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25/05/2011

Eugénisme et libéralisme

« Vint enfin un temps où tout ce que les hommes avaient regardé comme inaliénable devint objet d'échange, de trafic et pouvait s'aliéner. C'est le temps où les choses mêmes qui jusqu'alors étaient communiquées mais jamais échangées ; données mais jamais vendues ; acquises mais jamais achetées - vertu, amour, opinion, science, conscience, etc. - où tout enfin passa dans le commerce. C'est le temps de la corruption générale, de la vénalité universelle, ou, pour parler en termes d'économie politique, le temps où toute chose, morale ou physique, devenue valeur vénale, est portée au marché. »

 

Karl Marx « Misère de la philosophie » 1847

 

Quel chemin parcouru depuis par cette idéologie totalitaire (1) que l'on nomme le libéralisme (2). De la Renaissance à aujourd'hui, ce cancer déshumanisant n'a cessé de croître au dépens de l'homme (3)...


 

                                                       

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Ce qui ne devait être qu'un moyen à son service, est devenue une fin en soi.

 

J'en veux pour preuve la récente libéralisation de l'ouverture des magasins le dimanche.

Cette journée était un symbole : celui de la plus vieille conquête sociale de l'être humain (1500 ans).

 

Une journée échappait encore aux diktats du marché : c'était déjà trop. Car l'idéologie libérale est, par essence, sans limite.

Après le symbole du dimanche, il y aura autre chose : la soumission de la vie et de la mort aux lois de l'offre et de la demande, au travers des pratiques médicales (4) sur les embryons humains, par exemple, ou au travers de l'euthanasie.

 

Car, ne l'oublions pas, l'eugénisme n'est pas une invention récente. Et elle n'est pas une spécificité du régime Nazi. Bien au contraire, Hitler n'a fait que mettre en pratique les théories libérales en utilisant des moyens qui permettaient d'atteindre l'efficacité plus rapidement : pourquoi attendre que les pauvres meurent de faim alors qu'on peut les exterminer et tirer profit de leur morts ? Pourquoi inventer des discours mystificateurs pour obliger les ouvriers à devenir des esclaves alors que quelques exécutions suffisent ?

Les premiers théoriciens de l'eugénisme et de l'euthanasie se sont inspirés d'ailleurs des théories libérales comme celle de Malthus.

 

L'eugénisme a d'ailleurs été pratiqué à grande échelle dans nos sociétés occidentale (5) et ce, dès le dix-neuvième siècle. A l'époque, elles avaient la franchise d'avouer que l'objectif principal était d'ordre économique (6).

 

Le dimanche représentait également le symbole d'un monde chrétien, dernier obstacle idéologique à la volonté de toute puissance des élites libérales. Car le Christianisme restera toujours l'ennemi irréductible du libéralisme (comme de toutes les idéologies totalitaires) (7).

 

J'en veux pour preuve les récentes attaques médiatiques dont a fait l'objet le Pape Benoit XVI (8) qui ressemblaient plus à des procès staliniens qu'à une véritable contradiction démocratique.

Croyez-vous réellement que le port du préservatif était le véritable enjeu de ces curées médiatiques ?

Non ! Le Christianisme n'a pas encore suffisamment montré sa soumission idéologique aux lois du marché : eugénisme, sexualité, mariage, identité sexuelle et, surtout, rapport à l'argent. Alors il doit être attaqué sans cesse et, ce, jusqu'à ce qu'il s'écroule (9).

 

Car le libéralisme ne peut s'incarner que dans un individu narcissique, sans intériorité, sans passé et donc sans traditions, mais aussi sans identité précise : en bref, non pas un sujet mais un objet sans structure interne sur lequel on pourra imposer, au moyen de la propagande, une empreinte externe, qui variera en fonction des besoins du marché. Pour faire simple, un individu manipulable, exploitable et jetable à volonté (9).

 

Le Christianisme représente donc un vestige du passé, dernier obstacle au meilleur des mondes.

Pour le libéralisme totalitaire, il ne pourra en rester qu'un !

 

 

 

 

 

 

(1) Totalitaire non pas parce que le système politique qui en découle serait dictatorial et/ou liberticide, mais parce que cette idéologie tend à régenter la totalité des sphères de la vie humaine (politique, relationnelle, spirituelle...).

 

(2) Je précise que je ne dénonce pas le libéralisme en tant que tel (qu'il soit politique ou économique car l'un ne va pas sans l'autre) mais l'idéologie libérale comme discours eschatologique et comme dogme quasi religieux.

 

(3) et ceci malgré les boucheries du vingtième siècle qui lui sont directement imputable.

(4) et donc, à terme, commerciale !

(5) Comme les Etats-Unis ou la Scandinavie et, ce, jusqu'aux années 70. Les nouvelles formes d'eugénisme qui se développent depuis la fin des années 60 dans nos sociétés au travers de l'avortement et de l'euthanasie se parent de justifications différentes mais ont, en fait, le même objectif : régler le plus efficacement possible (efficacité dans le sens économique) le problème que pose la différence (handicap, maladie...).

Dans une société ultra-libérale, pas de place pour les produits défectueux ! Tout doit être utile !

(6) Faire disparaître les improductifs (comme les malades mentaux mais aussi les pauvres)

Car comme le disait si bien Mr Bulwer Lytton, homme politique du dix-neuvième siècle : "Dans d'autres pays être pauvre est un malheur ; chez nous, c'est un crime".

(7) Tout comme Hitler ou Staline qui haïssaient profondément le Christianisme. Ne l'oublions pas, l'antisémitisme d'Hitler exprimait sa haine du Christianisme.

(8) Sans parler des persécutions dont font l'objet les chrétiens dans les pays musulmans depuis plus de 10 ans (on pourrait d'ailleurs parler de nettoyage ethnique) et, ce, dans l'indifférence générale des médias occidentaux.

(9) La standardisation qui a commencé par les objets, s'attaque désormais à toutes les sphères de la vie humaine : environnement qu'il soit minéral, végétal ou animal, langue, mode de pensée mais aussi  corps humain; et ce que l'on peut désormais nommer le dernier bastion de la liberté humaine : spiritualité et religion.

 

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