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20/04/2011

VENDRE LE PARTHENON ET L’ESCORIAL POUR SAUVER L’EURO ?

Crise de la dette souveraine : après la Grèce, après l’Irlande, le Portugal ?

Que nenni : la Chine vient de proposer son aide au Portugal ;  forte de ses 2800 milliards de réserve de change, elle est disposée à prêter à l’Etat portugais (à « racheter de la dette souveraine », comme on dit dans le jargon).

Elle serait également prête à se porter secours à l’Espagne laquelle, quand  ses difficultés éclateront,   compte tenu de sa taille, sera la véritable épreuve de l’euro.

Jusqu’à quel point la Chine s’est-elle déjà engagée en Europe ? Cela est un secret bien gardé.  On parle de 7 % de la dette publique, soit 630 milliards d’euros. Elle s’efforce ainsi de transformer une partie de ses réserves, aujourd’hui  majoritairement en dollars, en d’autres monnaies, principalement  l’euro.

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16/03/2011

Une révolte sourde ?

Le sondage "Les Français et la révolte aujourd'hui" publié par Harris Interactive le 14 février est passé relativement inaperçu malgré l'intérêt de ses résultats. A la question : "Selon-vous les Français sont-ils aujourd'hui capables de se révolter ?",49 % des sondés répondent par l'affirmative. Mais à la question : "Et souhaitez-vous que les Français aujourd'hui se révoltent ?", ils sont une large majorité (58 %) à le vouloir.

Source Le Monde .fr.

 

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15/08/2010

Comment ruiner l'Ecole ? la leçon des néo-libéraux

La ruine de l'école publique n'est pas le résultat d'un hasard, mais d'une politique délibérée poursuivie par le néo-libéralisme. Cela n'a rien d'étonnant, au fond. Mais ce qui l'est davantage, c'est que cette politique reçoit le soutien de quelques "idiots utiles" depuis bientôt 30 ans. Non seulement la gauche n'a pas résisté à cette destruction, mais elle a apporté un soutien inespéré au programme de la marchandisation de l’école. Le discours « pédagogiste » auquel une grande partie de la gauche a adhéré a eu pour principal effet de précipiter l’affaiblissement de l’institution scolaire ainsi que la baisse générale du niveau. Comment résister ?

Cet article a été publié le 3 mai 2008 dans UFAL Ecole, que Mezetulle remercie pour cette autorisation de reprise.

Article provenant du site Mezetulle blog Catherine kintzler

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05/12/2009

L'Europe, une Démocratie ?

Préoccupation concernant le référendum sur les minarets

Déclaration du Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, Thorbjørn Jagland

Strasbourg, 30.11.2009 - “Gardant à l’esprit que le droit de débattre et de voter sur des questions importantes pour la société est un droit fondamental des Etats démocratiques, le référendum qui s’est tenu hier sur la construction de nouveaux minarets en Suisse soulève néanmoins la question de savoir si les droits fondamentaux individuels, protégés par des traités internationaux, devraient être soumis à des référendums populaires.

L’interdiction de construire de nouveaux minarets touche à la liberté d’expression, à la liberté de religion et à l’interdiction de toute discrimination, qui sont garanties par la Convention européenne des droits de l’homme. C’est pourquoi, si la Cour européenne des droits de l’homme était saisie d’une requête, ce serait à elle de décider si l’interdiction de construire de nouveaux minarets est compatible avec la Convention.” source

 

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Les suisses ont-ils votés contre les libertés religieuses d'une minorité ou bien contre les symboles (de plus en plus) visibles et ostensibles d'une religion dominatrice, et de plus en plus conquérante ?

Et pourquoi les élites européennes font-elles semblant de se méprendre sur les réelles intentions de leurs peuples ? Pourquoi font-elles toujours semblant de croire que les réactions populaires sont inévitablement empreintes d'intolérance et/ou de xénophobie, ? Alors même que l'Europe est le continent le plus tolérant au monde ! L'intolérance est-elle, aujourd'hui, le fait de la vieille Europe ou bien de l'Islam ? Est-ce la « minorité » musulmane en Europe qui est persécutée ou bien les minorités chrétiennes en terre d'Islam ?

Cynisme ou stupidité de la part de nos élites ? Les deux, peut-être ?


Le français vont enfin comprendre (du moins je l'espère) les liens étroits qui existent entre la souveraineté , la liberté, la prospérité et la paix civile d'une Nation.

17/03/2009

De la République au communautarisme.

images.jpegQuelle signification donner à l’obsession dont font preuve nos élites au sujet de la discrimination raciale ?

Selon Julien Landfried (1), la dérive idéologique de la "gauche" française (qui de la lutte des classes a abouti à la lutte des races) serait essentiellement liée à la chute des systèmes communistes et donc à l’effondrement de l’idéologie marxiste.

Cette explication n'est pas fausse, mais comment justifier le fait que la "gauche non totalitaire" ne soit pas revenue vers l'idéal républicain, seule idéologie qui ait permis d'approcher, dans les pratiques, l'humanisme universaliste des Lumières ?


Revenons en arrière : à partir de quel moment la gauche française a-t-elle décidé d'abandonner l'idéologie marxiste ? Ce n'est pas en 1989, date de la chute du mur de Berlin, mais bien en 1984 que notre gauche s'est caviardisée sans complexes. Après avoir conquis le pouvoir avec des discours révolutionnaires et subversifs, il ne lui restait plus qu'à se débarrasser d'une idéologie devenue un tantinet encombrante.

Mais alors pourquoi ne pas revenir à l'idéal républicain ? Tout simplement parce que  l'homme et la collectivité humaine sont les buts suprêmes de la République (l'argent et le profit y étant subordonnés). Mitterrand a très vite compris, en bon opportuniste, qu'il était risqué pour sa carrière de mordre la main qui l'avait financé, alors qu'il est si simple d'endormir le peuple à grand renfort de propagande et de slogans.
J'ajouterais que les principes républicains n'éludent pas les conflits internes à la société (contrairement aux idéologies totalitaires comme le fascisme, le communisme ou le communautarisme) ce qui peut sembler dangereux pour toute personne ou organisation désirant garder le pouvoir pour le pouvoir.

Au moment même où elle accédait au pouvoir, et après avoir usé de toutes les ficelles de la démagogie, la gauche se voyait bien embarrassée avec ces deux idéologies qui pouvaient désormais se révéler à double tranchant. Face aux réalités du pouvoir, le temps des discours démagogiques était compté, la croisée des chemins était proche : il fallait désormais choisir entre l'éthique de la responsabilité avec tous les risques qu'elle implique, et l'éthique du mensonge, seule à même de garantir la conservation du pouvoir à moyen terme.

C'est en lorgnant du côté des USA que la gauche française a trouvé son nouveau crédo : la lutte contre les discriminations raciales et le retour aux communautés. Rien de tel pour diviser un peuple et occulter les problèmes économiques ; en effet, ces nouveaux dogmes présentaient l'immense avantage de limiter les conflits sociaux ascendants (revendications salariales pour n'en citer qu'un) et d'étendre les conflits transversaux (conflits inter-ethniques, religieux, sexuels...), tout ceci pour le plus grand profit des classes possédantes qui se voyaient libérées de toutes les pressions sociales que la République et le marxisme leur avaient imposées depuis 1944. Ce qui explique, en partie, pourquoi la droite française n'a, depuis, jamais vraiment contesté cette idéologie, se contentant de mimer la pantomime du conflit droite/gauche au grand théâtre des illusions cathodiques.

C'est donc dans la deuxième partie des années 80 qu'a commencé la propagande anti-raciste. Propagande digne de Staline ou de Goebbels, menée de main de maître par Mitterrand en personne. Goebbels était parvenu, en quelques mois, à faire croire aux Allemands qu'ils étaient antisémites ; Mr Mitterrand, quant à lui, a convaincu les français qu'ils étaient racistes tout en se faisant passer pour un humaniste : artiste diabolique..... mais artiste quand même.

Je vois poindre sur les lèvres de nos bien-pensants l'objection qui, depuis trente ans, clôt tout débat sur le sujet : "Monsieur, vous êtes un raciste qui voudrait occulter les problèmes de la discrimination raciale dans notre pays" ?

Mon propos n'est pas d'occulter ce problème ; le racisme existe sans nul doute dans notre pays (quel pays pourrait se targuer de n'avoir aucun citoyen raciste ?) et le combattre est une nécessité. Mais j'ai également l'intime conviction que l'intérêt récent de nos élites pour les problèmes raciaux cache des motivations moins avouables, disons plus sonnantes et trébuchantes !


Ainsi, il ne fait aucun doute dans mon esprit que le pseudo-combat contre la discrimination raciale n'est qu'une manipulation servant à masquer une autre discrimination tout aussi destructrice socialement et bien plus gênante pour les classes possédantes mais qui est pourtant passée totalement sous silence : la discrimination politique et syndicale dans les entreprises.

Pendant que les marionnettes de Mr Mitterrand criaient "Touche pas à mon pote", les entreprises licenciaient les syndicalistes à tour de bras et ce, dans un silence médiatique total.
Une coïncidence ? Un hasard ? Une contradiction à coup sûr pour un parti qui se disait socialiste.


Prenons l'exemple de la  grande distribution, grosse pourvoyeuse de fonds des partis politiques dans les années 80. Les méthodes utilisées, à l'époque,  par ces enseignes pour décourager leur personnel de jouir de leurs droits (sociaux, économiques et politiques) étaient pour le moins brutales, inhumaines et, la plupart du temps, illégales. Beaucoup d'extensions en CDEC (2) étaient liées à la corruption, le droit du travail était interprété à la sauce "ultra-libérale", le harcèlement moral était préconisé comme un mode de management normal dans la formation des cadres...

Combien d'employés du commerce sur le carreau, dépressifs ou suicidés ? Combien de "unes" dans les grands médias ? Comme si la couverture médiatique était inversement proportionnelle à la représentativité du phénomène. Un hasard ou bien une nécessité pour nos élites ?

L'anti-racisme, nouvelle invention des possédants pour escamoter le concept de lutte des classes et combattre la démocratie républicaine, deux derniers obstacles idéologiques à leur hégémonie économique et politique, à l'instar des élites américaines ! Car seules ces deux idéologies furent, dans notre Histoire récente, de puissants leviers qui permirent la remise en cause de l'ordre établi.

Notes :

(1) Julien Landfried, cofondateur et directeur de l’Observatoire du communautarisme (www.communautarisme.net)

(2) Permission d'extension de la surface commerciale autorisée à l'accès au public délivrée par la Commission Départementale d'Equipement Commercial.

03/07/2008

Sarcelles : les apprentis sorciers du communautarisme

Le député maire de Sarcelles, François Pupponi, successeur de Dominique Strauss-Kahn, porte-parole auto-proclamé de la banlieue, veut faire de sa ville un laboratoire vivant de la France de demain. Ils se garde pourtant bien de faire la promotion de certaines de ses recettes, des plus nauséeuses pour tout républicain qui se respecte. Dans une ville « communautarisée », selon ses propres termes, la réaffirmation des principes républicains devrait d'autant plus être de rigueur. C'est le contraire qui est pratiqué. L'exemple le plus édifiant et le plus scandaleux est celui de la « liste bleue », intégrée en grande pompe à la majorité municipale. Petit retour historique.


e93dd1c517963cf7c8a0347d3845f4a0.jpg 2001, dans une communauté juive inquiète de la recrudescence de l'antisémitisme, quelques personnalités locales ont la brillante idée de monter une liste communautaire aux élections municipales : la liste bleue. Ils tentent au préalable une négociation avec DSK et Pupponi selon les termes suivants. La communauté juive représente une partie importante de la classe moyenne d'une ville en voie de paupérisation, elle doit à ce titre contrôler les compétences municipales clés. Le bon sens l'emporte à l'époque, la demande est jugée irrecevable et la négociation échoue. La liste bleue se constitue donc et se présente devant les électeurs. 45 colistiers triés sur des critères religieux, sinistre première. Le but affiché : mettre la liste de gauche en ballottage et négocier entre les deux tours. DSK qualifiera pendant la campagne cette liste de « honte pour la république » (1). Malgré un score plus qu'honorable : 13,54%, le « front communautaire juif » ne parvient pas à ses fins, la liste Pupponi-DSK est réélue au premier tour avec 58% des voix.

Les républicains et les laïcs sont soulagés… pas pour longtemps, car la partie n'est pas terminée, la liste bleue revient à la charge. Au lieu d'enterrer cet honteux épisode, Pupponi reprend le dialogue avec Gérard Uzan, chef de file de la liste bleue, qui siège en compagnie de deux colistiers au conseil municipal. La tactique de Pupponi, validée par DSK, est simple : cette alliance amène les voix d'une majorité de la communauté juive, de moins en moins encline à voter à gauche. En l'échange de son soutien aux candidats socialistes locaux, la liste bleue intègre la majorité municipale. Peu importe si cette tactique conduit à faire reconnaître et valider institutionnellement le communautarisme le plus intégral, seul le résultat compte. Devant les premiers signes d'alliance, certains communistes, partenaires des socialistes locaux, se rebiffent en distribuant un tract peu reluisant intitulé « le baiser de Judas »… Ils finiront pourtant par avaler la couleuvre, qui aura considérablement grossi entre les deux élections municipales.

2007, DSK est en difficulté aux législatives face à Sylvie Noachovitch. Entre les deux tours, on sollicite la liste bleue, qui84589f093945d3c2c9586cc0b988609e.jpg signe un tract et le distribue à dessein, aux abords de la synagogue et dans les boîtes aux lettres sur lesquelles est inscrit un patronyme juif… DSK est réélu avant de s'envoler pour le FMI. 2008, élections municipales, la liste bleue réclame son dû. Pupponi paie rubis sur l'ongle en intégrant trois anciens de la liste bleue sur sa liste, délégations clés à l'appui. Gérard Uzan aura en charge l'action sociale, Fabienne Sroussi le logement, Charles Souffir le développement économique via la vice-présidence de la communauté d'agglomération. Voyant les portefeuilles principaux leur échapper, les partenaires de Pupponi, médusés, n'osent pas désavouer leur chef, tandis que l'opposition hésite à dénoncer cette alliance, les accusations d'antisémitismes peuvent fuser à tout moment.

Pourtant, il y en aurait à redire. La liste bleue a constitué son propre groupe au conseil municipal. Fabienne Sroussi, juive pratiquante, porte la perruque et ne serre pas la main des hommes, ce qui est son droit, du moins tant qu'elle n'est pas élue. Car la laïcité en France prohibe tout signe religieux ostentatoire chez les représentants de l'Etat et interdit que l'on traite différemment les citoyens. Mais à Sarcelles, en plus de ne pas pouvoir vous loger dignement, crise du logement oblige, si vous êtes un homme, vous n'aurez même pas droit à une poignée de main de la part de l'élue de référence.

De son côté, Charles Souffir, ancien Sarcellois habitant aujourd'hui Neuilly sur Seine, arbore la kippa en toutes circonstances. Riche entrepreneur, il possède à Sarcelles un immeuble, le Francilien, où il loge, contre loyers, des services municipaux. Un conseiller municipal qui fait des affaires avec sa propre municipalité, quoi de plus normal ? Après tout, l'emprunt pour financer la construction de son immeuble a été garanti par la communauté d'agglomération du Val de France, dont il est aujourd'hui le vice-président. En charge du développement économique, il peut peser dans 5c03cae62c857a67b47ce8bb51a1334a.jpgles décisions d'implantations d'entreprises avec lesquelles, peut être, « travaillera-t-il ». Le communautarisme se double ici d'un mélange des genres sur lequel la justice ne saurait tarder à se pencher.

Enfin, à l'action sociale, Gérard Uzan, est un médecin respecté mais un politicien illuminé. Déjà colistier de DSK en 1990, il s'était alors rendu coupable de la plus odieuse des diffamations envers le maire RPR de l'époque en déclarant « en souvenir des six millions de nos frères morts dans les camps, nous n'avons pas le droit de voter pour Raymond Lamontagne ». Ce dernier, décoré comme résistant , portera plainte et la justice condamnera Gérard Uzan . Les associations de déportés auraient pu en faire autant : instrumentaliser la mémoire de la Shoah pour diffamer un adversaire politique, quelle horreur…!

Aujourd'hui Pupponi, réélu à 69%, peut être fier de lui. Il n'a jamais perdu une élection. Il a, de plus, fait d'une pierre trois coups, bafouant tout à la fois les règles élémentaires de la laïcité, de la probité et du respect de la dignité des personnes. Il a ouvert la boîte de pandore du communautarisme politique en montrant la voie aux intégristes de tous bords : « pesez électoralement et vous obtiendrez tout ce que vous voudrez ». Et dire que cet apprenti sorcier veut faire de Sarcelles un laboratoire de la France de demain. Au secours !

ARTICLE De Bernard Lanra, citoyen sarcellois républicain. publie sur www.communautarisme.net

le  Dimanche 22 Juin 2008

02/07/2008

L’introuvable souveraineté de l’Union européenne

cf4879117dd474db3f0250c156e351e9.jpgLe non irlandais au traité de Lisbonne donne l’occasion d’entendre le discours de crise convenu qui accompagne désormais chaque remise en cause du projet européen. L’unanimisme foncier dont font preuve la plupart des commentateurs transparaît à travers leurs analyses tronquées, les débats « contradictoires » entre deux partisans du oui et les formules incantatoires pour « sortir l’Europe de l’impasse ». Au lieu de proposer un espace aux réflexions que l’évènement devrait susciter, les médias se sont comportés en véritable dispositif de crise permettant de dédramatiser les conséquences du non tout en culpabilisant les électeurs réticents. C’est ainsi qu’ils favorisent la poursuite envers et contre tout du processus d’intégration.

Plutôt que de s’interroger sur le texte rejeté, les défenseurs du traité préfèrent accabler les Irlandais qui auraient « tout obtenu de l’Europe ». Quelques jours avant le scrutin, anticipant le résultat, Daniel Cohn-Bendit parla même de « sociétés à logique égoïste » ; une formule qui vise autant à accabler l’Irlande pour son « ingratitude » à l’égard d’une Europe nourricière qu’à suggérer un repli identitaire. L’UE ne fait pourtant que redistribuer les subsides des états membres ; lorsque l’un d’eux conteste son allégeance à la nouvelle donne supranationale, pourquoi s’empresser d’assimiler son refus à un réflexe de peur ? Le soupçon de nationalisme stigmatisant les peuples doutant des bienfaits de l’UE et lui refusant le chèque en blanc qu’elle exige permet en fait de discréditer le cadre politique de l’Etat-nation au profit des institutions communautaires.ea523edda0ec455432abe881dba7e9e0.jpg

Autre argument minimisant la souveraineté populaire, celui du nombre, qu’il était difficile d’avancer lors des refus français et néerlandais ; comme le dit Jean Daniel, « Un pays de 4 à 5 millions d’habitants comme l’Irlande ne peut pas tenir en otage des nations réunissant 490 millions de citoyens. » Le rappel incessant du faible poids de l’Irlande dans la population de l’UE indique que les européistes refusent de considérer ce troisième non pour ce qu’il est, l’expression de la volonté d’une nation ; ils le réduisent à une opposition minoritaire au sein d’un « peuple européen » qui, n’existant pas au sens politique du terme, ne peut donc constituer une source de légitimité. L’Europe supranationale est pour eux d’ores et déjà souveraine.

Là où en 2005 les dirigeants européens furent contraints de patienter le temps de déguiser la constitution Giscard en traité de Lisbonne, il n’est plus question aujourd’hui de « continuer des débats institutionnels qui ennuient tout le monde dans toute l’Europe », selon le chancelier autrichien, Alfred Gusenbauer. Cette impatience traduit l’aspect impératif du projet malgré le scepticisme persistant des peuples, il sera donc mené en leur nom, malgré eux s’il le faut. Pour José Luis Zapatero : « Il n’est pas possible que l’Irlande, avec tout le respect pour son choix démocratique, puisse stopper un projet aussi nécessaire. » Une fois encore la rhétorique de l’obligation fait office d’argumentaire.

Alors que la notion de souveraineté devrait être au cœur des débats, elle continue d’en être la grande absente, le mot n’étant même jamais prononcé. On préfère insister sur « l’addition des mécontents, aux motivations disparates et contradictoires », comme on pu le lire dans Le Figaro, manière de rendre inaudibles les arguments du non. Ainsi les Irlandais auraient voté entre autres : par incompréhension du texte, contre l’avortement, la remise en cause de leur fiscalité ou de leur neutralité, pour sanctionner leur gouvernement, par peur de l’immigration, etc. Ces motifs hétéroclites répondent malgré tout à un traité cryptique impliquant un transfert massif de compétences depuis les états membres vers l’administration bruxelloise. Et peut-on prétendre sans condescendance, comme on l’a entendu, que les Irlandais auraient voté non en réaction à la déclaration maladroite de Bernard Kouchner : « Ce serait quand même très, très, très gênant pour la pensée honnête qu’on ne puisse compter sur les Irlandais qui, eux, ont beaucoup compté sur l’argent de l’Europe » ? Une nouvelle démonstration de « pédagogie » qui en dit davantage sur l’état d’esprit des dirigeants européens que sur le contenu du traité qu’ils défendent.da223f8f7b375e67f69a6c92a2baf6b8.jpg

Cette méfiance à l’égard des peuples les conduit naturellement à déconsidérer la démocratie directe ; pour le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, « ce qui est en cause, c’est surtout la procédure du référendum ». Avant le résultat du vote irlandais, les députés européens rejetèrent par 499 voix contre 129 un amendement déposé par la Gauche unitaire européenne demandant que le Parlement « s’engage à respecter le résultat du référendum irlandais ». Courageuse assemblée qui refuse à une large majorité de prendre en compte le verdict possible d’un peuple souverain alors que la campagne n’a pas encore commencé… Sans doute s’agit-il pour ces députés d’accomplir un acte de résistance à la manifestation anticipée d’un « despotisme irlandais », selon l’expression emphatique d’Alain Duhamel.

Une fois le résultat connu, les européistes s’empressèrent d’en nier la portée. Une réaction parmi d’autres, celle du Premier ministre polonais, Donald Tusk : « Le référendum en Irlande ne disqualifie pas le traité de Lisbonne. L’Europe trouvera un moyen de le faire entrer en vigueur. » Si l’on parle à l’envi de « crise », c’est pour immédiatement mettre en oeuvre les moyens d’en sortir sans rien abandonner du projet originel. Mais le terme de crise est-il justifié au sujet d’un vote qui apporte une nouvelle réponse claire au projet de réforme des institutions ? N’est-ce pas plutôt un début de solution ? Pourtant toutes celles qui ont été proposées jusqu’à maintenant supposent l’application du traité. Qu’il s’agisse de laisser l’Irlande à l’écart de l’Europe normalisée ou de lui consentir des aménagements juridiques en vue d’un second vote en 2009, l’essentiel est de permettre l’avènement d’une « gouvernance » supranationale, unique horizon politique proposé aux peuples européens.

La présidence française de l’UE ne pourra s’exercer que dans les étroites limites de ce mandat implicite. Les grands e5b1c238deed0527b1248c51a3b103f6.jpgchantiers que souhaite lancer Nicolas Sarkozy nécessitent la ratification du traité de Lisbonne. Il est significatif que sa seule initiative véritablement indépendante, l’Union pour la Méditerranée, soit fortement contestée parce qu’elle contredit la logique centralisatrice de Bruxelles. Quoi qu’il en soit, si le nouveau cycle médiatique qui s’ouvre avec la présidence française étouffait le non irlandais, on voit mal comment un tel affront permettrait de « changer notre façon de faire l’Europe », selon le vœu pieux exprimé par Nicolas Sarkozy.

Article de

Dominique GUILLEMIN et Laurent DAURE paru le lundi 30 juin 2008 sur
Revue Républicaine

28/05/2007

Comment juger les premiers actes politiques du Président Sarkozy ?

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Comment interpréter les premiers actes de Mr Sarkozy ? Comment interpréter le fait qu'au lendemain de son élection, il se fasse inviter sur le yacht d'un milliardaire ? Bien entendu, ses thuriféraires clament à qui veut l'entendre que cet épisode appartient à sa vie privée, et que de toutes façons, ce séjour n'a pas coûté un centime au contribuable français. Ah, l'argent, l'argent, ils n'ont que cela à la bouche !
Je ne parle pas d'argent, je parle de symboles, de sens, de significations. N'y a-t'il que l'argent qui vous intéresse ?
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Comment ne pas être choqué quand le premier fonctionnaire de France (dans la hiérarchie) passe ses vacances tous frais payés, sur le yacht d'un milliardaire, qui travaille à l'occasion avec les commandes de l'Etat ? Cela n'a-t'il donc aucune signification à vos yeux ? Manifestement, il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir.
N'importe quel fonctionnaire s'autorisant ce genre de comportement ferait l'objet d'une enquête administrative pour suspicion de corruption.
Mais il est vrai qu'à notre époque les élections effacent toutes les fautes.
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Comment interpréter le fait que le Mr Sarkozy fasse son footing, au lendemain de son élection, affublé d'un tee-shirt NYPD " New York Police Department". Connaissant ses penchants pour le modèle americain, il y a de quoi être troublé. Mais non, mais non - crient à l'unisson ses feudataires- cela ne veut rien dire, c'est un détail, après tout, il a bien le droit de s'habiller comme il veut !
Il y a quelque chose d'incroyable dans cet aveuglement : à notre époque où tous les détails du comportement, de l'apparence, des paroles des hommes publiques sont réglés comme du papier à musique (Merci Mr Séguéla) jusqu'à en devenir ridicules (voir l'attitude de Mme Royal singeant les de Gaulle pendant la campagne, entre autres), se dire que ce qu'a fait Mr Sarkozy n'a pas de signification est à proprement parler, stupéfiant .
Naïveté, aveuglement, esprit partisan, mauvaise foi ?
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Pour moi, le symbole est clair : Mr Sarkozy tombe le masque. Ses vraies valeurs sont anglo-saxonnes. Son regard ne se porte pas vers la France ascétique d'un de Gaulle ou d'un Jules Ferry, mais vers l'Amérique de Reagan et son argent roi.
Mon amertume n'est pas due à cela. Après tout, libre à lui de croire que le salut viendra de l'étranger. Bien d'autres avant lui se sont laissés séduire : Pétain et l'Allemagne, les Alexandre Adler, Kouchner, Gluksmann (entre autres) avec les états totalitaires communistes (Mr Sarkozy, c'est mauvais signe d'avoir de tels soutiens ! Mauvais signe pour qui, au fait ?), tous les contres-révolutionnaires français du dix-neuvième siècle qui préféraient voir les armées étrangères défiler à Paris, plutôt que de voir la Révolution Française réussir.
Non, mon amertume n'est pas due à cela. C'est d'avoir compris (trop vite peut-être) que toutes les promesses, tous les espoirs suscités pendant quatre mois n'étaient que du flan.
Je lui sais gré de nous avoir dégrisé rapidement ; Mr Sarkozy est un pragmatique : continuer à raconter du bobard est un acte désormais inutile. Place à l'action et aux vrais convictions : King money bless France !

Vous me direz " les promesses n'engagent que ceux qui y croient, et comment un candidat qui a promis tout et son contraire pourrait-il tenir parole ?"
Après tout, pour beaucoup de nos concitoyens, la fin justifie les moyens, et quand le pouvoir est au bout de l'ambition, tous les moyens sont bons.
Beaucoup de nos concitoyens pensent que le cynisme en politique est une vertu cardinale : je pense quant à moi que la vertu cardinale doit reposer sur la conviction que l'intérêt et l'avenir de son pays priment sur sa carrière personnelle : vieux débat entre l'éthique de conviction et l'éthique de responsabilité.

La vrai démocratie pour la France ne réside pas dans les illusions de démocratie participative, mais dans la relation entre un peuple et des hommes politiques responsables.

La droite est-elle le seul mouvement politique permettant de redresser la France ?

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Dans notre histoire, la droite est-elle le mouvement politique qui a permis à la France d'être la cinquième puissance mondiale ?

Je crois bien que non.
La gauche comme la droite ont été capables du pire comme du meilleur, chacune de leur côté. Voici quelques erreurs de la droite qui auraient pu nous renvoyer au Moyen-Age ( difficile de toutes les énumérer, il faudrait un blog spécial).

La raclée que la France a subie en mai-juin 1940 est de la responsabilité autant de la droite que la gauche puisqu'ils ont gouverné ensemble, de manière alternée (les gouvernements avaient une durée moyenne de 6 mois), dans les années 30. Ils n'ont pas su, les uns les autres, préparer la France à l'épreuve de la guerre contre les nazis.
Une bonne partie de la droite s'est réjouie de cette défaite car, pour elle, c'était la fin du mouvement progressiste issu de la Révolution Française. Les gens de droite préféraient retrouver les pleins pouvoirs sous la botte de Hitler, que de voir des gueux leur tenir tête.
En juin 1940, la France n'est plus une puissance mais une colonie, et les français des esclaves. Vive la droite, et vive le Maréchal.
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La droite était, dans sa majeure partie, partisane du maintien des colonies en Indochine et en Algérie.
Imaginez la situation de la France si, aujourd'hui, on avait gardé l'Algérie française. Grâce à la décolonisation, l'armée française s'est modernisée -elle a accédé au club très fermé des puissances nucléaires- et l'économie française a connu un tel boom économique dans les années 60 (l'Algérie étant devenue, malgré tout ce qu'on veut bien nous raconter aujourd'hui, un gouffre financier et un obstacle à la modernisation de l'économie française), qu'au début des années 70 sa puissance inquiétait les USA. Heureusement pour les USA, il y a eu depuis Giscard (de droite), Mitterrand (de gauche) et Chirac (de droite). Je n'ai pas l'impression qu'après 14 ans de gauche et de 19 ans de droite (et oui 7 ans de Giscard et 12 ans de Chirac), la France ait gagné en puissance.

Car il ne faut pas oublier que Mr Chirac a gouverné pendant 12 ans, et la France n'a jamais été aussi mal en point (c'est pas moi qui le dit, c'est Mr Sarkozy qui a d'ailleurs gouverné avec lui pendant 5 ans).
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Donc, après d'aussi piètres résultats, je pense que la droite devrait faire preuve de plus d'humilité. Le carriérisme, le manque de scrupules, l'incompétence, le dogmatisme et la bêtise ne sont pas des spécialités de la gauche. La droite a toujours su se montrer à la hauteur dans ces domaines.

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