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14/05/2008

Discrimination raciale en France : mensonge organisé ?

Je m'interroge souvent sur la signification de l'obsession des élites politiques et médiatiques françaises au sujet de la discrimination raciale.

Julien Landfried suggère, dans son dernier livre, que la dérive idéologique de la "gauche" française (qui de la lutte des classes a abouti à la lutte des races) serait essentiellement liée à la chute des systèmes communistes et donc à l'effondrement de l'idéologie marxiste.

Cette explication n'est pas fausse, mais comment justifier le fait que la "gauche" non totalitaire ne soit pas revenue vers l'idéal républicain qui fut pourtant la seule idéologie qui ait permis d'approcher, dans les pratiques, de l'humanisme universaliste des Lumières ?

La bêtise est évidemment une des explications, mais est-ce la seule ?

972def577068f9979497e2a3ccc1310a.jpgPetit retour en arrière : à partir de quel moment la gauche française a-t-elle décidé d'abandonner l'idéologie marxiste ? Ce n'est pas en 1989, date de la chute du mur de Berlin, mais en 1984 que notre gauche s'est caviardisée sans complexes. Après avoir conquis le pouvoir avec des discours révolutionnaires et subversifs, il ne lui restait plus qu'à se débarrasser d'une idéologie devenue un tantinet encombrante.

Mais alors pourquoi ne pas revenir à l'idéal républicain ? Tout simplement parce que c'est également une idéologie subversive : l'homme et la collectivité humaine sont les buts suprêmes, l'argent et le profit n'étant que des moyens parmi d'autres. Mitterrand a très vite compris , en bon opportuniste, qu'on pouvait facilement embobiner le peuple mais pas les pouvoirs de l'argent (et comme le dit la maxime : on ne mord pas la main qui vous finance).58d4cd5af22aaef4e40659435c972058.jpg
J'ajouterais que les principes républicains n'éludent pas les conflits internes à la société (contrairement aux idéologies totalitaires comme le fascisme, le communisme ou le commutarisme) ce qui peut sembler dangereux pour toute personne ou organisation désirant garder le pouvoir pour le pouvoir.

Au moment même où elle accédait au pouvoir, et après avoir usé de toutes les ficelles de la démagogie, la gauche se voyait bien embarrassée avec ces deux idéologies qui pouvaient désormais se révéler à double tranchant. Face aux réalités du pouvoir, le temps des discours démagogiques était compté, la croisée des chemins était proche : il fallait désormais choisir entre l'éthique de la responsabilité avec tous les risques qu'elle implique, et l'éthique du mensonge, seule à même de garantir la conservation du pouvoir à moyen terme.

05290a6a1b96558aff83f7858417900e.jpgC'est en lorgnant du côté des USA que la gauche française a trouvé son nouveau crédo : la lutte contre les discriminations raciales et le retour aux communautés. Rien de tel pour diviser un peuple et occulter les problèmes économiques ; en effet, ces nouveaux dogmes présentaient l'immense avantage de limiter les conflits sociaux ascendants (revendications salariales pour n'en citer qu'un) et d'étendre les conflits transversaux (conflits inter-ethniques, religieux, sexuels...), tout ceci pour le plus grand profit des classes possédantes qui se voyaient libérées de toutes les pressions sociales que la République et le marxisme leur avaient imposées depuis 1944. Ce qui explique, en partie, pourquoi la droite française n'a, depuis, jamais vraiment contesté cette idéologie, se contentant de mimer la pantomime du conflit droite/gauche au grand théâtre des illusions cathodiques.

C'est donc dans la deuxième partie des années 80 qu'a commencé la propagande anti-raciste. Propagande digne de Staline ou de Goebbels, menée de main de maître par Mitterrand en personne. Goebbels était parvenu, en quelques mois, à faire croire aux Allemands qu'ils étaient antisémites ; Mr Mitterrand, quant à lui, a convaincu les français qu'ils étaient racistes tout en se faisant passer pour un humaniste : artiste diabolique..... mais artiste quand même.0e044be276c8525640083bec86560053.jpg

Je vois poindre sur les lèvres de nos bien-pensants l'objection qui, depuis trente ans, clôt tout débat sur le sujet : "Monsieur, vous êtes un raciste qui voudrait occulter les problèmes de la discrimination raciale dans notre pays" ?

Mon propos n'est pas d'occulter ce problème ; nul doute que le racisme existe dans notre pays (quel pays pourrait se targuer de n'avoir aucun citoyen raciste ?) et qu'il faut le combattre avec fermeté. Mais j'ai également l'intime conviction que cet intérêt récent de nos élites pour les problèmes raciaux cache des motivations moins avouables, disons plus sonnantes et trébuchantes !


Ainsi, il ne fait aucun doute dans mon esprit que le pseudo-combat contre la discrimination raciale n'est qu'une manipulation servant à occulter une autre discrimination tout aussi destructrice socialement , et qui est pourtant passée totalement sous silence : la discrimination politique et syndicale (1) dans les entreprises.

4ddae05faedeafbf246cec8a48682e3f.jpgPendant que les marionnettes de Mr Mitterrand criaient "Touche pas à mon pote", les entreprises licenciaient les syndicalistes à tour de bras et ce, dans un silence médiatique total.
Une coïncidence ? Un hasard ? Une contradiction à coup sûr pour un parti qui se disait socialiste ; quoique pour être en contradiction avec lui-même, il aurait fallu que Mr Mitterrand agisse à l'opposé de ses convictions, ce qui n'était pas le cas puisqu'il n'avait que le pouvoir comme objectif.


Toute personne ayant travaillé dans la grande distribution (2) à cette époque (grosse pourvoyeuse de fonds du PS dans les années 80) sait que les méthodes utilisées par ces enseignes pour décourager leur personnel de jouir de leurs droits (sociaux, économiques et politiques) étaient pour le moins brutales, inhumaines et, la plupart du temps, illégales. Toute personne ayant travaillé dans la grande distribution à cette époque sait que la corruption à l'égard des hommes politiques était tellement généralisée que personne n'aurait eu l'idée de se taire. La plupart des extensions de CDUC (3) étaient illégales, le droit du travail était interprété à la sauce "ultra-libérale", le harcèlement moral était préconisé comme un mode de management normal dans la formation des cadres...

Combien d'employés du commerce sur le carreau, dépressifs ou suicidés ? Combien de "unes" dans les grands médias ? Comme si la couverture médiatique était inversement proportionnelle à la représentativité du phénomène. Un hasard ou bien une nécessité pour nos élites ?

L'anti-racisme, nouvelle invention des possédants pour escamoter le concept de lutte des classes et combattre la démocratie républicaine, deux derniers obstacles idéologiques à leur hégémonie économique et politique à l'instar des élites américaines ! Car seules ces deux idéologies furent, dans notre Histoire récente, de puissants leviers qui permirent la remise en cause de l'ordre établi.



(1) Le citoyen syndiqué lutte pour partager les richesses créées par les entreprises. La démocratie républicaine avait comme idéal le vivre-ensemble dans une relative justice sociale. Deux états de faits qui ont toujours été combattus farouchement par les élites possédantes, adeptes des théories d'Adam Smith.


(2) Je précise : à un certain niveau de responsabilité.

(3) Surface commerciale autorisée à l'accès du publique.

Commentaires

Les français aiment jouer à dynamiter leur pays. Le problème de l'immigration en est un bon exemple. ces gens, pas toujours pauvres d'esprit exploitent toute faiblesse pour affirmer leur communitarisme. Je plains nos générations futures qui devront gérer ces situations.L'assimilation des italiens d des polonais dont on se targue n'avaient aucun point commun avec ceux du sud dont les gènes sont si differents. J'ai vêcu longtemps auprès de ces gens, je suis humanitaire mais notre faiblesse m'affraie. La FRANCE est un pays à brader. Elle est mal partie et c'est une situation qu'on n'a jamais connu dans notre histoire.
Tristement à vous.

Écrit par : henri brilet | 13/05/2008

Très édifiant votre article, Périclès.

Avez-vous entendu hier Kouchner affirmer qu'il avait réussi à convaincre Sarkozy de modifier son opinion sur l'entrée de la Turquie dans l'UE ?

Écrit par : Marie | 16/05/2008

Pour avoir aussi vécu en Afrique durant plusieurs années, je mesure le fossé culturel qui sépare l'orient de l'occident, et c'est tant mieux ! La diversité culturelle, pour peu qu'on respecte les nations et les identités nationales ne peut être que potentiellement créatrice même si elle est potentiellement conflictuelle (l'un peut-il aller sans l'autre ?). Le problème vient quand des hurluberlus français pensent pouvoir changer la nature humaine avec de grandes théories, en croyant pouvoir mélanger toute les cultures, toutes les religions en rayant dans le même temps les nations; alors là, débute le règne des idiots avec son cortège de tragédies !

Marie, de Kouchner, soutien depuis 40 ans de toutes les idéologies totalitaires, je n'en attendais pas moins !

Écrit par : Pericles | 16/05/2008

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