dans les années 40) ?
Pour comprendre les véritables motivations de nos amis US cliquez ici 

 

Quant à l'Allemagne, elle ne fait que reprendre son ancienne Ostpolitik d'avant la deuxième guerre mondiale.

Péricles 

medium_collabo21_small.jpg

 

19/07/2007

En bref : le petit Sarkozy illustré

 
Pour bien comprendre le language de nos élus.

 Mr Sarkozy : "... grace au mini-traité, l'Europe en mouvement a repris..."

 Traduction: Europe en mouvement = Europe anti-démocratique car il ne sera pas ratifié par le peuple.
Enfin, après deux ans de suspens, les oligarques peuvent respirer. 
 
medium_je_me_marre.2.jpg