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10/04/2008

Votez Balkany, votez UMP !

Voici une interview de Mr Balkany Maire UMP de Levallois-Perret qui s'exprime au sujet des pauvres en France (interview qui n'a suscité, à ce jour, aucun commentaire de l'UMP). Quand on connait le passé judiciaire de ce Monsieur, cela laisse rêveur ! On comprend pourquoi nos élites prennent les USA comme exemple.

09/04/2008

Quand l'Europe lutte contre l'inflation, les salariés trinquent.

L'Ecofin s'alarme de l'inflation et exige des salariés qu'ils se serrent la ceinture, soi disant pour défendre les travailleurs pauvres.



Les syndicats européens ont défilé samedi à Ljubljana (Slovénie) -majamarko - Flickr - cc
 
Les syndicats européens ont défilé samedi à Ljubljana (Slovénie) -majamarko - Flickr - cc
 
 
Le conseil économique et financier de l'Union européenne s'est tenu vendredi et samedi dans la capitale de la Slovénie Ljubljana. Croyez-vous qu'il ait pris des mesures sérieuses contre la crise financière ? Ou pour prévenir les effets de la récession américaine? Pour réguler la profession de banquier, toutes décisions qui apparaissent de plus en plus indispensables et urgentes ? Et bien non ! Les ministres des finances de la zone euro, ont entonné, avec Jean-Claude Trichet, le grand chœur de la hausse des prix. Et avec quel coffre, quel lyrisme ! L'hydre infâme de l'inflation est de retour ! Sonnez l'alarme des gouvernants! Tous les épargnants aux abris ! Mobilisation générale de la presse responsable ! «L'Europe s'alarme de la hausse des prix» titre aussitôt le Figaro samedi, précédé, cependant mardi par Le Monde qui avait barré sa une d'un impressionnant «L'inflation s'installe en Europe».

Les salariés se sont appauvris
Mais au fait, de quoi parle-t-on? La hausse des prix à la consommation atteint selon Eurostat, 3,5% par an. Il y aurait danger parce que l'inflation a augmenté d'un point. Bigre. Pour ceux qui sont assez chenus (il n'y a pas besoin d'être Mathusalem) pour se souvenir de l'inflation à plus de 10% et qui n'en sont pas morts, loin de là, il y a de quoi sourire. Au cours du «Club de la presse Internet» de la semaine passée, le professeur Fitoussi avait bien raison de rappeler qu'une hausse des prix à ce niveau n'est un problème que pour la Banque centrale européenne qui s'est fixée comme objectif une progression de 2% par an en moyenne. Un objectif qui ne s'est d'ailleurs quasiment pas réalisé depuis 8 années que l'euro existe.
Mais le consensus orthodoxe est tel que ce niveau de 2% qui n'était qu'un critère de la BCE (et qu'elle a défini seule), doit devenir la règle pour les 270 millions de citoyens de l'Europe. C'est ainsi qu'on a vu l'Eurogroupe appeler à la rigueur salariale afin d'éviter «l'inflation de second tour», c'est-à-dire une hausse générale des rémunérations afin de rattraper la hausse des prix. Explication : l'inflation, pour le moment, est principalement le résultat de la hausse des matières premières, le pétrole en particulier. Jusqu'à présent, les salaires sont restés très sages. Autant dire qu'ils ont encaissé l'inflation. Ils se sont donc appauvris. Les ministres des finances demandent donc aux salariés de continuer à respecter ce régime minceur. Ils visent en particulier les fonctionnaires allemands, qui viennent d'obtenir , en menaçant de faire grève, une augmentation de 8% en deux ans (ce qui n'est pas mirobolant, puisque en deux ans, l'inflation, si elle ne régresse pas, en aura absorbé les deux tiers)… alors que les fonctionnaires travailleront 39 heures contre 38,5 auparavant)
A qui profiterait cette politique de désinflation salariale ? Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, prétend défendre «nos concitoyens les plus pauvres et les plus vulnérables», «ceux qui gagnent entre 300 et 700 euros par mois». En l'occurence, l'Union joue le pompier pyromane. Certes, les smicards sont très sensibles à la hausse des prix. Mais qui a généralisé le modèle du «travailleur à temps partiel», lequel est devenu un «travailleur pauvre» ? Le conseil des ministres de l'Union européenne, dans la stratégie de Lisbonne visant à rendre le travail toujours plus «flexible» !
En fait, la lutte contre l'inflation est le cache-sexe de la défense du taux de profit des grandes entreprises et des actionnaires, qui n'a jamais été aussi élevé dans les économies occidentales que depuis les politiques de désinflation imposées dans les années 1980 et 1990.

Jean-Claude Trichet, Président de la Banque centrale européenne - (World Economic Forum - Flickr - cc)
Jean-Claude Trichet, Président de la Banque centrale européenne - (World Economic Forum - Flickr - cc)

Vive l'inflation ?

Faut-il pour autant tenir pour négligeable le retour très relatif d'inflation, et même rêver que l'enchaînement prix-salaires nous ramène au temps béni des Trente Glorieuses, lorsque les rémunérations galopaient au rythme de la croissance ? Pas sûr.
D'abord parce que l'inflation actuelle est pour partie l'effet d'un mouvement général des épargnants pour garantir leurs avoirs. On sait par exemple que 20% de l'augmentation des prix du baril de pétrole est dû à la «spéculation». Ladite spéculation n'est autre que l'effet de la chute du dollar. Pour éviter une dépréciation de leurs actifs, les fonds d'épargne placent leur argent sur le pétrole. Qui monte. Et qui enclenche des mouvements spéculatifs sur les autres marchés de matières premières bien au-delà de ce qu'exigeraient les tensions entre l'offre et la demande réelles. L'or (à plus de 1000 dollars l'once), cela n'a aucune importance. Mais le fer, le nickel, le zinc, l'aluminium, etc. si ! Parce que cela s'inscrit dans les prix industriels. Pire encore, le pétrole entraîne les matières premières agricoles, le maïs, le blé, le colza, le soja, le sucre, le riz (plus 30% depuis janvier !) puisque désormais, avec ces produits, on fait des carburants. Ces hausses des prix, qui menacent des pays entiers de disette, sont donc un levier destiné à garantir, au moins momentanément, le rendement des dizaines de milliers de milliards de dollars de placements financiers au travers de la planète.
Ensuite parce que les Trente Glorieuses sont déjà loin derrière nous. Le dynamisme salarial de cette époque (en gros 1945-1975) était d'abord le fruit des considérables gains de productivité dans l'industrie, lorsque l'Europe a généralisé le productivisme américain. Depuis lors, l'Europe s'est désindustrialisée, quelquefois volontairement (comme la Grande-Bretagne). Le problème est qu'une fois les usines détruites ou déménagées, les gains de productivité se sont évanouis. Un exemple : la France a, l'an dernier, gagné 300 000 postes de travail. Formidable ! s'exclame le gouvernement. Mais les économistes tiquent : avec seulement 1,9% de croissance, la productivité du travail (par poste en moyenne) s'avère nulle. L'explication est à chercher dans l'explosion des services à la personne (merci Mr Borloo), dont la productivité est très faible, voire nulle.
Conclusion : 10 000 à 35 000 manifestants ont défilé dans les rues de Ljubljana à l'appel des syndicats européens contre la rigueur salariale et les orientations destructrices du conseil et de la commission européens. La banderole de tête proclamait : «Europe's workers need a pay rise» (Les travailleurs européens exigent une augmentation de salaire). Mais l'Europe du capital ne veut rien entendre. Il faudra crier plus fort, et être bien plus nombreux.

article publié le Lundi 07 Avril 2008 - 00:01 sur Marrianne.fr
par Hervé Nathan

L'UMP, le Modem et le PS refusent par avance le résultat du référendum irlandais


L'UMP, le Modem et le PS refusent par avance le résultat du référendum irlandais

...si la réponse était "non", bien entendu. Doit-on s'en étonner, puisqu'ils n'ont déjà pas respecté le résultat négatif du référendum français ? Au cours de la séance de vote qui s'est déroulée le 20 février 2008 à Strasbourg au Parlement européen sur le Rapport Corbett-Mendez de Vigo relatif au traité de Lisbonne, un amendement (n°32) était sobrement rédigé : le Parlement européen "s'engage à respecter le résultat du référendum irlandais". Qui oserait voter contre, franchement, l'affirmation du respect du résultat futur des urnes, donc de la démocratie ? Réponse, s'agissant des eurodéputés Français : 46, de l'UMP, des Socialistes et du Modem. Voici en effet dans le détail le résultat du vote par appel nominal sur cet amendement n°32 (source : Parlement européen) 
1. Ont voté contre l'amendement : 46 députés français
Libéraux (Modem et nouveau centre) : Beaupuy, Cornillet, Fourtou, Gibault, Griesbeck, Laperrouze, Lehideux, Morillon (Sarnez et Cavada absents) 
Démocrates Chrétiens (UMP & autres divers droite) : Audy, Daul, Descamps, Fontaine, Fouré, Gaubert, Gauzès, Grossetête, Lamassoure, Mathieu, Morin, Sudre, Toubon
PSE, (Socialistes) : Arif, Berès, Bourzai, Carlotti, Désir, Douay,Guy-Quint, Hazan, Le Foll, Lefrançois, Navarro, Neris, Patrie, Peillon, Poignant, Pribetich, Savary, Schapira, Vaugrenard, Vergnaud, Trautmann, Weber
Verts (Ecologistes) : Aubert, Bennahmias, Libietz
2. Se sont abstenus : 3 députés français
PPE : de Veyrac
Verts : Flautre, Onesta
3. Ont voté pour : 17 députés français 
Groupe IND/DEM (souverainistes) : Couteaux, Louis, de Villiers 
GUE (PCF) : Hénin, Jouye de Grandmaison, Wurtz
Non Inscrits (FN) : Golnisch, Lang, Le Pen, Marine Le Pen, Le Rachinel. 
PSE : Laignel
Gageons que si la réponse des Irlandais est un "oui" au traité de Lisbonne, UMP, Modem et PS seront les premiers à s'en féliciter et à célébrer la "démocratie"... Si c'est un "non", comme d'habitude on leur reposera la question jusqu'à ce qu'ils donnent la réponse qu'on attend d'eux, bis repetita placent...

 article publié le 02 04 2008 sur observatoire de l'Europ.com

06/04/2008

Qui veut la peau des alter-européens ?

Dans son fonctionnement même, l'Europe institutionnelle rompt avec le fabuleux serment voltairien à la base du postulat démocratique : "Je ne suis pas d'accord avec un mot de ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour votre droit de le dire." Voici les alter-européens eux-mêmes victimes de ce qu'ils dénonçaient en refusant la Constitution européenne en 2005, son recyclage dans le traité de Lisbonne en 2007 et en osant simultanément appeler à des référendums : la dissolution de la démocratie sous l'effet de l'intégration européenne.



Qui veut la peau des alter-européens ?


"Non, il n'y pas de conspiration contre vous !" lance, moqueur, l'eurodéputé Richard Corbett, à ses collègues eurocritiques de la commission des affaires constitutionnelles, ce lundi 31 mars à Bruxelles. Il a raison : ce qui caractérise une conspiration, c'est le secret. Or, la machine de guerre lancée par les européistes contre tous ceux qui pensent autrement n'a rien de confidentiel. Elle oeuvre au grand jour, et M. Corbett en sait quelque chose puisque c'est lui qui est en charge de préparer une énième réforme du règlement intérieur du Parlement européen, dont l'effet sinon l'objet est la disparition pure et simple des "petits groupes" parlementaires.

Il faut aujourd'hui au moins 20 députés européens issus de 6 Etats-membres différents pour constituer un groupe politique au Parlement européen, de sorte que l'addition de ces parlementaires "représente" virtuellement plus de 13 millions d'habitants et 6 nations au minimum. Dans un parlement multinational (tel qu'il n'en existe nulle part ailleurs), il n'est pas surprenant en effet que le nombre de forces politiques et combinaisons possibles entre elles, augmente proportionnellement à celui des Etats-membres d'où elles proviennent. Jugeant qu'un tel ratio est encore insuffisant et que ledit Parlement, bien que conçu pour 495 millions d'habitants de 27 nations différentes, le projet de révision du règlement envisage de faire grimper le seuil de constitution des groupes à 30 députés issus de 7 pays différents. L'application de cette nouvelle règle à la configuration politique actuelle conduirait mécaniquement à l'exclusion de dizaines de députés européens de tout groupe, le nombre de "non-inscrits" ou "zone grise" (dans le jargon de la Commission des affaires constitutionnelle) s'étendant considérablement. En particulier, elle conduirait à la disparition pure et simple du groupe Indépendance et Démocratie, qui compte aujourd'hui 24 membres, ainsi qu'à l'extension Comme par hasard, ce groupe parlementaire est le seul groupe eurocritique du Parlement européen, c'est à dire hostile à toute Constitution européenne fût-elle rebaptisée "Traité de Lisbonne".

Cette réforme qui s'appliquerait au lendemain des élections européennes de 2009 est la dernière en date d'une série de charges menées à l'encontre des "eurosceptiques" et partisans de l'"autre Europe". En effet, il y a un mois, le Parlement européen modifiait déjà son règlement intérieur pour permettre à son président de refuser une demande de vote par appel nominal (le sens du vote de chaque député est enregistré et public) lorsqu'elle a manifestement pour but de faire "obstruction", notion extrêmement vague qui laisse à l'évidence libre cours à la subjectivité du Président. Au même moment, la Présidence du Parlement européen infligeait à plusieurs eurodéputés une sanction indemnitaire pour s'être exclamés et avoir brandi des panneaux "Référendum!" au cours de la séance de proclamation de la Charte des droits fondamentaux annexée au Traité de Lisbonne, le 12 décembre dernier. (Lire notre article ).

L'on pourrait ainsi poursuivre la liste, en rappelant également la réforme des modes de scrutin pour l'élection européenne de 2004.   Réalisée à la hâte en France par une loi du 9 avril 2003, cette révision du mode de scrutin a brisé l'effet proportionnel par un mode de calcul et un curieux découpage du territoire français en 8 circonscriptions électorales dont la pertinence est douteuse. A titre d'exemple, la liste Villiers-Pasqua avec 13,05% en 1999 obtenait 13 députés. Après cette dénationalisation du scrutin et de la campagne, les listes Villiers en 2004 totalisaient en moyenne nationale 6,83% et n'obtenaient que 3 députés. Si "la qualité démocratique d'un Parlement se mesure à la place qu'il fait à la minorité", alors il faut prendre conscience que la rare instance élue de l'Union européenne est bien décidé à réduire, dans tous les sens du terme - en nombre et en moyens - la minorité parlementaire qui a "l'indécence" de s'y faire élire sur la promesse de "changer l'Europe".

Force est de constater que dans son fonctionnement même l'Europe de 2008 rompt avec le fabuleux serment voltairien à la base du postulat démocratique : "Je ne suis pas d'accord avec un mot de ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour votre droit de le dire."  Voici donc les alter-européens eux-mêmes victimes de ce qu'ils dénonçaient en refusant la Constitution européenne en 2005, son recyclage dans le traité de Lisbonne en 2007 et en osant simultanément appeler à des référendums : la dissolution de la démocratie sous l'effet de l'intégration européenne. A eux d'être capables de s'organiser intelligemment, par delà leurs nuances politiques qui apparaissent bien secondaires, pour aller défendre le plus grand bien qu'ils ont en commun et clairement menacé : la démocratie.

Article de Christophe Beaudouin paru sur observatoiredeleurope.com le Mardi 01 Avril 2008

02/04/2008

The War : subtil exercice de propagande ?

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b93a81b50d8c81e7aad18481eadb2938.jpg The War, documentaire américain retraçant l'engagement militaire des USA dans la seconde guerre mondiale, est diffusé tous les mercredi soir sur Arte. Je suis tombé dessus , par hasard, n'ayant pas suivi les précédents épisodes. L'épisode dont je vais parler (du mercredi 19 mars 2008)  relatait la campagne d'Italie de 1943/44. L'auteur semble avoir préféré endosser le costume de romancier à celui d'historien, privilégiant l'épopée à la description "objective" des faits historiques.

 

Ce qui est choquant n'est pas tant cette approche émotionnelle et subjective du conflit que cet écart entre la vision américaine et la vision française de leur histoire en général, et de leurs armées respectives en particulier.
L'une sait enjoliver, oublier les faits les plus dévalorisants, exalter les moments les plus héroïques. L'autre ne sait que8c790aa2df57e17c25b30b1018120d97.jpg dénigrer, ridiculiser, souligner les faits les plus sordides sous couvert d'objectivité historique.

 

Qui n'a pas appris à l'école que les généraux de 1914 (j'ai déjà évoqué le conflit de 1914/18 dans une précédente note) et de 1940 étaient des vieillards séniles et stupides, militairement incompétents et que seule la bienveillance et le génie américain nous aurait permis d'échapper aux désastres ?
Qui n'a pas appris à l'école que, contrairement aux USA et à l'Angleterre qui se sont comportés héroïquement, seule la France s'est lâchement agenouillée face aux nazis ?
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Tous nos propagandistes oublient bien vite que l'Angleterre, si elle n'avait pas été protégée par la Manche, aurait subi le même sort , vu son impréparation militaire en mai 1940. Ils oublient également la lourde résponsabilité des USA et de l'Angleterre dans la défaite militaire française de mai-juin 1940.

 

Qu'en est-il du génie militaire américain durant la campagne d'Italie et des faits largement passés sous silence dans le documentaire "The War" ? Pendant la campagne d'Italie, les généraux américains (et anglais dans une moindre mesure), mais aussi les responsables politiques, commirent de lourdes fautes stratégiques et tactiques qui faillirent leur coûter un désastre.
Le commandement allié décida de l'invasion de l'Italie, à partir de la Sicile, en fonction de la couverture aérienne. Il orienta donc l'effort militaire principal sur l'orteil de la botte italienne, là où les allemands les attendaient le plus. Cette approche stratégique souligne l'académisme et le manque d'imagination des généraux alliés qui préféraient tabler sur la quantité de leurs moyens (tant pis pour la95b906ef64e1d3741e3a4b3742b1c1a7.jpg chair à canon) que sur leur génie tactique. Selon Sir Lidell hart : " Pour sêtre présenté là où  l'adversaire les attendait, les alliés subirent un échec coûteux , tant en vies humaines qu'en temps perdu ; et ils frisèrent un désastre qui ne fût évité que de peu".
Vu l'étroitesse du front, les allemands n'eurent pas de mal à stopper les alliés notamment devant Cassino. " ... l'attaque directe sur des fronts étroits n'amène généralement que des résultats négatifs. Même une grosse supériorité de moyens suffit rarement si elle ne dispose pas d'un espace de manoeuvre." Lidell Hart.

 

Sur la bataille d'Anzio évoquée dans le documentaire "The War", l'erreur tactique est encore plus évidente : face à l'absence de toute opposition, le commandement allié préféra attendre pour renforcer ses moyens plutôt que d'exploiter rapidement l'avantage (erreur classique chez les généraux médiocres, quelque soit leur nationalité).
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Enfin, sur l'action de l'armée française dans cette bataille (sujet à peine évoqué dans le documentaire) : ce sont les troupes françaises du Général Juin, utilisant ses spécialistes des combats en montagne, qui permirent, par un effet de surprise, de désserrer l'étreinte allemande sur Cassino et mettre ainsi fin à 9 mois d'enlisement. Cette percée d'une dizaine de KM exécutée en trois jours fit l'effet d'un levier qui facilita l'action de la huitième armée britannique sur Cassino mais aussi l'action de l'armée US le long de la côte, creusant la brêche qui ouvrait la route des alliés sur Rome.

Les armées alliées ne brillèrent donc pas toujours par leur génie tactique et stratégique(contrairement aux armées allemandes) et la victoire ne fut obtenue qu'au prix d'une énorme supériorité de moyens (l'allemagne combattait sur une multitude de fronts avec des armées souvent dispersées : front Ouest, Est et Sud).

 

 Supériorité de moyens que la France n'avait pas en mai 1940.f9ab0072dffd07087fbce79bcd8819d0.jpg

18/03/2008

Une spéculation d’avenir : l’élevage du baudet du Poitou

C’est le printemps ! Les aubépines sont en fleurs, et les prunus aussi avec deux mois d’avance. On a même déjà vu40f2efebf77e4f3f28a3dbc588e1866b.jpg des jacinthes des bois qui fleurissent d’habitude fin avril. Signes du réchauffement climatique ? Les gros nuages plombés apportent les dernières pluies d’hiver et bientôt les première giboulées. Les rayons du soleil éclairent obliquement les monuments publics, découpant sur les murs les ombres nettes des corniches sculptées. La pierre brille sous les ondées, resplendit sous la lumière dorée. C’est le moment de flâner en évoquant l’Histoire.

Le Salon de l’agriculture a fermé ses portes. On y vit des bœufs longs comme des semi-remorques, des percherons fessus à la queue taillée, peignée, tressée, enrubannée, et des truies qui mériteraient la médaille des familles nombreuses. Et une ravissante poule rousse. On s’y émerveilla de la puissance des désherbants et de l’ingéniosité des semenciers, prémisses certaines d’un retour à la Nature. On y entendit un malotru lancer des paroles malséantes, mais si plates que les charretiers en eussent eu honte. Les postillons ne s’abaissaient pas à s’insulter ainsi au temps des diligences. On y admira surtout, comme chaque année, les rois des fermes françaises, plus coquets que les coqs, plus valeureux que les veaux : les baudets du Poitou ! Les baudets du Poitou, orgueils de notre élevage national, qui paraissent formés d’énormes pelotes de laine noire enfilées sur de gigantesques aiguilles à tricoter, ou de bonnets de grenadiers embrochés sur des baïonnettes. Les baudets du Poitou, altiers, majestueux, olympiens, qui défilent en se déhanchant sur l’air de la marche des éclopés de la garde impériale. Spectacle qui élève l’âme et revigore l’esprit.

511a9b1e7c7be35be7771dc48b689692.jpgC’est le printemps, et sur les murs de nos villes fleurissent les affiches appelant aux urnes : « Ma voix aura le dernier mot ! ». Gloire aux institutions démocratiques ! Dans une urne transparente, une main décidée glisse une enveloppe bleue, symbole de l’égalité des citoyens, allégorie du pouvoir du Peuple.

Il y a un mois à peine, un ramassis de traîtres ratifia à Versailles l’abolition de la République, la déchéance de sa Constitution, le viol officiel de la volonté du peuple souverain.

L’Histoire fera justice de ces ganelons. Mais que devra être la justice des hommes au jour de la Libération ? Ferons-nous comme eux ? Voterons-nous des lois pénales rétroactives pour les punir de leurs basses trahisons ?

La tradition ancienne de la France était de châtier les criminels irrémissibles, ceux qui avaient attenté contre la souveraineté et mis en péril la paix civile, en les tirant à quatre chevaux. Encore Ravaillac et Damien n’attentèrent-ils qu’à une seule personne. La civilisation des mœurs a heureusement rendu caduc cet affreux châtiment. On fêtera la liberté sans fatiguer des centaines d’attelages de robustes chevaux de trait. Même le temps de la guillotine est révolu. Mais quel dommage ce serait de se priver d’un grand jour de fête ! Une joyeuse tradition politique devrait donc être remise en vigueur : promener ces lamentables félons par les rues, à travers les villes, en leur natureté, sur le dos de baudets du Poitou, leur laides trognes tournées vers les queues des noblesf4967be761ab5e5a6b346b10015c079d.jpg animaux.

Et une autre décision politique s’imposera : frapper ces traîtres d’indignité nationale à vie, les déchoir des droits civiques, et leur interdire à jamais de briguer le moindre mandat.

Élevez des baudets du Poitou, nous en aurons besoin le jour venu ! Vive la République !

 

Article de Christian Darlot (son site) publié sur Revue républicaine le 15 mars 2008

17/03/2008

CHARLES DE GAULLE, PERE DE L’EUROPE

L’année du cinquantième anniversaire du traité de Rome, vrai  point de départ de la construction européenne,   se termine sans que le rôle essentiel du général de Gaulle au départ de celle-ci ait été salué comme il convient.

Les partisans de l’intégration européenne se gardent de  mentionner son nom : il n’évoque pour eux  que le refus de la supranationalité,  la dénonciation des « cabris » et  la politique de la  chaise vide. Bref, le général  est le mauvais génie, un homme forcément « dépassé ».

Les souverainistes les plus radicaux, de leur côté,    réduisent son action à la défense de la souveraineté nationale. De manière un peu courte, tout ce qui va contre l’Europe est, pour eux, gaullien.

Seuls des hommes comme l’archiduc Otto de Habsbourg ont rendu hommage au rôle du général aux origines de la construction européenne.d8cfbe9e64a6e5ae5a97e9fa66a3c9b0.jpg

Un rôle essentiel.

Il est même permis de dire que  l’Union européenne, telle que nous la connaissons pour le meilleur et pour le pire, n’existerait sans doute pas si le général de Gaulle ne s’était trouvé au pouvoir pendant  les onze  années qui ont suivi la signature du traité de Rome.

Ce traité, il n’en avait pas été, comment l’ignorer ? enthousiaste. Muré dans un silence hautain  au moment où il était négocié, il ne cacha cependant pas à ses proches les réserves que lui inspirait ce projet, au même titre que    toutes les initiatives des partisans de l’Europe intégrée.

Néanmoins, une fois revenu au pouvoir, il s’attacha à le mettre en œuvre avec ardeur.

D’abord parce qu’il mettait un point d’honneur à respecter la signature toute fraîche de la France.

Ensuite parce qu’il voyait dans ce traité instaurant le marché commun,    au départ   d’abord commercial,  un défi à relever susceptible de stimuler les Français. La baisse des droits industriels, que tout le monde redoutait, même accompagnée d’une importante dévaluation, devait, selon lui, stimuler notre économie et c’est bien ce qui arriva. On  ne saurait oublier que tout au long de la présidence de  ce  prétendu isolationniste, les tarifs douaniers industriels ne cessèrent de baisser : ils furent même  abolis le 1er juillet 1968, peu de temps avant sa retraite.

012db5ca8ad9ab52d7612fe5fad2c54d.jpgLes partisans de l’Europe, qui, en France et à l’étranger,  redoutaient  le retour au pouvoir du général, suspect de nationalisme, virent dans ces premiers pas une heureuse surprise.

 

 

La politique agricole commune

 

 

 

Le climat se gâta à partir de 1962, quand il s’agit de mettre en  œuvre le second volet du marché commun : la politique agricole commune, édifice plus complexe parce qu’il supposait toute une mécanique, coûteuse pour les budgets,  de  soutien des marchés et non pas seulement leur libre jeu.

Ce volet avait été signé avec beaucoup de réticences par certains de nos partenaires. Il était considéré d’un mauvais œil par les Etats-Unis qui craignaient le protectionnisme  européen et risquaient, du fait de la préférence communautaire, de perdre  une partie de leurs débouchés agricoles sur le continent. C’est pourquoi  f42dc7419d868742805c6cfdef22b3e2.jpgJean Monnet, toujours proche des intérêts américains, initiateur de la CECA et de la CED  avait été réticent devant le traité de Rome.

Nul doute que si une forte volonté n’avait appuyé la mise en œuvre du marché commun agricole, ce dernier eut été coulé par les pressions américains sur  les Européens les plus vulnérables.  Pour le général de Gaulle aucun  compromis  n’était possible : le volet industriel, favorable disait-on à l’Allemagne, devait être complété par le volet agricole dont la France serait  le grand bénéficiaire. C’est cette volonté qui s’affirma au cours des marathons agricoles successifs, du premier, fin 1961 à la crise de juin 1965 qui se traduisit durant sept mois par la « politique de la chaise vide » et au terme de laquelle   la France finit par imposer son point de vue.  

Comme toujours chez le général, les enjeux de la grande politique ne lui faisaient pas perdre de vue les   intérêts concrets des Français, en l’occurrence des agriculteurs.   

C’est ainsi que  le général imposa la mise en œuvre du marché commun agricole. Quand on sait que ce  dernier représenta pendant une vingtaine d’années environ 80 %  du budget communautaire, on mesure l’importance qu’il eut au démarrage de  la Communauté économique européenne. Jusqu’aux années quatre-vingt, l’Europe, c’est d’abord la politique agricole commune. Nul doute que sans la forte volonté du général,  celle-ci n’eut pas vu le jour.

 

 

Le  rejet de la  candidature du Royaume-Uni

 

 

 

Autre sujet contentieux : l’entrée de  l’Angleterre dans la Communauté. Pour nos partenaires, poussés par les Etats-Unis,  celle-ci allait de soi. Que le gouvernement britannique cachât à peine son intention  d’ y être le  cheval de Troie des Américains, voire de saboter l’entreprise de l’intérieur, leur importait peu. Paradoxalement, sur la scène française, les partisans de l’intégration la plus poussée, SFIO et MRP, qui,  n’en étaient pas à une1549abda99827d91476276027cb0006d.jpg contradiction près,  étaient aussi  les plus fermes  partisans  de l’entrée du Royaume-Uni. Même contradiction hors de nos frontières chez un Paul-Henri Spaak pour qui l’Europe sera supranationale ou ne sera pas », mais lui aussi fervent partisan de l’entée de l’Angleterre...

On sait comment le général mit son veto, à deux reprises en 1962 et 1967 à cette candidature. Le Royaume-Uni entra dans la  Communauté mais plus tard, après qu’elle ait été  consolidée ; on sait   le  rôle ambigu que ce pays  joua dans l’Union, une fois entré : sa manière propre de garder un pied dedans et un pied dehors, de tirer tous  les avantages et de refuser  les  inconvénients de l’Europe. Tout cela est, on ne le voit que trop, conforme au pronostic du général. Mais  dans les décennies qui ont suivi,  l’Angleterre ne cherchait plus  à démolir l’édifice. Nul doute que si, comme cela243633055947c9535115b9782511b803.jpg aurait  été le cas avec  tout  autre dirigeant que lui, l’Angleterre avait été admise d’emblée, l’entreprise européenne eut fait long feu.

 

 

La réconciliation franco-allemande

 

 

 

A cette Europe en construction, il ne suffisait pas de  se doter d’institutions, il   fallait une âme. Il fallait pour cela surmonter la principale source de conflit : le contentieux franco-allemand. Le traité d’amitié et de coopération  du  22 janvier 1963, passé entre de Gaulle  et Adenauer, acte historique s’il en est,  mettait un7d0ef55dd861a60eb381cdb5eaf0e4ac.jpg terme  à  un siècle d’hostilité entre les deux principales nations continentales de l’Europe de l’Ouest. Désormais la coopération franco-allemande devait être le moteur des avancées européennes, la négociation directe entre les deux grands partenaires permettant à chaque pas de prévenir ou de surmonter les crises.

Cette conception gaullienne de l’Europe fondée sur l’idée d’un bloc continental  solidaire à direction franco-allemande  et émancipé des Anglo-Saxons ne plaisait pas à Washington. L’Amérique tenta de saboter le traité de l’Elysée ou du moins de lui enlever sa portée en assortissant sa ratification par la partie allemande d’une déclaration destinée à  en amoindrir la portée. Le paradoxe est que cette déclaration fut préparée sous les auspices de Jean Monnet, fidèle à ses allégeances américaines et que  l’aveuglement idéologique conduisait ainsi à contrecarrer  l’acte de réconciliation le plus fondamental qui ait été passé en Europe depuis la guerre

Mécontent des positions prises par   la Commission , spécialement par son président Walter Hallstein40470239359d0682c291113d962e41e8.jpg, de Gaulle obtint au terme de l’ultime crise de 1965-66  qu’elle soit renouvelée dans un sens plus favorable à ses idées. Elle n’eut plus à partir de ce moment et pour quelques années la  prétention de  devenir un super-gouvernement. En même  temps que le rêve supranational était enterré, de Gaulle fit admettre en, janvier 1966  le compromis dit  de Luxembourg selon le quel aucune décision majeure ne saurait être imposée contre son gré à  un des pays composant le marché commun.

En outre l’Euratom était enterré.

Même s’il eut  par la suite quelques mouvements d’impatience hostiles aux institutions européennes, de Gaulle ne remit plus en question l’équilibre ainsi trouvé.

 

 

L’échec du plan Fouché

 

 

 

S’il  mit provisoirement fin au rêve supranational, le général de Gaulle ne parvint cependant pas à imposer sa vision d’une « Europe des patries » : « coopération organisée d’Etats en attendant d’en venir, peut-être, à une puissante confédération. » C’était l’objectif du plan Fouché (1961) refusé par nos partenaires sous la pression des Etats-Unis.

Mais même si  le principe supranational se trouvait  mis en veilleuse, ce que les adversaires du Général ne lui pardonnèrent pas, l’édifice institutionnel de la Communauté économique européenne  était  durablement consolidé. Il était  fondé sur une base solide, le marché commun agricole,  lequel devait être la matrice des futurs développements institutionnels. Il était  d’autre part  à l’abri des tentatives de sabotage anglaises et   se trouvait doté d’un moteur : le tandem franco-allemand au travers duquel la France pouvait imprimer largement sa marque.  Malgré l’éloignement de l’Allemagne au temps du docteur Erhard, successeur aussi médiocre qu’infidèle  d’Adenauer, le traité de coopération franco-allemand porta ses fruits.   ce2caaf0f4053a2f046b958709a57b48.jpg

Comme on sait, c’est  le marché commun – et non la CECA ou toute autre initiative - qui est la matrice de tous  les développement    ultérieurs de l’aventure européenne. La formule arrêtée au cours des années soixante : coopération institutionnelle d’Etats, primauté de  l’agriculture, dura jusqu’aux années quatre-vingt.  Moins que l’élargissement, c’est l’inclusion de l’agriculture dans le laminoir du GATT (  aujourd’hui OMC) en 1984  qui  marqua sa fin. Privé de sa base agricole – et même industrielle du fait de l’érosion du tarif extérieur commun, la Communauté devait rechercher d’autres finalités : l’harmonisation des législations, l’union monétaire, la libre circulation des hommes (et des capitaux) , et à terme,  la relance du  projet d’union politique marquent , à partir de 1990 une nouvelle phase dont on peut imaginer sans peine combien le général de Gaulle l’eut désapprouvée .

Mais ces nouveaux  développements se sont greffés sur un édifice qui était au départ celui du marché commun. Nul doute que si  celui-ci, au cours des dix années critiques de sa mise en œuvre, n’avait été comme « mis en couveuse », protégé par  la forte volonté du général de Gaulle, l’entreprise eut  fait long feu.

 

Article de Roland Hureaux publié sur son blog le   Mercredi 28 novembre 2007

14/03/2008

La Démocratie selon Jean Claude Trichet, Président de la BCE

Hervé Nathan, Rédacteur en chef économie à Marianne, répond au portrait que son confrère de Libération Jean Quatremer a consacré au président de la BCE. (1)



Mon cher Jean (Quatremer),


81c0fb21fbf82bac9868af986321e519.jpgDéclarer son amour à la Banque centrale européenne, le jour où elle propulse l'euro à une parité historique avec le dollar, il faut le faire. Tu l'as fait ! Dans Libération, en dernière page, celle des portraits de la jet-set politique, économique, culturelle. Et avec talent. Permets à celui qui t'a précédé dans l'exercice de te le dire (le dernier portrait de Trichet dans Libé est, hélas, de moi). Bravo, donc. Mais tu te goures, mon cher Jean, au fond sur le caractère profond du président de la BCE. Bien sûr, il adore la poésie. Bien sûr, il est d'une politesse exquise. Evidemment, il adore la rhétorique, et aussi les mathématiques. Il n'est pas aussi bien payé que Daniel Bouton alors qu'il pourrait demander bien davantage, c'est aussi vrai. Et que la droite comme la gauche ont « fait » la carrière de Trichet, oui encore. Mais tu te goures, Jean, lorsque tu nous contes ce que Trichet aime tant que nous (les journalistes) disions de lui : des phrases comme « cet ancien de l'ENA a compris (…) qu'une politique, si bonne soit-elle, ne peut être un succès que si elle est acceptée par les citoyens ».


Trichet et ses pairs définissent la politique, les citoyens l'acceptent

N'as tu pas compris au moment même d'écrire ces mots qu'ils contiennent la vraie nature de Trichet. Car ils signifient : Trichet (et ses pairs) définissent la politique, et les citoyens l'acceptent. En une formule, voici donc les citoyens privés de leur responsabilité. Ils n'ont pas droit au débat, mais à la pédagogie. D'ailleurs, tu le dis toi-même : « Il répète à chaque fois les mêmes phrases ». Comme des enfants, en somme. Comme à des enfants encore, il développe la fable de la « politique monétaire transpartisane», enrobée par les sondages favorables. Mais au fait, quel imbécile peut répondre « oui » à la question : « Voulez-vous que les prix augmentent et que votre épargne s'évanouisse ? »

Ceci rejoint ce que nous savons de Jean-Claude Trichet : banquier central, il ne débat réellement qu'avec les autres maîtres de la finance mondiale. Le reste, gouvernements, partis politiques, organisations syndicales, associations, citoyens, n'ont pas voix au chapitre des grands argentiers. Et le talent du cher Jean-Claude est de nous faire oublier que nous, les citoyens, devrions exiger ce pouvoir qu'il nous a confisqué.

Car il s'agit bien de cela, et tu connais l'histoire mieux que personne. Le Traité de Maastricht, qui instaurait la monnaie unique, contenait une promesse : bâtir face à la BCE un pouvoir économique européen. Qui s'est employé à ce que ce gouvernement économique de l'eurozone reste dans les limbes, s'appuyant sur des gouvernements acquis à cette stratégie, notamment les Allemands : Jean-Claude Trichet, qui a organisé l'anarchie politique au profit de son pouvoir monétaire, portant un coup terrible à l'idée d'une Europe politique, ce qui a contribué à donner au non au Traité établissant une constitution européenne son caractère majoritaire. Ce n'est donc pas principalement la politique monétaire de Trichet qui doit nous poser problème (quoique, avec un euro à 1,53 dollar, on peut se poser des questions…). C'est que son importance soit faite de notre impotence. Et pour longtemps encore.

Amicalement. Hervé
Vendredi 07 Mars 2008


par Hervé Nathan www.marianne2.fr

 

(1) titre et introduction tiré du site  gaullisme.fr

Les Oligarques: Essai d'histoire partiale

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Ancien " poilu " de 14, ce militant notoire du rapprochement franco-allemand entre les deux guerres est révoqué par Vichy. C'est en 1942 qu'il écrit cet " hymne à la divine liberté perdue " qu'est les Oligarques (petite minorité d'Athéniens bien-nés qui à deux reprises vers l'an 400 avant notre ère exercèrent un pouvoir despotique sur leurs concitoyens au nom d'une conception aristocratique de la société).
Destiné aux Editions de Minuit clandestine, le livre parut pour finir après la Libération : entre les lignes de ce brillant et offensif exercice d'histoire partiale se lit un parallèle troublant entre deux époques séparées par plus de deux mille années. Avec, pour le lecteur d'aujourd'hui, cette interrogation fondamentale : l'histoire n'est-elle qu'un recommencement ? Et ce doute qui le saisit : pourquoi donc les bons triompheraient-ils nécessairement des méchants ?

 Les Oligarques: Essai d'histoire partiale

09/03/2008

La France n'est plus maîtresse d'elle-même !

C’est lui qui le dit :
« Tout le monde est maître de ce qui se passe en France »
et Sarkozy est « l’incarnation de cette dissolution »

Écoutons ce que déclare celui qui prétend détenir les clés du redressement de la France :

« Sur la fonction [de Président de la République] qui s’abîme, c’est évident. Elle s’abîme institutionnellement. Si vous regardez le président actuel, il a perdu au moins six des pouvoirs de François Mitterrand :

- Il n’y a plus la monnaie, donc la dévaluation ça n’existe plus.

-  Il n’y a plus les nationalisations, il n’y a plus la politique industrielle.

-  La globalisation fait que tout le monde est maître de ce qui se passe en France.

-  La décentralisation a fait perdre l’essentiel des pouvoirs de la France.

-  L’Union Soviétique ayant disparu, le grand pouvoir de thaumaturge du Président de la République qui était le droit de vie ou de mort [via la bombe atomique] a disparu,

-  et enfin la construction européenne.

Progressivement, l’État s’est dissous dans la réalité de la globalisation. Le Président n’est que l’incarnation de cette dissolution, quel qu’il soit. »

Voilà très exactement ce que déclarait à l’émission "Sous les pavés, La télé libre" le 3 mars 2008 M. Jacques Attali, génie professionnel. (il a écrit 85 livres, 110 propositions collectivistes pour Mitterrand, 316 propositions néo libérales pour Sarkozy)

Questions :

-  Pourquoi dans ces conditions, réunir une commission de 43 "experts", si c’est pour conseiller quelqu’un qui n’a plus aucun pouvoir ?

-  Pourquoi intimer à ce même Président - réduit à l’impuissance - de mettre en œuvre l’ensemble de ces "propositions" dont la ligne directrice consiste à faire disparaître les spécificités françaises pour en faire une société anglo-saxonne de plus ?

-  Comment prétendre que ces propositions pourraient avoir le moindre impact sur la croissance si celui qui devrait les mettre en œuvre ne serait qu’un ectoplasme " incarnation de cette dissolution", démuni de tout réel pouvoir ?

Réponse :

Pour duper les Français par la mise en scène du pouvoir factice et, parallèlement, contribuer - modestement ou non - à accélérer la dissolution précitée.

 

Article de  Jean-Yves Crevel publié le 8 mars 2008 sur DECAPACTU sous le titre :

C’est lui qui le dit :
« Tout le monde est maître de ce qui se passe en France »
et Sarkozy est « l’incarnation de cette dissolution »