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11/02/2008

Le coup d’État de Versailles

80c37c6e58a04695da95aa0633f99f71.jpgLundi 4 février, jour de la réunion du Parlement en congrès, jour de deuil pour la démocratie, les opposants au coup d’État s’étaient rassemblés dans les avenues menant au château de Versailles. J’accompagnais un couple d’amis, elle habillée en Marianne à bonnet phrygien (mais la poitrine couverte, en février), et lui coiffé d’un casque d’Astérix. Comme il mesure un mètre nonante pieds nus, il était impressionnant avec les ailes du casque relevées. Un Astérix de deux mètres, cela ne passe pas inaperçu. J’étais vêtu en député du Tiers, tricorne à cocarde, gilet, cape noire, ceinture tricolore, et brandissant au manche de mon parapluie le drapeau cousu par une de mes grand-mères pendant la guerre (Que faut-il dire ? La dernière ? On l’a déjà cru de la précédente. La plus récente ? Mais il y en eut d’autres depuis. [Ce n’est pas de mes grand-mères que je parle]).ceaca60384282278a66782b925e7dd07.jpg

Peu de gens, et guère de caméras. Le temps est loin des cars de manifestants venus de la France entière. Les vieux communistes sont aux allichamps et les socialistes ont trahi. Evidemment, on ne se déplace pas volontiers un lundi -il faut exercer un métier aux horaires souples- ni en février. Louis-Philippe disait qu’on ne fait pas de révolution en hiver, ce qui ne l’empêcha pas d’être renversé en février. Dans les rues, d’aimables CRS, serviables comme des hôtesses d’accueil, orientaient les arrivants vers les diverses manifs (car on ne se mélange pas entre opposants, non mais !).

Un hippie schnouffé, hors d’âge, le fou de service, insultait les keufs dans l’indifférence générale.

Nous allâmes d’abord à la manif des souverainistes, porteurs de drapeaux tricolores en berne, puis à celle d’Attac, où les bannières arboraient le sigle à pourcentage. Une pasionaria y adjura les manifestants de rentrer chez eux par un chemin leur évitant de rencontrer les souverainistes, ces gens étriqués « avec qui nous n’avons rien en commun ». On y prônait l’amitié entre les peuples et l’abolition des frontières. Souriez, financiers ! Riez, européïstes ! Vous pouvez dormir sur vos deux oreilles avec de tels adversaires.

Près des grandes écuries, un cordon de robots-cops bonnasses, déguisés en martiens de série télévisée, jouait le rôle des Gardes Françaises empêchant le peuple d’entrer au château. Et dans le château, les traîtres abolissant la République. Combien d’entre eux, soixante-huitards repentis, crièrent-ils dans leur jeunesse : « CRS-SS ! » ?

Versailles dans toute sa splendeur. Cette bâtisse prétentieuse n’a jamais été, depuis trois siècles, que l’antre de la tyrannie et le théâtre de la trahison. A chaque génération, des classes dominantes sans cesse renouvelées reprennent le même pli : vanité, fermeture en caste, mépris de leurs concitoyens, platitude devant l’éphémère Permanent du Spectacle qui les domine pour un temps, rouerie et naïveté, lâcheté et ragusade, entraînant chaque fois un peu plus bas dans le déclin notre si beau pays. La Grande Révolution et ses suites, qui coûtèrent, hélas, maintes vies, ont fait disparaître des centaines de monuments magnifiques. Mais ce monstrueux palais reste inchangé, tendant ses tentacules au bout de sa longue avenue. Monument au malheur de la France et de l’Europe. Il paraît avoir été bâti pour cela.f4448595921e8251b0ad2fb9ab433bd9.jpg

En voyant rejouer pour la dixième fois la même sinistre pièce, l’abus de pouvoir rendant illégitime le pouvoir légitime, le peuple bafoué, les gardes protégeant les traîtres, je songeais à ce que Marc Bloch écrivit pendant l’Occupation : « Les faits l’ont aujourd’hui prouvé : l’indépendance nationale à l’égard de l’étranger et la liberté intérieure sont indissolublement liées, elles sont l’effet d’un seul et même mouvement. Ceux qui veulent à tout prix donner au peuple un maître accepteront bientôt de prendre ce maître à l’étranger. Pas de liberté du peuple sans souveraineté du peuple, c’est-à-dire sans République. »
Restaurons notre République !32c517a49194a6b86b24e4cd7a95d861.jpg

Christian Darlot 7 février 2008 publié sur le site Decap'actu

09/02/2008

Ceux qui ne nous ont pas trahis !

Listes des parlementaires qui ont dit NON au congrès de Versailles le 4 février 2008

Députés :

Groupe UMP (3 / 318) : MM. Patrick Labaune, Franck Marlin et Jacques Myard.


Groupe SOCIALISTE, RADICAL, CITOYEN ET DIVERS GAUCHE (91 / 204) : Mme Sylvie Andrieux, MM. Jean-Paul Bacquet, Jean-Pierre Balligand, Gérard Bapt, Claude Bartolone, Jacques Bascou, Christian Bataille, Christophe Bouillon, François Brottes, Thierry Carcenac, Laurent Cathala, Bernard Cazeneuve, Jean-Paul Chanteguet, Alain Claeys, Jean-Michel Clément, Gilles Cocquempot, Pierre Cohen, Pascal Deguilhem, Marc Dolez, Jean-Pierre Dufau, William Dumas, Jean-Louis Dumont, Mme Laurence Dumont, MM. Jean-Paul Dupré, Philippe Duron, Olivier Dussopt, Christian Eckert, Henri Emmanuelli, Laurent Fabius, Albert Facon, Mme Martine Faure, MM. Hervé Féron, Pierre Forgues, Mme Valérie Fourneyron, MM. Michel Françaix, Jean-Claude Fruteau, Mme Geneviève Gaillard, MM. Daniel Goldberg, David Habib, Mme Sandrine Hurel, MM. Christian Hutin, Jean-Louis Idiart, Mme Françoise Imbert, MM. Michel Issindou, Serge Janquin, Régis Juanico, Jean-Pierre Kucheida, Mme Conchita Lacuey, MM. Jérôme Lambert, Jean Launay, Patrick Lebreton, Gilbert Le Bris, Mme Catherine Lemorton, MM. Jean-Claude Leroy, Serge Letchimy, Michel Liebgott, Mme Martine Lignières-Cassou, MM. François Loncle, Jean Mallot, Mme Marie-Lou Marcel, M. Philippe Martin, Mmes Martine Martinel, Frédérique Massat, MM. Gilbert Mathon, Didier Mathus, Kléber Mesquida, Jean Michel, Didier Migaud, Arnaud Montebourg, Philippe Nauche, Henri Nayrou, Alain Néri, Michel Pajon, Christian Paul, Germinal Peiro, Jean-Luc Pérat, Jean-Claude Perez, Mme Catherine Quéré, M. Simon Renucci, Mmes Marie-Line Reynaud, Chantal Robin-Rodrigo, M. Patrick Roy, Mme Odile Saugues, M. Christophe Sirugue, Mme Christiane Taubira, MM. Pascal Terrasse, Jacques Valax, Michel Vauzelle, Michel Vergnier, Alain Vidalies et Jean-Michel Villaumé.

Groupe GAUCHE DEMOCRATE ET REPUBLICAINE (21 / 24) : Mme Marie-Hélène Amiable, M. François Asensi, Mmes Huguette Bello, Martine Billard, MM. Alain Bocquet, Patrick Braouezec, Jean-Pierre Brard, Mme Marie-George Buffet, MM. Jean-Jacques Candelier, André Chassaigne, Jacques Desallangre, Mme Jacqueline Fraysse, MM. André Gerin, Pierre Gosnat, Maxime Gremetz, Jean-Paul Lecoq, Alfred Marie-Jeanne, Roland Muzeau, Daniel Paul, Jean-Claude Sandrier et Michel Vaxès.

Groupe NOUVEAU CENTRE (2 / 22) : MM. Philippe Folliot et Jean-Christophe Lagarde.

Non inscrits (4 / 9)
: Mme Véronique Besse (MPF), MM. Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République), Jean Lassalle (Modem) et François-Xavier Villain (divers droite).

Sénateurs :

Groupe UMP (4 / 159) : MM. André Lardeux, Roland du Luart, Mme Lucette Michaux-Chevry et M. Charles Pasqua.

Groupe SOCIALISTE (30 / 96) : MM. Bernard Angels, David Assouline, Mmes Maryse Bergé-Lavigne, Alima Boumediene-Thiery, MM. Jean-Louis Carrère, Michel Charasse, Pierre-Yves Collombat, Roland Courteau, Jean Desessard, Michel Dreyfus-Schmidt, Mme Josette Durrieu, MM. Charles Gautier, Jean-Pierre Godefroy, Claude Haut, Mmes Annie Jarraud-Vergnolle, Bariza Khiari, MM. André Lejeune, Alain Le Vern, Jean-Pierre Masseret, Marc Massion, Jean-Luc Mélenchon, Jean-Pierre Michel, Michel Moreigne, Daniel Percheron, Marcel Rainaud, Gérard Roujas, Claude Saunier, Jean-Marc Todeschini, Robert Tropeano et André Vantomme.

Groupe COMMUNISTE REPUBLICAIN ET CITOYEN (23 / 23) : Mme Eliane Assassi, M. François Autain, Mme Marie-France Beaufils, MM. Pierre Biarnès, Michel Billout, Mme Nicole Borvo Cohen-Seat, MM. Robert Bret, Jean-Claude Danglot, Mmes Annie David, Michelle Demessine, Evelyne Didier, MM. Guy Fischer, Thierry Foucaud, Mmes Brigitte Gonthier-Maurin, Gélita Hoarau, MM. Robert Hue, Gérard Le Cam, Mme Josiane Mathon-Poinat, MM. Jack Ralite, Ivan Renar, Odette Terrade, Bernard Vera et Jean-François Voguet.


Groupe RASSEMBLEMENT DEMOCRATIQUE ET SOCIAL EUROPEEN (1 / 16)
: M. Bernard Seillier (MPF)

Non-inscrits (2 / 6) : MM. Philippe Darniche (MPF) et Bruno Retailleau (MPF).

source gaullisme.fr

Les élites françaises : cyniques ou stupides ?

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J'ai été stupéfait en écoutant le débat (Rispostes sur France 5) dimanche soir au sujet du mini-traité européen.

Abasourdi de voir des hommes politiques, qui se définissent pourtant comme des modérés, nous expliquer que le « non » du référundum de mai 2005 était nul et non avenu (référendum qui n'aurait donc jamais dû avoir lieu), que les citoyens français n'étaient pas capables de juger du bien-fondé de cette Europe.
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Mon sang se glace lorsque j'entends un député du PS dire doctement que les citoyens de sa circonscription était à 66% contre la constitution de 2005, mais qu'il va voter pour, considérant qu'il est plus démocratique de suivre les consignes de son parti.

Je suis sidéré d'entendre un "représentant du peuple" centriste nous expliquer que la politique est une chose trop sérieuse pour la confier au peuple français, et que seuls des experts et des technocrates sont habilités à diriger un pays.

3a526eeea6c588a58887bd50bdd2e1d6.jpgJe suis consterné d'entendre un écrivain, se déclarant idéologiquement entre le PS et la LCR (sic), affirmer que cette Europe confiscatoire est nécessaire car elle serait la conséquence des charniers du vingtième siècle. J'avais pourtant cru comprendre que les horreurs des années 30, comme celles de 14/18 étaient dûes à l'emprise des idéologies et du dogmatisme sur les cerveaux occidentaux.

Je reste pétrifié lorsque j'entends ces individus avouer et approuver le fait que le mini-traité soit la copie conforme du texte de 2005, qu'il a été volontairement et inutilement complexifié dans le seul but d'éviter la consultation populaire, et affirmer dans le même temps, la main sur le coeur, qu'ils sont d'authentiques démocrates parce qu'ils favorisent la ratification parlementaire. Ratification parlementaire qui serait, selon eux, plus conforme aux traditions françaises alors qu'elle foule au pied toutes les valeurs issues de la Révolution Française. Même le Maréchal Pétain n'aurait pu imaginer, dans ses rêves les plus fous, une victoire aussi éclatante sur l'héritage révolutionnaire, sans coup férir.2adc86209a02f8dde064e093070057d6.jpg

Je suis effaré de voir que les castes au pouvoir ne prennent même plus la peine de cacher leur arrogance et leur mépris du peuple.

Il va donc falloir remplacer le terme « machiavélisme » pour désigner le cynisme en politique car même Nicolas Machiavel pensait, qu'étant donné l'incertitude liée à toute action politique, la décision d'un million d'individus était plus sûre et plus fiable que la décision d'un seul, fût-il plus éclairé en la matière.8397ce6c06d16fbed5c69f7c6cef938d.jpg
En effet, l'Histoire récente nous a montré que les élites de tous poils étaient plus souvent sujettes à l'idéologie et au dogmatisme, voire à l'aveuglement, que le peuple lui-même (quelques exemples : Alexandre Adler, Kouchner, Cohn-Bendit..., bref tous ceux qui affichent leur soi-disant lucidité actuelle après avoir été admirateurs inconditionnels des dictatures communistes pendant de longues années ; l'admiration et le soutien du grand patronat français à Hitler pendant les années 30 ; l'admiration de toute l'intelligentsia française pour Staline, pourtant responsable de la mort et de la déportation de millions d'individus, dans les années 50 et 60 ; l'intelligentsia parisienne applaudissant la prise de pouvoir de Pol Pot, responsable du génocide de son propre peuple...).c22e53e23859e28c3001b85e1d34684c.jpg

Je me suis longtemps demandé si nos gouvernants étaient cyniques ou stupides, et laquelle de ces probabilités était la plus inquiétante pour notre avenir. La réponse m'est apparue clairement dimanche soir, me laissant comme un goût amer dans la bouche et une étrange sensation de malaise : nos élites seraient donc cyniques et stupides.

01/02/2008

L'Europe selon Sarkozy : une démocratie ! La preuve par l'image.

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Cliquez sur la photo pour voir la vidéo

"Si l'Europe reste la seule affaire des responsables politiques et économiques, sans devenir la grande affaire des peuples, reconnaissons que l'Europe sera, à plus ou moins brève échéance, vouée à l'échec.

Bien sûr, l'Europe doit être au service des peuples, chacun peut le comprendre. Mais l'Europe ne peut se construire sans les peuples, parce que l'Europe, c'est le partage consenti d'une souveraineté et la souveraineté, c'est le peuple. A chaque grande étape de l'intégration Européenne, il faut donc solliciter l'avis du peuple. Sinon, nous nous couperons du peuple.

Si nous croyons au projet Européen comme j'y crois, alors nous ne devons pas craindre la confrontation populaire.

Si nous n'expliquons pas, si nous ne convainquons pas, alors comment s'étonner du fossé qui risque de s'amplifier chaque jour davantage entre la communauté Européenne et la communauté nationale ?

Je le dis comme je le pense, simplement : je ne vois pas comment il serait possible de dire aux Français que la Constitution Européenne est un acte majeur et d'en tirer la conséquence qu'elle doit être adoptée entre parlementaires, sans que l'on prenne la peine de solliciter directement l'avis des Français."


... C'était en 2004, alors Président de l'UMP

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Cliquez sur la photo pour voir la video

Article publié sur le site gaullisme.fr le 17 janvier 2008 sous le titre "Le Président Sarkozy veut un référendum sur l'Europe..."

28/01/2008

Henri Emmanuelli sauve l'honneur d'un parti moribond.

(...) Henri Emmanuelli fustige les divisions de son camp sur le traité et le Congrès de Versailles :

9cbeb679135b44d00920904834811e3a.jpgDéputé (PS) des Landes, Henri Emmanuelli s’oppose farouchement au boycott du Congrès. Il a réuni le 15 janvier des parlementaires socialistes pour exiger un référendum.

Comment jugez-vous l’annonce faite par Jean-Marc Ayrault d’un boycott du Congrès ?


Je la juge incompréhensible. Je comprends que le parti soit divisé sur l’adoption du traité, puisqu’il l’était déjà. Mais on ne peut remplacer un référendum qui a déjà eu lieu par un vote parlementaire. Le PS ne peut donc renoncer à exiger la tenue de ce référendum. Et le seul moyen de l’obtenir, comme nous nous y étions engagés lors des campagnes présidentielle et législative, c’est d’aller à Versailles voter contre la révision. Je ne comprends pas qu’on laisse les mains libres au Président dès lors qu’il s’agit du respect d’un principe fondamental, le suffrage universel.

Alors, pourquoi cette annonce ?

Je ne me l’explique pas. Et c’est là qu’on retombe sur le problème d’une cohérence minimum. La liberté de conscience sur le traité lui-même, c’est-à-dire sur le oui et le non, difficile de faire autrement. En revanche, s’agissant du référendum, je ne vois pas pourquoi il y aurait finalement liberté de conscience. Si des socialistes ne situent plus la légitimité politique dans le suffrage universel, qu’ils le disent et l’assument ouvertement. Mais je ne pense pas qu’il puisse y avoir d’ambiguïté sur ce sujet.

Comment réagissez-vous aux propos de François Hollande qui a fustigé le «jeu» des opposants au boycott ?

C’est grave. S’il considère que la défense de la souveraineté populaire est une affaire de posture ou de tactique, c’est le signe d’une légèreté inquiétante. En politique, il faut avoir un minimum de cohérence. Et je parle bien d’un minimum. En 2005, j’ai fait campagne pour le non. Et je sais que ceux qui l’ont menée pour le oui n’ont jamais admis le vote du peuple français. Mais qu’ils aient le courage de le dire, et qu’ils arrêtent d’expliquer que ceux qui veulent le faire respecter sont des tacticiens.

Que pensez-vous de la position de Ségolène Royal qui, après avoir défendu le référendum, estime désormais qu’il faut adopter le traité ?

Si l’on explique "Nicolas Sarkozy a été élu, l’affaire est réglée", je ne vois pas alors ce qu’on fait à l’Assemblée nationale. Et ce, d’ailleurs, sur tous les sujets. Pourquoi s’opposer, alors ? On en arrive à des raisonnements ahurissants pour justifier l’injustifiable. J’ai envie de dire : "pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils disent…".

Concrètement, les socialistes pourront-ils se doter d’une position commune ?

Je crois que non. Mais on peut élargir : y a-t-il une position du PS sur la politique internationale ? La mondialisation ? La croissance ? Ce n’est pas le seul sujet sur lequel le parti n’a pas de position. Le PS ne manque pas de propositions, mais de cohérence.

Quel est l’impact de cette affaire dans l’opinion publique ?

Une fois de plus, nous donnons un spectacle affligeant. Entre l’improvisation, les avancées et les reculs, le manque de lucidité, on donne l’impression de subir les événements politiques. Cela commence à faire beaucoup.

Quel remède, alors ?

Ce que je vais proposer, c’est qu’après le prochain congrès socialiste, le futur ou la future premier secrétaire s’achète une boussole. En souvenir de Sénèque, qui, il y a fort longtemps, nous expliquait qu’il n’y a pas de bon vent pour le marin qui ne sait pas où il va…

Article publié sur le site gaullisme.fr le 17 janvier 2008 sous le titre "Le PS donne un spectacle affligeant ... et vient en aide à Sarkozy"

25/01/2008

Sarkozy, l'anti-Périclès !

7bb548dc3a4045c6ad51e0d673d8b5bb.jpg" Devant le peuple également, Périclès voulait éviter d'être constamment présent et de saturer les gens de sa vue. Il ne se montrait à ses concitoyens que de manière intermittente, pourrait-on dire; il ne s'adressait pas à eux à tout propos et ne se présentait pas sans cesse devant eux (...) Il se réservait pour les grandes occasions. Le reste du temps, il traitait les affaires par l'intermédiaire de ses amis et d'orateurs de son parti." (Vie de Périclès Plutarque Quarto p. 329)

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Ou bien:

" Un jour, par exemple, un individu particulièrement vulgaire et grossier l'insulta et l'accabla d'outrages. Périclès le supporta en silence, toute la journée, en pleine agora, en continuant à régler les affaires urgentes. Le soir, il s'en alla tranquillement tandis que l'autre le suivait et lui lançait toutes les injures possibles. Avant d'entrer chez lui, comme il faisait déjà nuit, il ordonna à l'un de ses serviteurs de prendre une lampe pour raccompagner l'homme et le 7b2ff6150c6211fe84098e94c81d8023.jpgreconduire chez lui." (ibid.)

Tiré du site Les philosophes antiques à notre secours

21/01/2008

A méditer !

“ La plus grande preuve d'estime, que l'on puisse donner aux gens que l'on a l'honneur de diriger, ce n'est pas de les flagorner, mais de leur parler gravement, en leur montrant les choses comme elles sont. “

Louis Hubert Gonzalve Lyautey 30aadc3b8a84948064b03562b9f67c4e.jpg

Une citation que nos dirigeants politiques devraient méditer.

20/01/2008

Absence de référendum : le PS fait semblant de se fâcher

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"Nous voterons le traité simplifié européen parce que ses acquis sont supérieurs à ses insuffisances et parce qu'il est enfin une chance de sortir l'Union de sa paralysie politique", a déclaré, mardi 8 janvier, Jean-Marc Ayrault. Le président du groupe socialiste, radical et citoyen (SRC) de l'Assemblée nationale a cependant émis "une réserve" : "Il me paraît impossible que nous participions à la révision préalable de la Constitution dès lors que nous défendons la voie référendaire plutôt que la voie parlementaire. Nous n'irons pas à Versailles." Cette absence des députés PS à Versailles n'aura donc pas de conséquences sur l'adoption du projet de loi constitutionnelle, puisque seuls les votes exprimés sont pris en compte. S'il avait réellement voulu contraindre le chef de l'Etat à organiser un référendum, le Parti socialiste eût été mieux inspiré d'annoncer qu'il se rendrait au Congrès pour voter "contre" ou au minimum "abstention" sur le projet de révision constitutionnelle. Plusieurs parlementaires socialistes ouistes ou nonistes ont d'ailleurs déjà prévenu qu'ils ne suivraient pas la consigne de leur président de groupe, tel Henri Emmanuelli qui entend résister non pas symboliquement mais politiquement, par son vote, au contournement du résultat du référendum du 29 mai 2005 sur la Constitution européenne. Il est cependant peu probable que les députés et sénateurs, quelle que soit leur opinion sur le traité de Lisbonne mais soucieux d'aligner leur vote au Congrès sur celui des Français il y a deux ans, soient suffisamment nombreux pour représenter au moins 2/5ème des suffrages exprimés et bloquer ainsi le processus.

Article publié le Mercredi 09 Janvier 2008 sur le site Observatoire de l'Europe

17/01/2008

Emeute ou subversion ?

687b75df5de96b74594622b288af2cd7.jpg"Les Néerlandais, qui ont l’habitude de descendre dans la rue le 31 décembre avec leurs propres feux d’artifice, ont connu cette année une nuit d’émeutes sans précédent. Le bilan, particulièrement lourd, n’est livré qu’au compte-gouttes par la police. Il a ainsi été révélé le 8 janvier que 128 voitures figurent parmi les 800 «objets» incendiés dans la seule ville de La Haye. Pas moins de 22 écoles ont flambé la même nuit aux Pays-Bas. A Amsterdam, dans la banlieue de Slotervaart, en proie à des émeutes sporadiques depuis octobre, le poste de police a été pris d’assaut par des adolescents cagoulés. La vague d’émeutes laisse les Néerlandais pantois. Des mesures sont prises pour mieux protéger la police et les ambulanciers des foules en colère, mais les arrestations tardent à Slotervaart. A La Haye, une dizaine d’adolescents ont été interpellés. Une polémique subsiste par ailleurs autour de l’arrestation, le 31 décembre, de deux Néerlando-Marocains et d’un Soudanais. Selon le quotidien De Telegraaf, ce groupe préparait un attentat pour le 31 décembre contre le pont Erasmus, à Rotterdam, où 15 000 personnes ont assisté à des festivités. La justice dément. De Telegraaf persiste : les festivités auraient pu tourner au désastre."

Article de Sabine Cessou (correspondante à Amsterdam) publié dans Libération le vendredi 11 janvier sous le titre "Le bilan des violences du 31 rehaussé aux Pays-Bas"

N'en déplaise à Mr Tariq Ramadan et à tous ses thuriféraires, ces problèmes récurrents dans toutes les Nations 70bc0a14fd293b69afc4fd4326f54864.jpgEuropéennes montrent bien l'hypocrisie et la manipulation qui consistent à relier les émeutes des banlieues françaises à des problèmes historiques (comme la colonisation ou l'esclavage) ou au racisme qui serait latent dans notre pays,

c388530278cf39b11319e7796616639e.jpgToute personne ayant participé à des manifestations collectives sait que la notion de mouvement de foule ou d'émeutes spontanées est une pure vue de l'esprit (1).

1-Tout mouvement collectif se prépare par la propagande politique et par la manipulation médiatique : déformation des faits présents ou passés, simplification des réalités, diabolisation des adversaires politiques, usage exclusif du slogan et de l'émotion plutôt que de la raison... (comme le font brillamment Mr Ramadan et les indigènes de la République).

2- Tout mouvement collectif se provoque par l'intermédiaire d'agitateurs sur le terrain, d'organisateurs et de coordinateurs. Ces évènements ont, en général, besoin d'une amorce avec une forte connotation émotionnelle (accident, arrestation..) qui va être exploitée par ces derniers (utilisation de rumeurs, mensonges, manipulations).5c6a76b56334e329e15dda9cc395a734.jpg

3-Tout mouvement collectif répond à un objectif politique parfaitement rationnel et n'est jamais fortuit.
Bien évidemment les participants à ces mouvements collectifs sont souvent sincères et ont rarement conscience de participer à une opération collective préméditée et calculée ou de servir des intérêts politiques précis. Autrefois, les dirigeants communistes les dénommaient "les crétins utiles".

4-Tout mouvement collectif nécessite un environnement favorable : pauvreté, chômage, illettrisme, drogue et alcoolisme... qui seront les matériaux de base de la subversion, le levier qui permettra de mettre en branle le mouvement de foule (ce qui ne signifie pas que les agitateurs se soucient des ces problèmes ou ont l'intention de les résoudre).

8d90567a71f112dba35c1f7f713856e7.jpgQuand on connait les accointances entre Mr Ramadan (et donc les indigènes de la République) et "les frères musulmans" (2), on perçoit plus clairement les objectifs politiques sous-jacents aux diverses émeutes qui ont lieu dans nos villes. On comprend également l'irresponsabilité et l'aveuglement de tous les français qui se rendent complices de ces individus en relayant leur propagande délétère sans esprit critique.



(1) Tous les arguments qui vont vous être présentés n'ont rien de fantasmagoriques. Pour vous en persuader, je vous invite à lire les ouvrages suivants : "Que faire ?" de Lénine ; "Hitler m'a dit" de Rauschning,"Le viol des foules par la propagande politique" de Serge Tchakhotine . Pour comprendre le présent, l'Histoire est souvent plus éclairante que la télévision.

(2) "Les Frères musulmans (جمعية الأخوان المسلمون, jamiat al-Ikhwan al-muslimun, littéralement association des Frères musulmans) est une organisation panislamiste fondée en 1928 en Égypte dans le but d'instaurer un grand état islamique fondé sur la charia basée sur la sunna débarrassée des influences culturelles locales, dans l'esprit du salafisme (Le salafisme est un mouvement sunnite revendiquant un retour à l'islam des origines).
Elle a rapidement essaimé dans les pays musulmans du Moyen Orient, au Soudan et dans une moindre mesure en Afrique du Nord, établi des têtes de pont jusqu'en Europe. Certains groupes de partisans se sont constitués en mouvements indépendants (Gama'a al-Islamiya et Hamas, par ex.).
Son opposition fondamentale et parfois violente aux États laïcs arabes a amené son interdiction ou la limitation de ses activités dans certains pays (Syrie, Égypte). La lutte contre l’État d’Israël est au cœur du mouvement depuis sa fondation, et le théoricien du djihad armé, Sayyid Qutb (1906-1966), fut l’un de ses membres égyptiens les plus en vue.
" source Wikipédia.

Je vous suggère également de lire sur ce sujet : "Jihad. Expansion et déclin de l'islamisme" de Gilles Kepel, Gallimard, Paris, 2000

14/01/2008

Le cri d’alarme d’une iranienne.

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Femme, intellectuelle et iranienne, Chahdortt Djavann réinvente la figure du “dissident” tel que feu l’Union soviétique en produisait avant la chute du mur de Berlin. Comme les Boukovski, Glouzman, Gorbanevskaya des années 1980, cette écrivaine combat l’islam politique avec les seules armes à sa disposition : les mots. A mon corps défendant, l’Occident s’ajoute aux conférences, articles et analyses que l’auteure a déjà produits - en sus de son travail d’écrivain - pour réveiller une opinion publique occidentale insouciante, naïve ou endormie face au danger islamiste en général, et atomique iranien en particulier.066cba67699121fe5eb3876596b06765.jpg

Bien que la philosophie politique ne soit pas son métier, Chahdortt Djavann pense juste. Peu importe qu’elle bricole sa définition du totalitarisme islamique à l’aide du Petit Robert ou d’un article du Monde, ses cris viennent du coeur autant que de la raison : “Comment croire qu’une religion née il y a mille quatre cents ans en Arabie, et dont toute l’architecture repose sur le caractère immuable des lois qui la constituent, puisse être une religion progressiste ?” Quant à savoir si les dogmes islamiques sont, dans une société moderne, “compatible(s) avec la démocratie : la réponse est non ! (…)” D’ailleurs, affirme-t-elle, toute religion juive, chrétienne ou autre qui se mêlerait de prendre le pouvoir engendrerait un système totalitaire. Mais comme l’islam est son sujet, “la question qui se pose vraiment est de savoir si les musulmans ont la capacité de remettre l’islam à sa place, c’est-à-dire dans le domaine privé”.4e40147afd6ab08373d7e689704ccab3.jpg

Soucieuse de communiquer sur la menace que les mollahs iraniens font courir à la paix mondiale, elle consacre de longues pages à reconstituer la rancoeur du clergé iranien. Relégué dans les mosquées par la dynastie Pahlavi, jamais le clergé chiite d’Iran n’a accepté de voir son influence réduite à la sphère privée. Khomeyni, perçu en Occident comme un leader “sincère”, incarne en réalité un leader revanchard et frustré qui haïssait aussi “sincèrement” la démocratie, la liberté et l’Occident qu’”Hitler les Juifs”. Dans cette perspective, la volonté des b20b458337882a7e580f97e0f7b61f0d.jpgmollahs de se doter d’un arsenal nucléaire terrifie tout simplement l’auteure. En 2006, quand le président iranien Ahmadinejad organise de vastes manoeuvres militaires, “savez-vous comment s’appelaient ces grandes manoeuvres avec leurs missiles Shahab, Zelzal et Fateh ? Je vous le donne en mille : elles s’appelaient Grand Prophète 2… Mahomet lui-même, associé à des tirs de missiles (…). Vous imaginez l’armée française organiser des manoeuvres intitulées Jésus 2 ?”2c5c392ef7c89b2190248516dfa5dcb8.jpg

Comme les ex-dissidents soviétiques, Chahdortt Djavann ne comprend pas la “tolérance” occidentale - et française - vis-à-vis d’un Iran atomique. Elle comprend encore moins que l’Etat s’interroge sur un éventuel financement de mosquées sur le territoire national. Les mosquées ne sont pas “de simples lieux de culte, ils sont une institutionnalisation de l’islam en France”, menace-t-elle. Et cet “enracinement” lui apparaît porter en germe des conflits de pouvoir d’autant plus dangereux qu’il incite la majorité des musulmans, aujourd’hui non pratiquants, à rompre avec leurs habitudes et à se plier à un modèle dominant du musulman agenouillé et priant cinq fois par jour. Pour les croyants qui souhaitent prier et seulement prier, Chahdortt Djavann propose au clergé catholique d’ouvrir ses églises une ou deux fois par semaine. Tant pis si, ces jours-là, les églises accueillent un public plus nombreux que le dimanche.e8d7c6a5d6f91d2e97f6ae0ccd93f5dd.gif

L’écriture fougueuse, les propos résolus et surtout le titre de l’ouvrage masquent mal la peine ressentie par l’auteure face aux brutalités que les fanatiques religieux infligent à son pays. Chahdortt Djavann a choisi l’Occident, comme d’autres en leur temps choisissaient “la liberté”. A regret comme l’indique le titre. Mais les douleurs de l’exil, la chose est connue, ont toujours favorisé la création littéraire. [source]

Article de Yves Mamou, paru dans Le Monde du 10.11.07.