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30/11/2007

Quelles leçons tirer des émeutes de Villiers le Bel

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Qui pourrait m'aider à comprendre ? Dès qu'une crapule décide de casser du flic et de brûler des voitures avec ses copains, tous nos curés de banlieues et autres travailleurs sociaux nous ressortent leurs psalmodies au sujet des ravages de la discrimination, de l'exclusion, du racisme, etc...

Il y a pourtant plusieurs choses qui me chiffonnent :
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Pouvez-vous m'expliquer pourquoi nos dirigeants politiques nous affirment que les violences de ces quartiers ont pour cause l'exclusion et la discrimination quand, dans le même temps, ils ont l'intention de faire appel à des étrangers pour pourvoir au manque de main-d'oeuvre dans certaines branches (comme le bâtiment où il y a des milliers de postes, avec ou sans qualifications, qui ne trouvent pas preneur) ?
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Comment font nos compatriotes des banlieues parisiennes pour ne pas trouver de travail... à Paris, la ville de France où il est le plus facile de trouver un emploi, même et surtout s'il est peu qualifié ? Parce qu'ils sont de couleur ? Je connais pourtant des amis d'origine maghrébine (sans qualification particulière) qui m'ont toujours affirmé qu'il n'y a que ceux qui ne cherchent pas de travail qui n'en trouvent pas dans la capitale.
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J'ai peut-être une explication qui est, en partie, basée sur l'expérience : pour avoir travaillé dans la grande distribution de nombreuses années, j'ai eu affaire à certains de ces jeunes de banlieue. Ils venaient occuper des postes sans qualification mais ils restaient rarement : soit parce qu'ils ne supportaient pas les contraintes du monde du travail, soit parce qu'ils ne savaient pas parler correctement le français ou ne savaient pas respecter un minimum de codes sociaux (vis à vis de la clientèle, les zyva et les batards, ça fait désordre !) ; enfin, certains d'entres eux qui venaient travailler au volant d'une mercedes à 50 000 euros ne comprenaient pas bien les "bouffons" qui étaient prêt à travailler pour 1000 euros alors qu'avec un peu de débrouille, ils pouvaient gagner dix fois plus sans efforts.


Je ne comprends pas non plus pourquoi nos élites sont aujourd'hui étonnées du comportement violent et irresponsable des jeunes de banlieue alors que, depuis 25 ans, elles ont encouragé les français à ne plus avoir de complexe vis-à-vis de l'argent, à justifier toutes les brutalités économiques et sociales par la fameuse loi du marché, à chanter à qui veut l'entendre que les fonctionnaires sont des parasites fainéants et privilégiés, à inonder les écrans de télévisions de séries US ou d'émissions qui prônent la loi du plus fort, à affirmer que la nation (et donc le sens du collectif) est une notion obsolète et que seule l'efficacité économique compte. Résultat : nos banlieusards ne pensent qu'au fric facile, s'en prennent aux institutions et agressent les représentants de l'Etat. CQFD
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Nos jeunes des "quartiers" sont les enfants légitimes de ces docteurs Frankenstein, de véritables incarnations vivantes des théories ultra-libérales professées par nos gouvernants : individus qui ont pour seul objectif de s'enrichir par les moyens les plus simples et les plus rapides avec le minimum d'effort, le minimum d'investissement. Toute contrainte, qu'elle soit morale, sociale, institutionnelle ou sentimentale, est un obstacle au profit et donc superflue. Belle leçon d'efficacité économique ! 4e8a3382ac0120a6d9b8bf555ffb141c.jpg
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Cependant, une question se pose : combien de temps une société peut-elle survivre à une telle mentalité ?

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Villiers le Bel : Vaillant franchit la ligne jaune

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mercredi 28 novembre 2007.


C’est quand « la droite est au pouvoir que ces drames arrivent ». En commentant ainsi les violences qui ont frappé Villiers-le-Bel depuis dimanche dernier, Daniel Vaillant a commis une double erreur. Premièrement, ni la droite ni Nicolas Sarkozy n’ont le monopole des troubles en banlieue : le PS gouvernait quand Vaulx-en-Velin s’embrasa en 1990. Deuxièmement, l’ancien ministre jospiniste de l’Intérieur, largement responsable de la défaite de son mentor à la présidentielle de 2002, aurait pu éviter de donner dans la polémique politicienne. Loin sans doute des intentions du maire du XVIIIe arrondissement de Paris, de tels propos justifient le déferlement de violence et cautionnent la haine des émeutiers envers l’Etat. Ils amènent à penser que les socialistes jouent la carte électorale du communautarisme plutôt que celle de la République. Voilà qui rappelle les déclarations ambigues de Ségolène Royal, à quelques heures du second tour de la présidentielle, sur les menaces d’émeutes urbaines en cas de victoire sarkoziste. Dommage pour les élus socialistes qui avaient fermement condamné les violences !

source Revue républicaine publié le 28 11 2007

Emeute : c'est la faute de la police ! La preuve par l'image.

Voici la preuve par l'image de la stupidité et de l'irresponsabilité de la classe politique et médiatique qui, depuis plus de 15 ans, nous embobinent sur la réalité des banlieues. Que ces quartiers cumulent les handicaps économiques et sociaux est incontestable, mais vouloir régler le problème des émeutes et de la délinquances par des discours de repentance, de mea culpa collectif et de déresponsabilisation des délinquants est non seulement la preuve d'une incompétence politique, d'une insondable stupidité, d'une incroyable irresponsabilité et surtout cela représente sun danger patent pour la paix civile et la Démocratie que plus personne (de sensé) ne peut aujourd'hui contester.
Nos gouvernants peuvent multiplier les caméras dans les lieux publiques, si il n'ont pas le courage d'affronter les réalités et d'accepter les situations conflictuelles, les violences ne feront que s'accroitre et se propager.
Plus le temps passe, plus la situation sera difficile à redresser, et plus la menace pèse sur nos libertés individuelles.

D'ailleurs cette insistance des élites à nier et surtout ne pas vouloir régler les problèmes de violence me semble de plus en plus suspecte.

Ceux qui font face aux policiers sont entrés dans une logique de guerre. Les méthodes sont militaires : armement, stratégie de la guérilla urbaine, propagande et manipulation par le vecteur du rap pour enrôler les jeunes désoeuvrés. Les beaux discours, l'appel à la raison et les petites sanctions seront désormais sans utilité : il est trop tard !

Mais il est encore temps d'agir fermement mais humainement pour régler ces problèmes. Encore faut-il avoir les idées claires, le sens des responsabilités et surtout ne pas craindre le conflit.

29/11/2007

De la République.

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"C'est en un temps où il lui fallait se réformer ou se briser que notre peuple, pour la première fois, recourut à la République. Jusqu'alors, au long des siècles, l'ancien Régime avait réalisé l'unité et maintenu l'intégrité de la France. Mais, tandis qu'une immense vague de fond se formait dans les profondeurs, il se montrait hors d'état de s'adapter à un monde nouveau. C'est alors qu'au milieu de la tourmente nationale et de la guerre étrangère apparut la République ! Elle était la souveraineté du peuple, l'appel de la liberté, l'espérance de la justice. Elle devait rester cela à travers les péripéties agitées de son histoire. Aujourd'hui, autant que jamais, nous voulons qu'elle le demeure."

Charle de Gaulle Discours prononcé place de la République le 4 septembre 1958, in Discours et Messages, t. 3, p. 41.

"La République, que nous avons fait sortir du tombeau où l'avait d'abord ensevelie le désespoir national, la République que nous avons rêvée tandis que nous luttions pour elle, la République dont il faut qu'elle se confonde maintenant avec notre rénovation, sera l'efficience, la concorde et la liberté ou bien elle ne sera rien qu'impuissance et désillusion, en attendant, soit de disparaître, de noyautage en noyautage, sous une certaine dictature, soit de perdre, dans l'anarchie, jusqu'à l'indépendance de la France."

Discours prononcé à Strasbourg le 7 avril 1947, in Discours et Messages, t. 2, p. 54-55.

"La République ! Il fut un temps où elle était reniée, trahie, par les partis eux-mêmes. Alors moi, j'ai redressé ses armes, ses lois, son nom."

Conférence de presse tenue au Palais d'Orsay le 19 mai 1958, in Discours et Messages, t. 3, p.5.

"Eh bien ! Non ! La République n'abdiquera pas. Le peuple se ressaisira. Le progrès, l'indépendance et la paix l'emporteront avec la liberté."

Allocution radiodiffusée prononcée au Palais de l'Elysée le 30 mai 1968, in Discours et Messages, t. 5, p.293.

"Grâce à la République nouvelle, le pays surmonte donc sans trouble grave les épreuves inhérentes à sa propre transformation, notamment celles que lui causent les charbonnages, les chantiers navals, les rapatriés, l'agriculture, les services publics."

1971, in Mémoires d'Espoir, t. 2, p. 200-201.

Source site Charle de Gaulle

Toujours d'actualité !

Ce qui fonde notre Démocratie

Les changements socio-politiques et géo-stratégiques des vingt dernières années ayant rendu caduque le clivage gauche/droite dans le paysage politique français, il est devenu urgent de redéfinir une ligne de front permettant de combattre efficacement les politiques visant à la destruction de la Nation.

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Citoyen, citoyenne

Le temps des atermoiements est passé, le temps de l'action est arrivé. Le comportement du Président Sarkozy et de la classe politique au sujet du mini-traité a sonné le glas de toutes nos illusions : l'illusion d'une Europe qui serait démocratique.

Que faire ?

L'action politique ne s'improvise pas. Attendre éternellement que nos adversaires agissent dans l'intérêt de la France serait une erreur, une faute.
Notre première action doit être de définir nos buts.

Que voulons nous ?
Nous voulons :
- vivre dans un pays souverain et démocratique ; une France une, unie et indivisible assumant son passé, fière de ses valeurs et trouvant en elle-même les ressources spirituelles et matérielles pour aborder l'avenir. La pérennité du concept de nation est donc indispensable.
- vivre en paix avec nos voisins sans perdre pour cela notre âme. Une Europe confédérale est donc la seule solution raisonnable et viable si l'on veut prospérer ensemble sans risquer l'explosion.
- vivre dans une Démocratie basée sur la responsabilité de chacun à l'égard de tous.

Pourquoi ?

Tout choix politique contient des risques. La résurgence du nationalisme dans une Europe confédérale est évidemment une possibilité ; mais les risques d'une Europe supra-nationale sont désormais plus que des probabilités : effondrement du sens des responsabilités, du sens civique et de la solidarité, retour du tribalisme et des conflits ethniques, risque de guerre civile, perte d'identité qui pourrait déboucher, par réaction, à un retour au nationalisme dur (voire au totalitarisme).

Ces possibilités vous paraissent délirantes ? Les évènements récents en Belgique, la croissance exponentielle du nombre de femmes voilées (étendards de l'islamisme le plus fanatique et le plus violent), la multiplication des tensions inter-ethniques sur tout le continent européen devraient pourtant nous faire réfléchir.

N'oublions jamais que les nations, comme toutes les sociétés humaines, reposent sur des équilibres et des alchimies fragiles et souvent précaires qui se sont forgés au fil des siècles, souvent au prix du sang. Les éliminer de manière artificielle pourrait aboutir à des mélanges explosifs.

Citoyen, citoyenne, unissons-nous !

Notre mouvement, que l'on peut qualifier de national et de républicain (ces deux principes étant inséparables), existe mais il n'est pas conscient de lui-même. Il lui manque avant tout une (unité et des leaders.
Le temps du gauche/droite est, à ce jour, hors de propos. Le comportement de la gauche comme de la droite, au sujet du mini-traité, prouve bien que la ligne de fracture n'est plus là.

Il y a d'un côté le mouvement républicain et, de l'autre, les adeptes de l'idéologie de la mondialisation.

Ne vous y méprenez pas, il n'y a pas d'entente possible entre ces deux conceptions : leurs intérêts sont incompatibles et antagonistes. Il n'y a pas non plus d'autres alternatives possibles: se réclamer de la République et de la souveraineté quand on milite pour une Europe supra-nationale est une absurdité..

Méfions-nous du sens des mots:
- La souveraineté populaire ne peut exister sans une Nation, par conséquent Une Démocratie sans Nation est un non-sens
- Une République sans souveraineté est une Démocratie populaire comme l'était l'ex-RDA.
- Une République sans Démocratie est une République bananière.
La Démocratie, la République, la Nation sont des principes indissociables et indivisibles qui ne tolèrent aucun compromis.

A tous ceux qui pensent ou qui ressentent que la Nation, la République et la Démocratie sont, à ce jour, les bases indissociables et indispensables pour assurer la Démocratie, la paix et notre prospérité future, je leur demande de s'unir.

Même si le combat semble aujourd'hui loin d'être gagné, il n'est pas perdu. N'oublions jamais que l'idéologie post-nationale ne résistera pas à l'épreuve des faits (comme toutes celles qui l'ont précédée).

Lorsque l'essentiel sera sauvé, il sera bien temps de revenir à nos vieilles querelles.

Comment devenir élu de l'oligarchie française ? Faites ce que je dis pas ce que je fais !

23/11/2007

Le peuple victime d'un vice du consentement ?

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Patrick Louis, député MPF au Parlement européen et Christophe Beaudouin, directeur de l'Observatoire de l'Europe dénoncent l'entourloupe constituée par l'adoption parlementaire d'un traité tout sauf simplifié.
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Pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy défendait l'idée d'un « traité simplifié », précisant même : « je proposerai que soit posé le principe que ceux qui veulent agir ne puissent pas en être empêchés par ceux qui ne veulent rien faire. Et qu'à l'inverse nul ne soit obligé d'agir quand il ne le souhaite pas. » (Ensemble, p.102). C'est en d'autres termes l'Europe à la carte avec des institutions souples permettant de fonctionner à Vingt-Sept et plus, en préservant la souveraineté des Etats, donc la démocratie.
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Pourtant, le traité qu'il a approuvé à Lisbonne est aux antipodes de ces louables intentions. C'est un mécano d'une complexité juridique rare, ignorant les principes de clarté et d'intelligibilité de la loi et recyclant la quasi totalité des dispositions de la Constitution européenne massivement rejetée par le peuple français il y a deux ans. Comme l'a rappelé Valéry Giscard d'Estaing « seul l'ordre a été changé dans la boite à outils, la boite elle-même a été redécorée ».
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Aucune des critiques adressées à la Constitution européenne ne peut être épargnée au traité de Lisbonne :

1) La consécration de la primauté absolue des lois européennes (déjà 85% de notre droit), s'imposant même à la Constitution française, laquelle ne fera par exemple plus obstacle à ce que la Cour de Luxembourg réintroduise le principe du pays d'origine dans la Directive Bolkestein (Déclaration N°29) ;

2) Le plus important transfert de souveraineté de toute l'histoire de la construction européenne : 40 nouvelles compétences passent sous la haute main de la Commission de Bruxelles qui a le monopole des propositions, auxquelles le Conseil ne peut guère résister (amendement à l'unanimité) et les adopte à la majorité qualifiée ;

3) Les procédures de « clauses passerelles » qui permettent sans nouvelle ratification de faire basculer de nouvelles matières de l'unanimité à la majorité qualifiée, donnant en définitive à la Commission et la Cour une compétence illimitée ;

4) Les parlements nationaux, seuls sièges de la légitimité démocratique justifiant l'obéissance à la loi, qui deviennent des coquilles vides, avec un seul droit, celui de protester (Protocole n°1), tandis que le Parlement européen représentera non plus « les peuples des Etats » (art 189, Rome) mais un peuple européen parfaitement mythique (art 9 A) ;

5) La Charte qui ouvre un véritable geyser de droits en tous genres et contradictoires, armant les juges de Luxembourg pour dévoyer, sans appel possible, nos droits de l'homme et libertés fondamentales séculaires, que protégeait jusqu'ici le préambule de la Constitution française (art 6) ;

6) La personnalité juridique de l'Union qui permettra à la Commission de Bruxelles, où la France se retrouvera vite sans représentant (art 9 D) de se substituer totalement aux Etats sur la scène internationale dans ses nombreux domaines de compétence exclusive (art 54) ;

7) Un « Président du Conseil » nommé pour deux ans et un Ministre des Affaires étrangères avec un autre nom (« Haut Représentant ») et des services diplomatiques (article 25 et suivants) qui proposera une politique étrangère votée à la majorité qualifiée, mettra le siège français au Conseil de Sécurité sous tutelle (art 19) et induira une défense européenne ayant pour cadre l'OTAN (art 27 ) ;

8) Une conception dogmatique de la concurrence et du libre-échange sans contrepoids (Protocole n°6), une Banque centrale au statut identique interdisant le pilotage de la zone euro ;

9) L'absence de limitation géographique et civilisationnelle de l'UE, laissant ouverte la porte à la Turquie ;

10) Et pour conclure, tout l'effrayant imbroglio d'institutions du triangle Bruxelles-Luxembourg-Francfort, qui ne connaissent pas les principes de la démocratie : ni la séparation des pouvoirs, ni la responsabilité politique, ni la représentation des peuples.
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Il n'y a manifestement rien de commun entre cette Constitution européenne remaquillée et le traité simplifié et consensuel que promettait Nicolas Sarkozy pendant la campagne pour « réconcilier le "oui" et le "non" », justifiant sans doute une ratification parlementaire plutôt qu'un nouveau référendum. On peut donc se demander s'il n'y aurait pas vice de consentement des Français qui se sont déterminés lors de l'élection présidentielle, s'il leur refusait un référendum sur ce traité-clone de la Constitution européenne rejetée. L'opinion publique semble d'ailleurs fortement le souhaiter : 71%, selon un sondage IFOP publié le 8/11 par Paris Match. A moins de considérer que précisément, la réponse des Français ayant été négative il y a deux ans, il est inutile de leur redemander leur avis sur le même texte et qu'il faut procéder par un passage en force parlementaire ?

Ce que le peuple a fait, seul le peuple peut le défaire. Seul un nouveau référendum pourrait donc éventuellement annuler le résultat du 29 mai 2005, si telle est l'intention présidentielle. La mission du Président de la République est de veiller au « respect » de notre Constitution, d'assurer le « fonctionnement régulier des pouvoirs publics » et la « continuité de l'Etat », ainsi que de « garantir l'indépendance nationale » (article 5). En particulier, il est le garant du principe de la République qui est « gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple » (article 2 al. 5). Aussi, s'il ne veut pas ignorer le suffrage universel et la Constitution dont il procède lui-même, il doit au minimum inviter les Français à se prononcer directement sur le Traité de Lisbonne.

Patrick Louis est député au Parlement européen
Christophe Beaudouin est directeur de l'Observatoire de l'Europe après le Non


publié sur Marianne, 17 novembre 2007

Consulter le site de l'Observatoire de l'Europe après le non.

21/11/2007

Pourquoi le procès de la France doit-il toujours être à charge ?

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Je ne vois pas en quoi l'Histoire des autres pays serait plus glorieuse ou plus digne que la nôtre.



Notre Histoire est pleine d'ombres et de lumières, comme toutes les autres.

Que des gouvernements étrangers, pour servir leurs intérêts, organisent des campagnes de dénigrement aux dépends de notre pays, cela est compréhensible. Que des hommes publiques sans idéaux et sans scrupules relaient ces inepties pour être "tendance" ou pour "coller au marché" est également dans l'air du temps.
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Mais nous, citoyens Français, qu'avons-nous à y gagner ?

Une vérité historique ? Laquelle ? Et dans quel but ?

Quels avantages avons-nous tiré de l'exhumation des périodes troubles de notre passé ? Plus de sérénité ?
Plus de paix ? Nous n'avons jamais autant parlé des erreurs du passé et pourtant nos divisions n'ont jamais été aussi grandes depuis les années 30.
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Ces affirmations peudo-scientifiques (inspirées de la psychanalyse, religion du monde moderne), qui voudraient que toute guérison passe par la résurgence totale des blessures du passé, sont absurdes et dangereuses à l'échelle de la collectivité (voire de l'individu). Vieux relents positivistes qui voudraient que l'homme soit capable d'une maîtrise totale de ses passions dès lors qu'il se soumet aux prescriptions de la science.

Ces croyances, qui dénient le penchant irrationnel et potentiellement incontrôlable de l'homme en société, et donc qui ne veulent pas admettre le côté tragique de l'Histoire humaine, ont pourtant déjà fait la preuve de leur dangerosité tout au long du XXème siècle.



Lorsque nous aurons déterré tous les cadavres de l'Histoire de France, le monde sera-t-il meilleur ?

Cela nous évitera-t-il de refaire des erreurs (horreurs) ? J'en doute.

19/11/2007

Les USA sont-ils les vainqueurs de 14/18 ?

En ces jours de commémoration du 11 novembre, j'entends ou je lis parfois ce qui me semble être des contre-vérités historiques concernant l'engagement des USA dans le premier conflit mondial.

Je trouve d'ailleurs étonnant cet engouement de certains français pour les USA après avoir été en admiration pendant des décennies devant le modèle soviétique. Et ce qu'il y a de plus étonnant encore est le fait que ce sont souvent les mêmes ( n'est-ce pas Mr Kouchner, Adler, Gluksmann... bref tous nos pro-néoconservateurs français). Pourquoi ?

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Quel explication donner au fait que ces citoyens français, après avoir été à genoux devant Moscou, se retrouve tous à plat ventre devant Washington...Après nous avoir servit Marx à toutes les sauces, pourquoi nous bassiner quotidiennement avec Tocqueville ? La soif d'idéologie simple et rassurante peut-être.
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Voici d'ailleurs une petite phrase toute faite sortie tout droit d'un de ces cerveaux rigides:
"Ce sont les américains qui nous ont sauvés lors des deux derniers conflits mondiaux. Grace à eux, la guerre 14/18 a été gagnée, et puis ils ont sacrifié leurs vies pour chasser les Nazis d'Europe et rétablir notre liberté."

Petit rappel : les USA, comme tous les pays du monde, n'interviennent militairement dans d'autres pays que pour défendre leurs intérêts. Ils ont donc débarqué en 1944 non pour chasser les méchants nazis de France, comme nos journalistes le laissent croire, mais pour faire contrepoids aux risques hégémoniques soviétiques (et pour bien d'autres raisons encore...). Ils n'ont d'ailleurs pas hésité à recruter d'anciens SS criminels dans leurs services.
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Certains de nos journalistes et intellectuels semblent confondre la recherche de la vérité historique avec la propagande (il est vrai qu'à genoux les mains jointes, il est plus difficile de réfléchir).
La guerre 14/18 fut une guerre d'usure (aucun historien ne le conteste), c'est à dire que la victoire s'est faite sur la durée dans une confrontation entre deux économies (je résume car la France et l'Allemangne n'étaient pas les seules nations en guerre) et les deux armées française et allemande. Les américains ne sont arrivés qu'en 1917. Même si les USA déclarèrent la guerre en avril 1917, leurs troupes ne furent opérationnelles que fin 1917. Je rappelle également à nos intellos admirateurs de la puissance, qu'à l'époque, l'armée française était l'armée la plus puissante du monde, et qu'elle a fourni une grosse partie du matériel de guerre aux américains qui en étaient dépourvus. Mon propos est donc de soutenir que c'est essentiellement la France (qui possédait par exemple plus de 10000 avions militaire en 1918) qui a fournit l'essentiel de l'effort face à l'Allemagne et non pas les USA.
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Quand j'évoque l'armée la plus puissante du monde, je parle bien entendu de la fin de la guerre, et notamment au moment de l'armistice.. Il est évident que si tel avait été le cas en 1914, la guerre 14/18 ne serait pas devenu une guerre d'usure. Il est évident que en 1914, les deux coalitions se faisant face étaient de force et d'intelligence tactique égales, ce qui explique la perte de mobilité totale qui s'est produit dans les premières semaines de la guerre.
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L'effet de l'engagement US fut donc essentiellement psychologique (ce qui n'est pas négligeable et ce qui n'enlève en rien la valeur de leur armée et des combattants). Cependant dire que ce sont les USA qui gagnèrent la guerre en 1918 est un mensonge et une insulte envers nos grands-parents.
Je vous invite donc à recompter le nombre de morts au combat français et de les comparer avec les morts américains (et pourquoi pas anglais aussi !) et vous verrez avec quelle légèreté les médias traitent de ce sujet.


Enfin aucun historien ne conteste que la guerre de 14 fut une guerre d'usure (militaire, économique, humaine), donc résumer la victoire de 1918 à l'intervention US relève plus de la propagande que de la vérité historique. Leur intervention a eu un impact psychologique incontestable au détriment des Allemands (comme le choc de la paix de Brest-Liktov sur les alliés), mais ils ne furent que la goutte d'eau qui fit déborder le vase. L'autre élément important fut la reprise de la mobilité tactique et stratégique grâce à l'arrivé du char d'assaut. L'ensemble de l'effort a donc été porté par la France, l'Angleterre et la Russie (principalement).
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Le char d'assaut n'est pas une invention américaine comme je l'ai déjà entendu dire. C'est suite à la perte de mobilité sur le champ de bataille que les deux armées française et anglaise se mirent à réfléchir à la possibilité de rétablir la mobilité grâce au blindage.
Il fut employé la première fois le 15 septembre 1916 (bien avant l'arrivée de nos amis américains) lors de la bataille de la Somme. La seule erreur tactique de l'époque était qu'ils étaient utilisés par petits paquets (et ce jusqu'à la bataille de Cambrai) et perdaient donc leur capacité à rompre la cohésion physique et morale de l'ennemie. De plus une telle organisation ne leur permettait pas d'exploiter une victoire tactique sur le terrain.
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Le 8 aout1918, Ludendorff écrit (en faisant allusion au char d'assaut et non pas à la présence US) : "Le 8 aout marqua le déclin de notre force militaire et m'enleva l'espoir, étant donné notre situation au point de vue des réserves, de trouver des expédients stratégiques qui eussent pu consolider la situation en notre faveur"
Pour lui la guerre était perdu non pas à cause des américains qui étaient présents depuis plus d'un an, mais à cause du char.

ALors pourquoi les USA ont-ils débarqué en France, par amour pour le beaujolais peut-être ?
Je prétend qu'aucun pays ne fait la guerre sans avoir des avantage à gagner ou de solides intérêts à défendre ?
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La vérité est mère de la liberté. remercions nos alliés US pour leur aide précieuse mais Rendons à César...