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28/01/2008

Henri Emmanuelli sauve l'honneur d'un parti moribond.

(...) Henri Emmanuelli fustige les divisions de son camp sur le traité et le Congrès de Versailles :

9cbeb679135b44d00920904834811e3a.jpgDéputé (PS) des Landes, Henri Emmanuelli s’oppose farouchement au boycott du Congrès. Il a réuni le 15 janvier des parlementaires socialistes pour exiger un référendum.

Comment jugez-vous l’annonce faite par Jean-Marc Ayrault d’un boycott du Congrès ?


Je la juge incompréhensible. Je comprends que le parti soit divisé sur l’adoption du traité, puisqu’il l’était déjà. Mais on ne peut remplacer un référendum qui a déjà eu lieu par un vote parlementaire. Le PS ne peut donc renoncer à exiger la tenue de ce référendum. Et le seul moyen de l’obtenir, comme nous nous y étions engagés lors des campagnes présidentielle et législative, c’est d’aller à Versailles voter contre la révision. Je ne comprends pas qu’on laisse les mains libres au Président dès lors qu’il s’agit du respect d’un principe fondamental, le suffrage universel.

Alors, pourquoi cette annonce ?

Je ne me l’explique pas. Et c’est là qu’on retombe sur le problème d’une cohérence minimum. La liberté de conscience sur le traité lui-même, c’est-à-dire sur le oui et le non, difficile de faire autrement. En revanche, s’agissant du référendum, je ne vois pas pourquoi il y aurait finalement liberté de conscience. Si des socialistes ne situent plus la légitimité politique dans le suffrage universel, qu’ils le disent et l’assument ouvertement. Mais je ne pense pas qu’il puisse y avoir d’ambiguïté sur ce sujet.

Comment réagissez-vous aux propos de François Hollande qui a fustigé le «jeu» des opposants au boycott ?

C’est grave. S’il considère que la défense de la souveraineté populaire est une affaire de posture ou de tactique, c’est le signe d’une légèreté inquiétante. En politique, il faut avoir un minimum de cohérence. Et je parle bien d’un minimum. En 2005, j’ai fait campagne pour le non. Et je sais que ceux qui l’ont menée pour le oui n’ont jamais admis le vote du peuple français. Mais qu’ils aient le courage de le dire, et qu’ils arrêtent d’expliquer que ceux qui veulent le faire respecter sont des tacticiens.

Que pensez-vous de la position de Ségolène Royal qui, après avoir défendu le référendum, estime désormais qu’il faut adopter le traité ?

Si l’on explique "Nicolas Sarkozy a été élu, l’affaire est réglée", je ne vois pas alors ce qu’on fait à l’Assemblée nationale. Et ce, d’ailleurs, sur tous les sujets. Pourquoi s’opposer, alors ? On en arrive à des raisonnements ahurissants pour justifier l’injustifiable. J’ai envie de dire : "pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils disent…".

Concrètement, les socialistes pourront-ils se doter d’une position commune ?

Je crois que non. Mais on peut élargir : y a-t-il une position du PS sur la politique internationale ? La mondialisation ? La croissance ? Ce n’est pas le seul sujet sur lequel le parti n’a pas de position. Le PS ne manque pas de propositions, mais de cohérence.

Quel est l’impact de cette affaire dans l’opinion publique ?

Une fois de plus, nous donnons un spectacle affligeant. Entre l’improvisation, les avancées et les reculs, le manque de lucidité, on donne l’impression de subir les événements politiques. Cela commence à faire beaucoup.

Quel remède, alors ?

Ce que je vais proposer, c’est qu’après le prochain congrès socialiste, le futur ou la future premier secrétaire s’achète une boussole. En souvenir de Sénèque, qui, il y a fort longtemps, nous expliquait qu’il n’y a pas de bon vent pour le marin qui ne sait pas où il va…

Article publié sur le site gaullisme.fr le 17 janvier 2008 sous le titre "Le PS donne un spectacle affligeant ... et vient en aide à Sarkozy"

Commentaires

EH ! LES MECS, BOUGEONS-NOUS !

VIGILANCE et RESISTANCE ! La loi 1905 en danger de mort.

Après le sacristain Sarko, voilà la chaisière qui s’y met aussi.
Ils veulent décidément la dégommer, la loi 1905 qui est un des fondements les plus solides de notre république.

Dans une interview au quotidien La Croix publiée vendredi 25 janvier, Michèle Alliot-Marie estime que "certaines modalités" de la loi de 1905 (sur la séparation des Eglises et de l'Etat) "doivent être adaptées". Rebondissant sur le tollé provoqué par les propos de Nicolas Sarkozy sur la laïcité, la ministre de l'Intérieur chargée des Cultes estime que "certains ont une conception assez archaïque, voire sectaire, de la laïcité".

Voilà que dans la bouche de Dam’pipi, ce sont les laïques qui sont sectaires. Pas son patron, fortement soupçonné de faire parti de l’épouvantable « Scientologie » ?

Elle estime aussi que la séparation entre associations cultuelles et culturelles (1) "mérite sans doute d'être revue". Actuellement, les associations cultuelles ne peuvent pas recevoir de subventions publiques (2). Selon la ministre, "il faudra voir selon quelles modalités se feront ces évolutions, décrets, circulaires, mais dans le cadre de la loi de 1905". A la question de savoir si les sectes ne vont pas tenter d'obtenir à cette occasion une reconnaissance de leur caractère cultuel, la ministre répond que "nous avons probablement besoin de repréciser ce que sont les dérives sectaires (3) et leurs qualifications pénales".

(1) Voilà où ils veulent en venir : faire l’amalgame entre associations culturelles (ayant pour objet la CULTURE) et association cultuelles (ayant pour objet un CULTE, c’est à dire une pratique par essence même réductrice et intolérante).

(2) Ca, c’est pour pouvoir obliger les collectivités locales à financer la construction de mosquées.

(3) Ca, c’est pour reconnaître la Scientologie et les témoins de Jéhova, sectes que Sarko-l’amerloque vénère, sur les instructions de son pote Bush-le-débile.

Écrit par : victor | 26/01/2008

Il y a une chose à souhaiter pour le parti socialiste : qu'il clarifie sa position idéologique. D'une certaine manière, l'initiative d'élargissement de Besancenot y contribuera.

Écrit par : forward11 | 28/01/2008

J'aimerais y croire !

Écrit par : Péricles | 28/01/2008

Victor

Vous ne vous rendez pas compte que Mr Sarkozy est fidèle à ses principes néo-libérales. Privatisation des profits, privatisations de certains coûts (charité, contrôle social par les imams et les sectes...) mais collectivisations des risques du marchés ( Qui va payer pour la société générale ?, Qui paye le coût de la flexibilité du travail et des délocalisations et qui en profite ? ).

Mais après tout, les français ont voulu adopter le modèle US après avoir rêvé du modèle soviétique. Il faut bien que quelqu'un paye la facture .

Écrit par : Péricles | 28/01/2008

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