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01/06/2007

L'Homosexualisme, nouvel avatar de la «libération sexuelle» et cheval de Troie du néolibéralisme

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L'homosexualité est un phénomène aussi vieux que l'humanité et les préjugés sur elle (qui relèvent de la même prérogative phallique qui fonde la misogynie) se sont dans une large mesure effacés dans la société occidentale (1). Aussi peut-on s'interroger sur l'activisme en présence qui consiste à présenter l'homosexualité sur un mode victimaire alors même qu'elle est publiquement présentée comme un nouveau modèle. Car ça n'est pas une vue de l'esprit : le marketing, la pub, la mode, les compagnies d'assurance, les fictions-télé (pour enfants comme pour adultes, et plus particulièrement pour les adolescents), les campagnes politiques s'appliquent à flatter l'homosexualité, à l'instrumentaliser comme un argument de séduction et de vente.

Cette promotion de l'homo n'est pas seulement le fait de la communauté homosexuelle, fut-elle sur-représentée parmi les instances médiatiques et culturelles et constituées en efficaces lobbies politiques. Elle est relayée par une large fraction de sympathisants et activistes hétérosexuels dont nombre de représentants politiques, journalistiques et culturels investis d'une foi militante, vecteurs d'un puissant prosélytisme.

Prédication et inquisition
L'Homosexualisme, nouvel avatar de la «libération sexuelle» et cheval de Troie du néolibéralisme
Afin de mieux cerner le socius et qu'y pénètre plus profondément la promotion des nouveaux modèles, une stratégie coercitive et dialectique s'est constituée. Agissant sur un mode culpabilisateur qui se donne les gants vertueux des Droits de l'homme, elle consiste à exercer une pression idéologique ayant vocation à formater l'opinion publique et une menace sur la liberté de pensée qui tend à la paralyser et à la criminaliser. Cette stratégie s'inscrit dans la politique européenne dite de «défense des minorités » qui consiste à encourager les revendications identitaires (linguistiques, sexuelles, ethniques, religieuses, régionales, etc), à attiser leur dimension conflictuelle en accréditant leurs discours victimaires et en les mettant en concurrence au sein de dispositifs institutionnels (2) « anti-discriminatoires » spécifiquement conçus pour accueillir et gérer ces conflits. Méthode du pompier pyromane mise au service d'une stratégie impériale notoire (diviser pour régner), qui a pour fonction de dissoudre la citoyenneté, les solidarités politiques et sociales qui s'y attachent, en fragmentant le corps social en communautés consuméristes concurrentes.
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Forts de ces puissants soutiens politiques et institutionnels, les lobbies homosexuels ne craignent pas d'exercer ouvertement leurs menaces sur la liberté de penser, parfois même sur le mode crapuleux. Par exemple par la voie du chantage à la dénonciation (banalisé sous le terme d'outing), celle de l'homosexualité de personnalités politiques afin qu'ils se déclarent publiquement tels et manifestent leur solidarité à la cause en imposant les amendements et dispositifs institutionnels adéquats pour que s'accélère la mutation de la culture et des moeurs. Voire même sur le mode de l'agression violente : manoeuvres d'intimidation sur des plateaux de télévision, pressions, violence verbale, agressions en commandos contre des auteurs critiques et leurs éditeurs (3).

La loi « anti homophobie », promulguée précipitamment à l'opportunité d'un fait divers -dont l'instruction s'est finalement soldée par un non lieu (4)-, est venue légitimer du sceau juridique ces pratiques d'intimidation, l'interdit de pensée et de débattre ainsi que le prosélytisme offensif qui caractérisent le mode opératoire homosexualiste.

Ces stratégies, qui associent l'activisme militant et les campagnes publicitaires, affichent une prédilection pour les milieux scolaires. La jeunesse adolescente et pré-adolescente, en plein éveil sexuel, présente en effet l'avantage d'un fort potentiel réceptif et constitue un vecteur de pérénité pour la cause homosexualiste.

A l'instar de représentants de commerce, des militants de la cause homosexuelle porteurs de «valises antihomophobie» (5) sont introduits officiellement dans les écoles, légitimés à empiéter sur le temps scolaire, à sensibiliser les jeunes à l'homosexualité et à la valoriser :
« Les élèves sont invités à prendre part à des débats et à des interventions sur l'identité gay, lesbienne, bi ou trans, sur la sexualité et ce qu'elle représente de plaisirs. (...) Les ressources offertes par le monde asssociatif ou les expériences d'autres pays offrent un large éventail d'exercices à faire en classe, d'interventions par de jeunes gays et lesbiennes exposant leur quotidien aux élèves et traitant de ce que représentent l'exclusion et l'injure homophobe » (6).

Des campagnes d'information d'envergure à l'attention des jeunes bénéficient du soutien et du financement publics. Notamment celles du CRIPS (7) qui, tirant opportunité des problématiques adolescentes contemporaines et du consensus politique qui entoure ses activités, outrepasse allègrement ses fonctions officielles de prévention du SIDA pour les instrumentaliser dans le sens du prosélytisme homosexuel. Nous pointerons notamment l'édition de brochures particulièrement crues, illustrées de dessins « sexuellement explicites », destinées au pré-adolescents (de 10/12 ans) qui se donnent pour mission de les mettre « sans fausse pudeur » au fait de la sexualité (masturbation, « première fois », pose du préservatif, etc) mais qui poussent aussi la sollicitude jusqu'à diriger celles et ceux qui s'interrogeraient sur leur « orientation sexuelle » vers une « Ligne Azur » (8), serveur téléphonique animé par un représentant notoire de la pornographie homosexuelle militante. Relève aussi de l'initiative et du financement publics la création d'accessoires et gadgets à but «éducatif» tel le «Manège enchanté» (dispositif «technique» consistant en une demi-douzaine de phallus multicolores dressés sur un socle de bois), qui postule à l'animation formatrice par exercices ou concours d'enfilage de préservatifs. Tandis qu'en parallèle des manoeuvres de lobbying s'emploient à réclamer une réforme des manuels scolaires permettant de légitimer par voie d'enseignement la nouvelle norme homosexualiste.

Autant de productions mentales et fantasmatiques de la sphère privée, introduites dans le champ public par voies médiatique et institutionnelle, qui ont pour vocation de générer et accélérer des mutations culturelles, civilisationnelles, en opérant au niveau de leurs structures les plus profondes, leurs fondements anthropologiques.

Ces visées s'expriment ouvertement au sein des stratégies politiques : la « gauche » s'est fait une spécialité idéologique et électorale de privilégier les revendications sociétales homosexualistes au point que leurs motions et programmes respectifs émanent des mêmes rédacteurs. Ainsi en est-il d'un groupe de travail du club de réflexion de Dominique Strauss-Kahn « A gauche en Europe » (dirigé par un adjoint de la Mairie de Paris, militant déclaré de la cause homosexuelle) qui relaie officiellement dans son programme l'intégralité des revendications militantes de l'interassociative LGTB (Lesbiennes-Gay-Transexuels-Bisexuels). Dans cette profession de foi s'exprime clairement la volonté de préparer « la reconstruction d'un projet politique adapté aux mutations de la modernité, d'une nouvelle identité face à la perte des repères collectifs anciens. (...) Il faut inventer un nouveau paradigme idéologique» (Christophe Girard, adjoint aux affaires culturelles à la Mairie de Paris, Libération 11/05/04).

Une « mutation » que nous découvrons programmée et imposée depuis plusieurs années par voie institutionnelle et médiatique : « Entre 1967 et 2001, une douzaine de grandes lois on fait passer notre pays d'un ordre post-vichyste (révérant un modèle procréateur, adulte, hétérosexuel et parfois violent) à un ordre post-soixante-huitard. Ces lois ont été adoptées au terme de débats et de combats très vifs et la question se pose de savoir dans quelle mesure elles étaient à la remorque de la demande sociétale, et également si elles n'ont pas elles mêmes produit des effets libérateurs, et en quelque sorte, imposé de nouvelles normes à des individus ou des groupes qui ne leurs étaient pas favorables ». (Janine Mossuz-Lavau, politologue et directrice de recherche au CNRS).

Pour compléter cet état des lieux, nous ajouterons que les principales motions en concurrence pour le Congrès du PS au Mans, inspirées par l'association Homosexualités et Socialisme, reprennent à leur compte les revendications du mouvement « gay ». Il n'y a t-il donc pas lieu d'être surpris que toutes les tendances du parti socialiste se soient rassemblées dans un mouvement unanime autour de cette thématique communautariste, qui évince les plus graves difficultés sociales pour présenter le plus sérieusement du monde le mariage homosexuel et l'homoparentalité comme une urgence sociale et un impératif politique.

Ce détournement des revendications sociales dans le champ sociétal (très avantageux sur le plan économique) étant parfaitement ajusté aux visées néolibérales et le marché électoral libertaire étant supposé en expansion, la « droite » n'entend pas être en reste pour les prochaines élections. Ainsi la profession de foi du groupe de réflexion UMP « On est là ! », à vocation « attrape gays », censée "déringardiser" la droite en lui permettant d'affronter des questions de société taboues, renchérit-elle en proposant tout un panel d'extensions de jouissances tels la création de "salles de shoot" où serait délivrée de l'héroïne sous contrôle médical, le droit à l'adoption pour les couples homosexuels, un "cours des différences de genre et d'éducation sexuelle de la sixième à la troisième" ainsi que la légalisation de l'euthanasie.

Ce travail de forçage et de sape s'exerce d'autant mieux que s'avèrent efficaces les mesures de coercition et d'intimidation qui frappent les esprits critiques. Mesures qui sont, comme nous l'avons vu, soutenues et légitimées par voie juridique, à savoir la déclinaison pénale, très dissuasive, de la loi «anti homophobie». Ainsi ces «minorités», auxquelles se sont alliés les pouvoirs médiatiques et institutionnels, se sont-elles dotées des moyens d'imposer leurs diktats au plus grand nombre (9), de peser sur la liberté de pensée et d'évacuer tout débat en réduisant leurs contradicteurs au silence.

Des incidences de l'effacement de l'Interdit sur le désir
L'homosexualisme, nouvel avatar de la « libération sexuelle » est, comme elle, le fruit de la permissivité issue de l'effondrement des interdits. La sexualité ayant été libérée au delà de toute espérance mais sans avoir tenu ses promesses, la « libération sexuelle » a pris au fil des ans l'allure d'une immense défaite, aussi amère que silencieuse.

Nous reconnaîtrons dans cette issue paradoxale de la «libération sexuelle» le parcours du désir en tant qu'il est lié à l'Interdit (10). Si le rapport de cause à effet ne s'impose pas a priori comme une évidence, nous pouvons toutefois en vérifier la pertinence a posteriori. Ce qui se manifeste en effet avec éclat aujourd'hui, c'est que la permissivité la plus générale mène non pas à l'épanouissement des satisfactions mais au contraire à une baisse du désir. En témoigne la surenchère transgressive que le désir s'impose pour se maintenir (11). Contre cette évidence, cette baisse du désir n'est pas chose aisée à éprouver comme telle, ce qui explique que rien n'en soit explicitement articulé. Plutôt ce désir en souffrance s'exprime t-il sur le mode de la frustration et du ressentiment qui s'exposent effectivement sur le devant de la scène publique. En l'occurrence, ce que l'on peut remarquer de plus flagrant (bien qu'implicite au discours public et culturel), c'est le discrédit du couple hétérosexuel. L'échec de la « libération sexuelle » ayant projeté l'ombre calamiteuse du ratage et le discrédit sur les deux protagonistes du rapport hétérosexuel.
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C'est de ces ravages inattendus sur le désir, directement liés à l'avènement de la société de consommation, au triomphe de l'Impératif de jouissance qu'elle a peu à peu substitué à l'Interdit judéo-chrétien, qu'est née la foi homosexualiste.

La prothèse pornographique
Le rattrapage a tout d'abord consisté à faire appel au dispositif fantasmatique qui fait usuellement office de soutien du désir défaillant. L'appareillage pornographique, qui se caractérise d'être adossé au fantasme, était voué à prospérer sur cette faillite du désir en lui permettant de se redéployer hors des sentiers battus et inopérants de l'amour. L'efficience de cette prothèse « techno-fantasmatique » qu'est la pornographie se vérifie par la dimension industrielle et proliférante, indicative de son succès, que nous lui connaissons aujourd'hui.

La fonctionnalité de la pornographie réside dans sa capacité à externaliser le fantasme singulier du sujet et à alléger ainsi celui-ci d'une partie de sa culpabilité. Mais elle ne l'épargne pas de son insatisfaction ni même de son angoisse car elle le laisse démuni face à l'énigme des conditions fantasmatiques de sa jouissance qui l'exténuent dans la répétition et l'aliènent, loin de tout idéal, en multiples contradictions.

Le traitement scientiste du désenchantement libertaire
C'est sur cette muette désillusion que prospère le fol espoir, relayé au porte-voix médiatique, qu'est l'effacement de la différence sexuelle. Cette fuite en avant se conforte de la croyance dans les sciences et techniques, dans leur capacité à transcender le réel biologique. Un combat qui trouve son terrain d'élection dans le champ de la procréation (médicalement assistée, les biotechnologies, appelées à se substituer à la relation sexuelle) où les espérances libertaires retrouvent un second souffle. Pointons au passage le caractère cocasse de ces revendications quand on se souvient que la profession de foi libertaire, qui plaide aujourd'hui en faveur des homosexuels pour le «droit au bonheur» par les voies du mariage et de la famille, s'était acharnée hier à provoquer leur perte.

L'homosexualisme est l'issue de secours dans laquelle se sont engouffrés tous les reliquats de cette défaite, mais aussi le solde des narcissismes en quête d'un nouvel espace d'épanouissement et de conquêtes. C'est ainsi que les espoirs déçus se redéployèrent dans un nouveau credo : une « libération homosexuelle », fondée sur l'amour du même. Amour-miroir, plus que jamais narcissique où est éludée la rencontre avec l'Autre, c'est-à-dire la problématique de la différence sexuelle qui lui est sous-jacente.


Un avant-gardisme régressif
Si l'homosexualisme ambitionne de promouvoir l'émergence d'une post-humanité affanchie de la dépendance des sexes et, à ce titre, prend volontiers une posture avant-gardiste, ses manifestations concrètes s'illustrent plutôt par une régression vertigineuse : l'aggravation des conflits entre les sexes et la restauration de cette configuration archaïque qu'est la bipartition sexuelle, catactéristique des sociétés traditionnelles.

L'homosexualisme tend à soutenir ses revendications, notamment parentales, sur la base du discrédit suscité par le démantèlement de la famille hétérosexuelle traditionnelle. Certaines de ces revendications visent le statut, supposé privilégié, accordé aux femmes depuis une trentaine d'années par les dispositifs juridiques de la société occidentale contemporaine. C'est l'opportunité de faire le point sur le statut féminin, dont on perçoit qu'il est actuellement en pleine « évolution », encore faudrait-il préciser si c'est dans le sens d'une avancée ou d'une régression.

Les amendements de l'arsenal juridique qui ont conféré dans les années 70 une position centrale à la mère ont contribué à approfondir le travail de sape des interdits, de l'autorité paternelle et de ses métaphores institutionnelles. Contre ces apparences, nous n'assistons pas à une montée en puissance du pôle féminin, comme on l'affirme ici et là. Bien au contraire. Cette « promotion » de la «responsabilité maternelle » dans la société occidentale contemporaine signale plutôt une régression archaïque, puisqu'elle consiste dans les faits à laisser à la charge des femmes les obligations éducatives, comme c'est d'usage dans les sociétés traditionnelles.

Faut-il s'étonner de cette « évolution » de la famille dans le contexte de la société de consommation régi par l'impératif de jouissance quand cette charge éducative et financière des enfants est réputée susciter plus d'empêchements que d'exaltation de la jouissance ? Ce qui explique en partie que tant d'hommes s'en défaussent, parfois à peine sont-il dotés d'une progéniture.

Tandis que l'attachement charnel et l'aliénation archaïque tendancielle – aujourd'hui massivement récurrente – du désir féminin (toujours prompt à se reporter dans le champ maternel, en amour pour l'enfant, notamment quand le désir des hommes les abandonne), a pour conséquence de sauvegarder un cadre d'accueil minimal (dit « monoparental ») à l'enfant. Tirant parti de cette attitude différencée des sexes à l'égard de l'enfant, le dispositif juridique, de plus en plus inféodé à la logique utilitariste du marché, s'est contenté d'ajuster la loi en fonction de l'évolution des moeurs. Ainsi l'affectation de la responsabilité parentale à la mère ne relève t-elle pas d'une promotion ni d'un privilège féminins mais plutôt d'une décharge opportuniste des responsabilités masculines et publiques. Que 80% des nouveaux pauvres soient des femmes seules élevant des enfants suffit à conforter notre propos. Quant aux réussites triomphales de sujets féminins exhibées sur le devant de la scène politique, économique et culturelle, elles ne sauraient nous leurrer : elles interviennent dans cette conjoncture comme des alibis chargés d'occulter cette réalité qu'est le retour de la bipartition sexuelle, la dépréciation, la relégation et l'exploitation des femmes qui vont de pair.

De toutes parts s'affirme ce diagnostic. La pornographie, devenue vecteur d'éducation sexuelle (60% des garçons de 11 ans, 30% des filles, ont vu des films pornographiques), installe une grande confusion entre réalité et fantasme, formatant ainsi la relation des garçons aux filles dans le sens de la domination et de l'instrumentalisation. Ces films présentent en effet une sexualité où les hommes sont dominants et les femmes dominées, réduites à l'état d'objet ou de marchandise. Cette dégradation de l'image de la femme conjointe à celle des conduites masculines occasionnent des ravages sur les adolescentes qui éprouvent le plus grand mal à s'identifier en tant que femmes, faute de trouver une image recevable de leur sexe. D'autant que cette dégradation de leur image se confirme dans la réalité quotidienne par une régression vertigineuse du statut féminin : la recrudescence de l'agressivité masculine à l'égard des filles, l'expansion de la violence conjugale, à quoi s'ajoutent par milliers les mariages forcés, les mutilations sexuelles, les humiliations et les misères de la polygamie en provenance des sociétés traditionnelles.

De l'homosexualisme à la marchandisation de l'humain
Spéculant sur la précarisation la plus générale du couple engendrée par l'Impératif de jouissance consumériste, les divas et ténors de l'homosexualisme instrumentalisent électivement (12) les divisions du couple hétérosexuel dans le sens de leurs intérêts propres dans un discours hautement paradoxal.

Prenant, d'une part, appui sur le « non désir d'enfant » supposé aux hommes hétérosexuels, affectant de plaider en faveur de leur affranchissement du pouvoir des femmes (de les faire pères contre leur gré), la juriste et militante homosexualiste Marcella Iacub leur propose une « solution » aussi singulière que radicale : la stérilisation volontaire, après dépôt de sperme dans une banque (13) ! Proposition pernicieuse puisqu'elle consiste à substituer une dépendance à une autre : assigner les hommes à la dépendance d'un marché de la reproduction, pour lequel elle milite. Dans le même temps, prenant cette fois appui sur le « désir d'enfant » issu des frustrations homosexuelles (14), et spéculant sur le rejet de l'autre sexe par les homosexuels, elle leur propose la médiation de la procréation assistée (promue dépositaire des précieuses gamètes et des prestations de service d'insémination).

Tandis qu'elle voue les femmes à une singulière « libération », toujours plus conforme aux intérêts du marché : s'appliquant à désacraliser le corps humain pour en légitimer la marchandisation, elle présente celui des femmes comme un outil de travail et une machine de production, valorise la prostitution et invite les femmes à étendre le commerce de leur corps à leurs organes de reproduction (vente d'ovules, location d'utérus, etc.) :
"Je pense que la prostitution n'est pas en soi quelque chose de néfaste pour la personne qui l'exerce, homme ou femme. (...) On confond l'activité avec les conditions dans lesquelles elle s'exerce : ce sont les conditions qui sont déplorables. Moi, je ne vois pas pourquoi la prostitution ne pourrait pas être un métier comme les autres, voire un art ! La seule chose qui me semble sexiste est qu'il n'existe pas ou peu de clientes". (Marcela Iacub, Télérama n°2769, 5/02/2003)

Nous pointerons la surenchère des « gays », aux côtés de ce « féminisme » new-look, qu'ils instrumentalisent dans le sens de leurs intérêts. Notamment leur soutien aux revendication parentales des « couples lesbiens » (dont ils attendent la collaboration pour leur propres « projets parentaux », en attendant de pouvoir bénéficier du clonage « sans mélange des gamettes », revendiqué par les plus radicaux d'entre eux). Il en est de même quand ils condamnent la misogynie consubstantielle à la pornographie hétérosexuelle et qu'ils proposent de lui substituer... la pornographie « gay » ! éliminant ainsi totalement les femmes de l'imaginaire hétérosexuel (fut-il celui de la pornographie, mode opératoire toujours délétère, sacrificiel, quelle que soit son orientation).

La liberté d'expression se trouve aujourd'hui gravement menacée par un double danger : d'une part une pornographie médiocre, hétérosexuelle et misogyne qui s'impose sur le marché, et d'autre part une rhétorique qui justifie une interdiction de principe contre toutes les images pornographiques (...) une pornographie gay et lesbienne, conçue et réalisée par les homosexuel(le)s eux-mêmes et diffusée dans les circuits généralistes permettrait de modifier l'image du désir et des fantasmes entre personnes du même sexe ». (Daniel Borillo, juriste et maître de conférence en droit privé à l'Université Paris X Nanterre, chercheur au CNRS, Libération, 10/2002)

Force est de constater que ce prosélytisme homosexualiste auquel nous avons affaire n'est pas une lutte pour « l'égalité », comme il le prétend (15), mais une lutte catégorielle élitaire médiatiquement assistée, ayant pour visée une révolution idéologique et une mutation anthropologique, qui entend pour ce faire renverser l'ordre actuel des pouvoirs et des normes pour y substituer les siennes, et imposer par voie juridique (16) sa vision fantasmatique à l'ensemble du corps social. Cette vision fantasmatique qui se donne des allures d'avant-garde s'avère promouvoir au contraire l'ordre social le plus inégalitaire et archaïque : la bipartition sexuelle. En effet, la dévaluation du sexe féminin, qui lui est traditionnellement associée et fonde la mysogynie, non seulement ne faiblit pas sous l'influence de l'homosexualisme mais au contraire s'accentue et se généralise. Car si la relation hétérosexuelle a toujours été problématique, il n'en reste pas moins qu'elle se distingue de faire bon gré ou mal gré mais toujours avec l'autre. Tandis que l'homosexualité, opte radicalement pour le choix de faire sans l'autre.

Aggravation des clivages sexués
Mais qu'on ne se leurre pas, ce choix du même n'ouvre pas à une bipartition sexuelle pacifiante, qui permettrait de dépasser la traditionnelle guerre des sexes. Celle-ci continue à diviser les milieux homosexuels en classes hostiles les unes aux autres. Ainsi en est-il du clivage du club « gay » où les « virils » méprisent, voire haïssent, les « efféminés ». Tandis que les lesbiennes se divisent en deux catégories, les masculines (désignées sous le nom de « butch » ou « camionneuses ») et les féminines (« fems »). Divisions qui reproduisent dans les deux champs les stéréotypes de la bipolarité homme-femmes, et la misogynie traditionnelle vecteurs des conflits entre les sexes.

Cette nouvelle bipartition, homosexuelle, est donc à considérer non pas comme un solutionnement de la problématique de la différence sexuelle mais comme son aggravation : une rupture radicale entre les sexes vectorisée par l'effondrement du désir intersexué. Rupture comme toujours préjudiable en premier lieu aux femmes, ce dont rend compte la marginalisation qui la frappe plus particulièrement aujourd'hui.

Les liaisons dangereuses : homosexualisme et biopolitique
On pourrait croire en effet que les institutions et les médias, toujours prompts à la proclamation vertueuse, à la geste humanitaire, à emboucher la dialectique victimaire, les mots d'ordres anti-discriminatoires, s'empresseraient de faire barrage à cette régression. Il n'en est rien. Rien ne semble en mesure de contrevenir à cet abandon, à ce naufrage du féminin. La tendance institutionnelle et politique, en phase avec les postulats du marché, allant inexorablement dans le sens de la domination des « gagnants » sur les « perdants ».
Le vote de la « loi anti homophobie », présenté comme une urgence (aussi rares soient les infractions commises à l'encontre des homosexuels) dans un contexte de recrudescence exponentielle des atteintes à la sécurité et à la dignité des femmes, est indicatif de l'indifférence des pouvoirs publics à l'égard de la déchéance du statut féminin.

La gestion de la santé publique confirme ce désintérêt des pouvoirs publics pour les difficultés des femmes, alors même qu'elles s'accroissent. Ainsi voyons-nous aujourd'hui la gynécologie (qui fut le paramètre médical idéologiquement marqué du sceau de la « libération sexuelle », et sans doute ceci n'est-il pas indifférent à la désaffection qui la frappe aujourd'hui) entachée de désuétude et son abandon programmé (17) alors même que cette discipline – par delà les fonctions gestionnaires du « planning familial » qui firent sa notoriété – s'est avérée et s'avère toujours des plus efficientes et irremplaçable en matière de santé publique, à savoir celle de la moitié féminine de la population (notamment pour la prévention des MST, les cancers du sein, de l'utérus, l'ostéoporose, etc.). Tandis que, de façon concommitante, nous voyons les pouvoirs publics reporter leur intérêt et leurs crédits en direction des biotechnologies et de la procréation assistée. Il n'est bien sûr pas dans notre propos de contrevenir à la recherche biologique et médicale. Simplement nous remarquerons que ces promotions médicales médiatiquement assistées semblent moins soucieuses de donner de nouveaux espoirs aux couples hétérosexuels stériles que de les instrumentaliser pour introduire et légitimer le nouveau paradigme idéologique du moment que sont les revendications parentales homosexuelles.
Il va sans dire que, si elles articulent le même désir et visent le même objet, les revendications « homoparentales » ne se fondent pas de causes identiques à celles des couples hétérosexuels stériles. Les couples hétérosexuels sont stériles en raison d'empêchements biologiques qu'ils subissent. Tandis que les homosexuels ne peuvent concevoir du fait d'un choix de jouissance qui exclut la procréation. Ce qui implique d'en assumer les conséquences. (18)

Notons que ce désintérêt latent des dispositifs de procréation assistée pour les couples hétérosexuels n'est pas sans relation avec les idéaux d'un « marché » devenu totalitaire. Nous pointerons en effet, dans ces options médicales homosexualistes, la prévalence de ce paradigme de la société de consommation qu'est le « choix », en tant qu'il est articulé à la jouissance d'objets monnayables, proposés par le « marché ». Et a contrario, la dépréciation de tout ce qui s'avère fonctionnellement « défaillant », qui relève d'une solidarité qui renvoie aux anciens paradigmes (chrétiens, collectifs), et d'une politique de service public républicaine redistributive qui lui était affiliée. Politique dont les dépositaires transitoires des institutions n'aspirent aujourd'hui qu'à se défaire.

Cette idéologie libérale-libertaire, fondée sur la légitimité de la jouissance et du profit, la prévalence de l'individualisme sur l'intérêt général, configurée dans un espace mondialisé où la scène des représentations et des identifications est confisquée par une minuscule élite médiatique (19), coïncide avec l'avènement d'une biopolitique de sinistre mémoire. Se réclamant comme toujours de disciplines scientifiques adossées à une logique utilitariste et gestionnaire, elle se spécifie aujourd'hui d'être dynamisée par l'impératif du profit édicté par le marché et ranime, à l'opportunité de l'anonymat de masses, des conceptions bouchères (20) de l'humanité qui consistent à envisager le corps humain comme une matière première (du marché du sexe, de la reproduction et des organes). Une biopolitique dont les tenants et aboutissants notoires sont l'eugénisme et l'euthanasie, actuellement en cours de réhabilitation. Pratiques banalisées par le marché (21) mais dont il convient de souligner la fonction sacrificielle, celle qui consiste à statuer sur la légitimité à vivre des plus faibles. Le nazisme racialiste a démontré l'horreur inhérente à ce principe. Mais on ne saurait se contenter des déclamations ostentatoires antiracistes et autres condamnations vertueuses du nazisme faites par les plus hautes instances politiques et économiques pour se croire affranchis de cette horreur sacrificielle.

Si l'eugénisme et l'euthanasie font retour aujourd'hui, c'est frappés des paradigmes idéologiques actuels : l'économisme, la rentabilité, le profit, la légitimité de la jouissance. C'est en vertu de ces valeurs techniques et fonctionnelles, devenues offensives par leur radicalisation et leur expansion totalitaire – valeurs qui se sont substituées à l'intérêt pour l'humain, pour le langage et le lien social qui le déterminent comme tel – que sont sacrifiés aujourd'hui les conditions de notre survie biologique et jusqu'au concept même d'humanité.

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(1) Les résultats d'enquêtes d'opinion (sondages IPSOS/Têtu), la multiplication des programmes TV qui y font référence (près de 800 en 2003), démontrent une banalisation, une acceptation croissante de l'homosexualité dans la société française et contredisent les discours victimaires ainsi que les chiffrages fantaisistes des « études militantes » des associations homosexuelles.
(2) La Halde (Haute Autorité de Lutte contre les Discrimination et pour l'Egalité) nouvel organisme institutionnel chargé de la « lutte anti discrimination » et son équivalent européen Equal, par lequel l'Union européenne subventionne désormais massivement des organisations communautaires. Ainsi l'association de lobbying de cadres homosexuels L'Autre Cercle s'est vue attribuer 400.000 euros de subventions (Libération, 26/05/04).
(3) « Après avoir intimidé l'éditeur d'Alain Soral, Act Up récidive en allant saccager les locaux du magazine 20 ans, qui aurait eu le tort d'accorder une interview à cet auteur. Une interview dans laquelle celui-ci redoutait que la montée actuelle des communautarismes ne tourne à un retour du fascisme des milices. Le 11 avril 2003, les locaux des éditions Blanche ont été dévastés par les membres d'Act Up. Le personnel présent a été agressé physiquement et une des stagiaires envoyée à l'hôpital. » (www.communautarisme.net)
(4) Il est important de rappeler que, faute d'éléments probants, la justice a prononcé un non-lieu dans l'enquête sur l'agression présumée de Sébastien Nouchet, qui avait accusé trois personnes de l'avoir brûlé vif dans son jardin. Ce fait divers avait amené Jacques Chirac à faire légiférer sans attendre, précipitant l'adoption d'un projet de loi relatif à la lutte contre les propos discriminatoires à caractère sexiste ou homophobe, en son temps qualifié de « Loi Nouchet ». Malgré l'avis défavorable de la Commission nationale consultative des droits de l'homme, qui s'était inquiétée des conséquences d'une loi « anti-homophobie » sur la liberté d'expression, ce projet a finalement été entériné par son intégration à la loi portant création de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité (HALDE) du 30 décembre 2004.
(5) Les « valises anti homophobie » sont des malettes dites « pédagogiques » créées par le gouvernement Jospin sous l'égide de Ségolène Royal.
(6) Extraits de documents en ligne sur le site du Club de réflexion de Dominique Strauss-Kahn A gauche en Europe
(7) Le CRIPS (Centre Régional d'Information et de Prévention du Sida) d'Île de France est un établissement public financé par la région, la Ville de Paris, la préfecture, le ministère des Affaire étrangères et la Caisse régionale d'assurance-maladie.
(8) Une présentation critique de ces brochures et prestations de service du CRIPS est accessible sur le site du Perroquet libéré
(9) Il n'est pas inutile de préciser que la proportion des homosexuels dans la population est de moins de 5%.
(10) La permissivité et l'invitation à la jouissance promulguées par l'idéologie libérale-libertaire ouvrent à la rencontre avec l'impossible, plus douloureuse que celle de l'Interdit. En effet, si celui-ci suscitait la frustration, il stimulait le désir en ménageant le credo dans un Possible. Tandis que la découverte de l'insatisfaction récurrente ouvre sur l'abîme d'un incontournable désenchantement.
(11) Nous voyons ainsi le catalogue des fantasmes ordinaires céder progressivement le pas à un inventaire qui rejoint celui des pathologies criminelles : inceste, pédophilie, meurtre, dont les recueils conçus et marchandisés comme des stimulants sexuels sont aisément accessibles dans les réseaux spécialisés.
(12) Notons que, si la précarité du couple hétérosexuel est notoire, celle des couples homosexuels l'est plus encore, du fait de leur inclination pour une pratique exacerbée du multipartenariat. La réflexion suivante est particulièrement pertinente quand il s'agit du couple homosexuel : « l'aboutissement de cette précarité de la famille qui est de moins en moins un rouage social et relève d'un contrat qui peut être résilié du jour au lendemain, se trouve aujourd'hui dans le pacs et demain dans les filiations à la demande. L'adoption ne risquerait-elle pas, à l'instar du mariage ou du pacs de devenir révocable du jour au lendemain pour non satisfaction du client ? « Le contrat se substituera à la loi » annonce catégoriquement Ségolène Royal à la télévision. Chirac a fait le même discours au Conseil économique et social. Mme Parisot plaide encore plus fortement dans le même sens. Et M. Sarkozy aussi, dans les récents discours d'Agen et de Perigueux ». Le contrat doit-il se substituer à la loi ? (Gérard Filoche, site Démocratie et socialisme, 19/12/06)
(13) « Père par virement bancaire - Stériliser tous les hommes après avoir stocké leur sperme en banque : une méthode radicale de contraception », Marcella Iacub (Libération 31-07-04)
(14) Nous pointerons, dans ces revendications du mariage et de la parentalité par les homosexuels, le symptôme de l'insatisfaction et de l'affaiblissement du désir dans le cadre de la relation homosexuelle. « Dans une société de plus en plus conciliante (...), où l'homosexualité est somme toute assez bien intégrée, (...) quand la télé, les médias et une majorité de citoyens proclament leur sympathie pour les gays, (...) comment faire pour se battre encore ? Où sont les nouveaux buts ? » , dit en substance Benoît Duteurtre, journaliste et homosexuel déclaré (« Noces gay pour petits-bourgeois - Le mariage homo, non sens et ultime lubie d'une minorité en manque de cause », Libération du 2/06/04). Nous traduirons : comment faire pour désirer encore ? où sont les nouveaux interdits (que nous puissions encore désirer... les transgresser) ? En quoi nous constatons que l'inversion des paradigmes (la substitution de l'Impératif de jouissance consumériste à l'Interdit judéo-chrétien) frappe de la même impuissance à désirer les homosexuels autant que les hétérosexuels.
(15) « En confondant différence et discrimination, le dévoiement de l'éthique de l'égalité peut mener à une violence infiniment plus radicale que celle qu'il entend conjurer. En effet, il n'est pires antagonismes que ceux nés de l'érosion des différences. Pour permettre le fonctionnement social, il importe de désamorcer la spirale des rivalités en maintenant, dans le corps social, à la fois de la dissymétrie et de l'égalité. Il n'est pas de défi plus fondamental pour les démocraties. » (« Un beau miriage gay ? », Francis Martens, en ligne sur Squiggle.be).
(16) Notons que, parmi les militants les plus actifs de l'homosexualisme, nous trouvons un grand nombre de juristes parmi lesquels Marcela Iacub, juriste, chercheuse au CNRS ; Daniel Borillo, universitaire et juriste; l'écrivain Dustan, pseudonyme d'un juge français aujourd'hui décédé, qui mettent leur position au service de leur cause.
(17) Sous prétexte d'harmonisation des formations en Europe, une loi de 1986 a abrogé, dans la discrétion la plus totale, la spécialité de gynécologue médical, typiquement française, née en 1965. Quelques chiffres : 1999 = 1920 gynécos ; 2015 = ils ne seront plus que 1000 ; 2020 = il n'en restera que 500. Après leur départ à la retraite, ne resteront plus que des gynécologues obstétriciens, ces chirurgiens spécialistes des grossesses et des opérations gynécologiques qui exercent à l'hôpital. Parallèlement, les médecins généralistes recevront une formation supplémentaire à la gynécologie de... 3 mois. (cliquer ici)
(18) Pour une approche pertinente de cette question de « l'homoparentalité », cliquer ici)
(19) J'ai présenté une analyse de cet enchaînement logique, historique et symbolique, dans " L'Enjeu Symbolique - Islam, christianisme, modernité" ( interprétation psychanalytique des fondements religieux, idéologiques et de leurs conflits), éd. de L'Harmattan, collection « Psychanalyse et civilisations », nov. 2004.
(20) "Le marché de l'humain en pièces détachées"
(21) Le courrier international a consacré à ce marché en plein développement un dossier intéressant : « Il est né le divin enfant : l'essor du bébé-business »



L'Homosexualisme, nouvel avatar de la «libération sexuelle» et cheval de Troie du néolibéralisme
Par Véronique Hervouët, essayiste et psychanalyste. Véronique Hervouët est membre des Forums du Champ Lacanien. Elle a notamment publié "L'enjeu symbolique - Islam, christianisme, modernité" (L'Harmattan, 2004).
Article publié sue "Observatoire indépendant sur le communautarisme"

Du communautarisme au républicanisme incantatoire : que penser du revirement rhétorique de Nicolas Sarkozy ?

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Depuis ses premiers discours de campagne présidentielle de Nîmes et d'Agen, le probable candidat de l'UMP Nicolas Sarkozy a troqué son discours habituel vantant les "identités" et les "spiritualités" pour se faire le héraut de la République et de ses valeurs. Une analyse sérieuse de ses positions et de celles de ses principaux lieutenants conduit pourtant à ne déceler dans ce soudain accès de républicanisme qu'un nouvel avatar de l'opportunisme politique et de la stratégie de corruption idéologique qui amène à répudier la République en son nom.



Nicolas Sarkozy
Y a-t-il une « exception Sarkozy » en matière de communautarisme ? Tout porte à penser que le président de l'UMP, à l'instar de beaucoup de ses pairs de droite comme de gauche, pratique le clientélisme communautaire. Mais celui qui tente aujourd'hui de se refaire une virginité républicaine à travers des prises de position fortes sur la nation et la République, qui fulmine contre la « tentation communautariste » tout en entretenant un savant flou artistique sur ce qu'il entend concrètement par « discrimination positive », échoue à convaincre.

Les récents discours de Nîmes (Pour la France, 9 mai 2006) et d'Agen (Pour la France du travail, 23 juin 2006) ont en effet marqué un infléchissement significatif de la vulgate sarkozienne. Au point que le candidat à l'élection présidentielle de 2007 séduit désormais d'anciens compagnons de route de Jean-Pierre Chevènement comme Max Gallo (1) ou attire la sympathie critique mais somme toute bienveillante d'un Alain-Gérard Slama (2) dont l'inflexibilité sur les questions de communautarisme n'a d'égal que la sagacité des analyses (son dernier opus, Le Siècle de Monsieur Pétain, traite admirablement de cette aspiration identitaire qui, alternativement, exclu et emprisonne l'individu (3)).

Pourtant, il y a loin de la parole aux actes et la geste sarkozienne est truffée de contradictions.
Comment peut-on, en effet, flétrir ce communautarisme qui « menace d'enfermer chacun dans ses origines, dans sa religion et sa couleur de peau » (4), et se prononcer, dans le même temps, pour la prise en compte de l'origine ethnique dans les statistiques officielles (5) ?

Comment peut-on fustiger « ceux qui conspuent la France », qui la « caricaturent au travers de son histoire », prétendre également avoir tiré les leçons du non au référendum sur la Corse du 6 juillet 2003 et, en même temps, consentir à la ratification de la Charte des langues régionales et minoritaires (6), l'une des revendications les plus fondamentales des ethno-régionalistes ?

Comment peut-on appeler à une réforme de la loi de 1905 séparant les églises et l'Etat, au motif de « nationaliser » l'islam français, tout en s'en remettant, sur les questions touchant à la formation des imams ou au voile islamique, à l'avis d'une autorité religieuse étrangère (7) ?

Comment peut-on se dire préoccupé par l'égalité des chances, au point de prôner des méthodes radicales qui peinent à faire leurs preuves outre-atlantique (la fameuse « discrimination positive »), tout en affichant un bilan si peu convaincant ? Donner plus à ceux qui ont moins, très bien ! Encore faut-il ne pas se payer de mots ! Nicolas Sarkozy est, depuis 1983, à la tête d'une commune des Hauts-de-Seine – Neuilly – abritant moins de 800 logements sociaux, soit 2,5 % du parc résidentiel, ce qui est en totale infraction avec la loi SRU, qui exige un minimum de 20 % de logements sociaux (8). Alors quoi ? Volontarisme ici, immobilisme là ?!

Paradoxalement, ce n'est pas à Neuilly qu'il faut chercher un « laboratoire » du sarkozisme, mais à Asnières, où le « monsieur sondages » de l'UMP, Manuel Aeschlimann, expérimente les recettes de son mentor. Un « conseil des communautés » y est ainsi chargé, depuis 2002, d'appuyer la stratégie de marketing électoral de la municipalité qui consiste à cibler les populations et à identifier les problèmes qui leurs sont propres (9).

On pourrait objecter que le maire d'Asnières est une exception. Que le camp politique du Ministre de l'Intérieur a ses brebis galeuses. Que nenni ! C'est en observant les émules de Nicolas Sarkozy qu'il convient d'apprécier sa méthode.

Ainsi Roselyne Bachelot. En rabatteuse de voix à l'Assemblée générale du Conseil représentatif des associations noires (CRAN) (10), elle le déclare sans détours : « la discrimination positive est au coeur de l'engagement de Nicolas Sarkozy », même si, ainsi que le précise Patrick Devedjian, « il faut trouver un terme plus heureux que celui de "discrimination positive" » (rebaptisée depuis « action positive »)…

Ainsi Eric Raoult. Le député-maire du Raincy (Seine-Saint-Denis) et parrain de l'Association des Amis de Nicolas Sarkozy est aussi l'auteur d'une proposition de loi visant à sanctionner le blasphème (dépénalisé depuis 1791 !) pour s'attirer les grâces d'une organisation communautaire musulmane de Seine-Saint-Denis (11).

Ainsi Abderrahmane Dahmane. Considéré comme un proche de M. Sarkozy, ce secrétaire national de l'UMP chargé des relations avec les associations des Français issus de l'immigration, par ailleurs président d'un groupusculaire Conseil des démocrates musulmans de France (CDMF), appelle de ses vœux la constitution d'un « lobby maghrébin », confessant qu'il « [agit] comme les juifs du CRIF » (12)!

On saisit ici les limites et les incohérences du communautarisme tous azimuts.
En effet, Nicolas Sarkozy, qui a reçu le prix de la tolérance du Centre Simon Wiesenthal pour son action contre l'antisémitisme le 11 avril 2003, s'est rendu, huit jours plus tard (ah les savoureux hasards du calendrier !), à l'Assemblée générale annuelle de l'UOIF… la même UOIF que le Centre Simon Wiesenthal considère, dans un rapport rendu public (13), comme violemment antisémite !

Il faut toutefois s'arrêter un instant sur l'enjeu que représente la communauté juive dans la stratégie sarkozienne. En avril 2004, en visite à Washington, celui qui était alors Ministre de l'économie et des finances, n'a pas hésité à répondre favorablement à l'invitation à déjeuner de représentants de l'influent American Jewish Comitee (AJC). Cette visite, qui, selon les termes d'Esther Benbassa, « a eu un impact très fort en France » (14), prend place dans une stratégie de conquête du « vote juif » – aussi contestable que puisse apparaître ce type d'expression – qui ne doit rien à l'improvisation. C'est que « beaucoup de juifs éprouvent de la gratitude pour Nicolas Sarkozy », comme l'affirme Roger Cukierman, le président du CRIF (15). Le 30 mars 2006, Nicolas Sarkozy s'est ainsi vu décerner le prix de l'homme politique de l'année par l'Union des patrons et professionnels juifs de France (UPJF) (16). Accueilli avec enthousiasme jusque parmi les rangs de l'Hachomer Hatzaïr, association sioniste pourtant classée à gauche, Nicolas Sarkozy doit sa popularité auprès des organisations communautaires juives à ses prises de position fermes sur l'antisémitisme, à son intransigeance sur la délinquance, et à sa démarcation de la ligne traditionnelle des gaullistes en terme de politique étrangère. Il est en effet l'un des rares présidentiables à proposer aussi clairement de réorienter la politique proche-orientale de la France, jugée pro-arabe, en faveur d'un soutien plus franc à l'Etat d'Israël, comme peuvent en témoigner ses récents propos sur la guerre du Liban (17). En outre, dans un contexte d'affrontement communautaire larvé entre juifs et musulmans, le Ministre de l'Intérieur se présente en grand consolateur de « la Communauté ». De sorte que dans l'imaginaire d'une partie non-négligeable de l'électorat juif, Nicolas Sarkozy est devenu celui qui, dans les banlieues comme sur la scène internationale, « tient tête aux Arabes ».

Nul doute que le chef de l'UMP voudrait pouvoir entretenir d'aussi bonnes relations avec toutes les autres organisations communautaires. Aussi n'hésite-t-il pas à faire des appels de pieds aux diverses sectes évangéliques ou encore à l'Eglise de scientologie qu'il qualifie pudiquement, dans son livre La République, les religions, l'espérance (18), de « nouveaux mouvement spirituels ».

Le candidat à l'élection présidentielle de 2007 devrait se rappeler De Gaulle. Le Général était, comme le « fils d'immigré hongrois », un authentique catholique… en tant que personne privée ! Car De Gaulle, qui était tout sauf un « bouffeur de curé », se faisait une idée bien trop élevée de la République et de la laïcité pour qu'il acceptât, comme chef de l'Etat, de se signer en public. « La France » ne va pas à la messe. « La France » ne communie pas. « La France » ne se signe pas. Nicolas Sarkozy ne semble pas disposé à s'encombrer de tels scrupules « laïcards », considérés comme des tabous archaïques hérités d'une tradition républicaine surannée. Le signe de croix « ostensible » qu'il a exécuté lors d'une cérémonie officielle et dans le cadre de ses fonctions ministérielles devrait par conséquent faire réfléchir ceux qui sont prêts à lui donner la République sans confession.

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1) Cf. Philippe Ridet, « Le pas de deux de Max Gallo et Nicolas Sarkozy », Le Monde, 22 juin 2006.
2) Cf. « Encore un effort, M. Sarkozy ! », Le Figaro, 26 juin 2006.
3) Alain-Gérard Slama, Le Siècle de Monsieur Pétain : Essai sur la passion identitaire, Librairie académique Perrin, 2005, 274 p.
4) Cf. Pour la France, Agen, 23 juin 2006.
5) Le 6 février 2006, Nicolas Sarkozy a déclaré à RTL qu'il déplorait l'impossibilité légale de mentionner l'origine ethnique des délinquants dans les fichiers administratifs.
6) Voir « L'UMP promet la ratification de la Charte des langues régionales et minoritaires », Revue républicaine, 30 juillet 2006.
7) Cf. Le cheikh en blanc de Sarkozy, Observatoire du communautarisme, 03 janvier 2004.
8) Cf. Anna Bitton, « Et à Neuilly, elle est où, la fameuse discrimination positive ? », Marianne, n° 397, 27 novembre-3 décembre 2004, p. 19-21.
9) Cf. Asnières : laboratoire du communautarisme pour la «France d'Après», Ariel Weinberg, Observatoire du communautarisme, juillet 2006.
10) Cf. « Les responsables de l'UMP aux états généraux du CRAN : "la discrimination positive est au coeur de l'engagement de Nicolas Sarkozy" », Observatoire du communautarisme, 30 avril 2006.
11) Cf. « Blasphème : proposition de loi ou fatwa ? », Observatoire du communautarisme, 31 mars 2006.
12) Abderrahmane Dahmane veut un "lobby maghrébin", Observatoire du communautarisme, 9 juin 2004
13) Cf. http://www.wiesenthal-europe.com/csw/CSWPages/csweurope_rapportuoif.htm
14) Cf. « Sarkozy veut convertir les juifs à sa religion élyséenne », Libération, 14 décembre 2004.
15) Cf. Cécilia Gabizon, « La droite progresse au sein de l'électorat juif », Le Figaro, 19 juin 2006.
16) Présidentielles : « L'Union des patrons et des professionnels juifs de France » (UPJF) roule pour Nicolas Sarkozy, Observatoire du communautarisme, 1er avril 2006
17) Le 16 juillet 2006, sur TF1, interrogé sur les bombardements israéliens au Liban, Nicolas Sarkozy a désigné le Hezbollah comme l'agresseur d'Israël et déclaré que l'Etat hébreu « [devait] se défendre et [avait] le droit de se défendre ».
18) La République, les religions, l'espérance, Pocket, 2005, 208 p.

Du communautarisme au républicanisme incantatoire : que penser du revirement rhétorique de Nicolas Sarkozy ?
par Rudy Reichstadt,article publié sur " Observatoire du communautarisme"

Petit florilège des mensonges de Mr Sarkozy

A déguster sans modération


22/05/2007

Scoop : voici la première mouture (réécrite depuis) du discours d'investiture de Sarkozy

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"Mesdames, Messieurs,

En ce jour où je prends la responsabilité d'assumer la plus haute charge de l'Etat, je me sens dépositaire d'une espérance.
L'élection présidentielle n'a pas vu la victoire d'une France contre une autre, d'une idéologie contre une autre. Elle a vu la victoire d'une France qui veut se donner les moyens de sa puissance pour le troisième millénaire.

Il n’y a eu qu’un vainqueur le 6 mai 2007, c’est l’espoir. Puisse-t-il devenir la chose de France la mieux partagée ! Pour cela j’avancerai sans jamais me lasser sur le chemin de l'efficacité, de la confrontation dans le respect d’autrui. Président de tous les Français, je veux les rassembler pour les grandes causes qui nous attendent et créer en toutes circonstances les conditions d’une véritable communauté nationale

Le 6 mai, le peuple français a exprimé sa volonté de changement.


...Cette nouvelle société, quant à moi, je la vois comme une société prospère, jeune, généreuse et libérée.
Une société prospère, parce que chacune des fins essentielles de notre vie collective suppose que nous disposions de grandes possibilités matérielles : parce que c’est la prospérité qui permet de faire passer le droit dans les faits et le rêve dans la réalité. Une société prospère, c’est-à-dire une société dans laquelle chacun des gestes qui concourent à la production soit plus efficace, parce qu’il incorpore plus de savoir et s’inscrit dans une organisation plus réfléchie et prend appui sur une plus grande quantité de capital accumulé.
La prospérité et l'efficacité conditionnent tout. L’exemple de pays plus en pointe que nous dans la voie de l'efficacité économique le montre. La prospérité est nécessaire pour édifier une société meilleure.

Les mots qui les ont désignées, ces ambitions - liberté, égalité, fraternité - ont perdu leur force, d’abord parce qu’ils sont anciens, ensuite parce qu’ils sont abstraits. Mais c’est à nous qu’il appartient de leur donner un sens nouveau, une réalité nouvelle et concrète, que seul rend possible le développement de l'efficacité économique.

Une société libérée, celle dont nous rêvons, est une société qui, au lieu de brider les imaginations, leur offre des possibilités concrètes de s’exercer et de se déployer. »

....Il est dans la nature d’une grande nation de concevoir de grands desseins. Dans le monde d’aujourd’hui, c’est, en tout cas, l’idée que je m’en fais et la volonté qui me porte, assuré qu’il ne peut y avoir d’ordre et de sécurité là où règnerait l’injustice, le manquement à la morale et l'irresponsabilité. C’est vaincre au bénéfice de la France, qui m’importe et non convaincre.
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... De ce jour, date une ère nouvelle de la politique française. Ceci n'est pas seulement dû, M. le président du Conseil Constitutionnel, à la proclamation du résultat que vous venez de rappeler et dont, par respect pour la France et pour sa longue histoire, je mesure l'honneur. Ceci n'est pas seulement dû aux 53% de français qui m'ont fait la confiance de me désigner pour devenir le vingt-deuxième Président de la République française. Ceci est dû en réalité à la totalité des suffrages du 6 mai 2007. Ces suffrages égaux selon la règle démocratique qu'il s'agisse de ceux des femmes et des hommes, des jeunes et des moins jeunes, des travailleurs et des inactifs, et qui se sont prononcés chacun à leur manière et selon leur préférence en témoignant leur volonté de changement.


...J'adresse le premier salut du nouveau Président de la République à celle qui dans cette compétition aspirait à le devenir et qui avait la capacité de le faire, je veux parler de Mme Royal. Ainsi c'est moi qui conduirait le changement, et je le conduirai seul. Si j'entends assumer pleinement la tâche de Président, et si j'accepte, à cet égard, les responsabilités qu'une telle attitude implique, l'action à entreprendre pourra associer le gouvernement dans ses initiatives et le Parlement. Je le conduirai seul parce que j'écoute et que j'entends encore l'immense rumeur du peuple français qui nous a demandé le changement. Nous ferons ce changement, pour lui, tel qu'il est dans son nombre et dans sa légitimité, et nous le conduirons en particulier pour sa jeunesse qui porte comme des torches la gaieté et l'avenir.

Messieurs les présidents, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, voici que s'ouvre le livre du temps avec le vertige de ses pages blanches. Ensemble comme un grand peuple uni abordons l'ère nouvelle de la politique française.
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Vive la République

Vive la France !"

Comme vous avez pu le constater, ce discours est un faux. C'est un mélange de plusieurs discours prononcés dans le passé -certains ont plus de trente ans- par des Présidents ou premiers ministres français (j'ai bien entendu été obligé de faire quelques modifications minimes pour coller au nouveau président).
Ces discours vous les avez déjà entendus, vous y avez déjà cru, vous avez tous été déçus. Pourtant, on vous réchauffe le plat tous les 5 ans, et vous vous jetez dessus comme des affamés.
Le peuple français est manifestement fait d'un bois léger.

Au fait, petit quizz : avez-vous deviné à qui appartiennent ces bouts de discours ?

Pouvons-nous encore nous entendre ?

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"Si nous pouvions garder les uns envers les autres un minimum d'accointances, fut-ce dans le désaccord, peut-être pourrions nous opposer quelques barrages aux maléfices ? On ne voit plus que ruptures, qu'exclusives, qu'exclusions. Où que l'on aille, nous marchons sur des amitiés mortes. Si faibles qu'elles soient,elles s'affirment pourtant plus vivantes, j'en suis sur, que les monstres de papier journal, par quoi elles sont englouties."

Adaptation au présent d'un texte d'Emmanuel Berl, qui avait pour sujet les dissensions entre individus ( bolchéviques, fascistes,freudiens...) qui précédèrent la seconde guerre mondiale. D'actualité ?

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Leçon d'Histoire à l'attention de Mr Sarkozy.

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Dans un gouvernement, ce ne sont pas les petits qu'il faut surveiller, ce sont les grands ; c'est vers ces derniers qu'il importe de porter toute son attention. Discontinuez de brider les grands, en moins de rien ils envahiront le souverain. Pourquoi se préoccuper tant du riche ? Le riche a tous les avantages de la société ; sa position de fortune ne le protège que trop. La force, l'avenir d'un gouvernement, la puissance d'un trône sont dans les petits, et les dangers qui peuvent les menacer sont dans les grands. Souverains, protégez donc les petits, si vous voulez qu'à votre tour ils vous protègent.
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19/05/2007

Mr Sarkozy, fils spirituel de Mitterrand.

  1. N'y a t'il pas une contradiction fondamentale entre un Sarkozy défendant la constitution supra-nationale de 2005, et un Sarkozy prônant le retour à la Nation Républicaine ?
Mais après tout Mitterrand nous avait bien promis la révolution, pour finir par proner le traité ultra-libéral de Maastricht.
Que de ressemblances entre Sarkozy et Mitterrand : l'ambition démesurée, la capacité aux coups tordus, l'amour du fric et du strass, les promesses contradictoires (un peu pour les patrons, un peu pour les salariés), l'atlantisme, la capacité à aller dans le sens du vent, jusqu'à son actuel gouvernement qui n'aurait pas fait tâche sous tonton : il manque Bernard Tapie et le tableau serait parfait.

18/05/2007

Réponse à Mr Arnaud au sujet des promesses de Sarkozy.

Les salariés seraient devenus les privilégiés sous Mitterrand... On croit rêver. Arrêter d'écouter la propagande du MEDEF, cela vous fera le plus grand bien. Je suis d'accord avec Mr Erwan : il ne faut pas faire d'amalgame entre les gros groupes qui sont privilégiés et les petites entreprises. Je serais même plus précis ; parmi les petites entreprises, il y a les artisans et les entreprises de moins de 5 salariés qui sont des employeurs dont les conditions se rapprochent le plus du salariat, sans en avoir les avantages. Les patrons de PME plus importantes tirent très bien leur épingle du jeu, rassurez-vous !

Parmi les salariés, il y a les privilégiés du service public (encore qu'il y ait d'énormes inégalités entre eux, souvent liées à leur capacité, ou incapacité à avoir un rapport de force favorable) et les salariés du privé, dont la plupart (pas tous, pas encore...) connaissent les joies de l'ultra-libéralisme.

Il est d'ailleurs étonnant que Mr le Président Sarkozy nous parle souvent des privilégiés du salariat, et en même temps, des martyrs du patronat. On voit dans quelle direction penche le coeur et la propagande de Mr le Président Sarkozy.

Je ne suis bien entendu pas du tout pour une stricte égalité de revenus entre un employé et un employeur (on en parle beaucoup mais je n'ai jamais connu ce genre de situation en France). Il est tout à fait normal et sain pour notre pays qu'un homme qui prend des risques soit largement récompensé.

Mais jusqu'où doit-on accepter les écarts de revenus ? Dites-moi, je suis curieux de connaitre votre opinion sur ce sujet.

Quant aux aides de l'Etat : je vous garantis que les entreprises qui emploient du personnel bénéficient de nombreuses aides ou avantages de l'Etat. Evidemment, elles ne s'en vantent pas, un peu comme certaines catégories de fonctionnaires qui oublient de mentionner leurs nombreux avantages quand ils parlent de leurs misérables revenus.


Contrairement à Mr le Président Sarkozy qui est pour la suppression des privilèges du salariat -au nom de l'orthodoxie libérale- je suis pour la suppression de tous les privilèges. En revanche, je suis pour que les aides sociales soient inversement proportionnelles au niveau social des individus. Je suis donc pour le maintien des aides sociales et du système de protection sociale, avec une gestion plus rigoureuse et plus responsable qu'elle n'a été faite jusqu'à aujourd'hui. Et vous ?

Je ne suis pas contre, à priori, qu'un bac+6 soit payé plus qu'un bac+2, encore que les années après le bac ne soient pas toujours synonymes de compétence.

En tant que républicain, je suis pour le maintien des impôts, proportionnels aux revenus, et correctement dépensés pour le bien de la collectivité. Je suis également pour une présence forte de l'Etat au sein de l'économie, seule garantie pour les plus faibles.

Mr Arnaud, je travaille depuis quelques années, et je peux vous garantir que les entreprises peuvent (si elles en ont les moyens, je parle donc des entreprises de plus de 40 ou 50 salariés) licencier sans motifs. Je peux également vous garantir que le harcèlement moral est interdit mais qu'il est pourtant pratiqué et encouragé dans nombre d'entreprises.
Je peux également vous garantir que les abus de biens sociaux et les magouilles en tous genres sont monnaie courante en France, et ceci dans une parfaite impunité. Tout ceci, je ne l'ai pas lu dans les livres de Marx... je l'ai vécu.

Sachez également que quand j'ai commencé à travailler je faisais entre 50 et 60 heures par semaine. J'étais employé et je gagnais moins de 1000 euros. Mon patron ne faisait pas plus d'heures (voire moins que moi), et je vous garantis qu'il ne gagnait pas mon salaire. Mais comme je n'avais pas papa ou maman pour subvenir à mes besoins et que j'avais une famille à charge, il fallait bien que je bouffe. Lorsque j'ai commencé à me rebiffer, il m'a fait une vie si impossible que vous vous doutez bien de la suite.

Je ne dis pas que les patrons sont les méchants et les employés, les gentils. Je dis juste que les employeurs et les salariés ont des intérêts divergents (malgré ce que nous dit
Mr Sarkozy). Si l'un des côtés a trop de pouvoir, la logique voudra qu'il en abuse.
La différence est que quand le salariat a un rapport de force trop favorable, les conséquences négatives sont économiques (ce qui n'est pas négligeable). Quand c'est le patronat, elles sont humaines, ce qui est pire, à mon sens.

Quant à Marx, qu'avez-vous contre lui ? Quel est son crime ? L'avez-vous lu ? Qu'il se soit trompé sur certaines de ses conclusions ne veut pas dire que ses constats étaient faux.


Suite à l'article paru sur: libéral-démocrate

17/05/2007

Dérisoire liberté

Que l'on puisse créer une âme d'esclave n'est pas seulement la plus poignante expression de l'homme moderne, mais peut-être la réfutation même de la liberté humaine.
La liberté humaine est essentiellement non-héroique. Que l'on puisse, par l'intimidation, par la torture, briser la résistance absolue de la liberté jusque dans sa liberté de penser, que l'ordre étranger ne vienne plus nous frapper de face, qu'on puisse le recevoir comme s'il venait de nous même, voilà la dérisoire liberté (...).

Ce qui reste cependant libre, c'est le pouvoir de prévoir sa propre déchéance, et de se prémunir contre elle. La liberté consiste à instituer hors de soi un ordre de raison; à confier le raisonnable à l'écrit, à recourir à une institution.

Emmanuel Lévinas

Les Trois Petits Cochons censurés en Angleterre !

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Des cochons passés à la moulinette du politiquement correct.

Pour ne pas offenser les musulmans, une école anglaise a préféré remplacer les Trois Petits Cochons par trois petits chiens.

Dans son édition du 16 mars 2007, le Daily Mail rapporte que les responsables d'une école britannique ont jugé bon de censurer une représentation théâtrale des Trois Petits Cochons destinée à des enfants de 11 ans. Afin d'éviter d'offenser les musulmans assistant éventuellement au spectacle, les trois petits cochons de l'histoire ont été purement et simplement remplacés par... trois petits chiens !

Gill Goodswen, professeur principal de la Honley Church of England Junior School de Huddersfield (West Yorkshire), a ainsi justifié cette décision : "nous devons être attentifs si nous voulons être multi-culturels. Il est apparu comme plus responsable de ne pas faire référence aux trois petits cochons. Nous avons eu peur que des enfants musulmans se refusent à chanter des paroles au sujet de cochons. Nous n'avons pas voulu prendre ce risque. S'il suffit de modifier quelques mots pour éviter d'offenser les musulmans, alors nous le ferons."

Le plus pathétique dans cette affaire, c'est que les dirigeants de l'école, qui n'avaient reçu aucune plainte de parents d'élève, ont agi de leur propre initiative. D'ailleurs, les représentants locaux du culte musulman ont dit trouver "bizarre" la décision de l'école en rappelant que l'interdit religieux de l'Islam portait sur le fait de manger du porc et non sur l'animal lui-même.

Une histoire un peu dingue qui montre une fois de plus que le communautarisme provient souvent davantage de la lâcheté -mâtinée de bons sentiments- des institutions que de l'activisme des groupes minoritaires.

Samedi 24 Mars 2007

Article paru sur le site: Observatoire indépendant sur le communautarisme