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11/02/2008

Le coup d’État de Versailles

80c37c6e58a04695da95aa0633f99f71.jpgLundi 4 février, jour de la réunion du Parlement en congrès, jour de deuil pour la démocratie, les opposants au coup d’État s’étaient rassemblés dans les avenues menant au château de Versailles. J’accompagnais un couple d’amis, elle habillée en Marianne à bonnet phrygien (mais la poitrine couverte, en février), et lui coiffé d’un casque d’Astérix. Comme il mesure un mètre nonante pieds nus, il était impressionnant avec les ailes du casque relevées. Un Astérix de deux mètres, cela ne passe pas inaperçu. J’étais vêtu en député du Tiers, tricorne à cocarde, gilet, cape noire, ceinture tricolore, et brandissant au manche de mon parapluie le drapeau cousu par une de mes grand-mères pendant la guerre (Que faut-il dire ? La dernière ? On l’a déjà cru de la précédente. La plus récente ? Mais il y en eut d’autres depuis. [Ce n’est pas de mes grand-mères que je parle]).ceaca60384282278a66782b925e7dd07.jpg

Peu de gens, et guère de caméras. Le temps est loin des cars de manifestants venus de la France entière. Les vieux communistes sont aux allichamps et les socialistes ont trahi. Evidemment, on ne se déplace pas volontiers un lundi -il faut exercer un métier aux horaires souples- ni en février. Louis-Philippe disait qu’on ne fait pas de révolution en hiver, ce qui ne l’empêcha pas d’être renversé en février. Dans les rues, d’aimables CRS, serviables comme des hôtesses d’accueil, orientaient les arrivants vers les diverses manifs (car on ne se mélange pas entre opposants, non mais !).

Un hippie schnouffé, hors d’âge, le fou de service, insultait les keufs dans l’indifférence générale.

Nous allâmes d’abord à la manif des souverainistes, porteurs de drapeaux tricolores en berne, puis à celle d’Attac, où les bannières arboraient le sigle à pourcentage. Une pasionaria y adjura les manifestants de rentrer chez eux par un chemin leur évitant de rencontrer les souverainistes, ces gens étriqués « avec qui nous n’avons rien en commun ». On y prônait l’amitié entre les peuples et l’abolition des frontières. Souriez, financiers ! Riez, européïstes ! Vous pouvez dormir sur vos deux oreilles avec de tels adversaires.

Près des grandes écuries, un cordon de robots-cops bonnasses, déguisés en martiens de série télévisée, jouait le rôle des Gardes Françaises empêchant le peuple d’entrer au château. Et dans le château, les traîtres abolissant la République. Combien d’entre eux, soixante-huitards repentis, crièrent-ils dans leur jeunesse : « CRS-SS ! » ?

Versailles dans toute sa splendeur. Cette bâtisse prétentieuse n’a jamais été, depuis trois siècles, que l’antre de la tyrannie et le théâtre de la trahison. A chaque génération, des classes dominantes sans cesse renouvelées reprennent le même pli : vanité, fermeture en caste, mépris de leurs concitoyens, platitude devant l’éphémère Permanent du Spectacle qui les domine pour un temps, rouerie et naïveté, lâcheté et ragusade, entraînant chaque fois un peu plus bas dans le déclin notre si beau pays. La Grande Révolution et ses suites, qui coûtèrent, hélas, maintes vies, ont fait disparaître des centaines de monuments magnifiques. Mais ce monstrueux palais reste inchangé, tendant ses tentacules au bout de sa longue avenue. Monument au malheur de la France et de l’Europe. Il paraît avoir été bâti pour cela.f4448595921e8251b0ad2fb9ab433bd9.jpg

En voyant rejouer pour la dixième fois la même sinistre pièce, l’abus de pouvoir rendant illégitime le pouvoir légitime, le peuple bafoué, les gardes protégeant les traîtres, je songeais à ce que Marc Bloch écrivit pendant l’Occupation : « Les faits l’ont aujourd’hui prouvé : l’indépendance nationale à l’égard de l’étranger et la liberté intérieure sont indissolublement liées, elles sont l’effet d’un seul et même mouvement. Ceux qui veulent à tout prix donner au peuple un maître accepteront bientôt de prendre ce maître à l’étranger. Pas de liberté du peuple sans souveraineté du peuple, c’est-à-dire sans République. »
Restaurons notre République !32c517a49194a6b86b24e4cd7a95d861.jpg

Christian Darlot 7 février 2008 publié sur le site Decap'actu

Commentaires

... quand les oppositions s'opposent,et ben c'est pas gagné! ...comment restaurer une république parasiter par les idées étriquées d'ATAC et compagnie (je les ai vu à l'oeuvre sur le larzac,les p'tits profs débiles et revanchards,pol-pot en puissance,etc)...çà m'étonnerait que je me soumette à des plans d'un autre siècle! ...Il est question de libérer l'Europe du joug des technocrates et des idéocrates,des dogmes ,... et au bout de ce long voyage,de reconnaître la souveraineté des pays voisins amis et pacifistes ...Sommes-nous stupides à ce point pour dévaloriser notre culture et notre identité?...L'étape suivante sera-t'elle de la renier en bloc?...En un méa-culpa digne d'une ligne MAGINOT mentale, SARKOZY nous entraine aux antipodes des valeurs qui ont crée une nation - son histoire,...foulée du pied par les mondialistes et les culturistes de la période "bobo",le moindre sens commun s'écroule,la violence institutionnelle sous la forme des ""plans banlieues" et "plan ATTALI" essaient de dévorer un authentique débat sur NOTRE indépendance DEVANT les AUTRES nations...C'est consternant et révoltant d'idiotie consensuelle - voir les "élus" qui phagocytent la République en s'octroyant des salaires,des passes-droits et le peuple qui bosse et qui entretient tous ces parasites - trahi par le sénat,TOUJOURS,comme Cénacle,comme César!...,il me semble qu'une assemblée de députés suffirait largement au débat démocratique ,mais les sénateurs,les conseillers-machins,les observatoires de ceci,les chargés de mission de cela,pffft,du balais!...Le jour de l'étincelle,c'est quand la masse prend conscience de cet état de fait,et en général,ça fait trés mal ...

Écrit par : michel REYES | 10/02/2008

"Si nous pouvions garder les uns envers les autres un minimum d'accointances, fut-ce dans le désaccord, peut-être pourrions nous opposer quelques barrages aux maléfices ? On ne voit plus que ruptures, qu'exclusives, qu'exclusions. Où que l'on aille, nous marchons sur des amitiés mortes. Si faibles qu'elles soient,elles s'affirment pourtant plus vivantes, j'en suis sur, que les monstres de papier journal, par quoi elles sont englouties."

Adaptation au présent d'un texte d'Emmanuel Berl, qui avait pour sujet les dissensions entre individus ( bolchéviques, fascistes,freudiens...) qui précédèrent la seconde guerre mondiale. D'actualité ?

Écrit par : Péricles | 10/02/2008

...OK pour les alliances objectives...On ne peut plus se permettre de trop diverger sur les points essentiels : la souveraineté des Etats Nations et faire barrage aux "technodingos" et leurs manigances anti-populaires.Ils ne prennent le pouvoir que VIRTUELLEMENT,mais je suis sur que la masse des victimes de cette eurofédéralisme,marins-pêcheurs,artisans,agriculteurs,étudiants sont CONTRE...Beaucoup n'ont pas eu les moyens de l'exprimer,en dehors du référendum,pour cause de baillonnement médiatique,...avec le web,je fais circuler,...SORTONS DU SILENCE!J'Y CROIS!...

Écrit par : michel REYES | 11/02/2008

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