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07/01/2008

Finkielkraut et l'obscur.

Nous, Européens du siècle nouveau, voulons vivre en modernes !Nous nous glorifions de cet adjectif : “ modernes ” !Les modernes, c’est-à-dire les généreux, les véridiques, les bons, les militants de la bonne société ! Les modernes, c’est-à-dire ceux qui ont su jeter dans les poubelles de l’histoire le passé et son fatras de traditions et de pesanteurs! Les modernes, c’est-à-dire cette fine fleur de l’histoire décrétant dépassé tout ce s’inscrit dans le registre du passé ! De quel dégâts cette prétention s’accompagne-t-elle ? Que perd-on en se soumettant à cette injonction : être moderne ? Mécontemporain, comme le fut Charles Péguy, dont l’ombre se prolonge sur toutes les pages de cet essai, le philosophe Alain Finkielkraut passe dans son nouveau livre au crible d’une analyse incomplaisante cette modernité dont nous confectionnons notre identité.
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“ Du passé faisons table rase… ” est, depuis Galilée et Descartes dans le domaine de la pensée, depuis la Révolution française dans celui de la politique, la maxime des modernes. Si les révolutionnaires ont pu chanter ce programme dans les rues, si les politiques totalitaires se sont appliqués à le mettre en œuvre à grande échelle, la culture elle-même, pendant quelques siècles, en a fait son mot d’ordre. Un mot d’ordre éradicateur : jusqu’à la “ révolte mallarméenne ” en poésie, jusqu’aux avant-gardes littéraires, jusqu’au texte romanesque déclarant mort le roman. Ce monde a été pris par une maladie convulsive : celle du commencement radical. Souvenons-nous du Discours de la Méthode de Descartes, aux aurores de notre modernité ! C’est dans ce livre que voit le jour le tropisme au recommencement. Descartes veut y balayer tout ce que le collège lui a appris, afin de refonder radicalement (à partir des racines) l’édifice du savoir.

Le projet de Descartes, dans la traîne duquel tout les modernes se meuvent, ne se comprend pas sans la mathématisation du monde. Galilée est le père de l’autre fondement de la modernité, le primat du scientifique conçu comme mathématique. Il est le héraut de la prise de pouvoir par la “ pensée calculante ” aux dépens de la “ pensée méditante ”. Le présupposé de Galilée, “ la nature est un livre écrit en langage mathématique ”, expression la plus précise qui soit de l’esprit de la modernité, réaménage le statut de la littérature. Le monde en est désenchanté, les elfes et fées sont chassées de la nature, la littérature perd son statut privilégié de voie d’accès à la vérité. La formule de Galilée renvoie la littérature à l’inessentiel ; “ et tout le reste est littérature ” devient la note de bas de page accompagnant la science, la technique, la politique modernes. Ainsi, l’impulsion venue de Galilée a-t-elle fait table rase de la littérature ! L’avant-garde, recroquevillant, dans la foulée de Mallarmé, la littérature sur “ le texte ” n’a fait qu’avaliser cette mise à l’écart de la littérature. Par ailleurs, la passion de l’avant-garde est précisément le recommencement, la table rase : l’activité de l’écrivain faisant écho alors à “ la passion révolutionnaire ”. A quoi conduit l’énoncé de Galilée ? A quoi conduit la méthode de Descartes ? A quoi conduit la mathésis universalis, commune au fond à Descartes et à Galilée ? Finkielkraut répond : à “ la dissolution de tout espace commun entre le physicien et le poète ”.96f51144a109078b52110d847ab49830.jpg

Reprenons la question de Heidegger : “ pourquoi des poètes en temps de détresse ? ”. La réflexion de Finkielkraut peut prolonger la question du Maître de Messkirch. Dans notre siècle nouveau, la poésie n’a plus de place. Déjà Joë Bousquet voyait dans la poésie “ ce qu’il y a de plus perdu dans le monde ”. On ne lit plus de poésie, les voix poétiques sont devenues des voix confidentielles. Finkielkraut indexe cette situation de détresse comme une suite de la volonté de puissance ouverte par le Discours de la Méthode de Descartes. Pour l’inventeur du cogito en effet, la science et la philosophie n’existent que pour être au service de la puissance humaine, que “ pour nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature ”. De fait, le langage aussi est mis au service de cette insatiable volonté de puissance. La considération moderne du langage a changé en effet celui-ci en outil technique. L’usage dominant est, pour reprendre un concept heideggérien sur lequel Finkielkraut s’appuie, l’arraisonnement. Le langage sert, aux hommes contemporains, à arraisonner la nature, les objets, les sujets, les êtres. A arraisonner leur propre intimité par le biais de la psychologie comme science. Le passage du langage dans l’ordre de l’arraisonnement rend la poésie inaudible, ou illisible. Quelle barbarie quand on renvoie Ronsard à la joliesse ! Dans la poésie – y compris, insiste Finkielkraut, dans le Ronsard évoquant la forêt de Gastine, “ bûcheron, arrête un peu le bras… ” - le langage accueille le monde, la nature. Il y a un abîme entre le langage-arraisonnement et le langage-accueil. “ Là où croît le danger, croît aussi ce qui sauve ” affirmait Hölderlin ; autrement dit, dans la poésie se cache peut-être aussi le salut, dans la mesure où le poète refuse d’abandonner la vérité au nombre et au concept.94bff49bb623def0c5ee9d8e7e024088.jpg

Qu’est-ce donc que le monde moderne ? Un monde pris par la passion du recommencement et de l’illimité. Le sport peut sans conteste passer pour le modèle de ces passions ; Finkielkraut voit dans le sport “ l’activité paradigmatique où l’homme moderne prend conscience de sa vocation ”. Quelle vocation ? Ne cesser de recommencer, ne cesser d’aller plus loin, ne cesser d’enjamber l’infini. Le sport traduit l’un des grands aspects de la modernité, ignoré de toutes les autres civilisations : le refus de la limite, l’amour pour l’illimité. Ce refus de la limite est le combustible de la volonté de puissance qui s’est appliquée, à travers le langage et la science, à arraisonner le monde.

La véritable alternative est entre moderne et tragique plutôt qu’entre moderne et ancien. Le moderne en effet exige une cause, aussi explicative que consolante, pour tout événement, même le plus terrible; il ne peut supporter la tragédie sans cause qui, souvent, vient foudroyer l’existence. Il exige des causes, et il réclame des coupables à accuser – il importe qu’il y ait des coupables, même pour les catastrophes naturelles ! Le monde moderne criminalise la mort elle-même. La mort est à la fois coupable, et donnée par un coupable. L’accident n’est plus pensé, il est refusé par principe : il n’y a pas, aux yeux des modernes, d’accidents, il n’y a que des responsables et des coupables. Le sens du tragique surgit dès lors qu’on accepte qu’un funeste événement est sans cause. La modernité évacue le tragique, parce que tout événement doit être transformé en information consommable : la relation par les médias des événements s’accompagne de la recherche interminable de causes et de coupables rassurants. Même les tremblements de terre devraient avoir des coupables. L’information est impuissante à rester sur l’énigme béante du malheur inassignable.

Quels chemins explorer pour sortir, s’il est possible, de la nuit ? Peut-on trouver l’indication d’un au-delà de la modernité ? Outre la poésie, conservatoire d’un éventuel salut, qui serait salut du monde en tant qu’expérience par le biais du langage, quelles perspectives existent ? Finkielkraut prend au sérieux l’émergence du principe de précaution et l’heuristique de la peur, conceptualisée par Hans Jonas. Au total, il s’agit de “ sauver l’obscur ”. Certains revendiquent pour la nuit – celle du ciel étoilé que Kant connaissait encore – le statut de patrimoine de l’humanité. L’obscur qui est en nous, l’obscur qui est dans le monde – dont la littérature seule, à la différence du nombre et du concept, peut dire la vérité. La vérité a besoin de l’obscur comme d’une caverne sombre où se terrer et d’où sortir pour paraître dans le langage. Mais, le fanatisme contemporain de la transparence, de la pleine lumière, tue le sombre et l’obscur. Rien, ne doit se soustraire à l’éclairage, aux sunlights, toute ombre doit être chassée ; le monde sans ombres sera le monde moderne accompli.
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Péguy l’avait noté : le monde moderne est “ un monde qui fait le malin ”. Finkielkraut approfondit cette intuition péguiste. Le monde qui ne s’en laisse pas compter ! On le sait depuis quelques années : nul ne décrypte avec autant de lucide liberté ce “ monde qui fait le malin ” qu’Alain Finkielkraut. Nulle voix ne fait entendre avec autant de courage ce qui n’a plus de voix dans notre monde, parce que tenu pour dépassé, “ pas malin ”. L’obscur trouve un commencement de salut entre les pages de cet ouvrage. En effet, avec Nous autres modernes, Alain Finkielkraut fait présent à son époque d’un grand et beau livre, sombre et lumineux comme un ciel de nuit parsemé d’étoiles !

Par Robert Redeker publié sur son site

Ce texte, sous une version légèrement différente (titrée "L'exigence de sauver l'obscur"), est paru dans L'Arche en novembre 2005.

Commentaires

Je suis d'accord avec ce texte par rapport à ce que je ressens du monde dans lequel je vis, cette recherche des coupables et des responsables, cette volonté de dépasser les limites, cette aspiration au tout voire au plus (que ce soit au niveau de la possession matérielle ou de la durée de la vie) et surtout ce refus de faire référence au passé (sauf en ce qui concerne la repentance, ce qui rejoint cette fameuse recherche du coupable).

Or, selon moi, le futur ne peut pas se construire sans connaître son passé, sans même l'avoir assimilé et cela, au niveau de la société ou de sa propre histoire. Un enfant orphelin et ignorant de son histoire familiale aura plus de mal à "se construire" qu'un enfant entouré et qui partage l'histoire de ces ancêtres.
Cela s'applique, à mon sens, également au niveau d'un pays.

Pour conclure, je dirai qu'il est possible que l'homme refuse l'obscur parce qu'il ne sait plus l'apprivoiser ? Et n'est-ce pas le rôle de la littérature (entre autres) de l'aider à apprivoiser les démons ?

Écrit par : Gerri | 05/01/2008

Finkielkraut a félicité Oriana Fallacci ("Les Arabes se reproduisent comme des rats") de son courage (!!!) : il est donc définitivement sorti du monde intellectuel et philosophique, pour se vautrer dans les excréments.

Écrit par : BOUGIE | 11/01/2008

La tentation de l'obscurantisme ?

Mr Finkielkraut n'a pas félicité Mme Fallaci pour ce propos mais a considéré "qu'elle regardait la réalité en face", ce qui n'a pas la même signification.

Mme Fallaci n'a jamais dit "Les Arabes se reproduisent comme des rats" mais "Les fils d'Allah se reproduisent comme des rats" ce qui ne veut pas du tout dire la même chose.

Mme Fallaci critiquait le fanatisme des musulmans : «Je n’ai aucune intention d’être punie à cause de mon athéisme par les fils d’Allah. C’est-à-dire par des messieurs qui, au lieu de contribuer au progrès de l’humanité, passent leur temps avec le derrière en l’air, à prier cinq fois par jour»

Je vous rappelle que les arabes ne représentent que 20 % des musulmans (qu'elle appelait les fils d'Allah), donc votre argument ne tient pas.

Comme d'habitude, en France, on feint de ne pas comprendre le sens des mots pour stigmatiser et éviter à tout prix le débat. Il y a une différence fondamentale entre une idéologie (voire une religion) et la race (sauf peut-être pour les racistes).

Critiquer l'Islam, ce n'est pas être raciste comme certains de nos compatriotes aimeraient nous le faire croire (pour éviter tout débat).
Sinon, il faut aller au bout de cette logique : les résistants étaient, en définitive, des racistes anti-Allemands, et l'anti-communisme cachait une haine du slave... soyons sérieux !

Je vous encourage donc à voyager dans les pays musulmans pour vous rendre compte, par vous-même, de la profondeur de vos convictions, mais aussi de la tolérance dont font preuve les musulmans à l'égard des autres cultures.
L'islam est devenu, dans les faits, une idéologie totalitaire.
Le dénoncer en tant que telle, ce n'est pas être raciste.

Je sais qu'une partie de la population française essaie de se persuader que tout cela n'est que le fantasme d'esprits réactionnaires. Il y a d'ailleurs une étrange analogie avec le comportement de certains français à l'égard d'Hitler dans les années 40, qu'on désigne sous le terme"d'esprit de Munich". Nier la réalité du danger NAZI n'a pas empêché la guerre, bien au contraire. Ces hommes et femmes furent les complices (involontaires ?) des atrocités allemandes.

Finkielkraut n'est donc pas sorti du monde intellectuel et philosophique, pour se vautrer dans les excréments, comme vous le dites.

Votre conception du débat démocratique me semble bien étrange : détourner le sens des mots, sortir les phrases de leur contexte, utiliser l'excommunication et l'ostracisme pour les propos qui ne vous plaisent pas.

Nostalgie du totalitarisme peut-être ?

Écrit par : Péricles | 11/01/2008

Bah ! Il faut lire plus finement (les fils d'Allah ont remplacé les "terroristes arabes" censés être partout (et se reproduire entre eux) il y a vingt ans).

Passons !

La principale imposture de Finkielkraut consiste à hurler contre la culture de la consommation rapide tout tenant absolument à être omniprésent dans n'importe quelle émission (où l'on daigne l'inviter).

Tout son art consiste à dénoncer un consensus qui le dérange comme du "politically correct" et du "totalitarisme" afin d'établir et de consolider un nouveau consensus.

Avec quelques autres, Finki est l'incarnation du narcissme intellectuel français. On prétend vouloir "donner du sens" alors qu'on satisfait son goût immodéré de la polémique stérile.

Plus il se désole théâtralement et avec grandiloquence, plus on a envie de se tordre.

(Cf Clément Rosset sur la grandiloquence)

Écrit par : BOUGIE | 19/01/2008

Je vous le concède, Mr Finkielkraut a parfois des attitudes qui peuvent susciter le rire. Il me rappelle parfois le personnage principal du film Brazil, de Terry Gillian : ce pauvre type qui se débat dans un monde absurde peuplé de personnages stupides et grotesques, incarnations parfaites du conformisme d'une société déliquescente.

Mr Finkielkraut est effectivement un individu rempli de contradictions, comme nous tous. Par contre,Il a l'immense mérite d'amener le débat dans une société qui ne demande qu'a s'endormir.

Qu'il ait raison ou tort n'a pas réellement d'importance tant qu'il amène une contradiction argumentée.
Si vous voulez réellement le combattre, placez-vous sur le terrain du débat et des idées : argumentez, objectez et mettez le face à ses contradictions ! Ne vous contentez pas de le cataloguer dans des cases qui n'ont pas grandes significations (incarnation du narcissme intellectuel français ???).

La Démocratie ce n'est pas le consensus, c'est l'acceptation du débat. Même si cela peut paraître contradictoire pour beaucoup de mes concitoyens, le consensus est mortifère, seul le conflit est vivifiant et créateur.

Écrit par : Péricles | 19/01/2008

Les discours à la Finki (et je le répète : il n'est pas le seul) deviennent très vite crétins parce qu'ils sont tellement ressassés qu'ils finissent par être interprétés non plus comme une réflexion personnelle mais comme un nouveau contre-discours.

Prenons un exemple : la phobie actuelle du rap. Pourquoi Fink oppose-t-il le rap à Rutebeuf ou à Villon au lieu de comparer le rap à d'autres productions de la variété : Star Ac, ou à une autre époque : Johnny Halliday, Mireille Mathieu ou autres yéyés très connus dans les années 60 mais oubliés?

Arguments massus de Finki sur l'école - unique moyen d'accéder à ce que Finki voit comme le moyen d'accéder à "la vraie culture" (Rutebeuf ou Villon) (des poètes, dont par ailleurs il se fout royalement sauf à invoquer leurs noms comme on porte la cravate - lorsque c'est utile).

Toutefois, il faudrait lui rappeler que par exemple, contrairement à lui sans doute, des millions d'intellectuels et d'artistes ont admiré le blues et s'en sont inspiré. Et il se trouve précisément que les bluesmen n'avaient aucune culture académique et que leur instruction formelle (scolaire) était TRÈS limitée.

Bien sûr qu'il y a des chansons populaires idiotes et du rap nul mais Finkielkraut a un discours idéologisé sur l'art et la culture.


Autre exemple : Finki s'en prend à la culture "gangster". Se rend-il compte que le cinéma français ou le cinéma américain ont, bien avant l'émergence "des problèmes de délinquance dans les cités", accordé une place de choix et une épaisseur au "héros gangster".

On pourrait aussi parler du polar.

Les héros de fiction sont souvent des personnages malhonnêtes ou pervers avec des côtés. Ce n'est pas parce que les jeunes aiment le rap qu'il y a passage à l'acte ... et si c'était le cas, Matzneff ou Robbe-Grillet qui font l'apologie de la pédophilie comme d'autres le font du viol devraient eux aussi être sur la sellette, avec tous leurs lecteurs.

Autre exemple : Pourquoi Finki passe-t-il son temps à venir répéter sur tous les tons et sur les innombrables tribunes qu'on lui offre, que "l'antiracisme est le communisme du XX siècle" (c'est à dire un "totalitarisme") alors qu'il se précipite pour signer une pétition dénonçant le racisme antiblanc?

Si on lit bien, cela signifie clairement : si un juif ou un blanc se plaint du racisme antiblanc ou antijuif, cela ne peut JAMAIS être un sentiment, une impression, l'expression d'un malaise collectif, et encore moins une manoeuvre politique; par contre, si un jeune de banlieue d'origine noire ou arabe a le malheur d'invoquer le racisme, selon Finkielkraut ou Zemmour, c'est FORCÉMENT ET TOUJOURS un prétexte ou cela relève de la manoeuvre politique.

Cette réaction devenue lassante car systématique et les FICELLES sont à présent ÉNORMES.

Personnellement, je m'en fous de Finkielkraut : je pense qu'il faut constater que dans le système médiatique actuel, plus on donne la parole à certains, plus ils en rajoutent, et plus ils en rajoutent, plus ils se plaignent ensuite d'être incompris pour être réinvités à s'expliquer à nouveau ... bref : plus ils deviennent gonflés et cons.

Écrit par : BOUGIE | 22/01/2008

Il est vrai que Mr Finkielkraut ressasse souvent les mêmes arguments, notamment au niveau du rap.
Je ne connais pas ses intentions : est-il un idéologue, un dogmatique ? C'est possible, je n'en sais rien !

Vos arguments sont valables, seulement je trouve que votre argumentation concernant la position de Finkielkraut sur l'anti-racisme est excessive.
Mr Finkielkraut a le mérite d'apporter une contradiction dans un débat sur l'anti-racisme qui était, depuis les années 80, loin d'être démocratique.
J'ai moi-même vécu à l'étranger pendant de nombreuses années pour savoir que la France est un des pays les plus tolérants au monde. Aussi, quand Mr Harlem Désir, grand copain de Mr Mitterrand, criait sur tous les toits que les français étaient d'incorrigibles racistes (quand on connait la discrimination et le racisme qui existent, en Algérie par exemple, à l'égard des Berbères, des Kabyles ou des algériens noirs ; je ne parle même pas des femmes), il y avait de quoi sourire. Ce discours idéologique, qui a été relayé pendant près de 20 ans par l'ensemble de la classe médiatique et politique française, ressemblait effectivement aux méthodes totalitaires, car toute contradiction était étiquetée comme racisme ce qui tuait tout débat "dans l'oeuf". Ce dogme a bien sûr volé en éclat après les attentats de 2001, lorsque les français se sont rendus compte que l'intolérance et la haine n'étaient pas des spécificités occidentales. Comme quoi, aucune idéologie ne résiste à l'épreuve des faits.
Pourtant, malgré l'évidence de ces faits, malgré l'intolérance et le danger que représente l'Islam idéologisé par le Wahhabisme, nos élites ont bien du mal à l'admettre.

Bien entendu, il ne s'agit pas de remplacer un discours dogmatique par un autre mais, comme je l'ai déjà dit, la vérité démocratique réside dans la confrontation des idées, pas dans un discours ou une pensée unique. Aujourd'hui, enfin, il existe une contradiction ! Lorsque le discours de Mr Finkielkraut sera devenu dominant et donc stérilisant, alors je le combattrais.

De plus, Mr Finkielkraut critique, à travers le rap, la modernité en général. Je pense que sa critique porte sur le changement anthropologique qui a commencé au 15ème siècle à la Renaissance et qui se poursuit encore de nos jours en Occident. On peut juger la qualité d'une civilisation à deux choses : l'art et la guerre. Difficile de ne pas voir un appauvrissement et une déshumanisation quand on compare l'évolution des guerres et de l'art occidental depuis 3 siècles.

Comparons donc les productions de deux chanteurs ou groupes populaires et "engagés" politiquement : Jean Ferrat ou Boris Vian avec Ministère AMER ou Assassin.
A-t-on gagné en humanité ou en raffinement ?

Écrit par : Péricles | 27/01/2008

Vous exagérez vous aussi.

Si on parle de la télé, il y a eu d'un coté quelques types comme Ardisson - qui a permis à des gens de tous les horizons de s'exprimer (très souvent, en poussant à la roue, les obligeant presque à déclarer leur allégeance à une minorité ou à une autre ("vous êtes juif"? "vous êtes algérien", "vous êtes etc. etc. On se souvient !) mais de l'autre, c'était silence radio sur les questions raciales et sociales (habituel). Je n'ai pas tellement entendu ni Elkabach ni Poivre D'Arvor moufter sur ces questions.

Bon.

Mais évidemment, il y a eu le si décrié mouvement Touche pas à mon pote, très puissant en effet, qui a contribué a porter le PS au pouvoir.

Mais nos grands experts s'enferment tellement dans leur chauvinisme qu'ils adoptent une vision provinciale de l'histoire.

Ces mouvements antiracistes ont été animés par des générations choquées par la prise de conscience des crimes nazis et la décolonisation - c'est à dire deux événements qui n'ont pas fait de bien à l'égo occidental. Même si bien sûr, le PS, et en partculier Mitterand, ont manipulé ce mouvement, cela ne signifie pas pour autant que ceux qui y étaient engagés étaient manipulés. Cette vision des choses est complotiste (Désolé Messieurs Zemmour, Dieudonné et Finkielkraut).

Ces mouvements sont d'abord le produit d'un changement radical dans la perception qu'avaient les Occidentaux d'eux-mêmes. Cette prise de conscience est ce qui précède, et Mittérand ne fait que récupérer quelque chose qui aurait, de toutes façons existé sous une forme ou une autre.

Ce changement de perception est - d'après moi - nécessaire et définitif.

Attention : je ne suis pas en train de dire que les Occidentaux sont pires que les autres. Je dis simplement qu'ils sont passés d'une époque où ils se croyaient supérieurs en tout, à une ère où ils ont cessé de se croire supérieurs.

Or, si on cesse de se croire supérieur, on se voit "égal" c'est à dire aussi fort ou aussi faible que son voisin. (Malgré le fait que la France demeure bien placée (!) pour les dépenses d'armement, mais loin très loin des États-Unis (écart de 50 milliards environ à 600 milliards) et derrière la Chine et la Russie.

Ensuite, il ne faut pas oublier qu'il y a 4 ou 5 millions de Français qui sont partis vivre à l'étranger. Rien qu'au Québec, on en compte plus de 600 000 (sur une population de 6 millions).

Les Français émigraient autrefois dans des pays appartenant à la France. Ils émigrent aujourd'hui dans des pays indépendants. Changement de donne et pas les mêmes catégories.

Des milliers et des milliers de jeunes Francais ont circulé et circulent dans divers pays européens pendant l'été, pour le meilleur et pour le pire. Ils sont plus cosmopolites. Contrairement à ce qu'on entend parfois, il ne s'agit pas uniquement d'enfants des classes supérieures (la jet set) loin de là.

À mon avis, s'il y a affrontement, ce sera entre les plus pauvres (comme ce fut le cas dans le R-Uni de Thatcher jeunes Irlandais pauvres contre jeunes Anglais pauvres - Anglais pauvres contre Pakistanais ou Jamaicains ou inversement selon le quartier) mais "au milieu" ou un peu plus haut, il n'y a pas de retour en arrière possible : la division entre "nationalistes" et "cosmopolites" (pour simplifier) est là pour rester.

Mes neveux étudiants (parents ouvriers) ont 20 ans et déjà visité la Thailande, la Turquie et la Chine en plus d'avoir traîné leurs guêtres dans pratiquement tous les pays d'Europe et fait des stages ici et là. C'est beaucoup plus de kilomètres, de rencontres et d'expériences que j'en avais faits moi-même à leur âge.

J'en conclus que les discours "antimétissage" et occidentalistes actuels sont délirants et vont totalement à contre-courant des aspirations des éléments les plus curieux et les plus dynamiques de la génération suivante, des jeunes tout ce qu'il y a de plus "ordinaires" mais qui n'ont pas été écrasés par trop d'emmerdements au départ.

Écrit par : Boug | 28/01/2008

Il y a déjà presque dix ans, j'ai eu une discussion prolongée et houleuse avec un de mes potes, qui reprenait mot pour mot les thèses de Finki, liant systématiquement les problèmes des banlieues (gangstérisme, inciviilités, difficultés scolaires, violences diverses et refus de l'école etc.) à l'islamisme.

À l'époque, les médias reprenaient massivement le dogme (et cela continue de plus belle, avec Zemmour, qui va même jusqu'à prétendre qu'il s'agit d'un problème de "langue") : émeutes et affrontements seraient causés par le "communautarisme", terme magique parce qu'il n'explique RIEN.

Bref, nos intellos médiatiques ont cru et faire croire à cette couleuvre : les problèmes de délinquance sont causés par la religion, ne pouvant pas comprendre ni admettre qu'un problème, quel qu'il soit, est toujours à la fois SOCIAL et CULTUREL (donc effectivement la langue compte, mais pas dans le sens où Zemmour l'entend, tout comme les représentations des subalternes qui sont projetées au peuple et aux subalternes eux-mêmes).

Ayant vécu dans d'autres pays, je savais depuis longtemps que la montée de les violences urbaines et la multiplication des bandes ethniques n'avaient stictement RIEN à voir avec l'islam, puisque dans le monde entier, elle touchait des jeunes marginalisés qui n'étaient ni Africains ni Musulmans.

En Amérique du Nord, les problèmes concernaient déjà la partie la plus fragilisée de la jeunesse de souche, mais plus massivement encore, les jeunes noirs américains, et également les enfants des plus récentes immigrations du Sud - Jamaicains, Latinos, Haitiens. Les enfants pauvres des ghettos blancs, bronzés et noirs sont d'ailleurs ceux qui se retrouvent ensemble aux bureaux des recruteurs de l'armée américaine.

Je rappelais alors à ce copain - obsessionnellement judéophile comme il se doit - que les immigrés juifs de Pologne et de Russie formaient, dans les années 20, période de grave crise du travail, la moitié des détenus des prisons new-yorkaises et que cette délinquance touchait également les Irlandais et les Italiens.

Les mêmes phénomènes de délinquance immigrante se reproduisent aujourd'hui, et pour les mêmes raisons.

En Espagne, ce sont les Latinos américains qui causent des violences et en sont victimes. Pourtant, même langue, même religion.

Les journalistes et les intellos qui tiennent le plus le micro sont ceux qui produisent les analyses les plus fausses. Il faut croire que cela plaît : on a tendance à prendre le délire pour de l'intelligence, quand le délire nous conforte dans une idée que l'on partage déjà.

Fausses, parce les seuls angles d'analyse de ces intellos médiatiques sont : la France et Israel.

Leurs explications religieuses ont été et sont démenties quotidiennement et partout dans le monde - l'islamisme et le terrorisme sont une chose, la délinquance en est une autre, et il n'y a aucune raison valable de s'imaginer qu'un dealer d'herbe ou de cocaine ou un apprenti-proxénète fréquente les mosquées et les imams.

Ces thèses - toujours dominantes en France, sont grotesques, mensongères et fausses. Cette incroyable capacité à s'aveugler et ce dogmatisme sont tout à fait symptômatique de ce qui reste du narcissisme impérial français.

Narcissisme aggravé par deux raisons : la guerre d''Algérie qui continue de hanter nos "grands esprits français" et la conversion des anciens communistes à un atlantisme et à un sionisme militant et forcené.

Enfin, troisième raison : on a cherché à glisser sous le tapis le conflit entre le travail et le capital.

La question des flux migratoires est maintenant au centre des préoccupations. Toutefois, c'est une chose de dire qu'il faut les gérer, et une autre de produire des interprétations chauvines.

Imaginons donc, juste un instant, que les flux migratoires sont parfaitement contrôlés. RIEN ne dit que s'il n'y a plus ou presque plus d'immigrants, les Français accepteront les conditions de travail que l'on cherchera, de toutes façons à leur imposer (compte tenu du contexte).

C'est bel et bien la guerre qui, dans les crises précédentes, a réglé le problème du travail (élimination des "excédentaires") et évidemment, le système colonial.

Le système colonial n'a pas seulement été utile pour des raisons géopolitiques. Les colonies ont servi, et très tôt, à absorber la main-d'oeuvre excédentaire, les indésirables, et à "satisfaire" les agités et les ambitieux sans avenir dans les métropoles.

Les pays du Nord n'ayant plus plus la possibilité de se débarrasser des ces gens inutiles, dangereux et indésirables, il est impossible de savoir comment nos technocrates vont régler les choses.

Une façon de gagner du temps consiste à attiser les conflits ethniques, voire, ce qui est tout à fait possible, de les organiser par provocateurs-indicateurs interposés. Cela s'est déjà vu, n'est-ce pas ?

Écrit par : BOUG | 28/01/2008

"Si on parle de la télé, il y a eu d'un coté quelques types comme Ardisson - qui a permis à des gens de tous les horizons de s'exprimer". Pourriez-vous me citer une émission ou les invités "s'expriment" chez Ardisson ?

"Mais nos grands experts s'enferment tellement dans leur chauvinisme qu'ils adoptent une vision provinciale de l'histoire."
...". Que voulez-vous signifier par là ? Voulez-vous dire que l'Histoire d'une nation n'est pas signifiante ?

"Ces mouvements antiracistes ont été animés par des générations choquées par la prise de conscience des crimes nazis et la décolonisation" Sachez qu'en 84, les crimes NAZI étaient vieux de 40 ans, et les crimes de la décolonisation dataient de
1962. Pourquoi cette prise de conscience n'a pas eu lieu avant ? Quand vous parlez des crimes de la décolonisation, évoquez-vous les crimes de l'armée française ou les crimes du FLN ?

"Ces mouvements sont d'abord le produit d'un changement radical dans la perception qu'avaient les Occidentaux d'eux-mêmes" Je pense, pour ma part que les perceptions politiques d'une population sont souvent liées aux intérêts des classes dirigeantes. Si les élites (de gauche comme de droite) avaient, aujourd'hui un intérêts à la colonisation, elles n'hésiteraient pas à tourner leur veste et à distiller une habile propagande; la population suivrait sans s'en rendre compte (voir à ce sujet les anciens trotskystes devenu pro-guerre d'Irak, ou le PS devenu, tout à coup, nostalgique du drapeau et de la Nation). Il n'y a là , rien de "complotiste".

"Ensuite, il ne faut pas oublier qu'il y a 4 ou 5 millions de Français qui sont partis vivre à l'étranger." Ce fait existe depuis des siècles (voir les mouvement de population au 18 èmè,19ème et 20 ème siecle sans que cela n'affecte le sentiment national)

"...émeutes et affrontements seraient causés par le "communautarisme", terme magique parce qu'il n'explique RIEN. " Je vous encourage à aller vivre au kosovo, au Cachemire ou en Irak, et vous verrez que le communautarisme n'est pas un concept vide.

"...les problèmes de délinquance sont causés par la religion, ne pouvant pas comprendre ni admettre qu'un problème, quel qu'il soit, est toujours à la fois SOCIAL et CULTUREL"
Un conflit social a souvent des causes économiques mais le fait culturel ou religieux peut être un démultiplicateur, voire même devenir le moteur principal d'un conflit.

"Mes neveux étudiants (parents ouvriers) ont 20 ans et déjà visité la Thailande, la Turquie et la Chine en plus d'avoir traîné leurs guêtres dans pratiquement tous les pays d'Europe et fait des stages ici et là. C'est beaucoup plus de kilomètres, de rencontres et d'expériences que j'en avais faits moi-même à leur âge." Désolé mais on ne connait pas un pays en faisant du tourisme. Vous avez une vision bien abstraite des sociétés et des cultures humaines. Peut-être parce est-ce parce que vous avez oublié d'où vous venez !

"Or, si on cesse de se croire supérieur, on se voit "égal" c'est à dire aussi fort ou aussi faible que son voisin. (Malgré le fait que la France demeure bien placée (!) pour les dépenses d'armement, mais loin très loin des États-Unis (écart de 50 milliards environ à 600 milliards) et derrière la Chine et la Russie." Quel rapport entre les dépenses militaires et le sentiment de supériorité ou d'infériorité d'un peuple?


"J'en conclus que les discours "antimétissage" et occidentalistes actuels sont délirants et vont totalement à contre-courant des aspirations des éléments les plus curieux et les plus dynamiques de la génération suivante, des jeunes tout ce qu'il y a de plus "ordinaires" mais qui n'ont pas été écrasés par trop d'emmerdements au départ" Défendre sa nation, sa culture, son Histoire ce n'est pas être "occidentaliste" ou "antimétissage". Il y a une différence entre être ouvert au monde et se diluer dans le monde.
Se renier ce n'est pas s'ouvrir mais se préparer à des lendemains qui déchantent.

Écrit par : Péricles | 28/01/2008

Chèr(e?) Bougie

Nous ne devons pas vivre dans le même pays, car il y a dix ans, le dogme officiel était : "No problem avec l'Islam car pas d'Islam en France"
La roue a tournée après 2001 et les attentats du WTC, mais c'est est un détail.
Je le répète, la cause des problèmes des banlieues est avant toud'ordre économique et culturel. Mais Il y a également un problème avec l'identité Française. Et cela pourrait devenir, de plus en plus, un problème religieux. Les chiffres parlent d'eux-même : le nombre de français d'origine étrangère qui se sont tournés vers l'Islam depuis 2001 a explosé. Pour être, personnellement en contact avec des personnes d'origine maghrébine, je peux vous le confirmer.

"Ayant vécu dans d'autres pays, je savais depuis longtemps que la montée de les violences urbaines et la multiplication des bandes ethniques n'avaient stictement RIEN à voir avec l'islam, puisque dans le monde entier, elle touchait des jeunes marginalisés qui n'étaient ni Africains ni Musulmans."
Pour avoir vécu en Algérie au moment de la montée de l'Islam rigoriste, je peux vous dire qu'il y avait une relation directe entre cette dernière et la montée de la violence. Mais dans quel pays avez-vous vécu ? En Suisse ?
Quel spécialiste de l'Islam aujourd'hui, oserait dire que l'Islam Wahabite n'a aucune influence dans la propagande anti-occidentale actuelle ? Et que cette dernière n'a aucune influence sur la jeunesse française d'origine immigrée ? Ne vous souvenez-vous pas de ces bandes de jeunes qui faisaient la fêtes dans les banlieues françaises au moment des attentats du WTC, en chantant "vive Ben Laden", mais c'est vrai qu'à l'époque, on n'en parlait pas dans les médias français (pas en accord avec les dogmes officiels)

"Je rappelais alors à ce copain - obsessionnellement judéophile comme il se doit - que les immigrés juifs de Pologne et de Russie formaient, dans les années 20, période de grave crise du travail, la moitié des détenus des prisons new-yorkaises et que cette délinquance touchait également les Irlandais et les Italiens." Quel rapport avec les juifs ? De plus vous confondez violence liée à la délinquance et violence à objectif politique. Oui, les deux violences ne se recoupent pas toujours, mais si vous relisez vos livres d'Histoire, vous verrez que les délinquants sont souvent instrumentalisés à des fins politiques (SA et SS avec les NAZI, voire également l'utilisation des délinquants pendant la Révolution Russes, les guerres de décolonisation etc...).
C'est également ce qui se passe aujourd'hui dans tous les pays touchés par l'islam idéologisé (par l'Arabie Saoudite ou l'Iran). Qui sont ces français qui se font sauter en Irak ou en Afganishan, ou qui égorgeaient des mères et leurs bébés pour le djihad en Algérie ? Des anciens malfrats de nos banlieues !

"La question des flux migratoires est maintenant au centre des préoccupations. Toutefois, c'est une chose de dire qu'il faut les gérer, et une autre de produire des interprétations chauvines." Il me semble qu'il y a là comme un paradoxe; une politique d'immigration peut-elle se faire en dehors du concept de Nation ?

"Fausses, parce les seuls angles d'analyse de ces intellos médiatiques sont : la France et Israel. " Encore une fois, quel rapport avec Israel ?

"Enfin, troisième raison : on a cherché à glisser sous le tapis le conflit entre le travail et le capital." Là, je suis d'accord avec vous.


"Imaginons donc, juste un instant, que les flux migratoires sont parfaitement contrôlés. RIEN ne dit que s'il n'y a plus ou presque plus d'immigrants, les Français accepteront les conditions de travail que l'on cherchera, de toutes façons à leur imposer (compte tenu du contexte)." La Nation ne se résume pas à une question de gestion du plein emploi ou des salaires. Vision étrangement matérialiste du fait national; vous êtes donc d'accord avec Mr Sarkozy.


"C'est bel et bien la guerre qui, dans les crises précédentes, a réglé le problème du travail (élimination des "excédentaires") et évidemment, le système colonial." C'est historiquement inexact; pas toujours en tous cas !

"Le système colonial n'a pas seulement été utile pour des raisons géopolitiques. Les colonies ont servi, et très tôt, à absorber la main-d'oeuvre excédentaire, les indésirables, et à "satisfaire" les agités et les ambitieux sans avenir dans les métropoles." Selon les théorie d'Anna Harendt pour qui j'ai beaucoup d'admiration. Je ne suis pas sûr qu'elle apprécierait l'utilisation que vous en faites !


"Une façon de gagner du temps consiste à attiser les conflits ethniques, voire, ce qui est tout à fait possible, de les organiser par provocateurs-indicateurs interposés. Cela s'est déjà vu, n'est-ce pas ?" Qui d'après vous a intérêts à attiser les conflits ethniques en France ? Les républicains ou les communautaristes ? A qui profite le crime ?

Je vous encourage donc une nouvelle fois à aller vivre dans les pays ou l'Islam rigoriste sévit. Je suis persuadé que votre vision du monde (qui est spécifiquement française malgré votre aversion pour ce qui vous a fait(e)) se trouverait transformer.

Merci quand même pour le débat, si rare en France!

Écrit par : Péricles | 28/01/2008

Il y a une élite intellectuelle républicaine qui, semble-t-il, perd les pédales et ne comprend pas grand chose, une élite économique, et enfin les politiques (fonctionnaires supérieurs et partis) qui essayent de naviguer, pour leur propre compte et leur propre survie, entre les désirs des différentes couches sociales, mais en s'alignant essentiellement sur les désirs d'une élite économique internationalisée.

(Pour préciser, j'ai habité en Espagne, il y a longtemps, aux États-Unis et au Québec).

Évidemment que les délinquants peuvent être instrumentalisés, et cela existe.

Mais le problème est que vous êtes continuez à être convaincu que seuls les Muslims peuvent l'être par les islamistes, alors que dans tous les quartiers où le chômage est très élevé, les "de souche" peuvent l'être tout aussi bien ... cela commence dans le Nord, en France, en Wallonie, tandis qu'aux États-Unis, des groupes de jeunes blancs se retrouvent dans les camps de formation du Klan. Ce danger n'est pas d'un seul côté.

J'ai écouté de nombreuses émissions sur les problèmes de violence urbaine aux États-Unis, et les policiers d'expérience des quartiers en dérive ont toujours dit que le problème n'était pas la pauvreté, mais la concentration de la pauvreté.

Enfin, il faut rappeler que ce sont l'administration britannique puis l'administration américaine qui ont misé sur l'islamisme. (CF le livre de Dreyfuss sur l'histoire des Frères musulmans dont je retrouverai le nom plus tard). Les États-Unis jouent un jeu très problématique avec l'Arabie saoudite et d'autres pays semblables, qui sont les financiers de l'islamisme, comme tout le monde le sait.

Quant aux autorités françaises, leur jeu n'est pas totalement clair, et le soutien affiché aux militaires algériens (et de façon générale, à tous les régimes autoritaires du Moyen-Orient) n'a rien fait non plus pour arranger les choses.

Il est également certain que si on répète aux marginaux du monde entier que l'horizon capitaliste est indépassable et qu'on doit casser des oeufs pour faire des omelettes, c'est à dire eux, ils se tournent collectivement ou individuellement vers d'autres moyens, y compris les sectes ou les mouvements bizarres et violents ou encore vers les paradis artificiels, et éventuellement vers la solution facile : casser la gueule du voisin ne serait-ce que pour écarter un temps leur sentiment d'impuissance.

Le problème n'est pas de marteler inlassablement le mot république, mais de dresser un état des lieux : combien de gens bossent pour une entreprise du capitalisme mondialisé, combien pour la petite entreprise (celle qui crèe de l'emploi, mais dépend autant du capitalisme mondialisée que les autres par le biais des banques, et contrôle de ce fait fort peu l'économie nationale et a peu de pouvoir sur la gestion de la main-d'oeuvre).

Déjà, ce serait pas mal de se pencher sérieusement sur ces questions, et de voir quelles sont les possibilités réelles de transformation économique, des échanges, du système bancaire, etc.

Je crains hélas que les analyses soi-disant profondes et brillantes d'un Finkielkraut ou d'un Zemmour ne servent qu'à attiser les conflits.

Quand à l'instrumentalisation du terrorisme, je vous conseille de faire un petit retour sur les attentats de Bologne, par exemple.

Israel compte parce que sa survie sert à justifier systématiquement la politique américaine. C'est à dire que beaucoup d'intellectuels, qui ont viré leur cutie communiste se sont convertis, pour beaucoup d'entre eux, faute de mieux, à l'atlantisme et ont adopté des discours occidentalistes à faire pâlir d'envie les néoconservateurs américains. En réalité, tout en se croyant très français, ces intellectuels redigèrent pourn nous et depuis des années la bouillie intellectuelle qui nous vient directement des États-Unis dirigé par la Nef Des Fous (voir le site intelligent de Dedefensa).

Écrit par : boug | 29/01/2008

Je vous conseille d'écouter quelques conférences de Scherer, notamment celles sur Pasolini.

Il explique ce qu'est une pensée émancipatrice-réactionnaire (dans le sens de résister au changement pour conserver ce qui doit l'être).

L'erreur fondamentale de Zemmour ou de Finkielkraut (deux dogmatiques très proches, sauf détails) est qu'ils sont convaincus que le fanatisme ne se trouve que chez les Autres.

Ce qui nuit le plus à leur pensée et qui fait qu'ils sont enfermés dans leurs clichés et incapables de produire de nouveaux concepts (ni même de réfléchir à des concepts élaborés par certains penseurs européens des siècles précédents ignorés ou occultés par eux), c'est qu'il n'arrivent pas à comprendre que le fanatisme le plus rapidement destructeur est d'abord celui DU PROFIT.

Finki et Zemmour excluent donc d'office l'idée que le profit fasse partie des passions et ils sont sidérés par la peur des émeutes.

Mais comment croire que si les émeutes étaient celles de subalternes énervés franco-français, ces deux gus ne seraient pas tout aussi stridents et terrifiés? Il est évident qu'ils le seraient, pour la raison que j'ai avancée plus haut : ils sont convaincus de penser totalement rationnellement, et considèrent les peu instruits plus ou moins comme des animaux voués à suivre leurs maîtres (si rationnels).

Lorsqu'un politique déclare : le problème du chômage se résoudra d'ici dix ans, Finkielkraut ou Zemmour peuvent se permettre la distance (ce qu'ils appellent la "la raison". Par contre, le chômeur, qui vit dans l'urgence (ex. payer son loyer) pense, et c'est très raisonnable, que ces gens-là se foutent de sa gueule : au problème du loyer s'ajoute toujours la blessure causée par le mépris affiché des économistes bourgeois et des penseurs qui les soutiennent (parfois, sans le savoir).

La peur de Zemmour et de Finkielkraut ne concerne pas les émeutes, mais vise "tout ce qui bouge" hors des cadres institutionnalisés. Cela les conduit forcément à un type de discours maccarthyste. Et ce qui les rend doublement ridicules, c'est qu'ils se perçoivent comme des penseurs subversifs. Bref, à les entendre, il faut conclure que ce qui les coincent, c'est avant tout la peur de tous les conflits sociaux, à partir du moment où ils ne semblent pas totalement contrôlés.

Les seules émeutes qu'ils admettent - théoriquement - ce sont les émeutes de la faim. Mais les gens affamés, en fait, participent rarement à des émeutes, pour la bonne raison qu'au bout de deux jours sans manger, les maux de tête et de ventre commencent, et annihilent toute volonté d'action collective. Dans l'histoire française, les émeutes "de la faim" sont d'ailleurs fort peu nombreuses.

Alors, l'une des questions qu'il faudrait examiner serait de savoir si les émeutes ont été ou sont toutes manipulées ou intégralement manipulées.

À Alcorcon, en Espagne, ce sont des Espagnols qui ont pogromé des Latino Américains. À Bradford, en Angleterre, ce fut l'inverse, des Pakistanais contre des "de souche". Dans les deux cas, on a émis l'hypothèse que les "blancs" ou les "bronzés" pouvaient avoir agi les premiers par peur d'être victimes des autres. Une peur réciproque. C'est la raison pour laquelle agiter la question du racisme (antiblanc ou non antiblanc) au lieu d'aborder sérieusement la question des mesures effectives contre les discriminations (quelles que soient les personnes visées - les blancs des villes, des campagnes et des quartiers frappés par le chômage, les bronzés, les femmes ou les handicapés) est une chose colossalement dangereuse, et les discours des Zemmour et consorts sont bel et bien pyromanes, tout autant que celui de Kemi Seba ou de Le Pen (dont les candidats préconisent l'interdiction du droit de vote aux élections locales aux "membres des populations d'origine extraeuropéenne" - ce qui signifie, si je ne m'abuse, qu'ils envisagent de donner le droit de vote aux élections locales aux Polonais et autres Aryens .... sinon ils demanderaient de restreindre le vote aux citoyens français).

Comme quoi nos fanatiques-intégristes n'ont pas encore lâché le morceau et pire, leur propagande est devenue parfaitement acceptable aux yeux de certains membres de notre chère intelligentsia française, qui a décidément la mémoire courte, quand ça l'arrange.

Si on limite les flux migratoires, est-ce que les entreprises qui profitent des clandestins ou autres immigrés jetables vont pouvoir contraindre les travaileurs français à accepter les mêmes conditions de travail ? La réponse est oui. est-ce que les chômeurs, une fois débarrasés de la peste étrangère, vont l'accepter?

Pas sûr. Zemmour et Finki pourront alors se préparer à des émeutes franco-française.

La relative résignation des chômeurs français s'explique sans doute et d'une part, par le fait qu'ils ont été abandonnés politiquement et par la puissance d'un discours culpabilisant sur le chômage, mais très probalement aussi parce qu'ils voient autour d'eux des gens en situation encore plus précaire - clandestins, immigrés et "interpelés au facies" (punition collective administrée très systématiquement sous le prétexte de la lutte contre la délinquance et le travail clandestin, principe accepté par les électeurs français de Sarkozy. C'est ce qui explique pourquoi les électeurs bronzés n'ont pas voté pour lui, contrairement aux explications sans cesse répétées sur l'existence d'un communautarisme radical et uniforme et d'une polisarisaton totale entre Français et bronzés.

Supprimez les clandestins et les immigrés - et la révolte montera du bas, et du bas français. Et je vous garantis que si cela se produisait, Zemmour - nous pouvons lui faire confiance - se déchaînerait de la même manière contre les révoltés ou les subalternes émeutiers, même si ceux-ci étaient parfaitement français. (S'il n'y avait pas eu les émeutes, un Zemmour ou un Finki auraient sans nul doute été les premiers à vomir contre ces - OH - si vulgaires et si incultes marins bretons; mais grâce au Ciel, il y a les émeutiers nomades envahisseurs, de sorte que les marins bretons ont, pour Zemmour, un attrait exotique).

J'ai remarqué cet été qu'à Paris, les travailleurs de la construction étaient tous noirs, bronzés (africains ou gens des iles, arabes + quelques vieux portugais - citoyens français ou non). Une partie du chômage des Français de souche semble bel et bien s'expliquer par le fait qu'ils ne veulent pas trimballer des sacs de ciment, dans des emplois qui brisent le dos, peu considérés et précaires, sans aucune protection syndicale et peu de garantie.

Bref, les "idées" de Zemmour et Finki sont superficielles et systématiquement pro répression : cela explique sans doute qu'on leur ait offert si facilement de squatter les médias.

Mais finalement, au-delà de tout cela, il y a la question fondamentale de l'égalité, que ces deux personnages ne cessent de dénoncer comme une fiction dangereuse, ce qui confirme bien la fermeture de leur pensée. Ils se contentent, en bon conformistes bourgeois, du juridisme, alors que depuis plus d'un siècle, l'idéal qu'est l'égalité effective et non papieresque est mobilisatrice et porteuse de changement et donc, une idée révolutionnaire, car elle pose au fond la question de savoir à qui appartiennent les ressources et comment les gérer.

Ils haissent la revendication égalitaire précisément parce qu'elle est révolutionnaire, puisqu'elle remet en cause le pilier de la société : l'avidité de l'élite pour le profit rapide, et le droit absolu (présenté évidemment comme "naturel") d'une fraction minime des grands actionnaires à s'enrichir colossalement avec l'argent et le travail des autres - et cela ne concerne pas seulement les salaires, mais ce qui est plus complexe le rapport entre le capital et le travail mais aussi lnotre mode de vie tout entier (marchandisation totale, et sabotage accéléré de tous les espaces). Je vous renvoie à nouveau à Pasolni, qui à juste titre, parlait d'un fascisme, et ce pauvre Finki, dans son délire sur l'école, pose décidément très mal les problèmes, car l'uniformisation totale des modes de vie n'a rien à voir avec l'école, hormis le fait que l'école, et même Polytechnique et HEC, facilite et a toujours facilité la soumission aux valeurs dominantes - qui sont d'ailleurs celles de Finkielkraut et de Zemmour - et donc, à cette uniformisation).

Écrit par : BOUG | 30/01/2008

Y-a-t-il encore en France une élite intellectuelle républicaine? Finkielkraut doit se sentir bien seul ! Vous ne l'avez peut-être pas remarqué mais l'élite économique et politique a abandonné les concepts de République et de Nation depuis bien longtemps (trop d'obstacles aux ambitions et aux profits).

Je ne suis pas encore assez sénile pour croire que seul l'Islam peut être instrumentalisé. J'essaie simplement de combattre toute idéologie à caractère totalitaire qui pourrait mettre en péril la paix civile et l'unité nationale (ce que représente l'Islam aujourd'hui, mais pas seulement).
Oui, les USA jouent avec le feu islamique croyant défendre leurs intérêts, mais les USA, l'Angleterre ou Israël, ce n'est pas la France. Nous n'avons pas les mêmes intérêts, n'en déplaise à nos idéologues du village mondial.

Quant aux autorités françaises, leur jeu avec le pouvoir algérien est parfaitement clair. Ils ont soutenu le pouvoir en place car le mouvement politique islamiste algérien déclarait publiquement au début des années 90 (avant le début de la guerre civile) qu'il était prêt à exécuter tous ceux qui refuseraient d'appliquer la charia (loi islamique) après sa prise de pouvoir, 1 million de personnes s'il le fallait. Qu'aurions-nous dû faire ? Qu'auriez-vous fait ? Applaudir à la révolte des opprimés, comme le faisaient la gauche et l'extrême-gauche lors de la prise du pouvoir de Pol Pot (ah, les jolis charniers émancipateurs cambodgiens !) ?

Le problème n'est pas pas tant d'établir un état des lieux que de définir et protéger un moyen de vivre ensemble (la République, par exemple). L'avenir (comme le passé) sera fait de crises, de moments difficiles, de nombreux conflits. Doit-on dès aujourd'hui sacrifier tout ce qui nous permet de vivre ensemble en paix ?

Vous croyez, comme nombre de nos concitoyens, qu'il suffit de taire les problèmes, de se mettre la tête dans le sable, de renier ses valeurs, son histoire, ses croyances ou ses convictions pour avoir la paix. Ce n'est pas un état d'esprit d'homme ou de femme libre en tout cas.

En fait, vous taxez Finkielkraut d'idéologue sans vous rendre compte que vous êtes vous-même obnubilée par un dogme ; vous confondez d'ailleurs idéologie et dogmatisme. Toute conception et action politique est, par nature, idéologique car reposant sur des abstractions, des concepts, des simplifications et des discriminations inévitables.
Par contre, le dogmatisme, c'est réduire la complexité du monde à la simplicité d'un axiome (la lutte des classes pour les marxistes, la race pour les nazis, le marché pour les libéraux... Votre axiome idéologique est une sorte de marxisme-léninisme recyclé à la sauce anti-raciste (bien que j'apprécie l'oeuvre de Marx sans partager ses conclusions) : l'injustice sociale liée au capitalisme.

Oui, le système capitaliste est injuste, mais connaissez-vous un monde sans injustices, sans conflits, sans pervers, sans
ambitieux... C'est parce qu'ils voulaient changer cela que Lénine et ses successeurs ont créé un système totalitaire seul à même, selon eux, d'extirper le mal de l'homme (son humanité en quelque sorte), avec les résultats que l'on connait.

Le conflit est l'essence du monde et vouloir un monde sans conflits est à la base de tout système totalitaire ; ce qui ne veut pas dire que je me réjouisse de voir l'exploitation et la misère. Croyez-le si vous voulez, je n'ai pas de fortune personnelle et j'ai parfois fait les frais de patrons indélicats. Mon père était ouvrier dans l'industrie automobile (comme mes grand-parents), ma mère fut orpheline de guerre ; elle a connu la misère (pas la pauvreté) économique et affective, bien loin de nos banlieusards en Nike et blousons de cuir. Malgré cela, ils ne m'ont jamais enseigné la haine de ce qui nous permet de vivre ensemble (la République), ils ne sont jamais sortis dans la rue pour s'en prendre à leurs congénères en brûlant ce qu'ils avaient eu tant de mal à gagner. Ils ont travaillé en sachant que, dans notre société, il y aura toujours des profiteurs, des patrons-voyous et des bandits, ce qui ne justifie aucunement de mettre à bas la République, mais qui nécessite de se battre sans s'imaginer faire disparaître un jour ce et ceux qui nous gênent. Ils m'ont appris que les riches n'avaient pas besoin de la collectivité, de la République, de la Nation.

Non, la Nation n'est pas un concept périmé comme vous semblez le penser, à l'instar de Mr Sarkozy et de ses disciples de gauche comme de droite.. Vous êtes française, que vous le vouliez ou non. La culture française vous a façonnée, que vous le vouliez ou non, à travers sa langue et sa culture. Le citoyen et sa Nation sont aussi indissociables que le corps et l'esprit.

Le mieux est souvent l'ennemi du bien. Vous critiquez Finkielkraut sans l'avoir réellement lu ou écouté. Ses réflexions sont beaucoup plus nuancées que ce que vous rapportez. Je partage avec lui cette crainte du conformisme, de la confusion et du manque de rigueur intellectuelle qui règne dans notre pays.

Non, le pire des fanatismes n'est pas toujours celui du profit (toujours votre dogme). Hitler, Pol Pot ou Staline étaient tous des anti-capitalistes. Le profit n'était pas leur motivation première et, pourtant, ils ont fait massacrer des millions d'individus (on reconnaît un arbre à ses fruits et donc une idéologie à ses conséquences).

Une personne victime d'injustice a toujours son libre arbitre. Toutes les crapules ne sont pas toujours des gens qui ont connu la pauvreté ou l'injustice, et tous ceux qui les ont connues ne deviennent pas des délinquants. Non, l'injustice n'est pas un alibi à toutes les violences ou alors les hommes seraient donc voués à s'entretuer. Et puis, pourquoi ne pas justifier les crimes nazis car les Allemands connurent une misère effroyable après la première guerre mondiale (des millions de morts civils, femmes et enfants compris, morts de famine). Pourquoi Gandhi a-t-il donc souffert et lutté? Rejetait-il le concept de Nation ou de culture ?

Le fait que Finkielkraut soit un bourgeois (tiens donc, cela me rappelle quelque chose !) n'enlève rien à la valeur de son argumentation ; mais d'ailleurs, n'êtes-vous pas vous-même une bourgeoise ? Il est vrai qu'il n'y a pas plus anti-bourgeois que les bourgeois eux-mêmes (cf Marx ou Lénine)... la mauvaise conscience, peut-être ?

Il est évident que la haine ou la bêtise n'ont pas de couleur ; c'est d'ailleurs ce que Finkielkraut ne cesse de clamer. Pourquoi devrions-nous nous priver de parler du racisme anti-blanc, s'il existe (je vous garantis qu'il existe pour l'avoir expérimenté en Algérie), alors qu'on nous bourre le mou avec le racisme des blancs depuis 20 ans. Est-ce toujours justifié ? Cela a-t-il permis de réduire les tensions raciales en France ?

Vous pourrez toujours tourner le problème dans tous les sens, la lutte contre la discrimination ne résoudra pas tous les problèmes ; restaurer la République et la Nation en résoudra bien plus. Car des discriminations, il y en aura toujours tant qu'il y aura des différences entre les hommes (le sexe, le poids, la couleur, la beauté, les opinions, l'intelligence, etc...) et alors mettrez-vous un flic et un avocat derrière chaque citoyen indélicat ? La République et la Nation ont, quant à elles, fait leurs preuves (lorsqu'elles s'appuyaient sur des gens lucides et responsables) pour unir le peuple français autours de valeurs communes (dénominateurs communs) malgré une propension culturelle à la dissension et à la guerre civile.

Encore une fois, vos arguments prouvent qu'il règne une certaine confusion dans votre esprit.
Vous confondez race et nationalité : Le Pen préconise d'interdir le droit de vote aux étrangers (ceux qui ne détiennent pas la nationalité française, principe qui existe déjà dans 99 % des pays du monde), et non pas d'interdir le vote aux français d'origine étrangère.
Vous avez une fâcheuse tendance à déformer les propos de vos contradicteurs. Le Pen est assurément critiquable, sur ses contradictions au sujet de l'Algérie française par exemple, mais pas sur ce sujet. A quoi servent les lois, les Nations, les langues, les cultures, la Démocratie, le vote..., si une collectivité ne peut fixer ses règles de fonctionnement ?

La France ne nous appartient pas : elle nous a été transmise par les générations passées qui, à la sueur de leurs fronts et parfois avec leur sang, ont produit les richesses qui vous profitent aujourd'hui.
Vous avez perdu ce sentiment d'être redevable à votre pays et à ce qu'il représente. Vous avez perdu ce sentiment du devoir et de la solidarité nationale. Si vos ancêtres avaient agi comme vous, nous serions encore des esclaves, à la botte des allemands peut-être ?

Vivons donc dans un monde totalement libre, sans institutions, sans lois, sans frontières, sans polices répressives, sans capitalisme, sans conflits, sans Finkielkraut, et laissons l'homme originel exprimer sa bonté naturelle. A moins que vous ne lisiez un livre d'Histoire pour vous apercevoir de la folie de vos conceptions qui ne prennent pas en compte une donnée essentielle : l'Histoire de l'Homme est une histoire tragique, surtout quand il renonce à défendre ses propres valeurs, à s'assumer, à assumer ses contradictions et ses conflits, oublie que le monde, comme l'homme, est perfectible.

L'ordre est consubstantiel à l'humanité et la nature a horreur du vide : détruisez l'ordre républicain et il apparaitra un nouvel ordre (plus juste ? Que pensez-vous, à ce sujet, de la loi islamique appliquée dans certains quartiers français ? Des femmes voilées ou lapidées, voire vitriolées lorsqu'elles refusent ce joug ? La préférez-vous à la loi républicaine ?).
Abattez le capitalisme et il apparaitra de nouvelles injustices (moins inhumaines ? Demandez donc aux déportés du goulag).

Si vous ne fixez pas vous-même vos limites, quelqu'un d'autre s'en chargera (le plus fort en général). Espérez juste que ses objectifs soient en accord avec vos valeurs, comme l'ont fait les français à l'esprit munichois, lorsqu'ils durent accepter la loi hitlérienne en juillet 1940.

Écrit par : Péricles | 30/01/2008

À partir de quoi élucubrez-vous ainsi ?

Non seulement le conflit est là pour rester, mais l'usage du singulier n'a pas lieu d'être : les conflits et les sources de conflits sont multiples et lorsqu'un conflit se résout, un autre s'ouvre (à l'intérieur d’un pays et dans le monde).

Je reviendrai si j’ai le temps à la question que j’ai soulevée - égalité comme IDÉAL mobilisateur que vous rattachez – forcément mais absolument sans raison valable à Marx. Cet IDÉAL qui n’a jamais signifié l'abolition du conflit, ce qui est clair pour ceux qui acceptent de réfléchir honnêtement et sérieusement a ce qui oppose radicalement la gauche et la droite (pour faire simple)(Vous attribuez aux autres vos propres désirs d"abolition du conflit).

Pour l’instant permettez-moi de revenir à l’essentiel de mon message, qui ne portait qu’accessoirement sur le thème de l’égalité, mais visait surtout a mettre en relief l’arnaque principale (le non dit) qui fonde le discours des conservateurs (IDEM : pour faire simple) : les élites économiques ne seraient pas mues par les passions mais uniquement par une nécessité – nécessité qui, bon an mal an, serait @supérieure@. Puorquoi conservateurs? Parce que le fondement de la pensée conservatrice est la suivante : la gestion de l'économie, des ressources et des hommes (main d'oeuvre) est rationnelle et efficace, c'est la seule possible et elle est définitive. D'ou la fermeture de la pensée conservatrice aussi @raffinée@ qu'elle puisse ëtre.

L’idée - subliminalement - transmise est celle-ci : il y aurait d’un côté le risque abominable que représentent les passions populaires (celles des « pas instruits, des subalternes, des du bas » c'est a dire en fait tout ce qui n'est pas muni d'un diplome du troisième cycle, de sc. po ou de l'ENA, ou d'un capital a investir) et de l’autre, la Sagesse supérieure de l’élite politico-économique et courtisane, qui ne peut, bien sür, pas être mue par les passions mais est forcément et uniquement mue par la Raison (supérieure et transcendentale).

Nos commentateurs courtisans ne se rendent pas compte que leur vision « du peuple » légitime le mensonge et la manipulation du peuple par les élites économiques (on ne peut pas tout dire au peuple, il ne comprend pas, n’a pas la distance nécessaire, réagit trop, etc.). Percevant le peuple comme pervers et infantile, soumis a ses pulsions, nos intellos droitards, en enfonçant le mëme clou, jour après jour, cherchent en fait a infantiliser le peuple pour conserver leurs positions de courtisans-maïtres-a penser (besoin indéracinalbe et irrépressible de continuer èa croire aux avant-garde et aux gourous intellectuels, fussent-ils conservateurs).

Le martelage actuel du mot « peuple » est d’autant plus intéressant que ces commentateurs se gardent bien de déterminer si les actionnaires mondialisés font ou non partie du peuple. Il semblerait que de plus en plus de gens, dans le monde, aient de sérieux doutes a ce sujet, sauf les anciens et nouveaux riches, et nos chers rentiers intellectuels (en faillite.)

L’insistance actuelle des gens de droite sur le mot « peuple » (mot qu’ils avaient abandonné, par haine de l'autre histoire, l'histoire occultée des humbles, l'histoire ouvrière, à la gauche officielle, qui elle-même a fini par s’en méfier et l’abandonner pour les mëmes raisons) est un changement linguistique radical et tout a fait fascinant. (Je sais bien que De Gaule parlait encore du peuple de France – mais De Gaule a été poussé au pouvoir après une guerre et rappelé en raison d’une autre guerre. Vous pouvez attendre votre sauveur, vous ne l'aurez pas tant que les islamistes n'auront pas envahi la France et qu'un bon nombre de militaires français n'auront pas passé de vie a trépas.

Ne serait-pas un peu ce que vous souhaitez?

(Je sais que pour vous, le terrorisme c'est la guerre, comme dit l'Ami Bush, le seul hic, c'est que le terrorisme ne peut pas être abordé comme une guerre défensive contre un envahisseur ni réglé par des invasions militaires).

Revenons à nos moutons : l’utilisation aussi soudaine qu’incessante du mot peuple (ex. par Zemmour) est, d’après moi, très révélatrice. Disparu du Figaro depuis des lustres, l'usage réapparait soudain et dans un seul but : flatter les couches populaires, en particulier les « de souche », leur faire croire qu’on se préoccupe sérieusement de leur sort de façon à les mettre de son coté grâce à la puissance « évocatrice » du mot peuple. Mais ce mot ne résonne pas de la mëme façcon pour tous et la encore, la manipulation risque de se retourner contre les manipulateurs. (Même si Le Pen déclare qu’il prend « tout » de l’histoire de France, il a toujours eu une nette préférence pour les chants militaires -y compris nazis et Armée rouge - et nettement moins pour les chants de la Commune, les chants anarchistes ou ceux du Front pop!).

(J’en profite, entre deux paragraphes, pour vous demander ce qui vous permet de supposer que je n’ai rien lu de Finkielkraut ou que je l’ai forcément mal lu 2) Vous inciter a être plus prudent lorsque vous décidez de féminiser votre interlocuteur à partir d’un pseudonyme ou autre donnée … Vous semblez vouloir vous accrocher a du solide : peur de vous perdre dans le noir?)

Reprenons le fil. Pour nos intellectuels assis, la seule forme acceptable de l'expression du conflit, c'est la réunion exclusive entre prétendus experts qui débattent entre eux sur un plateau, ou par journal interposé.

C'est en effet la manière dont certains conçoivent la démocratie ... On se demande alors, pourquoi ils n'ont pas le courage politique d'aller jusqu'au bout et ne demandent pas l'abolition pure et simple du droit de réunion publiques, de manifestations, ou d'association, ou encore d’Internet (le vœu le plus cher de notre ami Fink) : ce sera plus clair. Et tant qu'a faire, au rétablissement du suffrage censitaire, puisqu'ils se prononcent ici et la contre le suffrage universel. CF : explosion de regrets pour la monarchie absolue, le temps des croisades et la chevalerie.

Je n'ai jamais pensé, ni souhaité, ni imaginé que l'on puisse supprimer les conflits. Par contre, j'affirme que ceux qui s'imaginent pouvoir CHOISIR la forme d'expression du conflit qui leur convient rêvent en couleur (ou sont des guignols).

C'est ce que j'appelle la pensée bourgeoise et le conformisme, et je me fous de savoir si Finkielkraut est ou non un bourgeois au sens strict du terme. (Ce n'est pas un bourgeois de naissance, nous le savons). Tout ce que je sais c’est qu’en raison de sa vision du monde, il est bien incapable de renouveler les concepts ou d’en créer de nouveaux, d'ou son agitation perpétuelle et son conservatisme ravageur (pour lui).

Par ailleurs, je ne sais pas pourquoi vous vous mettez à agiter vos Pol Pot, Hitler ou Staline ... nous pataugeons dans la même mélasse depuis des années : qui n’est pas favorable au type actuel de gestion des ressources est fatalement un stalinien non repenti, un polpotien qui s’ignore, un inculte, un innocent dangereux …..

Une masse de gens ont conservé, que vous le vouliez ou non, une sensibilité de gauche. Si tous ces gens militaient au PS, chez Besancenot ou au PC, ça se saurait. Par contre, ils peuvent s'associer (ou non) a certaines luttes ou participer à certains débats. Parmi ces gens, je pense que vous allez ramer très longtemps avant d'en trouver qui soient favorables à l'édification d'un « parti révolutionnaire unique ». Personnellement, je ne vois pas tellement de soutien en Europe au projet léniniste de parti unique et centralisé en vue d’une prise de pouvoir. Plus personne ne croit à cela, pas plus qu'aux avant-garde éclairées, sauf les gens de droite. Se mettre à hurler ainsi et à tout propos « Polpot, Hitler, Staline », c’est ce que j’appelle la stratégie maccarthyste : on cherche a effrayer le populo.

D’ici peu, vous réclamerez mon inscription au registre des terroristes.



Bref, vous devez avoir le regard brouillé (cataracte finkielkrau-zemmourienne), car dans ce qu’on peut appeler la « mouvance de gauche », il y a une exigence de pluralisme et une méfiance totale et radicale à l’égard de cette idée de parti unique, mais également un refus de se plier à une éventuelle « discipline de parti ». Un résultat somme toutes très positif de l'après-mai 68 qui, hélas ou tant mieux, donne aux élites acquises au système l’illusion que ce qu'ils appellent @la gauche@ (sans savoir au juste de quoi ils parlent) est morte et bien morte, et morte pour toujours, la sale bëte.

Ces élites, visiblement, aimeraient énormément qu’aucune forme d’organisation ou de débat souple, fluctuant ou temporaire ne puisse exister en dehors d’elles.

Ceux qui répètent sans cesse qu'ils veulent en finir avec le fameux « clivage gauche-droite » sont justement ceux qui expriment leur désir de parti unique et d'union sacrée autour d'un sauveur suprême, désir plus ou moins conscient, plus ou moins clairement ou plus ou moins honnêtement exprimé.

Personnellement, cela ne me gêne pas, car je crois qu’à force de crier « tention Polpot, tention Hitler » vous finirez par avoir le même résultat que celui que les atlantistes-américanistes ont obtenu en se servant de l’accusation d’antisémitisme pour museler leurs adversaires, quel que soit le sujet, certains allant mëme jusqu'a soutenir que toute prise de position anti-atlantiste ou anti guerre en Iraq était antisémite : visiblement, ce genre de petits jeux d'esprit finissent par lasser.

Je vous laisse le temps de répondre (si vous le souhaitez).

J'aurais voulu poursuivre sur la question de @l'éthique et de la diplomatie@, qui ne concerne pas uniquement l'Algérie et les islamistes mais est une question de philosophie politique beaucoup plus vaste et fondamentale.

Pour Zemmour, le manque d'éthique dans les relations entre les pays c'est forcément bien. Laissons lui le bénéfice du doute : cela ne veut pas forcément dire qu'il pense que l'éthique soit toujours néfaste. Dommage : personne ne lui a jusqu'ici posé la question.

Mais a l'entendre, il semble qu'il juge le manque d'éthique plus efficace comme principe posé a priori.

Posons la question avec un exemple concret : par exemple blanchir la réputation du président Uribe en le décrivant a la face du monde comme un brave démocrate (Match/Sarkozy) alors que c'est une sinistre canaille aux yeux d'une majorité écrasante dse gens de la région, intellectuels ou non - sous prétexte que les FARC ont enlevé Bettencourt et que les dirigeants du FARC sont eux aussi des canailles malfaisantes, ce n'est pas éthique. Mais en plus de ne pas ëtre éthique, est-ce un bon calcul sur le plan géopolitique?

La encore, tout le discours zemmourien repose de A a Z sur l'hypothèse qui tue : les plus forts resteront toujours les plus forts, parce que c'est ce que veulent les plus forts, et que moi aussi Zemmour, je le veux et je l'espère.

Zemmour a du mal a comprendre que trop de puissance inquiète et saoule, et que trop de puissance tue la puissance. Lui mëme semble d'ailleurs souffrir gravement d'une illusion de (sur)puissance : visiblement, ca lui monte a la tëte.

Zemmour a ouvert, sans la formuler ouvertement, la perspective suivante : la suppression de l'ONU ou le retrait de la France de l'ONU. Il a le droit de l'envisager, bien sür, maison peut lui reprocher, tout de mëme, d'etre incapable d'aller jusqu'au bout de ses idées prétendument géniales qui ne sont en fait rien d'autres que des cabotineries, Bref, de faire semblant d'oser alors qu'il n'ose pas vraiment.

J'ignore toutefois jusqu'a quel point les gens prennent ce gus au sérieux. Ce qui est a prendre au sérieux, par contre, c'est que ce soit lui qui soit devenu le chroniqueur omniprésent de l'ère Sarko.

J'expliciterai mieux mon commentaire sur la proposition du candidat de Le Pen dont j'ai parlé - droit de vote local aux immigrés d'origine extra-européenne - car il me semble que vous n'avez pas compris la formulation de la proposition en question. Votre réponse est donc tombée a l'eau.

(Si dans le message, des accents ou des guillemets manquent, c'est que, pour une raison que j'ignore, la police de caractères fait des siennes.)

Écrit par : BOUG | 31/01/2008

J'élucubre, j'élucubre... j'essaie surtout de débattre, ce qui n'est pas facile avec vous.
Pour débattre, il me semble qu'il faut se rencontrer, s'opposer et argumenter sur quelques points précis.

Vous me proposez donc des idées et des arguments ; j'essaie de répondre point par point, de relever vos contradictions. Mais le problème est, qu'au lieu de me répondre, de me contredire, ou d'affiner votre propre argumentation, vous partez dans une autre direction, soulevez d'autres problèmes. On peut parler des siècles sans jamais se comprendre à ce rythme-là.

Mais bon, partons du principe que je vous ai mal compris, ou qu'il y a eu mauvaise interprétation de ma part.

A l'origine, nous parlions de Finkielkraut. Alors pourquoi me parler de Zemmour ? Peut-être avez-vous raison à son sujet, je n'en sais rien, je ne le connais pas (le Figaro n'est pas mon journal de chevet).
Ces deux individus sont-ils associés au point d'être d'accord sur tous les sujets ?

De plus, vous trempez Monsieur Finkielkraut à toutes les sauces (néo-conservateur, Le Pen, Sarkozy, sionniste, élite, Zemmour, Figaro, capitaliste financier ...). Mais ce monsieur ne peut-il avoir une opinion nuancée sans être catalogué ipso facto dans un camp ?
Quels sont les éléments qui vous permettent de penser que Monsieur Finkielkraut peut-être rangé dans le même sac que tous ces individus ?

C'est d'ailleurs une des critiques principales de Monsieur Finkielkraut à l'égard de ses contradicteurs : dès qu'il ouvre la bouche, il est de suite catalogué, ses propos sont déformés, interprétés (négativement, il va sans dire !) et les cris d'orfraies remplacent les critiques constructives.
L'avantage de ces méthodes (qui rappellent étrangement les méthodes de la gauche stalinienne des années 50 à 70, puis du PS dans les années 80, 90) est qu'elles permettent d'esquiver le débat.

J'aimerais donc que vous évitiez les procès d'intention ; rien ne vous permet d'affirmer que Monsieur Finkielkraut est pro-Bush ou pro-Zemmour. C'est pourquoi je suppose que vous n’avez rien lu de Finkielkraut ou que vous l'avez peut-être mal lu ; si vous l'avez bien lu ou bien écouté, j'attends de vous que vous partiez de ses propos (non déformés, si c'est possible) et que vous apportiez une argumentation.

Je suis entièrement d'accord avec vous sur la trahison des élites, et je ne pense pas que Monsieur Finkielkraut ait dit le contraire.
Bien sûr que oui les élites sont autant (voire plus) sujettes à l'idéologie et à la bêtise, que le peuple pris dans son entier.
Mais il y a quand même un fait incontestable : on a les politiciens que l'on mérite.
Les français ont, depuis les années 70, suffisamment d'éléments pour juger leur classe politique et, pourtant, ils votent toujours pour les mêmes gugus, pourquoi ?

Il y a pourtant un élément que je n'arrive toujours pas à comprendre : vous me parlez de la gauche qui semble, selon vous, irréprochable et de la droite qui semble, quant à elle, pleine de perversion et de perfidie.
Pourriez-vous m'expliquez ce qui, dans les faits (pas dans les paroles) différencie la droite de la gauche ?
Mitterrand était-il de gauche ? Et Giscard ? Et Chirac ? Et Sarkozy ? Et Attali ? Et Kouchner ?
Combien d'années la gauche a-t-elle été au pouvoir ? Et vous croyez que le pouvoir donné à la finance date d'aujourd'hui ? Qui a soutenu le traité de Maastricht débouchant sur une Europe ultra-libérale : la droite ?
Qui, aujourd'hui, est d'accord avec Sarkozy pour entériner le mini-traité Bolkestein ?
D'ailleurs, vous m'expliquerez ce que veut dire "la gauche" aujourd'hui, si ce n'est un attrape-couillons.

Disparu du PS depuis des lustres, l'usage des mots Nation, drapeau, souveraineté populaire réapparait soudain et dans un seul but : flatter les couches populaires, en particulier les « de souche », leur faire croire qu’on se préoccupe sérieusement de leur sort (après la surprise Le Pen de 2002) de façon à les mettre de son côté grâce à la puissance «évocatrice » de ces mots.
Mais ces mots ne résonnent pas de la même façon pour tous et, là encore, la manipulation risque de se retourner contre les manipulateurs.

Vous parlez également de l'insistance des gens de droite sur le mot peuple, mais vous n'avez pas bien écouté les ténors du PS, sans parler de Ségolène devenu l'apôtre de la Nation, du drapeau et de la souveraineté du peuple, après avoir été complice de son démantèlement. Grotesque et pathétique Ségolène ! Grotesque et pathétique peuple de France, pour croire encore à ces marchands de tapis.

Je ne cherche pas un sauveur, j'espère juste pouvoir élire, un jour, un homme d'Etat responsable : est-ce trop espérer? Doit-on se résigner au cynisme comme mode de gouvernement ?

"vous ne l'aurez pas tant que les islamistes n'auront pas envahi la France et qu'un bon nombre de militaires français n'auront pas passé de vie a trépas." Là, je ne vois pas trop où vous voulez en venir !

"(Je sais que pour vous, le terrorisme c'est la guerre, comme dit l'Ami Bush, le seul hic, c'est que le terrorisme ne peut pas être abordé comme une guerre défensive contre un envahisseur ni réglé par des invasions militaires)." Bien entendu que le terrorisme c'est la guerre ; vous n'allez quand même pas me dire qu'un terroriste n'est qu'un délinquant victime des injustices sociales ? Si ?
Mais c'est évident que le terrorisme ne peut être résolu uniquement par des moyens militaires. Mais, de toutes façons, quel imbécile a jamais cru que les USA faisaient la guerre pour lutter contre le terrorisme ? Ah si, Glucksmann peut-être !

Sur les goûts musicaux de Monsieur Le Pen, je ne pourrais pas vous répondre, n'étant pas passionné par ces questions.

Pour la féminisation de mon interlocuteur (en l'occurrence, vous), je vous ai posé ouvertement la question dans une autre note, mais vous ne m'avez pas répondu (peut-être ai-je loupé un accord de participe passé !) ; n'ayant pas de capacités médiumniques, il m'a bien fallu trancher. Je suis donc parti du féminin de bougie (je passe sur l'argumentation psychologique digne de Gérard Miller après son passage chez Ruquier).

Je pense que vous vous méprenez sur Finkielkraut : son plus grand regret est le conformisme intellectuel et le manque de débats démocratiques (ce que j'ai déjà expliqué plus haut) ; sa critique d'internet ou des portables part d'une critique de la modernité en général. Internet développe-t-il l'intelligence? Evite-t-il le conformisme ? Evite-t-il la déshumanisation de la société ?
Comme toujours, vous lui faites un procès d'intention, vous amalgamez, interprétez et déformez ses propos ! Pourquoi ? Vous dérange-t-il dans votre confort intellectuel ?
Alors pourquoi, si vos convictions sont si fortes, si vos idées sont claires, ne pas le contredire sur ses propos, pas sur ses soi-disant arrières-pensées que vous ne pouvez pas connaître ?

Vous le traitez de conformiste. Savez-vous ce que signifie le
conformisme ? Pour être conformiste, il faut penser comme la majorité du groupe ; pourriez-vous réellement soutenir que c'est le cas ? Si oui, nous ne devons pas vivre dans la même dimension (à moins que le sens des mots ait changé depuis mon dernier achat de dictionnaire).

Pourquoi j'agite Pol Pot, Hitler ou Staline : il me semblait pourtant vous l'avoir expliqué. Vous me dîtes que le fanatisme de l'argent est le pire des fanatismes ; je vous réponds que non, en vous donnant des exemples précis. Que puis-je faire d'autre ? Vous pouvez objecter mais pourquoi faire semblant de ne pas comprendre ?

Vous me parlez de la position du gouvernement français à l'égard des algériens : je vous réponds en vous expliquant la véritable nature du FIS (Front Islamique du Salut) et en faisant un parallèle avec Pol Pot. Qu'y-a-t-il d'incompréhensible ?

Je vais peut-être vous étonner mais je me considère comme quelqu'un de gauche ; c'est pourquoi je crois en la Nation et en la République, contrairement à tous ces libéraux du PS (Stauss-Khan au FMI, CQFD).
Les gouvernements de gauche ont détruit la République et la Nation, seul rempart pour protéger les plus fragiles du vent de l'ultra-libéralisme, ouvrant ainsi la voie à cette droite sans complexes.

Pour résumer : vous avez une fâcheuse tendance à argumenter dans le vague, à déformer les propos de vos contradicteurs, à esquiver les objections qui vous sont faites (quid de la position de la France avec l'Algérie du FIS ?), à amalgamer les concepts qui vous arrangent (la gauche officielle, c'est quoi au juste ? Y-aurait-il une vraie gauche pure que nous n'aurions pas encore découverte ?), à opposer aux autres vos propres errements (je traiterais de stalinien mes contradicteurs ? Vous ai-je taxé d'antisémite ? Je ne crois pas, j'étais juste curieux de vous voir parler à tout bout de champ d'Israël.
Vous dites que je vais bientôt vous ficher comme terroriste, mais qui a déformé les propos de Finkielkraut le jugeant indigne et définitivement sorti du monde intellectuel et philosophique, pour se vautrer dans les excréments ?

A vous contredire sans vous en rendre compte (comment être contre la Nation et également contre les vices de la mondialisation et des groupes financiers incontrôlables car extra-territoriaux).

Quant à votre précision sur le droit de vote local aux immigrés d'origine extra-européenne... avez-vous bien lu mon propos ? J'en doute !

Je ne vous empêche pas de critiquer, bien au contraire. Tout est critiquable, encore faut-il être clair et ne pas se cacher derrière des concepts flous.

Lorsque l'on fait un procès à charge, il faut avoir des éléments précis, des faits précis, des convictions claires et cohérentes et ne pas se contenter d'impressions, d'intuitions, d'à peu-près, sous peine de se voir débouter.

J'apprécie tout de même votre volonté de débattre mais il faudra revoir votre copie.

Écrit par : Péricles | 31/01/2008

VOTRE CITATION
Encore une fois, vos arguments prouvent qu'il règne une certaine confusion dans votre esprit.
Vous confondez race et nationalité : Le Pen préconise d'interdir le droit de vote aux étrangers (ceux qui ne détiennent pas la nationalité française, principe qui existe déjà dans 99 % des pays du monde), et non pas d'interdir le vote aux français d'origine étrangère.

MA RÉPONSE
FORMULATION de la nouvelle plateforme du FN (Martial Bild)

"Opposition complète au droit de vote
des immigrés extra-européens aux élections
municipales."

MON COMMENTAIRE

VOUS lisez mal et VOUS êtes confus.

Si votre interprétation de la formulation de la plateforme du FN était exacte, elle se lirait comme suit :
"Interdiction du droit de vote aux élections municipales aux personnes n'ayant pas la nationalité française"
ou bien
"Droit de vote aux él. municipales exclusivement réservé aux personnes ayant la nationalité française"
ou encore
"Interdiction du droit de vote aux personnes n'ayant pas la nationalité française, quelles que soient les élections" .

et autres formulations du même genre.

Or, ce n'est pas DU TOUT cela qui est écrit.

Cette formulation DOIT s'interpréter de la manière suivante

Opposition COMPLÈTE au droit de vote aux élections municipales aux immigrés de souche extra-européenne.
SIGNIFIE
que l'opposition du FN n'est pas complète au droit de vote aux élections municipales des immigrés de souche européenne. POINT À LA LIGNE.

L'Autre interprétation possible est que le FN se fout du droit de vote des immigrés, mais qu'il voulait profiter d'une occasion suplémentaire de placer le mot "extra-européen" (appel du pied à ses amis "identitaires" européens).

EN TOUS CAS, il n'y a rien dans cette phrase qui puisse vous permettre de l'interpréter comme vous le faites. Aussi ai-je deux questions :

a) Avez vous un problème de cataracte ? Dans ce cas, faites vous soigner. C'est une opération courante, sans douleur et efficace.

b) Si ce n'est pas la cataracte. Je vous propose l'interprétaton suivante de votre mauvaise lecture.

Comme les nouveaux bien-pensants, vous avez l'impression que Le Pen a été attaqué à tort par la gauche, alors qu'en fait, c'est un pur républicain, un brave type hélas incompris et calomnié qu'il faut défendre en toutes circonstances contre les mauvaises langues.

Mais le plus drôle, c'est que VOUS faites une lecture totalement erronée d'un texte simple et vous ME trouvez "confus".

Entre parenthèses, jusqu'à preuve du contraire et jusque récemment, le FN est le seul parti qui ait entretenu une confusion en France entre race et nationalité et joué là-dessus.

Ne pas comprendre le sens d'une phrase simple et directe et sans fioritures d'un programme électoral destiné au grand public, c'est tout de même grave.

Et comme je sens qu'il y a de la mauvaise foi et de l'aveuglement volontaire dans l'air, cela va devenir très vite stérile, c'est pourquoi je vous tire ma révérence.

Écrit par : BOUG | 01/02/2008

Différence minime entre Fink et Zemmour : l'un est un clown triste, l'autre un bouffon ricanant. Finki a accumulé autant de temps d'antenne que BHL, qui avait pété le record. Si FINK n'était pas soutenu par un courant massif de l'opinion, les producteurs TV l'auraient laissé à Polytechnique.

Il n'aurait pas on plus été adoubé "grand intellectuel français" par notre ami Sarko. Alors ses jérémiades sur sa "solitude" et son ostracisation : basta !

Ce courant puissant d'opinion EST la bien-pensance.

Je ne dis pas qu'il est facile de trouver une alternative. Pour être honnête, je pense que les intellos des grandes écoles commenceront à réfléchir réellement au moyen de "sortir de la crise" quand ... ils ne pourront plus payer leurs hypothèques, quand ils cesseront de croire au mot "croissance" et quand ils admettront que le capitalisme, par nature, n'a besoin de personne pour entrer régulièrement en crise et saboter la vie des gens et actuellement, de plus en plus de gens.

Vous remarquerez que s'il y a de nombreux artistes et animateurs de la gauche caviar à la télé, les penseurs de gauche -je ne parle pas de Royal ou de Miller qui m'exaspère autant que Finki, mais d,intellectuels - n'y sont pratiquement PAS représentés et n'y ont pratiquement JAMAIS été représentés (Ex. René Scherer dont je vous ai parlé).

Vous confondez hélas, la gauche et le PS et de façon générale, il semble que pour vous, être de gauche, c'est forcément être encarté et soutenir le PS ou le PC. Et c'est là que ça coince.

Je me suis tué à vous expliquer que des milliers de gens sont à gauche dans le sens du respect pour l'héritage des luttes des humbles, des sans voix et des subalternes, héritage nié, occulté et réocculté, et par respect pour la CRÉATIVITÉ des subalternes; que ces gens sont contre la soumission aux partis, et qu'ils sont beaucoup plus nombreux que ce que vous croyez.

À chaque fois que vous dites "la gauche" au lieu de dire "le PS" ou le "PC" vous niez l'existence de cette gauche-là, qui d'après moi est la plus nombreuse, et vous vous déclarez, que vous le vouliez ou non de droite.

Votre forme de pensée, vos sympathies tout comme votre réaction spontanée et irréfléchie de défense du programme du FN font de vous un homme de droite : assumez-le au moins.

Autre raison pour laquelle Finki m'exaspère au plus au point :

Sa défense NIAISE de l'école

Ex. L'école véhicule des connaissances de base, c'est vrai.

Mais elle véhicule aussi le MENSONGE et la CENSURE


EX. Proust.
Un lycéen de l'époque où FInki était à l'école pouvait en effet lire le passage de la "petite madeleine" et il est probable qu'un certain nombre le fassent encore.

Le seul problème est que ce passage de la petite madeleine ne dit absolument RIEN de l'oeuvre de Proust : au contraire. Il en fait un écrivain MIÈVRE. Proust a écrit des romans sur les MOEURS et l'HOMOSEXUALITÉ.

Et on pourrait dire la même chose pour une multitude d'écrivains tellement démolis par les censeurs qui fabriquent les programmes scolaires qu'on se demande pourquoi ils les mettent au programme. Sans doute parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement. Le but affiché de l'école est de DÉGOUTER les élèves des arts et de la littérature, en lui enlevant son caractère subversif : cela ne date pas d'aujourd'hui et c'est VOULU.

Dans un tel système, le bon prof de littérature doit transgresser, au risque de se faire lyncher par son administration ou les parents.

C'est une raison majeure qui permet d'affirmer que Finki est n'est PAS un penseur critique - diable non ! mais un bien-pensant de l'espèce la plus banale.

Qu'il relise ce que disait un Bernanos (qui n'était pas de gauche) ou un Lewis Caroll de l'école d'autrefois, cela lui éviterait de déballer des sornettes en misant sur l'ignorance des gens.

Écrit par : bougie | 01/02/2008

Pardon de venir mettre mon grain de sel dans cette longue discussion mais je dois avouer ne pas être d'accord quant aux propos de Boug dans son dernier commentaire.

Je ne suis pas "fan" de Monsieur Finkielkraut mais je ne crois pas un seul instant qu'il soit "soutenu par un courant massif de l'opinion".

Je trouve simplement que la télévision, dans son grand ensemble, a tout simplement abandonné la culture, les rares émissions de débat de qualité du style "Culture et dépendances" ayant purement et simplement été rayées des antennes.

Écrit par : Gerri | 01/02/2008

je me suis permis de supprimer le deuxième commentaire que vous aviez édité en double et ou apparaissait votre Email.
je vous répondrai plus tard.
merci

Écrit par : Péricles | 01/02/2008

Je ne veux pas abuser de la courtoisie de M. Péricles : à lui de juger s'il accepte de publier ma réponse à Gerri.

Gerri, promenez-vous dvantage dans Internet : vous constaterez que Finki est soutenu becs et ongles par une bonne partie des gens qui s'y expriment. Je ne parle pas des blogues personnels des jeunes staracadémisés mais des sites politiques animés parr des gens qui ont une formation universitaire.

Il est d'ailleurs aussi, ironie du sort, soutenu par des gens connus pour leurs sympathies d'extrême-droite et leur antisémitisme virulent avant le 11 septembre.

Non Fink 'est pas isolé, et n'est pas un défi vivant à la bien pensance, et il a su très bien utiliser la carte du vedettariat intellectuel (qui contredit le principe même du débat démocratique, flatte les égos et à la longue, déforme le caractère).

Ses bouquins se vendent très bien.

Avant de devernir star télévisuelle, Finkielkraut a eu pendant des années ses entrées régulières dans le Monde ce qui n'est pas rien, sans compter F Inter et l'appui indéfectible de nombreux autres intellectuels eux-mêmes très médiatisés qui pratiquent abondemment le retour d'ascenseur.

Il n'en a pas eu assez : il lui a fallu en plus mettre la main sur les médias communautaires.

Il ne voit pas le problème qu'il y a à monopoliser le micro pour son propre compte, il réclame toujours plus, même si les médias ont fait de lui un incontournable.

Le droit de parole est très mal distribué, en réalité, car tout le spectre des opinions n'est jamais représenté. Finkielkraut a eu une part considéraable du gâteau médiatique, en a abusé, tandis que d'autres n'en ont eu qu'une part minime, ou rien du tout.

Tout le jeu des médias dominants de l'establisment ou de masse depuis des années a consiste à placer face à face des gens aux idées certes opposées, mais ce n'est pas parce qu'elles sont opposées à d'autres qu'elles sont originales ou anti-bien-pensance. La bien-pensance prend de multiples formes.

Bref, les médias donnent l'ILLUSION que toutes les idées sont représentées et la réaction antiFinkielkraut trouve aussi sa source dans le fait que cles médias dominants ont élu Finkielkraut (car ce n'est pas lui qui a pu parvenir tout seul à ce degré de notoriété) et ont fait de lui une vedette, et ce, bien avant qu'il ne reçoive l'adoubement officiel sarkozyen, qui le gêne probablement un peu aux entournures aujourd'hui.

Trop tard.

Écrit par : B | 01/02/2008

Le Pen, Le Pen ! Ca y est, le mot est lâché !
Autrefois l'inquisition évoquait le diable ou ses suppôts pour réduire les contradicteurs au silence. Maintenant, la nouvelle Eglise a Le Pen !

Vous avez une fâcheuse tendance à vouloir mettre vos opposants dans des cases (Finkielkraut, Zemmmour, moi-même). Cela vous rassure-t-il ? Qui a peur de perdre ses repères (la gauche = les gentils, la droite = les méchants, ce serait si simple...) ? Cela vous permettra peut-être de rompre le débat en gardant bonne conscience (et oui, car on ne débat pas avec un individu qui ne traite pas Le Pen de fasciste !), alors que le vrai motif semble être la faiblesse de votre argumentation : pratique !

Donc il y aurait, selon vous, une gauche pure, exempte des tares du PS ou du PC ? Mais où est-elle ? Mais que fait-elle ?
Où avez-vous vu ou entendu un débat souple, fluctuant et temporaire ?
A moins que vous ne dénommiez débat une conversation entre gens de même opinion (la vôtre en l'occurence).

Il est d'ailleurs étonnant (quoique !) que vous vous considériez de gauche alors que semblez penser comme Sarkozy (sur l'inutilité de la Nation, de la République, sur le fait que seuls les immigrés acceptent de se salir les mains. Il faut donc augmenter l'immigration pour le plus grand bonheur du patronat). La contradiction n'est que de façade.
Ah, la gauche, vous êtes incorrigible !

Mais reprenons le fil de votre argumentation :

"Ils (sous-entendu Finkielkraut) haÏssent la revendication égalitaire précisément parce qu'elle est révolutionnaire, puisqu'elle remet en cause le pilier de la société : l'avidité de l'élite pour le profit rapide, et le droit absolu (présenté évidemment comme "naturel") d'une fraction minime des grands actionnaires à s'enrichir colossalement avec l'argent et le travail des autres"

Essayons d'analyser ses paroles et non pas d'interpréter son inconscient à partir d'intuitions quelconques : Finkielkraut dénonce l'égalitarisme et non pas l'égalité comme principe selon la tradition révolutionnaire française. L'égalité doit être un principe vers lequel doivent tendre les institutions françaises ; l'égalité de fait est impossible et reste une dangereuse utopie (quoique le communisme ne s'est pas contenté de rester dans le registre de l'utopie).
Il n'y a qu'une seule possibilité pour accéder à une égalité réelle : descendre les exigences au plus bas dénominateur commun, ce que dénonce Finkielkraut (ce que fait l'école depuis déjà quelques années). L'exigence démocratique (selon la tradition républicaine française, issue elle-même de la tradition démocratique athénienne) repose sur une égalité de principe qui demande à chacun un effort : que vous soyez blanc ou noir, riche ou pauvre, homme ou femme, l'exigence démocratique vous demande de travailler à la hauteur de vos capacités ; la collectivité doit juste veiller à adapter l'obstacle à vos capacités, ce qui ne devrait pas vous empêcher de faire un effort. Voilà ce que dit Finkielkraut.
Le reste n'est qu'un tissu d'opinions qui ne repose que sur des intuitions (Libre à vous d'y croire ! Mais à ce régime-là, on peut raconter n'importe quoi sur n'importe qui !).

Vous critiquez beaucoup mais, comme dit le dicton "critiquer c'est bien, proposer c'est mieux !", alors que proposez-vous ? Quelles alternatives au capitalisme, à la Nation, à la République, proposez-vous ?

Concernant les propositions de Mr Bild, je veux bien vous croire. J'avais effectivement mal lu votre texte et interprété à partir de ce que je connaissais, personnellement, des propos de Mr Le Pen. Pourriez-vous me donner le lien précis de la page web où il est fait mention de cela, S.V.P. ? Je pourrais ainsi juger sur pièces.

Merci d'ailleurs, après m'avoir offert une séance minute gratuite de psychothérapie, de vous intéresser à ma santé oculaire.

Oui, je vous trouve, hélas, confus et je vous ai déjà expliqué pourquoi ; je trouve que vous avez la catégorisation facile et sans nuances ; je trouve également que vous remplacez trop facilement l'argument par l'opinion (mauvaise foi et de l'aveuglement volontaire / Ces élites, visiblement, aimeraient énormément / Comme les nouveaux bien-pensants, vous avez l'impression / Différence minime entre Fink et Zemmour : l'un est un clown triste, l'autre un bouffon ricanant. etc etc...). Peut-être êtes-vous extra-lucide et voyez-vous des choses que nous ne pouvons voir. Merci donc de nous éclairer !

J'aimerais également que vous m'expliquiez ce que représente les bien-pensants car, visiblement, ce terme n'a pas la même signification pour tout le monde.

Continuons :

"Vous confondez hélas, la gauche et le PS et de façon générale, il semble que pour vous, être de gauche, c'est forcément être encarté et soutenir le PS ou le PC. Et c'est là que ça coince."
Et si un type de droite ne vous répondait : vous confondez hélas, la droite et l'UMP et de façon générale, il semble que pour vous, être de droite, c'est forcément être encarté et soutenir l'UMP ou le FN. Et c'est là que ça coince." Que répondriez-vous ?
Ah oui c'est vrai, quand on se considère de gauche, on est par nature gentil, honnête, de bonne foi, donc la même phrase n'a pas la même valeur selon la bouche qui l'émet (c'est pourtant si simple, pourquoi n'arrive-je pas à me souvenir de ce dogme ?)

"Je me suis tué à vous expliquer que des milliers de gens sont à gauche dans le sens du respect pour l'héritage des luttes des humbles, des sans voix et des subalternes, héritage nié, occulté et réocculté, et par respect pour la CRÉATIVITÉ des subalternes; que ces gens sont contre la soumission aux partis, et qu'ils sont beaucoup plus nombreux que ce que vous croyez." Mais je vous crois bien volontiers et j'aime à penser parfois que les humbles (dont vous n'êtes ni l'incarnation, ni le représentant) sont encore capables de se battre pour faire respecter leur dignité.

"Votre forme de pensée, vos sympathies tout comme votre réaction spontanée et irréfléchie de défense du programme du FN font de vous un homme de droite : assumez-le au moins." Toujours cette fâcheuse tendance à mettre les gens dans des cases et à faire des conclusions psychologiques.
Et si je vous écrivais que, selon vos écrits, il est évident que votre personnalité est à dominante psychotique à tendance obsessionnelle. Que vos écrits révèlent une homosexualité latente refoulée, et que votre préférence pour la gauche et l'égalitarisme révèle une peur des responsabilités et un manque de confiance en vous évident. Que me répondriez-vous ? Charlatan et vous auriez raison !

Je ne défends ni le FN, ni l'UMP, ni le PS ni aucun autre parti (oui je sais, c'est difficile à imaginer quand on a l'habitude de diviser le monde en cases).

Je suis pour la répartition équitable des richesses donc je suis d'extrême-gauche.
Je suis syndiqué donc je suis d'extrême-gauche.
Je suis pour préserver la Nation et la République donc je suis un fasciste (deux concepts pourtant issus de la Révolution Française), mais bon l'anachronisme est un signe des temps.
Je suis pour le droit à l'autodétermination des peuples donc je suis un naïf, etc, etc...

Le monde est donc si simple pour vous ? Vous parlez et réfléchissez, hélas, comme les gens que vous haïssez.


Je juge les gens sur leurs paroles et sur leurs actes, et non pas en fonction de leur parti, de leur couleur, de leur religion. Si Le Pen (ou un autre d'ailleurs) a une parole sensée et argumentée je ne vois pas pourquoi je serais contre par principe.
Je me définis comme un français et un républicain ; l'esprit de parti ne m'intéresse pas : j'essaie donc de regarder les hommes (ou les femmes) tels qu'ils sont et non pas au travers du prisme de mes fantasmes.

Écrit par : Péricles | 06/02/2008

Finkielkraut me semble etre un penseur qui compte, le fait qu'on l'entende beaucoup a la radio et a la television n'est me semble-t-il pas a mettre a son discredit. Ou alors avoir du succes est un defaut?

Écrit par : Nom d'un chien | 04/08/2008

CQFD

Écrit par : Péricles | 24/03/2009

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