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23/11/2007

Le peuple victime d'un vice du consentement ?

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Patrick Louis, député MPF au Parlement européen et Christophe Beaudouin, directeur de l'Observatoire de l'Europe dénoncent l'entourloupe constituée par l'adoption parlementaire d'un traité tout sauf simplifié.
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Pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy défendait l'idée d'un « traité simplifié », précisant même : « je proposerai que soit posé le principe que ceux qui veulent agir ne puissent pas en être empêchés par ceux qui ne veulent rien faire. Et qu'à l'inverse nul ne soit obligé d'agir quand il ne le souhaite pas. » (Ensemble, p.102). C'est en d'autres termes l'Europe à la carte avec des institutions souples permettant de fonctionner à Vingt-Sept et plus, en préservant la souveraineté des Etats, donc la démocratie.
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Pourtant, le traité qu'il a approuvé à Lisbonne est aux antipodes de ces louables intentions. C'est un mécano d'une complexité juridique rare, ignorant les principes de clarté et d'intelligibilité de la loi et recyclant la quasi totalité des dispositions de la Constitution européenne massivement rejetée par le peuple français il y a deux ans. Comme l'a rappelé Valéry Giscard d'Estaing « seul l'ordre a été changé dans la boite à outils, la boite elle-même a été redécorée ».
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Aucune des critiques adressées à la Constitution européenne ne peut être épargnée au traité de Lisbonne :

1) La consécration de la primauté absolue des lois européennes (déjà 85% de notre droit), s'imposant même à la Constitution française, laquelle ne fera par exemple plus obstacle à ce que la Cour de Luxembourg réintroduise le principe du pays d'origine dans la Directive Bolkestein (Déclaration N°29) ;

2) Le plus important transfert de souveraineté de toute l'histoire de la construction européenne : 40 nouvelles compétences passent sous la haute main de la Commission de Bruxelles qui a le monopole des propositions, auxquelles le Conseil ne peut guère résister (amendement à l'unanimité) et les adopte à la majorité qualifiée ;

3) Les procédures de « clauses passerelles » qui permettent sans nouvelle ratification de faire basculer de nouvelles matières de l'unanimité à la majorité qualifiée, donnant en définitive à la Commission et la Cour une compétence illimitée ;

4) Les parlements nationaux, seuls sièges de la légitimité démocratique justifiant l'obéissance à la loi, qui deviennent des coquilles vides, avec un seul droit, celui de protester (Protocole n°1), tandis que le Parlement européen représentera non plus « les peuples des Etats » (art 189, Rome) mais un peuple européen parfaitement mythique (art 9 A) ;

5) La Charte qui ouvre un véritable geyser de droits en tous genres et contradictoires, armant les juges de Luxembourg pour dévoyer, sans appel possible, nos droits de l'homme et libertés fondamentales séculaires, que protégeait jusqu'ici le préambule de la Constitution française (art 6) ;

6) La personnalité juridique de l'Union qui permettra à la Commission de Bruxelles, où la France se retrouvera vite sans représentant (art 9 D) de se substituer totalement aux Etats sur la scène internationale dans ses nombreux domaines de compétence exclusive (art 54) ;

7) Un « Président du Conseil » nommé pour deux ans et un Ministre des Affaires étrangères avec un autre nom (« Haut Représentant ») et des services diplomatiques (article 25 et suivants) qui proposera une politique étrangère votée à la majorité qualifiée, mettra le siège français au Conseil de Sécurité sous tutelle (art 19) et induira une défense européenne ayant pour cadre l'OTAN (art 27 ) ;

8) Une conception dogmatique de la concurrence et du libre-échange sans contrepoids (Protocole n°6), une Banque centrale au statut identique interdisant le pilotage de la zone euro ;

9) L'absence de limitation géographique et civilisationnelle de l'UE, laissant ouverte la porte à la Turquie ;

10) Et pour conclure, tout l'effrayant imbroglio d'institutions du triangle Bruxelles-Luxembourg-Francfort, qui ne connaissent pas les principes de la démocratie : ni la séparation des pouvoirs, ni la responsabilité politique, ni la représentation des peuples.
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Il n'y a manifestement rien de commun entre cette Constitution européenne remaquillée et le traité simplifié et consensuel que promettait Nicolas Sarkozy pendant la campagne pour « réconcilier le "oui" et le "non" », justifiant sans doute une ratification parlementaire plutôt qu'un nouveau référendum. On peut donc se demander s'il n'y aurait pas vice de consentement des Français qui se sont déterminés lors de l'élection présidentielle, s'il leur refusait un référendum sur ce traité-clone de la Constitution européenne rejetée. L'opinion publique semble d'ailleurs fortement le souhaiter : 71%, selon un sondage IFOP publié le 8/11 par Paris Match. A moins de considérer que précisément, la réponse des Français ayant été négative il y a deux ans, il est inutile de leur redemander leur avis sur le même texte et qu'il faut procéder par un passage en force parlementaire ?

Ce que le peuple a fait, seul le peuple peut le défaire. Seul un nouveau référendum pourrait donc éventuellement annuler le résultat du 29 mai 2005, si telle est l'intention présidentielle. La mission du Président de la République est de veiller au « respect » de notre Constitution, d'assurer le « fonctionnement régulier des pouvoirs publics » et la « continuité de l'Etat », ainsi que de « garantir l'indépendance nationale » (article 5). En particulier, il est le garant du principe de la République qui est « gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple » (article 2 al. 5). Aussi, s'il ne veut pas ignorer le suffrage universel et la Constitution dont il procède lui-même, il doit au minimum inviter les Français à se prononcer directement sur le Traité de Lisbonne.

Patrick Louis est député au Parlement européen
Christophe Beaudouin est directeur de l'Observatoire de l'Europe après le Non


publié sur Marianne, 17 novembre 2007

Consulter le site de l'Observatoire de l'Europe après le non.

21/11/2007

Pourquoi le procès de la France doit-il toujours être à charge ?

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Je ne vois pas en quoi l'Histoire des autres pays serait plus glorieuse ou plus digne que la nôtre.



Notre Histoire est pleine d'ombres et de lumières, comme toutes les autres.

Que des gouvernements étrangers, pour servir leurs intérêts, organisent des campagnes de dénigrement aux dépends de notre pays, cela est compréhensible. Que des hommes publiques sans idéaux et sans scrupules relaient ces inepties pour être "tendance" ou pour "coller au marché" est également dans l'air du temps.
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Mais nous, citoyens Français, qu'avons-nous à y gagner ?

Une vérité historique ? Laquelle ? Et dans quel but ?

Quels avantages avons-nous tiré de l'exhumation des périodes troubles de notre passé ? Plus de sérénité ?
Plus de paix ? Nous n'avons jamais autant parlé des erreurs du passé et pourtant nos divisions n'ont jamais été aussi grandes depuis les années 30.
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Ces affirmations peudo-scientifiques (inspirées de la psychanalyse, religion du monde moderne), qui voudraient que toute guérison passe par la résurgence totale des blessures du passé, sont absurdes et dangereuses à l'échelle de la collectivité (voire de l'individu). Vieux relents positivistes qui voudraient que l'homme soit capable d'une maîtrise totale de ses passions dès lors qu'il se soumet aux prescriptions de la science.

Ces croyances, qui dénient le penchant irrationnel et potentiellement incontrôlable de l'homme en société, et donc qui ne veulent pas admettre le côté tragique de l'Histoire humaine, ont pourtant déjà fait la preuve de leur dangerosité tout au long du XXème siècle.



Lorsque nous aurons déterré tous les cadavres de l'Histoire de France, le monde sera-t-il meilleur ?

Cela nous évitera-t-il de refaire des erreurs (horreurs) ? J'en doute.

19/11/2007

Les USA sont-ils les vainqueurs de 14/18 ?

En ces jours de commémoration du 11 novembre, j'entends ou je lis parfois ce qui me semble être des contre-vérités historiques concernant l'engagement des USA dans le premier conflit mondial.

Je trouve d'ailleurs étonnant cet engouement de certains français pour les USA après avoir été en admiration pendant des décennies devant le modèle soviétique. Et ce qu'il y a de plus étonnant encore est le fait que ce sont souvent les mêmes ( n'est-ce pas Mr Kouchner, Adler, Gluksmann... bref tous nos pro-néoconservateurs français). Pourquoi ?

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Quel explication donner au fait que ces citoyens français, après avoir été à genoux devant Moscou, se retrouve tous à plat ventre devant Washington...Après nous avoir servit Marx à toutes les sauces, pourquoi nous bassiner quotidiennement avec Tocqueville ? La soif d'idéologie simple et rassurante peut-être.
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Voici d'ailleurs une petite phrase toute faite sortie tout droit d'un de ces cerveaux rigides:
"Ce sont les américains qui nous ont sauvés lors des deux derniers conflits mondiaux. Grace à eux, la guerre 14/18 a été gagnée, et puis ils ont sacrifié leurs vies pour chasser les Nazis d'Europe et rétablir notre liberté."

Petit rappel : les USA, comme tous les pays du monde, n'interviennent militairement dans d'autres pays que pour défendre leurs intérêts. Ils ont donc débarqué en 1944 non pour chasser les méchants nazis de France, comme nos journalistes le laissent croire, mais pour faire contrepoids aux risques hégémoniques soviétiques (et pour bien d'autres raisons encore...). Ils n'ont d'ailleurs pas hésité à recruter d'anciens SS criminels dans leurs services.
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Certains de nos journalistes et intellectuels semblent confondre la recherche de la vérité historique avec la propagande (il est vrai qu'à genoux les mains jointes, il est plus difficile de réfléchir).
La guerre 14/18 fut une guerre d'usure (aucun historien ne le conteste), c'est à dire que la victoire s'est faite sur la durée dans une confrontation entre deux économies (je résume car la France et l'Allemangne n'étaient pas les seules nations en guerre) et les deux armées française et allemande. Les américains ne sont arrivés qu'en 1917. Même si les USA déclarèrent la guerre en avril 1917, leurs troupes ne furent opérationnelles que fin 1917. Je rappelle également à nos intellos admirateurs de la puissance, qu'à l'époque, l'armée française était l'armée la plus puissante du monde, et qu'elle a fourni une grosse partie du matériel de guerre aux américains qui en étaient dépourvus. Mon propos est donc de soutenir que c'est essentiellement la France (qui possédait par exemple plus de 10000 avions militaire en 1918) qui a fournit l'essentiel de l'effort face à l'Allemagne et non pas les USA.
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Quand j'évoque l'armée la plus puissante du monde, je parle bien entendu de la fin de la guerre, et notamment au moment de l'armistice.. Il est évident que si tel avait été le cas en 1914, la guerre 14/18 ne serait pas devenu une guerre d'usure. Il est évident que en 1914, les deux coalitions se faisant face étaient de force et d'intelligence tactique égales, ce qui explique la perte de mobilité totale qui s'est produit dans les premières semaines de la guerre.
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L'effet de l'engagement US fut donc essentiellement psychologique (ce qui n'est pas négligeable et ce qui n'enlève en rien la valeur de leur armée et des combattants). Cependant dire que ce sont les USA qui gagnèrent la guerre en 1918 est un mensonge et une insulte envers nos grands-parents.
Je vous invite donc à recompter le nombre de morts au combat français et de les comparer avec les morts américains (et pourquoi pas anglais aussi !) et vous verrez avec quelle légèreté les médias traitent de ce sujet.


Enfin aucun historien ne conteste que la guerre de 14 fut une guerre d'usure (militaire, économique, humaine), donc résumer la victoire de 1918 à l'intervention US relève plus de la propagande que de la vérité historique. Leur intervention a eu un impact psychologique incontestable au détriment des Allemands (comme le choc de la paix de Brest-Liktov sur les alliés), mais ils ne furent que la goutte d'eau qui fit déborder le vase. L'autre élément important fut la reprise de la mobilité tactique et stratégique grâce à l'arrivé du char d'assaut. L'ensemble de l'effort a donc été porté par la France, l'Angleterre et la Russie (principalement).
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Le char d'assaut n'est pas une invention américaine comme je l'ai déjà entendu dire. C'est suite à la perte de mobilité sur le champ de bataille que les deux armées française et anglaise se mirent à réfléchir à la possibilité de rétablir la mobilité grâce au blindage.
Il fut employé la première fois le 15 septembre 1916 (bien avant l'arrivée de nos amis américains) lors de la bataille de la Somme. La seule erreur tactique de l'époque était qu'ils étaient utilisés par petits paquets (et ce jusqu'à la bataille de Cambrai) et perdaient donc leur capacité à rompre la cohésion physique et morale de l'ennemie. De plus une telle organisation ne leur permettait pas d'exploiter une victoire tactique sur le terrain.
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Le 8 aout1918, Ludendorff écrit (en faisant allusion au char d'assaut et non pas à la présence US) : "Le 8 aout marqua le déclin de notre force militaire et m'enleva l'espoir, étant donné notre situation au point de vue des réserves, de trouver des expédients stratégiques qui eussent pu consolider la situation en notre faveur"
Pour lui la guerre était perdu non pas à cause des américains qui étaient présents depuis plus d'un an, mais à cause du char.

ALors pourquoi les USA ont-ils débarqué en France, par amour pour le beaujolais peut-être ?
Je prétend qu'aucun pays ne fait la guerre sans avoir des avantage à gagner ou de solides intérêts à défendre ?
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La vérité est mère de la liberté. remercions nos alliés US pour leur aide précieuse mais Rendons à César...

17/11/2007

Il a osé le dire !

"J'ai été autorisé par le peuple à faire ratifier le traité par le Parlement sans passer par le référendum !"

Nicolas Sarkozy mardi novembre 2007 à Strasbourg devant le parlement européen.

Avant l'oligarchie bafouait le peuple en prenant des gants; désormais elle le fait avec une belle arrogance et un sacré culot. La voila la véritable rupture de Mr sarkozy !

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(Capture écran Public Senat)

La Démocratie selon Sarkozy.

C'est Sarkozy qui le dit : en cas de référendum sur le traité de Lisbonne, le non serait gagnant partout
Le site du quotidien The Telegraph révèle les propos tenus par le président de la République à huis clos à Strasbourg.


Pendant que Libération titrait hier -abusivement- sur l'inéluctabilité d'une ratification parlementaire du Traité de Lisbonne en France (et donc l'impossibilité de l'organisation d'un référendum), la presse anglaise nous donne un tout autre son de cloche, et prend largement ses distances avec le discours lénifiant du président de la République à Strasbourg.

Selon le site Internet du Daily Telegraph (quotidien de droite britannique), Nicolas Sarkozy aurait admis que les gouvernements européens ne pourraient gagner un référendum : « Un référendum aujourd'hui mettrait l'Europe en danger. Il n'y aura pas de traité si un référendum a lieu en France, qui serait suivi par un référendum au Royaume-Uni. ».

Pour le quotidien britannique, il ne faut pas chercher plus loin la volonté des gouvernements de contourner le suffrage universel (la voie référendaire) en privilégiant la ratification parlementaire : « La même chose (un vote négatif, comme le vote français en 2005, ndlr) se produirait dans tous les Etats membres si un référendum y était organisé » aurait ajouté Sarkozy.

Jeudi 15 Novembre 2007 - 11:14
Marianne2.fr

14/11/2007

Défendre la République contre ses ennemis.

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Citoyens,

La République est seule, face à la horde de faussaires et de traîtres qui prétendent la défendre, mais qui sont en train de la défigurer. Tous, malgré leurs différences, s'allient pour que la République Française n'en soit plus une. Ils lui portent leurs coups, chacun à sa manière, par alternance. Plus le temps passe et plus ils réussissent, et cet horrible dessein semble ne pas voir de franche opposition.

La République est seule, et aucun Républicain pour la défendre! Ils sont éparpillés, les uns sont amis de ses ennemis, les autres regroupés en petits clans, chacun de son côté. Les anti-républicains se servent de notre division, l'instrumentalisent. Et pourtant les républicains n'ont rien à gagner à s'allier avec les anti, nous sommes plus proches entre nous qu'avec eux! Ils nous divisent pour mieux régner, mais à nous comme à la France, il faut l'Unité! La France, née du regroupement de clans, renaîtra de la même façon.

Pour le moment, les républicains ne sont que des pions, la caution républicaine des grand partis. Est-ce là l'utilité d'un vrai républicain? N'être que l'esclave de puissances qui lui sont prétendument supérieures? Que ceux qui s'en accommodent ne prétendent pas défendre notre République!

Le Mouvement Jacobin n'a pas été conçu pour courber le dos et servir de marche-pied, nous faisons partie de ceux qui veulent l'union pour la République, au-delà de nos différences, qui sont bien ridicules comparées à l'enjeu! Les Républicains prônent la supériorité de l'intérêt général sur les intérêts particuliers, il faut que nous nous l'appliquions! La République nous appelle, nous avons assez attendu, l'heure est grave et cela empire. Pour que nos concitoyens cessent de se croire en République parce que personne ne le conteste, l'Unité doit être faite.

Un exemple : les Révolutionnaires, sous le Directoire et dans ces périodes où la République n'existait plus, étaient bien peinés d'avoir perdu les Desmoulins, les Danton, les Saint-Just et les Robespierre, qu'auraient-ils donné pour les retrouver et qu'ils travaillent ensemble, malgré leurs oppositions, mais pour la République! On ne pouvait plus se permettre de s'entre-déchirer! Alors retenons les leçons de l'Histoire, les patriotes sont là, divisés, mais d'accord sur le principal. Et c'est du principal dont nous avons besoin. Nous ne pouvons nous permettre de laisser la République se faire piétiner pour des futilités, elle réclame à grands cris que l'Unité soit faite!

Emmanuel Pernot.

Source Mouvement jacobin

11/11/2007

L'abdication de la Démocratie ou la Petite histoire d’un grand coup d’Etat

Petite histoire d’un grand coup d’Etat

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« L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit le recours à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit la délégation de ces pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement “une politique”, au sens le plus large du mot, nationale et internationale. » [1]
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(l'oeuvre de VGE)


- Le 15 décembre 2001, le Conseil européen crée une Convention. Sa mission est de rédiger un Traité instituant une Constitution pour l’Europe. Elle est présidée par Valéry Giscard d’Estaing.

- Le 28 février 2002, la Convention commence à rédiger le Traité constitutionnel.

- Le 18 juillet 2003, la Convention a fini ses travaux. Valéry Giscard d’Estaing remet un projet de Traité constitutionnel à la présidence italienne du Conseil européen.
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- Le 29 octobre 2004, le traité constitutionnel est signé par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne. En France, l’écrasante majorité des députés et des sénateurs se prononce en faveur du traité constitutionnel.
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- Le 29 mai 2005, le traité constitutionnel est rejeté par 55 % du peuple français, consulté par référendum.

- Le 19 octobre 2007, les chefs d’Etat et de gouvernement adoptent un nouveau texte pour remplacer le Traité constitutionnel. En France, l’écrasante majorité des députés et des sénateurs se prononce en faveur du texte adopté. Sur son site internet, Valéry Giscard d’Estaing écrit : « Le texte adopté reprend l’essentiel des dispositions du Traité constitutionnel. »
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Or, le texte adopté ne sera pas soumis à référendum ! Le gouvernement s’engage à le faire ratifier très rapidement par le Parlement convoqué en Congrès à Versailles.

Nous, simples citoyens français, demandons que le nouveau traité européen soit soumis à référendum. Si le nouveau traité européen était ratifié par le Parlement, il n’aurait aucune légitimité démocratique. Il confirmerait le caractère anti-démocratique de la construction européenne. Il serait considéré comme le résultat d’un grand coup d’Etat : le gouvernement violerait les droits du peuple français.

Si vous le souhaitez, vous pouvez signer ce texte et le renvoyer à l’adresse suivante : club.jacobin@gmail.com

__________dimanche 4 novembre 2007

[1] Pierre Mendès France, Pour une République moderne 1955-1962, Gallimard, p. 274.

Article paru sur le site Mouvement Jacobin

09/11/2007

Mini-traité/PS: les derniers soubresauts d'un parti moribond.

La Démocratie bafouée par le PS après l'avoir été par Mr Sarkozy. La farce pseudo démocratique se révèle enfin au grand jour : l'UMP et le PS sont les deux rabatteurs du troupeau français, qui veillent à ce qu'il ne s'éloigne pas de son enclos. On savait le PS moribond depuis 1993, ses jours sont désormais comptés. Ci-joint un article paru sur le site Revue Républicaine le 6 novembre 2007: Traité simplifié : pas si simple pour le PS... mardi 6 novembre 2007. Les lignes ont peu bougé entre les Ouistes et les Nonistes du Parti socialiste. Résulte de ce clivage une grande difficulté, pour la direction du parti, à se déterminer face à la décision de Nicolas Sarkozy de convoquer le congrès pour approuver le traité de Lisbonne, dit « traité simplifié », plutôt que de soumettre le texte au référendum. Rue de Solferino, on déclare que « l’objectif est de trancher la position du Parti socialiste sur le traité de Lisbonne lui-même » et que la question du mode de ratification sera posée après. Question toute tranchée cependant pour Henri Emmanuelli et Laurent Fabius : ce dernier a estimé que l’absence d’une consultation populaire serait « un déni de démocratie ».

Voir également l'interview de Mr Mélenchon au sujet du mini-traité sur le site Marianne INQUIETANT

04/11/2007

Depuis que le patronat français n'a plus peur du communisme...

J'ai déjà évoqué dans une précédente note le rapport étroit qu'il y avait entre l'apparition du communisme dans l'Histoire, et les avancées sociales dont ont bénéficié les Français de 1944 à 1989 (C'était au sujet de la sécurité sociale). Pour enfoncer le clou, j'aimerais vous suggérer de comparer, dans un premier temps, la courbe des écarts salariaux en France avec l'évolution de la puissance économique de l'URSS de 1944 à 1989.

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Dans un deuxième temps, je vous propose cet article, publié sur objectif France,

Ces deux éléments démontrent bien que les avantages sociaux acquis par les Français, durant cette période, l'ont été parce que le patronat avait peur du communisme. Si vous voulez connaître les conditions sociales que nous concoctent nos élites, il vous suffit de vous replonger dans les livres d'Histoire évoquant le XIXème siècle; 

L'Histoire du XIXème siècle et du XXème siècle nous a montré quels étaient les risques d'un monde dominé par la logique marchande. L'ultra-libéralisme économique n'est pas une invention nouvelle ; il a déjà sévi au XIXème siècle. De par ses excès, il est à l'origine du totalitarisme communiste, puis fasciste. Il fut d'ailleurs, pour Bernanos, la première forme de totalitarisme.

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Comme toutes les  idéologies totalitaires, la logique ultra-libérale est une machine qui n'a pas de limites. Ce que nous avons perdu n'est rien en comparaison de ce qui nous attend. L'homme du XIX ème siècle n'était pas d'une nature différente de nous.

Seule une idéologie humaniste cohérente peut éviter de nous fourvoyer. La refondation de l'esprit républicain est la seule réponse possible, à mon sens.

La Démocratie et la paix civile sont en danger, et peu de nos concitoyens en ont conscience. Elles sont en danger, non pas parce que des forces délétères existent (ce qui est dans l'ordre des choses), mais parce qu'aucune force (humaniste) structurée ne vient les contrebalancer.

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La paix et la prospérité ont toujours été dans l'équilibre des forces. Il va sans dire que la destruction programmée de la Nation et de la République Française par nos gouvernants participe à ce mouvement suicidaire.

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L'aveuglement idéologique nous a déjà couté cher en 1914, en 1940 et pendant les guerres de décolonisation.  Chaque fois, il s'en est fallu de peu pour que la chute ne nous soit fatale. Saurons-nous réagir à temps cette fois-ci?

 

PERICLES 31/10/2007 

 

     Ci-dessous, un article publié le 16 octobre 2007 sur objectif France 

 

Denis KESSLER, idéologue en chef du MEDEF au côté d’Ernest-Antoine Seillières de 1994 à 1998, apôtre du projet de “refondation sociale” signe un éditorial dans le journal “Challenge” du 4 octobre 2007. Il propose, sans aucune arrière pensée, de liquider le modèle social construit au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit bien là d’une contre-révolution du gouvernement Fillon, comme le précise d'entrée Denis Kessler, tendant à "liquider" le modèle social français initié alors par le général de Gaulle et mis en œuvre tout au long de sa vie.

Les gaullistes de conviction ne sauraient accepter une telle trahison et Objectif-France les appelle à agir pour dénoncer ce texte et cet "homicide" contre de Gaulle et le gaullisme authentique.

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Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie.

Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme…

A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !

A l’époque se forge un pacte politique entre les gaullistes et les communistes. Ce programme est un compromis qui a permis aux premiers que la France ne devienne pas une démocratie populaire, et aux seconds d’obtenir des avancées - toujours qualifiées d'historiques - et de cristalliser dans des codes ou des statuts des positions politiques acquises.

Ce compromis, forgé à une période très chaude et particulière de notre histoire contemporaine (où les chars russes étaient à deux étapes du Tour de France, comme aurait dit le Général), se traduit par la création des caisses de Sécurité sociale, le statut de la fonction publique, l’importance du secteur public productif et la consécration des grandes entreprises françaises qui viennent d’être nationalisées, le conventionnement du marché du travail, la représentativité syndicale, les régimes complémentaires de retraite, etc.

Cette architecture singulière a tenu tant bien que mal pendant plus d’un demi-siècle. Elle a même été renforcée en 1981, à contresens de l’histoire, par le programme commun. Pourtant, elle est à l’évidence complètement dépassée, inefficace, datée. Elle ne permet plus à notre pays de s’adapter aux nouvelles exigences économiques, sociales, internationales. Elle se traduit par un décrochage de notre nation par rapport à pratiquement tous ses partenaires.

Le problème de notre pays est qu’il sanctifie ses institutions, qu’il leur donne une vocation éternelle, qu’il les tabouise en quelque sorte. Si bien que lorsqu’elles existent, quiconque essaie de les réformer apparaît comme animé d’une intention diabolique. Et nombreux sont ceux qui s’érigent en gardien des temples sacrés, qui en tirent leur légitimité et leur position économique, sociale et politique. Et ceux qui s’attaquent à ces institutions d’après guerre apparaissent sacrilèges.

Il aura fallu attendre la chute du mur de Berlin, la quasi-disparition du parti communiste, la relégation de la CGT dans quelques places fortes, l’essoufflement asthmatique du Parti socialiste comme conditions nécessaires pour que l’on puisse envisager l’aggiornamento qui s’annonce.

Mais cela ne suffisait pas. Il fallait aussi que le débat interne au sein du monde gaulliste soit tranché, et que ceux qui croyaient pouvoir continuer à rafistoler sans cesse un modèle usé, devenu inadapté, laissent place à une nouvelle génération d’entrepreneurs politiques et sociaux. Désavouer les pères fondateurs n’est pas un problème qu’en psychanalyse.

 

Article publié le 16 octobre 2007 sur objectif France 

31/10/2007

Étienne Chouard : le traité européen « est un viol politique »

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Etienne Chouard s’était fait connaître en 2005 grâce à son site internet qui décortiquait et dénonçait la Constitution européenne. Il revient aujourd’hui à la charge contre le nouveau traité européen de Lisbonne. Pour ce professeur d’économie, de droit et d’informatique d’un lycée du sud de la France, il s’agit sur le fond de la même Constitution, pourtant rejetée par les Français et les Hollandais. Et appelle à la combattre. Entretien.



Le nouveau traité européen a été adopté vendredi à Lisbonne. Ce texte ressemble-t-il à la Constitution rejetée en 2005 ?

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Étienne CHOUARD. — Ce n’est pas une version édulcorée, c’est la même version et je la combats violemment. On a retiré trois détails sans importance : le drapeau, l’hymne, la référence à la monnaie, le mot Constitution, comme si le fait de retirer l’étiquette retirait le danger. Et puis on nous impose par voie parlementaire ce qu’on vient de refuser par référendum. Pour moi, c’est un viol, un viol politique, c’est une cause de guerre civile. Et les journalistes qui défendent cela sont subordonnés. Ils ne font pas leur boulot de journaliste.

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Pour vous, un nouveau référendum est un minimum ?

E. Ch. — Oui, ça me paraît évident, pour cinq raisons. Parce que sur le fond, tout ce qui est dangereux est là : la confusion des pouvoirs dans les mains de l’exécutif, avec les « procédures législatives spéciales » ou les « actes non législatifs ». Le Parlement ne les contrôle pas et ce sont des normes obligatoires qui s’appliquent à tout le monde. C’est incroyable. Et cela peut concerner la concurrence, le marché intérieur, la circulation de capitaux, des choses très importantes, qui sont hors contrôle !

Deuxième point : la dépendance des juges européens vis-à-vis de l’exécutif pour leur carrière. Ils sont nommés pour six ans par les gouvernements, et renouvelables. Dans les démocraties, ça ne se fait pas comme ça. L’indépendance des magistrats est l’un des fondements de la démocratie.

Troisièmement : l’article 104 de Maastricht, c’est-à-dire l’interdiction pour les Etats de créer la monnaie. On est fou d’accepter ça. Les Etats l’ont accepté à Maastricht, c’est toujours là aujourd’hui. Maintenant, ils doivent s’endetter quand ils ont besoin d’argent et payer un intérêt aux banques. Mais on est fou ! C’est contraire à l’intérêt général. La souveraineté politique dépend de la souveraineté monétaire. Si vous l’abandonnée, vous avez tout perdu.

Autre point : la révision de la Constitution. Elle se fait sans les peuples.

Et enfin, dans cette Constitution, aucun organe n’est responsable de ses actes. A part la motion de censure, qui est théorique, parce qu’à la majorité des 2/3, il n’y a pas de mécanisme de responsabilité. Le Conseil des ministres, le Conseil européen, le Parlement ne peuvent être renversés ou dissous par personne. La Banque centrale n’a de compte à rendre à personne. Mais qui est responsable de ses actes là-dedans ?

L’article sur la concurrence libre et non-faussée ne figure plus dans le traité. Mais dans les annexes sur les dispositions pour le marché intérieur, il est toujours dit que la concurrence doit être non-faussée. Pensez-vous que les gouvernements veulent contourner les « non » français et hollandais ?

E. Ch. — Ils ne les contournent pas, ils les violent. Ils ont retiré le mot Constitution et la partie III. Mais en réalité, elle est encore en œuvre. C’est le royaume de l’hypocrisie. C’est de la violence.

Pensez-vous que la chancelière allemande Angela Merckel a pris l’ascendant sur Nicolas Sarkozy ?

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E. Ch. — Non, pour moi, ils sont en collusion parfaite. Ils ont convenu du jeu que Sarkozy allait jouer. Il a dit du mal d’eux, mais il sait très bien qu’il ne peut rien faire. Il n’a qu’une envie, c’est de passer son traité en force, comme les autres dirigeants européens.

La contestation peut-elle monter, notamment par Internet, comme en 2005 ?

E. Ch. — Ça dépend des journalistes. En 2005, il a pu y avoir une contestation car il y avait une perspective, un référendum. Mais si les gens qui vous gouvernent ont décidé de vous violer, c’est-à-dire de ne plus vous demander votre avis, de remettre le bâillon à la victime, eh bien elle ne peut plus crier. On ne nous demande plus notre avis, là. Pourquoi les gens se mobiliseraient dans ce cas ? Les visites sur mon site n’ont pas augmenté pour le moment. Mais je compte sur les journalistes pour être les sentinelles du peuple et l’alerter.

jeudi 25 octobre 2007  Publié sur revue Républicaine           Source : www.liberation.fr