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11/01/2008

La rupture dans les faits

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Il y a deux domaines où notre Président a oublié d'appliquer la rupture : l'inflation ministérielle et son corollaire, le népotisme.

Quoi de plus étonnant de voir cette envolée du nombre de ministres, secrétaires d'Etat et conseillers alors que la souveraineté de la France fond comme neige au soleil (les domaines de compétence des gouvernements nationaux étant de plus en plus réduits pour cause de décentralisation et d'Europe supranationale). Pour ne donner qu'un chiffre, pas moins de 530 conseillers officient dans les arcanes du gouvernement Fillon (ne sont pas comptabilisés les conseillers occasionnels...). Par comparaison, le gouvernement Fabius de 1984 ne comptait "que" 314 conseillers et le gouvernement Juppé en 1995, 392.
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Ajoutons à cela le népotisme ambiant : Cécilia jouant un rôle diplomatique en Lybie ; le fils de Roselyne Bachelot comme conseiller parlementaire ; le fils de Claude Guéant comme conseiller technique pour le droit des victimes au cabinet de Madame Dati ; la fille de Gérard Longuet au secrétariat d'état aux entreprises et au commerce extérieur ; la femme de Xavier Darcos comme chef adjoint du cabinet de...Xavier Darcos ; le fils d'Alain Marleix, secrétaire d'Etat à la défense et aux anciens combattants, comme conseiller de Nicolas Sarkozy...

Tous ces éléments nous permettent de brosser un tableau peu reluisant sur la profondeur des convictions de Mr Sarkozy. Ces éléments, qui pourraient paraître dérisoires à certains, traduisent pourtant clairement le coté mystificateur des discours de notre Président.
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La rupture avec les traditions d'ancien régime n'aura donc pas eu lieu.
Remettre en cause les nombreux privilèges des nantis demande évidemment plus de courage politique que de rogner les quelques avantages des plus humbles.

07/01/2008

Finkielkraut et l'obscur.

Nous, Européens du siècle nouveau, voulons vivre en modernes !Nous nous glorifions de cet adjectif : “ modernes ” !Les modernes, c’est-à-dire les généreux, les véridiques, les bons, les militants de la bonne société ! Les modernes, c’est-à-dire ceux qui ont su jeter dans les poubelles de l’histoire le passé et son fatras de traditions et de pesanteurs! Les modernes, c’est-à-dire cette fine fleur de l’histoire décrétant dépassé tout ce s’inscrit dans le registre du passé ! De quel dégâts cette prétention s’accompagne-t-elle ? Que perd-on en se soumettant à cette injonction : être moderne ? Mécontemporain, comme le fut Charles Péguy, dont l’ombre se prolonge sur toutes les pages de cet essai, le philosophe Alain Finkielkraut passe dans son nouveau livre au crible d’une analyse incomplaisante cette modernité dont nous confectionnons notre identité.
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“ Du passé faisons table rase… ” est, depuis Galilée et Descartes dans le domaine de la pensée, depuis la Révolution française dans celui de la politique, la maxime des modernes. Si les révolutionnaires ont pu chanter ce programme dans les rues, si les politiques totalitaires se sont appliqués à le mettre en œuvre à grande échelle, la culture elle-même, pendant quelques siècles, en a fait son mot d’ordre. Un mot d’ordre éradicateur : jusqu’à la “ révolte mallarméenne ” en poésie, jusqu’aux avant-gardes littéraires, jusqu’au texte romanesque déclarant mort le roman. Ce monde a été pris par une maladie convulsive : celle du commencement radical. Souvenons-nous du Discours de la Méthode de Descartes, aux aurores de notre modernité ! C’est dans ce livre que voit le jour le tropisme au recommencement. Descartes veut y balayer tout ce que le collège lui a appris, afin de refonder radicalement (à partir des racines) l’édifice du savoir.

Le projet de Descartes, dans la traîne duquel tout les modernes se meuvent, ne se comprend pas sans la mathématisation du monde. Galilée est le père de l’autre fondement de la modernité, le primat du scientifique conçu comme mathématique. Il est le héraut de la prise de pouvoir par la “ pensée calculante ” aux dépens de la “ pensée méditante ”. Le présupposé de Galilée, “ la nature est un livre écrit en langage mathématique ”, expression la plus précise qui soit de l’esprit de la modernité, réaménage le statut de la littérature. Le monde en est désenchanté, les elfes et fées sont chassées de la nature, la littérature perd son statut privilégié de voie d’accès à la vérité. La formule de Galilée renvoie la littérature à l’inessentiel ; “ et tout le reste est littérature ” devient la note de bas de page accompagnant la science, la technique, la politique modernes. Ainsi, l’impulsion venue de Galilée a-t-elle fait table rase de la littérature ! L’avant-garde, recroquevillant, dans la foulée de Mallarmé, la littérature sur “ le texte ” n’a fait qu’avaliser cette mise à l’écart de la littérature. Par ailleurs, la passion de l’avant-garde est précisément le recommencement, la table rase : l’activité de l’écrivain faisant écho alors à “ la passion révolutionnaire ”. A quoi conduit l’énoncé de Galilée ? A quoi conduit la méthode de Descartes ? A quoi conduit la mathésis universalis, commune au fond à Descartes et à Galilée ? Finkielkraut répond : à “ la dissolution de tout espace commun entre le physicien et le poète ”.96f51144a109078b52110d847ab49830.jpg

Reprenons la question de Heidegger : “ pourquoi des poètes en temps de détresse ? ”. La réflexion de Finkielkraut peut prolonger la question du Maître de Messkirch. Dans notre siècle nouveau, la poésie n’a plus de place. Déjà Joë Bousquet voyait dans la poésie “ ce qu’il y a de plus perdu dans le monde ”. On ne lit plus de poésie, les voix poétiques sont devenues des voix confidentielles. Finkielkraut indexe cette situation de détresse comme une suite de la volonté de puissance ouverte par le Discours de la Méthode de Descartes. Pour l’inventeur du cogito en effet, la science et la philosophie n’existent que pour être au service de la puissance humaine, que “ pour nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature ”. De fait, le langage aussi est mis au service de cette insatiable volonté de puissance. La considération moderne du langage a changé en effet celui-ci en outil technique. L’usage dominant est, pour reprendre un concept heideggérien sur lequel Finkielkraut s’appuie, l’arraisonnement. Le langage sert, aux hommes contemporains, à arraisonner la nature, les objets, les sujets, les êtres. A arraisonner leur propre intimité par le biais de la psychologie comme science. Le passage du langage dans l’ordre de l’arraisonnement rend la poésie inaudible, ou illisible. Quelle barbarie quand on renvoie Ronsard à la joliesse ! Dans la poésie – y compris, insiste Finkielkraut, dans le Ronsard évoquant la forêt de Gastine, “ bûcheron, arrête un peu le bras… ” - le langage accueille le monde, la nature. Il y a un abîme entre le langage-arraisonnement et le langage-accueil. “ Là où croît le danger, croît aussi ce qui sauve ” affirmait Hölderlin ; autrement dit, dans la poésie se cache peut-être aussi le salut, dans la mesure où le poète refuse d’abandonner la vérité au nombre et au concept.94bff49bb623def0c5ee9d8e7e024088.jpg

Qu’est-ce donc que le monde moderne ? Un monde pris par la passion du recommencement et de l’illimité. Le sport peut sans conteste passer pour le modèle de ces passions ; Finkielkraut voit dans le sport “ l’activité paradigmatique où l’homme moderne prend conscience de sa vocation ”. Quelle vocation ? Ne cesser de recommencer, ne cesser d’aller plus loin, ne cesser d’enjamber l’infini. Le sport traduit l’un des grands aspects de la modernité, ignoré de toutes les autres civilisations : le refus de la limite, l’amour pour l’illimité. Ce refus de la limite est le combustible de la volonté de puissance qui s’est appliquée, à travers le langage et la science, à arraisonner le monde.

La véritable alternative est entre moderne et tragique plutôt qu’entre moderne et ancien. Le moderne en effet exige une cause, aussi explicative que consolante, pour tout événement, même le plus terrible; il ne peut supporter la tragédie sans cause qui, souvent, vient foudroyer l’existence. Il exige des causes, et il réclame des coupables à accuser – il importe qu’il y ait des coupables, même pour les catastrophes naturelles ! Le monde moderne criminalise la mort elle-même. La mort est à la fois coupable, et donnée par un coupable. L’accident n’est plus pensé, il est refusé par principe : il n’y a pas, aux yeux des modernes, d’accidents, il n’y a que des responsables et des coupables. Le sens du tragique surgit dès lors qu’on accepte qu’un funeste événement est sans cause. La modernité évacue le tragique, parce que tout événement doit être transformé en information consommable : la relation par les médias des événements s’accompagne de la recherche interminable de causes et de coupables rassurants. Même les tremblements de terre devraient avoir des coupables. L’information est impuissante à rester sur l’énigme béante du malheur inassignable.

Quels chemins explorer pour sortir, s’il est possible, de la nuit ? Peut-on trouver l’indication d’un au-delà de la modernité ? Outre la poésie, conservatoire d’un éventuel salut, qui serait salut du monde en tant qu’expérience par le biais du langage, quelles perspectives existent ? Finkielkraut prend au sérieux l’émergence du principe de précaution et l’heuristique de la peur, conceptualisée par Hans Jonas. Au total, il s’agit de “ sauver l’obscur ”. Certains revendiquent pour la nuit – celle du ciel étoilé que Kant connaissait encore – le statut de patrimoine de l’humanité. L’obscur qui est en nous, l’obscur qui est dans le monde – dont la littérature seule, à la différence du nombre et du concept, peut dire la vérité. La vérité a besoin de l’obscur comme d’une caverne sombre où se terrer et d’où sortir pour paraître dans le langage. Mais, le fanatisme contemporain de la transparence, de la pleine lumière, tue le sombre et l’obscur. Rien, ne doit se soustraire à l’éclairage, aux sunlights, toute ombre doit être chassée ; le monde sans ombres sera le monde moderne accompli.
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Péguy l’avait noté : le monde moderne est “ un monde qui fait le malin ”. Finkielkraut approfondit cette intuition péguiste. Le monde qui ne s’en laisse pas compter ! On le sait depuis quelques années : nul ne décrypte avec autant de lucide liberté ce “ monde qui fait le malin ” qu’Alain Finkielkraut. Nulle voix ne fait entendre avec autant de courage ce qui n’a plus de voix dans notre monde, parce que tenu pour dépassé, “ pas malin ”. L’obscur trouve un commencement de salut entre les pages de cet ouvrage. En effet, avec Nous autres modernes, Alain Finkielkraut fait présent à son époque d’un grand et beau livre, sombre et lumineux comme un ciel de nuit parsemé d’étoiles !

Par Robert Redeker publié sur son site

Ce texte, sous une version légèrement différente (titrée "L'exigence de sauver l'obscur"), est paru dans L'Arche en novembre 2005.

04/01/2008

Dans quelle civilisation voulons-nous vivre ?

03/01/2008

VOUS AVEZ DIT ANTIAMERICANISME ?

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Ceux qui s’ enthousiasment aujourd’hui de la « rupture » intervenue dans la politique française au cours des derniers mois se félicitent que notre diplomatie soit enfin débarrassée de son « antiaméricanisme viscéral ».

Dès qu’il est question des relations de la France et des Etats-Unis, il est des bons apôtres aussi prompts à dénoncer l’antiaméricanisme que Georges Marchais l’était autrefois à couper la parole de ses interlocuteurs en disant: « ne tombons pas dans l’antisoviétisme primaire ! ».

Il est permis de se demander à ce sujet : de quoi parle-t-on ? Les Français sont-ils, furent-ils jamais antiaméricains ?



Des divergences…



Il est vrai que depuis les années cinquante, certaines divergences sont apparues à plusieurs reprises entre les positions de Paris et celles de Washington. Dès 1956, les Etats-Unis condamnèrent et firent cesser l’engagement militaire des Français et des Britanniques aux côtés d’Israël contre l’Egypte. Ils désapprouvèrent à la même époque l’aide discrète de la France à l’armement nucléaire israélien. Ils firent les yeux doux au FLN algérien.59fe41bb4b917293a53e14d5f70e226b.jpg

Mais c’est à la grande époque de la diplomatie gaullienne, entre 1964 et 1969, qu’éclatèrent les désaccords les plus fragrants : projet de force multilatérale (visant à contrer l’armement nucléaire français qui irritait les Américains), reconnaissance de la Chine de Pékin, rôle du dollar, discours de Pnom-Penh contre l’intervention américaine au Vietnam, embargo sur les armes à destination d’Israël lors de la guerre des Six Jours.
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Les points de friction ouverts furent par la suite bien moins nombreux Malgré les algarades de Michel Jobert, Pompidou et Giscard, puis Mitterrand prirent rarement l’Amérique de front, d’autant qu’entre 1970 et 1985, la guerre froide s’était durcie. Les frictions principales portèrent sur les négociations commerciales (agriculture et culture).
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La France participa à la première guerre du Golfe, et participe encore aux côtés des Etats-Unis à la plus récente guerre d’Afghanistan. Même si les efforts des Français à l‘OTAN pour éviter les bombardements de civils serbes irritèrent les Américains (le genre d’irritation que veut désormais éviter Hervé Morin !), la participation de la France à la guerre de Yougoslavie (1999) marque un alignement sans précédent sur l’OTAN: on ne peut oublier le conformisme obtenu de l’opinion française pendant cette guerre par une pression médiatique sans égale. Approuvée au Congrès à une courte majorité, cette guerre le fut à la quasi-unanimité au Parlement français.

Dans la période récente, seul le désaccord du gouvernement Chirac vis-à-vis de la guerre d’Irak (2003) exprimé avec panache par Villepin à l’ONU marque une divergence comparable à celles des années soixante.fc07fd037b7585f9dac8bc75c0241916.jpg

Tout se passe comme si cette divergence avait été d’autant plus mal ressentie qu’elle était devenue exceptionnelle.

Le plus remarquable est que, presque toujours, le gouvernement français ne faisait que partager l’opinion d’une partie substantielle de l’opinion américaine : sur la guerre d’Irak, une majorité des Américains considère aujourd’hui que la France avait raison. La dissidence serait-elle permise aux seuls citoyens des Etats-Unis mais pas aux Etats supposés vassaux, comme au temps de la guerre du Péloponnèse, les citoyens d’Athènes avaient voix au chapitre mais pas ceux de Délos ?
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Il est également remarquable que tout au long de ces soixante années, les Etats-Unis n’ont pas eu dans les crises majeures d’allié plus solide que la France : ce fut le cas avec l’affaire des missiles de Cuba , ce le fut avec celle des euromissiles en Allemagne ( au moins après que Mitterrand ait succédé à Giscard) , ce le fut aussi après le 11 septembre (1) où la coopération policière de la France avec les Occidentaux ( la seule qui importe face à ce genre de menace) fut exemplaire. Au passage, on notera le contraste entre la solidarité sans faille des Français (opinion publique comprise) avec les Etats-Unis après les attentats de New York et la désinvolture avec laquelle le gouvernement américain laissait ouvert à Washington six ans plus tôt un bureau du FIS algérien au moment où ce dernier faisait sauter des bombes dans le métro parisien (2) !

Les Etats-Unis devraient avoir appris les leçons d’ Autant en emporte le vent. Dans les véritables épreuves, c’est la fille rebelle, Scarlett O’Hara qui est l’appui le plus solide du clan.



Mais pas d’hostilité de principe



Mais aux yeux d’un certain atlantisme débridé, même nos divergences passagères témoigneraient d’un antiaméricanisme viscéral.

Divergences on l’accordera, mais y eut-il, y a t-il en France un antiaméricanisme viscéral à quelque niveau que ce soit ?
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Un antiaméricanisme comparable par exemple à la vague antifrançaise hystérique qui s’est déchaînée aux Etats-Unis, excitée par Fox news et autres média, durant la dernière guerre d’Irak – où l’on envisagea sérieusement de débaptiser les French fries en représailles de l’abstention française !

Nous savons qu’il ne faut pas confondre Anglais et Américains mais y a-t-il un seul éditeur Français qui accepterait de publier, à l’encontre du monde anglo-saxon, les tombereaux d’insanités antifrançaises à l’usage des touristes que l’on trouve à la librairie anglaise de la rue de Rivoli ?

Cet antiaméricanisme viscéral, haineux, irraisonné qu’on nous impute, on le cherche.

Rien en tous cas dans l’opinion française actuelle de comparable aux sentiments antianglais qui existaient sous Napoléon ou au temps de Fachoda. Rien non plus qui s’apparente à l’antigermanisme qui a prévalu chez nous durant un siècle.880362d03e851317d127d06c9b68487f.jpg

On peut même penser que le sentiment antiaméricain était plus vif dans les années soixante. Même si les événements de mai soixante-huit ont coïncidé avec le souhait américain de déstabiliser le général de Gaulle (3), le sentiment dominant des étudiants était alors, beaucoup plus qu’aujourd’hui, l’hostilité à l’Amérique : le mouvement de mai avait été préparé, on l’oublie trop, par une vague de manifestions de grande ampleur contre l’intervention américaine au Vietnam. Le Nouvel Observateur évoqua une fois une femme qui ne pouvait regarder John Wayne au cinéma car, disait-elle, le grand acteur de western lui faisait penser au président Johnson et aux cris des enfants vietnamiens sous le napalm. Qui aujourd’hui refuserait de voir une série américaine pour pareil motif ?31e7f5d04bf4b48bb56086d2773681dc.jpg

Entre temps, il est vrai, au cours de la décennie soixante-dix, la gauche soixante-huitarde fit le pèlerinage Greyhound outre-atlantique et découvrit fascinée, l’Amérique underground. Cette fascination, vite étendue à l’Amérique officielle, a produit la « gauche américaine » de Libé à Bernard-Henri Lévy.
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Il est vrai qu’il existe aujourd’hui une extrême gauche antiaméricaine et anti-Bush virulente. Mais nos altermondialistes n’ont jamais été aussi violents que ceux d’Angleterre ou d’Italie. L’Amérique qu’ils haïssent est une Amérique abstraite, tenue pour le symbole du capitalisme mondialisé (à tort car les Etats-Unis sont beaucoup moins mondialistes qu’on le croit dès que leurs intérêts en jeu), bien plus que l’Amérique concrète que généralement ils ignorent. Et le déclin du parti communiste a globalement affaibli cette mouvance.

Différent est sans doute le sentiment des pro-palestiniens virulents, violemment hostiles à Israël et à l’Amérique de Bush mais ces milieux débordent-ils de beaucoup la sphère de l’islam de France ?f76885720573f76dd5a85de61a1ee906.jpg

L’antiaméricanisme d’extrême droite tel qu’il avait pu être cultivé par le régime de Vichy et la collaboration, n’existe pratiquement plus. Le Pen n’a, à notre connaissance, jamais joué de cette corde.

Il reste un nombre considérable de Français qui, tout en ne considérant pas les Américains comme des ennemis, n’approuvent pas telle ou telle de leur politique. Certains vont jusqu ’à se méfier, non sans quelques raisons, de leur ambition hégémonique, naturelle à toute grande puissance : dans la jungle internationale le petit animal ne regarde pas sans appréhension le gros, quel qu’il soit, même s’il est supposé bienveillant. Mais cela ne veut pas dire que ces Français aient aucune hostilité de principe vis-à-vis de ce qui vient des Etats-Unis. Certains aiment les westerns et la country. On peut tenir la guerre d’Irak pour une grave erreur et même pour une agression injustifiée et en même temps reconnaître que le cinéma américain est meilleur que le cinéma français. Cela n’empêche d’ailleurs pas non plus de soutenir l’exception culturelle qui permet à ce cinéma français d’exister encore.

La défense de la langue française, comme la défense de l’ensemble de nos intérêts essentiels, n’implique aucune haine de l’Amérique. Il ne s’agit d’ailleurs nullement d’un débat transatlantique mais un débat franco-français. L’adversaire, ce ne sont pas les Américains qui se moquent comme une guigne de la langue française (n’hésitant pas à emprunter sans complexes autant de mots français que nous d’anglais) mais une lutte contre la veulerie de certaines élites françaises qui se refusent aux obligations élémentaires qui furent celles de toute élite en tous temps et en tout lieu : défendre les intérêts et la culture de son pays. Quand le baron Seillière parle anglais dans une réunion européenne où figure Jacques Chirac, ce n’est pas l’Amérique qui se montre méprisable, c’est le baron Seillière.2fe7cb33644f8c803befc6ebfa8991cf.jpg

Il est donc parfaitement légitime que des Français et même des dirigeants français (s’il s’en trouve encore d’assez courageux) formulent des divergences vis-à-vis de la politique américaine, ni plus ni moins que les citoyens américains ne le font.

Mais il convient de rejeter catégoriquement cette rhétorique perverse qui tendrait à culpabiliser les Français pour leur supposé antiaméricanisme viscéral ; c’est les culpabiliser de leur liberté. C’est le début de la servitude. Il y a là, qu’on le veuille ou non quelque chose de l’attitude de Big brother tendant à « purifier le cerveau des mauvaises pensées ». Ceux qui dénoncent le fantôme de l’antiaméricanisme cachent mal une volonté d’assujettissement total inacceptable pour une nation libre.



Article de Roland HUREAUX. Article publié sur son site le samedi 20 Octobre 2007



1. Et même avant s’il est vrai que les services secrets français ont prévenu les américains de la menace d’attentats.

2. Et ces attentats étaient tranquillement préparés à Londres dans l’impunité.

3. Au point que certains imaginent que ces évènements auraient été, sinon fomentés, du moins excités par les services américains.

31/12/2007

Réflexions sur le discours de Mr Sarkozy au palais de Latran

Réflexions sur le discours de Mr Sarkozy au palais de Latran

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Une fois n'est pas coutume, je suis d'accord avec notre Président.
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Oui, la religion chrétienne est un des fondements de notre civilisation. Non, le rappeler n'est pas une entorse à la laïcité. Il a eu le courage de rappeler des vérités de bon sens, ce qui, à notre époque, relève de l'exploit pour un homme politique. Il a su faire une synthèse historique équilibrée entre l'héritage chrétien et l'héritage révolutionnaire.
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Comme disait Marc Bloch : «Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l'histoire de France : ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. Peu importe l'orientation de leurs préférences. Leur imperméabilité aux plus beaux jaillissements de l'enthousiasme collectif suffit à les condamner».

Je partage également les doutes de Mr Sarkozy quant à la capacité de l'espèce humaine à vivre en société sans transcendance. Nous ne sommes plus en 1905 ; la poussière des grandes tragédies du XXème siècle commence à retomber, laissant entrevoir les charniers d'une Europe désenchantée.
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Le fait que les chrétiens furent persécutés sous le régime soviétique ou qu'ils furent moins perméables aux idéologies nazi ou communiste (je précise : en Allemagne) démontre que la religion chrétienne est une "idéologie" à dimension humaine, et qu'elle a toujours permis de tempérer l'instinct auto-destructeur propre à l'espèce humaine (ce que Bernanos appelait "le péché originel). (1)
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Et puis il y a eu Bernanos, ce grand chrétien, l'une des rares consciences humanistes et anti-totalitaires des années 50, alors que la majorité des athées et des agnostiques louait l'ogre communiste.

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Arrêtons donc de faire comme si le XXème siècle n'avait jamais eu lieu.


Oui, le Président est le représentant de tous les français, des morts comme des vivants. Ce discours fut donc un émouvant hommage à celles et ceux qui nous ont précédés.

Je regrette hélas que ces belles paroles soient en contradiction avec les actes de Mr Sarkozy. En effet, pourquoi glorifier les valeurs chrétiennes lorsqu'on se fait le chantre de l'ouverture des magasins le dimanche (dies dominicus « jour du Seigneur » : jour sacré pour un chrétien) ; quand on fait l'apologie de l'argent et du business (Jésus chassant les marchands du temple) ou bien lorsqu'on s'affiche ostensiblement avec le milliardaire Bolloré ("Je vous le dis encore, il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu").

On retrouve donc, aujourd'hui encore, la ligne de fracture qui a toujours divisé le monde chrétien : ce conflit entre la parole libératrice, émancipatrice et humaniste du Christ et celle des puissants, prompts à instrumentaliser son message afin de soumettre le peuple et en tirer profit.
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Discours du Président de la République dans la salle de la Signature du Palais du Latran ou le discours chrétien d'un pharisien.

(1) ce qui n'empêcha pas les curés de bénir les fusils des pelotons d'exécution pendant la guerre d'Espagne.

22/12/2007

L'EURO EST-IL SUREVALUE ?

DU TOUR DE FRANCE AU JEU DES CHAISES MUSICALES

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Les vrais économistes le savent: parmi les facteurs qui dépendent de la puissance publique, aucun n’a un effet aussi déterminant sur l’économie que le taux de change de la monnaie.

Un pays peut survivre à un grave déficit budgétaire, à une inflation excessive, à une politique sociale trop généreuse, à des nationalisations inopportunes mais une mauvaise politique monétaire peut avoir pour lui des effets catastrophiques.



Les erreurs monétaires ne pardonnent pas
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Les exemples abondent : quand l’Angleterre, avant et après la deuxième guerre mondiale , a voulu défendre à toute force le cours de la livre, tant pour des raisons de prestige que pour éviter qu’on lui demande de rembourser les balances sterling (1), elle l’a payé d’un demi-siècle de croissance ralentie et d’un grave déclin ; elle n’en est sortie que quand cette hypothèque a été levée, au début des années quatre-vingt : plus qu’aux réformes libérales, le redressement de l’époque Thatcher est l’effet de l’affaiblissement délibéré de la livre (2).

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Le dogmatisme d’Antonio Salazar, professeur d’économie et dictateur qui prétendit faire de la monnaie portugaise, l’escudo, la monnaie la plus forte du monde, a contraint à l’émigration des centaines de milliers de travailleurs portugais victimes du chômage et de la faible croissance que cette politique absurde avait entraînés.

L’extrême sensibilité de la variable économique s’observe encore aujourd’hui : la baisse du dollar intervenue depuis quelques années a déjà remis en équilibre la balance commerciale américaine.

Comment en irait-il autrement ? Le taux de change n’est rien d’autre que le prix de vente moyen des produits d’un pays. Quel commerçant ignore combien son chiffre d’affaires est tributaire de ses prix de vente ?

A condition de maîtriser l’inflation qui risque d’en résulter, un pays a donc toujours intérêt à tirer sa monnaie vers le bas, comme un commerçant à tirer ses prix. Il risque sinon de perdre sa substance économique. Si le Massif central avait eu autrefois son autonomie monétaire, nul doute qu’il eut pu garder son tissu industriel, comme l’a fait la Suisse. Mais prisonnier d’un étalon monétaire national peu adapté à ses handicaps, il a peu à peu perdu, comme on le sait, sa substance.

Ce rôle décisif de la variable monétaire doit être gardé en perspective dans le débat actuel sur l’euro fort.



Raisonner à la marge



A tort, on dit que ce débat ne porte que sur une fourchette de dix à quinze pour cent alors que les salaires de nos concurrents asiatiques sont dix ou vingt fois plus faibles, qu’une dévaluation de l’euro de 10 % n’apporterait donc pas de solution au problème que rencontrent nos industries en voie de « délocalisation ». Les questions monétaires, comme presque toutes les questions économiques, doivent faire l’objet d’une approche marginaliste : notre problème n’est pas de multiplier par dix ou vingt notre emploi : l’augmenter de seulement 5 % (ou empêcher qu’il s’affaiblisse de la même proportion) suffirait à rétablir le plein-emploi : une baisse de notre monnaie, même modeste, fait passer au dessus du seuil de compétitivité un certain nombre d’entreprises qui sans cela seraient au dessous. A quoi s’ajoute l’effet du « multiplicateur » qui, à partir d’un certain nombre d’emplois directement tributaire de l’exportation démultiplie les emplois intérieurs créés.


Une question de braquet


Un autre mauvais argument consiste à déplacer la question sur un terrain qui n’est pas le sien, celui de la morale, à dire d’un air pincé : le taux actuel de l’euro convient aux Allemands, les Français doivent s’y adapter aussi, mais il faut pour cela qu’ils soient plus disciplinés, qu’ils acceptent des réformes, qu’ils fassent moins grève, qu’ils se serrent la ceinture etc.

Raisonnement simpliste : un taux de change est comme le braquet avec lequel un cycliste monte un col au Tour de France (ou toute autre compétition). Selon son gabarit, le coureur utilisera pour arriver à la même performance que les autres un gros ou un petit braquet. Le coureur qui prend un braquet trop élevé pour son tempérament risque de s’effondrer alors qu’en le réduisant, il irait plus vite que son concurrent. La société allemande et la société française présentent des différences sociologiques et culturelles profondes. Ce qui convient à l’une ne convient pas forcément à l’autre. Rien de honteux à cela. De 1958 à 2000, le mark s’est réévalué d’environ un facteur trois par rapport à toutes les autres monnaies dont le franc. Dans cette histoire, c’est le mark qui a eu un comportement aberrant par rapport au courant dominant. Le franc a, lui, sur cinquante ans, avec des hauts et des bas, vogué de conserve avec le dollar, ce qui somme toute n’est pas si mal.

Quand on est en difficulté à mi-pente, il est plus facile de changer de braquet que de jambes. C’est la monnaie que l’on ajuste d’abord, pas l’économie. L’ajustement d’une monnaie a des effets immédiats, l’ajustement d’une économie peut prendre des années et se trouver même lourdement entravé si le taux de change demeure artificiel.
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Si l’économie allemande tient, pour le moment, le choc d’un euro fort , c’est un peu parce que l’Allemagne a , sous le gouvernement Schröder, réduit ses salaires réels, c’est surtout parce qu’elle se trouve pour quelque temps encore en quasi-monopole mondial sur les machines-outils (2) . Tant que la Chine qui lui en achète beaucoup n’aura pas entièrement assimilé sa technique, elle a donc plutôt intérêt à vendre cher. Nos productions phare (aéronautique, automobiles, agriculture) sont au contraire directement exposées à la concurrence de la zone dollar. Il y a toujours dans une zone monétaire des secteurs ou des régions qui tiennent mieux le choc que d’autres, mais si l’on veut employer toute la population active, il faut aussi protéger les plus faibles. Si l’Ile de France était indépendante, elle pourrait peut-être, comme l’Allemagne ou l’Irlande, s’accommoder d’un euro fort, mais la France ne se réduit pas à la seule région parisienne. Pas davantage l’Europe ne se réduit à la seule Allemagne.

On aura compris que la zone euro recouvre des économies qui ne sauraient toutes rouler avec le même « braquet ». Alors pourquoi l‘euro, dira- t-on ? La création de l’euro aurait dû reposer sur un pacte implicite : le comportement de l’euro serait la moyenne du comportement des monnaies auxquelles il s’est substitué. Mais l’euro tel qu’il fonctionne aujourd’hui, c’est le mark élargi à tous. De graves tensions mettant en cause sa pérennité ne peuvent pas, dans ces conditions, ne pas apparaître.

Ces considérations montrent ce qu’avait de déplacé la morgue du ministre des finances allemand qui, lors du dernier sommet de Bruxelles, répondait à son homologue français que pour sa part, le taux actuel de l’euro lui convenait très bien. La France critique le taux de l’euro – et par là la politique de M.Trichet – mais les autres pays en dehors de l’Allemagne souffrent au moins autant que nous, si ce n’est plus, quoique , subjugués , ils ne disent rien.
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Mme Christine Lagarde, notre ministre des finances a fait presque toute sa carrière aux Etats-Unis mais il n’est pas sûr qu’elle sache qui est Robert Mundell. Dommage ! Si Mme Lagarde connaissait Robert Mundell, elle aurait pu clouer le bec à son homologue allemand. Mundell, professeur à l’Université de Columbia et prix Nobel d’économie est le théoricien des zones monétaires optimales, lesquelles selon lui supposent un minimum d’homogénéité économique et culturelle. L’Europe, au regard de cette théorie, se trouve à la limite de l’optimum, ce qui justifie une politique prudente de la Banque centrale européenne tenant compte des intérêts de tous. Avec M.Trichet qui se comporte comme s’il était aux ordres de l’Allemagne (3), nous sommes loin du compte.

On a également tort de dire que le taux de l’euro n’affecte que la compétitivité extra-européenne de l’économie française puisque tous les pays d’Europe ( hors le Royaume-Uni et les nordiques bien entendu) sont logés à la même enseigne : avec le temps, les économies européennes ont divergé quant à la hausse des prix et des salaires, quant aux politiques de crédit et budgétaires. Ils se sentent plus ou moins à l’aise dans le corset commun. Là aussi, pour que l’enveloppe ne craque pas, il faut que tout le monde y trouve son compte.



Le jeu des chaises musicales


Mais comment, dira-t-on, définir le bon taux de change d’une monnaie ? Depuis que l’étalon-or n’existe plus, les grandes monnaies du monde se définissent les unes par rapport aux autres. Si globalement chacun des grands blocs monétaires a intérêt à dévaluer sa monnaie pour trouver un avantage compétitif, comment éviter l’anarchie des dévaluations compétitives en cascade ?

De fait un équilibre s’établit entre les grands blocs mais il n’est pas également avantageux à tous. Pour le définir on utilisera une autre image : le jeu des chaises musicales. Pour que le majorité des joueurs soit avantagée, il faut qu’au moins un des partenaires soit, en termes relatifs, désavantagé. Comme dans le jeu où il n’y a que cinq sièges pour six joueurs, l’un des joueurs reste debout.

Dans le monde actuel, le joueur debout, c’est manifestement l’Europe, qui, à ses dépens, laisse les autres grandes monnaies du monde se dévaluer par rapport à la sienne.

Situation d’autant plus remarquable qu’avec M.Trichet à la tête de la Banque centrale européenne, elle est une victime consentante. Trichet tient, comme Salazar autrefois, que l’optimum économique, c’est la monnaie la plus forte possible. En se tenant à cette ligne, davantage fondée sur l’idéologie que sur une véritable expertise économique, le grand argentier de Francfort facilite la tâche de ceux qui régissent les autres grandes monnaies, dollar en tête. L’Europe le paye d’un taux de croissance plus faible que le reste du monde : peu lui en chaut.
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Face au couple dollar-yuan



Reste un dernier argument en faveur de l’euro fort auquel il nous faut faire un sort : la balance commerciale des Etats-Unis a été jusqu’à une date récente la plus déficitaire du monde et leur balance des paiements l’est toujours alors que celle de la zone euro demeure (au moins jusqu’ici) excédentaire. On sait que les Etats-Unis peuvent s’offrir ce luxe en raison du privilège du dollar, monnaie internationale. Il reste que tout économiste orthodoxe contestera à juste titre que la monnaie d’un pays excédentaire puisse être tenue pour surévaluée par rapport à celle d’un pays déficitaire.

Ce raisonnement tiendrait sans aucun doute si l’Europe avait pour seul partenaire les Etats-Unis, si l’euro n’avait en face de lui que le dollar stricto sensu. Mais derrière le dollar , se trouve toute la zone dollar, c’est à dire toutes les monnaies alignées en droit ou en fait sur le dollar par un taux de change fixe, la principale et de loin étant le yuan chinois.

Ce que l’Europe a en face d’elle, ce ne sont donc pas les Etats-Unis seuls, c’est le couple Etats-Unis–Chine (et quelques autres pays dans une situation analogue). Couple assurément fort dissymétrique, « sado-masochiste » diront certains. En accrochant le yuan au dollar à un taux très faible, les Chinois pratiquent un dumping monétaire aux effets dévastateurs pour les vieux pays industriels dont nous sommes (4). Au taux de 1,40 dollar pour 1 euro, si l’économie américaine n’est devenue que moyennement compétitive, celle de la Chine est, elle, ultra-compétitive. La Chine casse les prix, notamment dans toute une série de produits manufacturés que l’Europe fabriquait naguère en abondance. Entre la Chine et les Etats-Unis, la situation est certes très déséquilibrée : la première travaille dur et consomme peu, elle accumule des dollars qui ne lui servent à rien mais qui perdraient leur valeur si elle demandait à les changer brutalement. Les Etats-Unis produisent de moins en moins (en dehors du secteur de l’armement et des secteurs connexes) et accumulent des dettes qu’ils n’auront jamais à rembourser. Les produits manufacturés traversent le Pacifique d’Ouest en Est, le papier–monnaie (ou son équivalent) fait le chemin inverse. Combien de temps durera cette situation ? Il s’agit là d’un vrai problème mais qui n’est pas directement le notre, à nous européens : le fait est que par rapport au couple dollar-yuan, l’euro est bien surévalué et que notre continent se trouve durablement dans la position du joueur qui, au jeu des chaises musicales, s’est fait « couillonner ».





Article de Roland HUREAUX publié sur son site





1. Les balances sterling étaient les avoirs libellés en livres sterling détenus par un certain nombre de banques centrales, notamment du Commonwealth ou par des particuliers, reste de l’époque où la livre avait été une monnaie de réserve.

2. Il s’en faut de beaucoup que l’Allemagne ait cherché à partager sa compétence dans les domaines où elle était en tête alors que la France n’a pas été avare des siennes dans des domaines où elle surclassait l’Allemagne comme l ‘aéronautique ou l’espace.

3. M.Trichet dira qu’il ne fait que respecter les statuts de la banque centrale européenne qui lui assignent la : mission prioritaire de lutter contre l’inflation. Cet accent unilatérale sur la stabilité fut une condition exigée par l’Allemagne pour entrer dans l’euro, dont, au départ, elle n’était pas demandeur.

4. On estime que le yuan est sous-évalué d’environ 50 %.

20/12/2007

La pipolepolitique ou le syndrome de la propagande glauque

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Les nouvelles formes médiatiques ont repris les techniques insidieuses de la propagande commerciale et politique dont le but n’est pas d’informer, mais de rendre les masses de (télé) spectateurs et de consommateurs avides d’émotions fortes. La raison citoyenne est disloquée et pervertie. La magie virtuelle de l’image a rendu possible la fausse proximité des « grands de ce monde » et des figures populaires. Curieusement, la démocratie « pipole », dont l’intention est la proximité interactive renvoie à un paradoxe sadomasochiste : vous pouvez regarder, mais jamais vous rapprocher !

Certes, toutes les époques ont promu des images à faire rêver et à fabriquer des sentiments. Or, le monde « pipole » n’est plus la presse à sensation, non plus un lieu à la mode où se croisent des individus bariolés, encore moins des salons d’empire, mais une attitude d’exhibition permanente partagée par diverses couches de l’élite médiatique. Chez les politiques, cela se manifeste à la fois dans leur volonté de se draper d’une fausse participation et d’une apparente spontanéité, jusqu’au point de sacrifier leur vie privée.

Il est vrai que les élites « pipole » sont traquées par les médias, lorsqu’elles jouissent d’une grande renommée. Mais, personne n’est dupe. Ce sont les bruits à répétition évoqués par les médias qui permettent de devenir médiatique ou d’entretenir une notoriété. Utiliser les images (ambiguës) ou les paroles (petites phrases) exacerbent le désir des « aficionados » et la volonté de patrons de presse ou de télévision pour vendre du papier et des images. C’est que se produit la transaction entre l’exhibitionnisme des acteurs et le voyeurisme des citoyens de salon.

La différence avec le passé n’est pas de nature, mais de degré. Or, il y a un élément nouveau : la tendance à dévoiler sa propre intimité et celle des autres. Les rubriques confidentielles d’information dans la presse « sérieuse » marquent un tournant dans le traitement de la rumeur. Le monde « pipole » de « gauche » s’est décomplexé, et la pudeur disparaît. Se montrer sur tous les plateaux de télévision, à la une des journaux à sensation, ou se faire une place sous la forme de blogs personnels, n’est pas simplement une adaptation à la culture narcissique, mais une manière d’exister dans le milieu volatil et velléitaire de la comédie humaine du pouvoir virtuel. Ici, la marchandisation de l’image, sous la forme de spectacle, rappelle le mariage cruel du ridicule et du risible. Certes, nous sommes loin de la brutale férocité du cirque romain, mais la mise à mort, bien que symbolique, est proche.
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Le politique demeure au centre de cette mutation technologique et psychologique. Les médias n’ont plus besoin de l’opinion des citoyens pour « informer ». Il leur suffit d’affirmer une pseudo-communication et une volonté masquée de persuader. L’acte politique est devenu un drôle de mélange mi-vaudeville et mi-divertissement. Les médias ont chassé les lieux de la rationalité politique pour les muter en propagande. De ce fait, la dernière campagne présidentielle en est un lamentable exemple. Le candidat M. Sarkozy affiche ses invités de marque : Hallyday, Sevran, Reno, Doc Gynéco. Mme Royal exhibe l’adhésion des femmes, d’Arianne Mnouchkine à Jeanne Moreau, en passant par Emmanuelle Béart et des écrivains médiatiques, BHL en tête. Voilà qu’une nouvelle forme de politique est née : la « pipolepolitique ».

Pour aller à l’essentiel, retenons les éléments suivants du syndrome de la « pipolepolitique » :
- La présence d’un cercle vicieux : le pouvoir politique utilise le pouvoir des médias et vice-versa.
- La puissance du pouvoir médiatique est la seule à ne pas connaître un véritable contre-pouvoir.
- Les medias fabriquent certains politiques et intellectuels qui ressemblent des saltimbanques médiatiques affamés de notoriété et d’estime qui sautent régulièrement de plateaux en plateaux.
- Les professionnels des médias forment une honorable famille : journalistes, présentateurs, animateurs, chroniqueurs et experts en communication.
- La « pipolepolitique » est le fruit avarié des liaisons dangereuses entre le monde politique et la société médiatique.
- La présence à l’écran d’une poignée de personnages habituellement invités aux émissions de télévision ou les journaux nationaux donne l’impression d’une démocratie clanique et d’une réalité immobile dans un espace-temps révolu.
- La perception « pipole » de ces personnages crée l’effet de consanguinité visuelle, indépendamment de l’événement et de la qualité des uns et des autres.
- L’attitude « pipole » est faite — généralement — de bons sentiments et de valeurs abstraites, très rarement en relation avec les questions et les problèmes de fond qui ponctuent la crise sociétale.

Par conséquent, la politique « pipole » cache les nombreuses turpitudes et zones d’ombre d’un système de manipulation de l’opinion de plus en plus insidieux. Inutile d’exhumer les affaires « pipole » de ces dernières années pour affirmer qu’il s’agit d’un symptôme de la crise sociétale. En effet, le mélange des genres cultivé par les médias n’est qu’une des conséquences de l’ambiguïté morale et intellectuelle de notre temps. La profondeur de l’opacité du système médiatique se mesure par le contrôle du texte et de l’image par ceux qui jouissent et possèdent les medias. Les techniques de publicité et de marketing ne sont que les outils qui rendent moins visibles les grosses ficelles du vrai pouvoir.

La conséquence de la « pipolisation » de la politique est double : d’une part, transformer les élus en saltimbanques et crédibiliser l’illégitimité des institutions. La présence des élus dans les émissions de variété, sous prétexte de la sortie d’un ouvrage, dont le contenu est généralement médiocre, n’a nullement le but d’apporter une connaissance et une argumentation rationnelle nouvelle, mais de produire un effet publicitaire : se montrer physiquement pour vendre une image. La raison est pathétique : les « représentants de la nation » se trouvent frappés d’un complexe d’anonymat paradoxal : le personnel politique est de moins en moins reconnu par la population. Combien d’hommes ou de femmes politiques sont réellement identifiés par le grand public ? Ils sont très peu nombreux. Mais cela n’est pas le plus grave. Le vrai drame de la démocratie des médias est de vider les lieux républicains de discussion et de délibération, rendus obsolètes. La tentation de transformer l’agora télévisuelle en Parlement est un aveu implicite d’impuissance et de cynisme, dont les journalistes et les politiques sont moitié coupables et moitié victimes, sans parler de la connivence irresponsable des citoyens.

Comment ne pas conclure donc à l’inanité du système politique et de son personnel ?

Pourtant, certains « experts-chercheurs » en communication, à l’amoralité de mercenaires, affirment au nom de la science que face à la « solitude interactive » qui surplombe les médias, la résistance et l’intelligence des individus-citoyens suffisent pour maintenir les institutions démocratiques. Or, les certitudes de ces « scientifiques », certitudes imprégnées d’un optimisme opportuniste et d’une soumission moutonnière, se sont cassées les dents à maintes reprises. Faut-il rappeler que dans les situations de crises sociétales la raison est impuissante devant la force de l’émotion et le ressentiment des masses ? La puissance manipulatrice des médias est devenue le moyen le plus efficace pour entretenir le conformisme et le statu-quo, mais seulement jusqu’à un certain point au delà duquel une rupture radicale se révèle nécessaire. Faire appel honteusement à une soi-disant « intelligence démocratique » est le meilleur moyen de précipiter les masses dans le piège des mouvements autoritaires et des chefs charismatiques.

En somme, la vision « pipole » de la gouvernance est la forme la plus perverse de la propagande « glauque ». C’est une tentative d’escamoter la réalité à coup de trucages et de paillettes, utilisant les formes inconscientes de la persuasion qui détruisent logique et rationalité. Le dessein n’est plus d’argumenter, mais de séduire pour mieux réduire. Car le propre de tout machiavélisme — même au nom de la démocratie — est de détourner ses moyens légitimes. C’est dans ce contexte que les journalistes et les politiques portent une lourde responsabilité. Les animateurs des émissions de divertissement, devenus les chiens de garde du cirque cathodique, abaissent non seulement la fonction politique, mais contribuent à étouffer la critique de fond sur le système et l’économie de marche qui règle — en dernière analyse — non seulement la vie politique, mais la vie tout court des citoyens.

Cette propagande glauque est particulièrement insidieuse dans les démocraties dites libérales. Car, contrairement à la persuasion classique, où celui qui argumente est visible et possède une claire conscience de ses buts, ici l’ambiguïté règne de manière totale. C’est là que la sélection de l’information, par les agences et les journalistes, joue un rôle non négligeable dans la déformation de la réalité politique. Ainsi, lorsque la politique est « pipolisée » l’effet glauque attendu est justement la dévalorisation de la culture républicaine et le sacrifice du collectif au nom de l’individu cathodique, pour le plus grand bonheur d’un petit nombre. Principe oligarchique donc, à l’heure de la mondialisation.

Alexandre DORNA
Cahiers de psychologie politique
publié le dimanche 25 novembre 2007 sur revue républicaine


A lire également cet article : Cette nouvelle Eglise qui gouverne la France.

18/12/2007

Un seul objectif : un référendum !

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J'ai plaisir à visiter le site " L'Observatoire de l'Europe après le Non " pour la qualité de ses articles. Je fus donc fort surpris en lisant l'article de Monsieur Christophe Beaudouin intitulé " Le traité constitutionnel ressuscite, les demandes de référendum s'amplifient " et publié récemment sur son site. Dans cet article, l'auteur retrace toutes les péripéties de la fameuse constitution de 2005, rejetée par le suffrage direct, et qui semble prendre le chemin de la ratification parlementaire ; en bref, la petite histoire d'un véritable déni de démocratie, manigancé par Mr Sarkozy et soutenu par l'ensemble de l'oligarchie politico-médiatique.909c6a8a59cf811a4d7658dc11d719d7.jpg


Mon désaccord ne porte pas sur cette partie de l'article mais sur le paragraphe " L'élection européenne tiendra lieu de référendum".En effet, Mr Beaudoin semble penser que le combat est perdu d'avance et se place dans la perspective des élections européennes de 2009 qui permettraient, selon lui, l'expression d'un débat sur le sujet.
Je pense quant à moi que laisser croire à un report possible du combat n'est pas le meilleur moyen de rassembler les volontés. Toutes les énergies doivent être actuellement dirigées vers un seul objectif : obtenir un référendum sur le traité de Lisbonne.f49e9140d59d85629d09fbb6cc56deb9.jpg

Pourquoi ?
D'abord, je rappelle que la demande d'un référendum est déjà, en soi, une humiliation et une défaite puisque l'on voterait à nouveau sur un sujet qui a été tranché précédemment.a9a0c8cb552c83f60547ff848a8c5e5f.jpg
De plus, dans le cas d'une deuxième victoire du non, rien n'empêcherait les oligarques de proposer ultérieurement le même texte en misant sur la propagande jusqu'à obtenir satisfaction. N'est-ce pas ce qui s'est déjà passé dans certains pays pour leur entrée dans l'union ?
Cependant, malgré ces méthodes dignes d'une république bananière, nous n'avons pas d'autre choix que de réclamer la tenue d'une nouvelle consultation populaire.

Il me semble évident que nos dirigeants ne se soucient plus du peuple. La deuxième moitié du vingtième siècle a été l'âge d'or de la démocratie parce que les puissants craignaient que le petit peuple ne s'allie aux communistes.La puissante URSS ayant disparue, les élites reprennent leurs habitudes séculaires. Par conséquent, céder sur la ratification du mini-traité, c'est se lier un peu plus les mains et perdre une marge de manoeuvre supplémentaire. 41df960bac56782f3fcf3f6749ff047b.jpg
La loi peut être une arme redoutable car elle apparait toujours comme transcendante quelque soit sa légitimité : il sera donc très difficile de revenir en arrière.
Une fois le traité entériné, les oligarchies n'hésiteront pas à se servir des opinions publiques européennes comme moyen de pression psychologique contre le peuple français, en s'appuyant sur le semblant de légitimité que peut avoir un traité qui a force de loi (éléments qui s'ajouteront aux immenses moyens de propagande dont ils disposent déjà).
J'ai même l'intime conviction qu'ils n'hésiteraient pas à user de la coercition physique pour imposer leurs vues si cela s'avérait nécessaire.
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Notre combat est un combat de partisans sans moyens, acculés à la mer, et qui ont, face à eux, une "armée ultra-moderne et suréquipée". Chaque pouce de terrain doit donc être défendu avec acharnement car chaque repli augmente de façon exponentielle la puissance de l'adversaire.
Quand on se lance dans une bataille qui pourrait se révéler décisive, il y a donc quelques règles à respecter : mettre toutes ses forces dans la balance et ne pas laisser croire que la victoire peut être atteinte par d'autres moyens, sous peine de voir les désertions se multiplier.

Je me suis permis cette digression pour illustrer mon propos car je suis convaincu que le temps joue contre nous. Chaque minute qui passe permet à nos adversaires politiques d'acquérir une position plus avantageuse et donc de resserrer un peu plus leur étreinte.

Nous devons donc utiliser tous les moyens démocratiques disponibles pour obtenir ce référendum : susciter le débat démocratique, informer et éclairer les citoyens sans manipulation (notre force résidant dans notre cohésion idéologique), mettre à jour les erreurs et les contradictions de nos adversaires, et enfin, argumenter sans relâche pour gagner les coeurs et les esprits.

15/12/2007

Le pays où les crapules accusent et les honnêtes gens s'excusent !

«Avant de parler des droits de l'homme, il faut vérifier que les immigrés bénéficient chez vous de ces droits», a lancé le leader libyen lors d'un discours devant des membres de la communauté africaine réunis au siège de l'Unesco. "



Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a interpellé mardi les Occidentaux, et principalement la France, sur les droits de l'Homme en leur demandant s'ils respectaient eux-mêmes ces droits à l'égard des immigrés, lors d'un discours à Paris devant des membres de la communauté africaine.

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"Avant de parler des droits de l'homme, il faut vérifier que les immigrés bénéficient chez vous de ces droits", a-t-il déclaré, selon la traduction en français de son discours prononcé en arabe. "Nous sommes dans le pays qui parle des droits de l'Homme. Y-a-t-il certains de vos droits qui ne sont pas appliqués?", a demandé le dirigeant libyen, en s'adressant à ses "frères africains immigrés" présents dans le grand amphithéâtre du siège de l'Unesco. "Nous sommes l'objet d'injustices. Notre continent a été colonisé, nous avons été réduits en esclavage, déplacés dans des navires comme du bétail. Aujourd'hui nous travaillons dans le bâtiment, dans la construction de routes (...). Après tout cela, nous sommes envoyés dans les banlieues et nos droits sont violés par les forces de police", a ajouté le colonel Kadhafi.

"Les Africains immigrés sont considérés comme des marginaux, des nécessiteux. Ils expriment leur colère parfois par la violence, allument des incendies", a-t-il ajouté, dans une apparente allusion aux violences dans les banlieues en France. "Je réprouve la violence, mais ceux qui expriment leur mécontentement vivent des situations difficiles en Europe, cela mérite qu'on y réfléchisse".

Article paru dans libération.fr le mardi 11 décembre 2007

Il fallait oser le dire de la France, pays de la CMU pour tous, de l'Aide Médicale d'Etat pour les clandestins, des hôtels et de l'aide au retour pour les sans-papiers, des ZUP, des ZEP, des HLM, de la nationalité française donnée à qui la réclame, seul pays où la police ne riposte pas à des tirs à balles réelles et où l'Etat verse des milliards d'euros pour les quartiers où l'on brûle le plus de voiture...

Pourquoi notre Président ne réagit-il pas ? Peut-être pense-t-il que l'humiliation quotidienne de la Nation est un mal nécessaire pour que le peuple français renonce à son pays et à sa souveraineté au profit de l'Europe?


Quel est l'avenir d'un pays dans lequel les crapules accusent et les honnêtes gens s'excusent ?

Péricles

11/12/2007

A voir absolument : "La méthode" de Marcelo Piñeyro

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Un excellent film, illustration parfaite de l'aphorisme de Bernanos : "L'homme totalitaire précède le régime totalitaire".

L'histoire : Dans une Madrid assiégée par les manifestations contre le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, sept candidats, cinq hommes et deux femmes, se rendent à un entretien d'embauche pour un poste de cadre, dans la tour de la multinationale Dekia. Très vite, ils se rendent compte que personne ne va les recevoir et finissent par comprendre qu'ils sont infiltrés par un psychologue et peut-être surveillés par caméras vidéo et micro cachés… C'est la méthode Grönholm.