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04/11/2007

Depuis que le patronat français n'a plus peur du communisme...

J'ai déjà évoqué dans une précédente note le rapport étroit qu'il y avait entre l'apparition du communisme dans l'Histoire, et les avancées sociales dont ont bénéficié les Français de 1944 à 1989 (C'était au sujet de la sécurité sociale). Pour enfoncer le clou, j'aimerais vous suggérer de comparer, dans un premier temps, la courbe des écarts salariaux en France avec l'évolution de la puissance économique de l'URSS de 1944 à 1989.

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Dans un deuxième temps, je vous propose cet article, publié sur objectif France,

Ces deux éléments démontrent bien que les avantages sociaux acquis par les Français, durant cette période, l'ont été parce que le patronat avait peur du communisme. Si vous voulez connaître les conditions sociales que nous concoctent nos élites, il vous suffit de vous replonger dans les livres d'Histoire évoquant le XIXème siècle; 

L'Histoire du XIXème siècle et du XXème siècle nous a montré quels étaient les risques d'un monde dominé par la logique marchande. L'ultra-libéralisme économique n'est pas une invention nouvelle ; il a déjà sévi au XIXème siècle. De par ses excès, il est à l'origine du totalitarisme communiste, puis fasciste. Il fut d'ailleurs, pour Bernanos, la première forme de totalitarisme.

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Comme toutes les  idéologies totalitaires, la logique ultra-libérale est une machine qui n'a pas de limites. Ce que nous avons perdu n'est rien en comparaison de ce qui nous attend. L'homme du XIX ème siècle n'était pas d'une nature différente de nous.

Seule une idéologie humaniste cohérente peut éviter de nous fourvoyer. La refondation de l'esprit républicain est la seule réponse possible, à mon sens.

La Démocratie et la paix civile sont en danger, et peu de nos concitoyens en ont conscience. Elles sont en danger, non pas parce que des forces délétères existent (ce qui est dans l'ordre des choses), mais parce qu'aucune force (humaniste) structurée ne vient les contrebalancer.

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La paix et la prospérité ont toujours été dans l'équilibre des forces. Il va sans dire que la destruction programmée de la Nation et de la République Française par nos gouvernants participe à ce mouvement suicidaire.

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L'aveuglement idéologique nous a déjà couté cher en 1914, en 1940 et pendant les guerres de décolonisation.  Chaque fois, il s'en est fallu de peu pour que la chute ne nous soit fatale. Saurons-nous réagir à temps cette fois-ci?

 

PERICLES 31/10/2007 

 

     Ci-dessous, un article publié le 16 octobre 2007 sur objectif France 

 

Denis KESSLER, idéologue en chef du MEDEF au côté d’Ernest-Antoine Seillières de 1994 à 1998, apôtre du projet de “refondation sociale” signe un éditorial dans le journal “Challenge” du 4 octobre 2007. Il propose, sans aucune arrière pensée, de liquider le modèle social construit au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit bien là d’une contre-révolution du gouvernement Fillon, comme le précise d'entrée Denis Kessler, tendant à "liquider" le modèle social français initié alors par le général de Gaulle et mis en œuvre tout au long de sa vie.

Les gaullistes de conviction ne sauraient accepter une telle trahison et Objectif-France les appelle à agir pour dénoncer ce texte et cet "homicide" contre de Gaulle et le gaullisme authentique.

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Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie.

Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme…

A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !

A l’époque se forge un pacte politique entre les gaullistes et les communistes. Ce programme est un compromis qui a permis aux premiers que la France ne devienne pas une démocratie populaire, et aux seconds d’obtenir des avancées - toujours qualifiées d'historiques - et de cristalliser dans des codes ou des statuts des positions politiques acquises.

Ce compromis, forgé à une période très chaude et particulière de notre histoire contemporaine (où les chars russes étaient à deux étapes du Tour de France, comme aurait dit le Général), se traduit par la création des caisses de Sécurité sociale, le statut de la fonction publique, l’importance du secteur public productif et la consécration des grandes entreprises françaises qui viennent d’être nationalisées, le conventionnement du marché du travail, la représentativité syndicale, les régimes complémentaires de retraite, etc.

Cette architecture singulière a tenu tant bien que mal pendant plus d’un demi-siècle. Elle a même été renforcée en 1981, à contresens de l’histoire, par le programme commun. Pourtant, elle est à l’évidence complètement dépassée, inefficace, datée. Elle ne permet plus à notre pays de s’adapter aux nouvelles exigences économiques, sociales, internationales. Elle se traduit par un décrochage de notre nation par rapport à pratiquement tous ses partenaires.

Le problème de notre pays est qu’il sanctifie ses institutions, qu’il leur donne une vocation éternelle, qu’il les tabouise en quelque sorte. Si bien que lorsqu’elles existent, quiconque essaie de les réformer apparaît comme animé d’une intention diabolique. Et nombreux sont ceux qui s’érigent en gardien des temples sacrés, qui en tirent leur légitimité et leur position économique, sociale et politique. Et ceux qui s’attaquent à ces institutions d’après guerre apparaissent sacrilèges.

Il aura fallu attendre la chute du mur de Berlin, la quasi-disparition du parti communiste, la relégation de la CGT dans quelques places fortes, l’essoufflement asthmatique du Parti socialiste comme conditions nécessaires pour que l’on puisse envisager l’aggiornamento qui s’annonce.

Mais cela ne suffisait pas. Il fallait aussi que le débat interne au sein du monde gaulliste soit tranché, et que ceux qui croyaient pouvoir continuer à rafistoler sans cesse un modèle usé, devenu inadapté, laissent place à une nouvelle génération d’entrepreneurs politiques et sociaux. Désavouer les pères fondateurs n’est pas un problème qu’en psychanalyse.

 

Article publié le 16 octobre 2007 sur objectif France 

Commentaires

"Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie".

Il faut ajouter: en s'appuyant sur les religions.

On tournera autour du pot tant qu'on voudra, la prochaine contestation générale ne pourra pas faire l'économie de concerner aussi la religion qui est le soutien idéologique du libéralisme.

Écrit par : ALBERT | 03/11/2007

Cher Albert
Je veux bien vous suivre dans cette direction, le problème est que je ne vois pas bien où vous voulez en venir ?
De quelle religion parlez-vous ? Il me semblait pourtant que la religion chrétienne n'était plus que l'ombre d'elle-même; nos médias nous ressortent le danger calottin comme ils ressortent le danger fasciste : pour faire peur aux enfants et ainsi faire de l'audimat. Je pense que cette grille de lecture était valable au 19ème siècle en France, mais les conditions sociologiques ont totalement changé, elle me semble donc totalement erronée. Mais peut-être parlez-vous de l'islam ? Encore que, pour avoir vécu plusieurs années dans un pays musulman, j'ai du mal à imaginer une alliance objective entre la religion musulmane qui est synonyme de société rigide, avec le libéralisme qui ne voit que par la flexibilité. Mais peut-être voulez-vous parler du capitalisme en général ? Pourriez-vous donc être plus explicite ? Je suis curieux de lire votre argumentation.

Écrit par : Péricles | 03/11/2007

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