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07/04/2015

Syrie : l’Occident ne cherche pas de solution

Entretien avec le chercheur Frédéric Pichon

Publié le 02 avril 2015 à 18:51 dans Monde

Mots-clés : 

syrie assad iran daech

Pour le spécialiste de la Syrie Frédéric Pichon, les Occidentaux refusent de choisir entre Assad et l’Etat islamique. L’Europe et les Etats-Unis laissent donc se développer une guerre de basse intensité dont ils n’attendent aucun vainqueur. L’auteur de Syrie : pourquoi l’Occident s’est trompé pense enfin qu’Obama mise sur un la réintégration de  Téhéran dans le grand jeu moyen-oriental… tout en laissant les puissances sunnites contrebalancer l’influence iranienne.

Daoud Boughezala : Alors qu’on a longtemps cru les jours de Bachar Al-Assad comptés, depuis l’émergence de l’Etat islamique, de plus en plus de voix occidentales, à commencer par le secrétaire d’État américain, plaident pour un dialogue avec Damas. Les rebelles ayant récemment regagné du terrain, à Idleb et sur le front sud, certains médias renouent avec les espoirs révolutionnaires de 2011. Pensez-vous le régime d’Assad condamné à moyen terme ?

Frédéric Pichon : Le dialogue avec Damas n’a pas vraiment été prôné par les Etats-Unis ou la France, du moins officiellement. Comme on n’a pas voulu voir que l’enlisement du conflit allait mener à la constitution d’un Djihadistan, on se console en proclamant partout la formule magique, reprise d’ailleurs par les “spécialistes” appointés de “Ni Assad, ni Daech”. Et effectivement, tant qu’il n’y aura pas un net ciblage de Daech ou de Nosra en Syrie (notammment par la chasse française qui a eu jusqu’ici pour instruction de ne frapper qu’en Irak), on maintient les deux adversaires  en situation de se combattre et de remporter épisodiquement des batailles qui ne sont jamais décisives. D’ailleurs, la stratégie de l’État islamique en Syrie semble être celle du harcèlement (comme dans le camp palestinien de Yarmouk, au sud de Damas) afin d’épuiser l’armée syrienne. Et je me demande si ce n’est pas également ce que souhaitent les Occidentaux: laisser durer un conflit de relativement basse intensité jusqu’à épuisement des belligérants. De ce point de vue, force est de reconnaître que la Syrie se vide de ses forces – même si elle est sous perfusion iranienne et, dans une moindre mesure, russe. Reste que le gouvernement syrien tient – ni les fameuses défections ni le coup d’État interne tant attendus ne sont arrivés et ils ne surviendront sans doute pas. N’oublions pas que les loyalistes jouent leur survie et celle de leurs familles. Sûr de sa victoire, Assad n’a pas l’intention de lâcher le pouvoir.

Ces derniers mois, le pouvoir syrien, d’habitude très jaloux de sa souveraineté, a reconnu pour la première fois avoir confié le commandement des opérations sur le Golan à des officiers iraniens, ainsi qu’au Hezbollah et à des milices chiites irakiennes. Militairement, l’armée syrienne et son haut commandement sont-ils dépassés ?

Cela fait longtemps que l’on sait que le Hezbollah et les Pasdarans iraniens assistent l’armée syrienne. À Qusayr au printemps 2013, le Hezbollah a eu un rôle décisif dans la victoire. Il faut savoir que l’armée syrienne est une armée de type soviétique, organisé sur le modèle classique avec infanterie, appui aérien et arme blindée. Dans le combat urbain à l’intérieur d’un conflit asymétrique, ce type d’armée ne peut vaincre et subit de lourdes pertes. Le Hezbollah, lui, à une grande expérience du conflit asymétrique, que les Iraniens lui ont enseigné dans les camps d’entraînement de la Bekaa au début des années 80 puis qu’ils ont testé pendant la Guerre du Liban et contre Tsahal à des nombreuses reprises, dont la dernière en 2006 fut plutôt un succès. Quant aux Iraniens, ils ont acquis une vraie expertise dans ce domaine et n’hésitent pas à dépêcher des conseillers aux côtés de l’armée syrienne. Sans leur soutien, l’armée syrienne n’aurait vraisemblablement pas pu mener certaines offensives ou sanctuariser certains axes vitaux.

La volonté d’arriver coûte que coûte à un accord avec l’Iran explique-t-elle le revirement américain d’août 2013 sur la question des armes chimiques ?

Il faut déconnecter la problématique chimique de la question nucléaire iranienne. En septembre 2013, l’accord sur la neutralisation de l’arsenal syrien et la renonciation à des frappes de la part d’Obama sont la traduction du retrait américain et des fortes pressions russes, ces derniers n’ayant pas du tout été convaincus par les “preuves” qui attribuaient ce massacre à Damas. Et personne en fait n’y a vraiment cru à l’époque. Côté français, il a fallu que Matignon sorte un pseudo rapport bidonné pour donner le change mais cela n’a pas fonctionné.

Plus globalement, la politique d’Obama en Syrie est-elle liée à sa stratégie iranienne ?

Les États-Unis sont tiraillés entre leurs alliés régionaux, Arabie Saoudite en tête, qui sentent bien qu’ils sont en train d’être lâchés – et leur volonté de quitter la région. Ce que veut Obama c’est parier sur la multipolarité et laisser émerger l’Iran tout en sachant très bien que ce dernier sera et devra être entravé au maximum par les sunnites de la région. De toute façon, les États-Unis n’ont plus les moyens d’imposer leur embargo sur l’Iran : les Chinois y opèrent massivement, notamment par l’intermédiaire de leurs banques, et n’ont pas été sanctionnés. Il n’y a que les banques françaises pour se faire condamner ! C’est un jeu sans gagnant, qui affaiblira tout le monde mais pas l’Amérique. En Syrie, les Américains appliquent la même stratégie : ne pas laisser gagner Assad… mais ne rien faire pour qu’il tombe.

 

source causeur

04/07/2014

De gaulle et l'Europe : un visionnaire

02/09/2013

Syrie, la grande propagande !

Comme toujours nos journalistes français, à la botte des états-majors occidentaux en général et de Washington en particulier, nous refont le coup du "crime contre l'humanité". Après les charniers de Timisoara (bidons), les épurations ethniques des kosovars par les Serbes (bidons), les armes de destruction massive en Irak (bidons), les liens entre les attentats du 11 septembre et Saddam Hussein (bidons), etc..., voici le gazage des Syriens par Bachar el-Assad. L'expérience devrait rendre nos journalistes prudents : que nenni ! A tous les coups, ils tombent dans le panneau ; on va finir par croire qu'ils sont achetés.

Mr Fabius nous dit : "il est évident que le pouvoir Syrien a gazé sa population !".

Le mot " évident " a comme origine le mot vidéo qui veut dire "voir". Mais où a-t-il vu cela ? Où sont les preuves ? Doit-on faire la guerre et tuer de nombreux civils (certainement plus que les mille pauvres diables qui ont péri par gazage en Syrie) sur de simples convictions et/ou préjugés, ou même sur la base d'une vidéo de mauvaise qualité et qui ne prouve rien ? Pourquoi ce régime utiliserait-il une arme, sachant pertinemment qu'en le faisant, il risque l'intervention des occidentaux qui n'attendent qu'un prétexte, et cela alors même qu'il semblait obtenir  une victoire militaire sur le terrain ?

A qui semble profiter le crime si ce n'est aux opposants Syriens ?

Doit-on faire une confiance aveugle aux services secrets après la supercherie des armes de destruction massive ?

Mais non, toutes ces questions n'effleurent jamais la cervelle de nos propagandistes ! Ils préfèrent répéter inlassablement leurs arguments bidons, comme si répétition était synonyme de vérité.

Attention messieurs les journalistes, un telle incompétence finit par devenir suspecte.

Contrairement à ce que l'on veut nous faire gober, l'objectif final de cette guerre n'est pas la Syrie mais l'Iran. Le but étant d'isoler l'Iran en l'entourant de pays hostiles afin de renforcer la pression sur ce pays. Cette guerre est en réalité en préparation depuis plusieurs dizaines de mois, le gazage n'étant qu'un vulgaire prétexte.

L'autre pays visé indirectement est la Russie, principale alliée de l'Iran et de la Syrie. Je vous rappelle que la politique guerrière américaine qui cherche à ceinturer la Russie de pays hostiles a commencée en 1992 (1) avec la guerre de Bosnie. Les USA ont cassé l'hégémonie Serbe (principal allié Russe) dans la région pour mettre à la tête de la Bosnie un Islamiste Alija Izetbegovic qui, déjà, prônait la Charia dans ses livres, et qui avait, à l'époque, offert le passeport d'honneur à un certain... Oussama Ben Laden. Cette politique a continué en 1999 avec la guerre du Kosovo créant, au coeur de l'Europe, le deuxième Etat musulman qui sera inévitablement hostile à la Russie (2).

L'ouest étant sous contrôle, ils s'attaquent désormais au sud, avec la guerre d'Irak en 2003 (grâce à l'action d'un certain Ben Laden... encore ! Avec un ennemi comme Ben Laden, les USA n'ont vraiment pas besoin d'amis.), puis la Syrie et enfin l'Iran. Bref, tous les pays qui ont été à un moment ou un autre de leur histoire alliés à la Russie (ou qui ont joué sur les deux tableaux comme les non alignés) ont été attaqués par les USA.

Et qui met-on à la place ? Des Islamistes. La preuve en est que la soi-disant guerre contre le terrorisme n'est que du bidon. Les USA ont formé les islamistes (Ben Laden) et font tout pour les amener au pouvoir. La Syrie n'échappera pas à la règle.


Evidemment les USA défendent leurs intérêts (ou croient les défendre) mais nous qu'avons-nous à y gagner ?


(1) En fait, cette politique a commencé dès 1949 avec la stratégie de l'endiguement, suivant ainsi  les préceptes de Georges Kennan,

(2) En faisant fi du droit international, les USA et leurs alliés (notamment la France) ont attaqué la Serbie sur un prétexte inventé de toutes pièces (l'épuration ethnique à grande échelle des musulmans par les Serbes) sans passer par l'ONU . ils ont reconnu l'Etat Kosovar en se basant sur la règle du droit des peuples à l'autodétermination, mais en prenant soin de laisser les musulmans réaliser un véritable nettoyage ethnique à grande échelle. Puis, ils ont mis à la tête de cet état de véritables mafieux inféodés à leurs intérêts (voir les scandales du trafic d'organes).

Le droit international est redevenu la loi du plus fort, l'ONU n'est plus qu'un épouvantail auquel plus personne ne croit si ce ne sont les gouvernants français, toujours avides de mirages.

Lire à ce sujet : 

Les islamistes sont-ils des alliés de l'Amérique ?

12/09/2012

Mitterrand et l'Europe : 20 ans après !

 

 

Sur les grands enjeux concernant l'avenir de la France, Mitterrand se sera constamment trompé :de son pari sur le Maréchal Petain en 1940 à son choix d'orienter la France sur la voie du fédéralisme Européen.

Savourez la réplique du Président sur l'avenir radieux promis à ses petits enfants sous le soleil de l'Europe technocratique !

Hélas en 1992 comme en 1940, les hommes politiques lucides ne représentaient qu'une infime minorité.

Faudra t-il attendre la catastrophe, à l'instar de 1940, pour que les Français réagissent ?

20/05/2012

Le projet européen : du "nationalisme de vieillards apeurés"

 

Dans un billet précédent sur les sept familles européennes, j'avais mis en avant certaines composantes un peu nauséabondes du parti européen. Défenseurs d'une Europe catholique, ou blanche, ou blanche et catholique, plus ou moins violents, ils constituent la grande masse des supporters du projet européen. Il s'agit de préférer nos voisins à ceux qui sont plus lointains. Il n'y a qu'au Front de Gauche qu'on croit que l'Union européenne est un projet internationaliste. Donc conseillons aux internationalistes européens de visionner le clip ci-dessus. On y voit une nation isolée agressée par un noir, un arabe et un chinois. La faible femme est seule dans un hall de gare vide. Un instant de réflexion, la dame se démultiplie, comme autant de petits pains. Nous voilà avec douze dames. Et voici que s'évaporent le noir, l'arabe et le chinois. Message très subtilement transmis : les nations européennes sont entourées de gens agressifs et mal élevés. Unies elles peuvent vaporiser ces fâcheux, qui s'évanouissent devant notre sagesse. C'est à juste titre que François Asselineau estime que l'Union européenne ne fait là que se ranger à la thèse du choc des civilisations. L'occasion de relire les Penchants criminels de l'Europe démocratique...L'Europe n'est pas un projet internationaliste, c'est du nationalisme de vieillards apeurés, un projet de suprématistes blancs.

 

Source (Edgar, http://www.lalettrevolee.net )

07/04/2012

Mali, première victime « collatérale » de l’intervention occidentale en Libye

Depuis le début de cette erreur politique majeure que fut l’ingérence franco-otanienne dans la guerre civile libyenne, j’ai expliqué qu’avec l’élimination du colonel Kadhafi, l’arc de tension saharo-sahélien allait de nouveau être bandé. La raison en est simple, et il est proprement affligeant que les conseillers africains de l’Elysée, informés aux meilleures sources, n’aient pas réussi à freiner les ardeurs guerrières de certains.


Par Bernard Lugan (site : http://www.bernardlugan.blogspot.fr)

 

 

Après avoir longtemps déstabilisé la région, le colonel Kadhafi avait changé de politique depuis quelques années et au moment où nous lui avons déclaré la guerre, il la stabilisait. Il avait ainsi mis « sous cloche » les velléités des Toubou libyo-tchadiens et l’irrédentisme des Touaregs du Mali. Etrangement, nous l’avons supporté quand il nous combattait, et nous l’avons combattu dès lors qu’il était devenu notre allié…
L’intervention franco-onusienne s’étant produite avec les résultats que l’on sait, à savoir l’anarchie libyenne, les forces de déstabilisation saharo-sahéliennes qui avaient perdu leur mentor ont aussitôt repris leur autonomie.
Du côté des Toubou et apparentés, la situation est pour le moment sous contrôle en raison de la présence d’Idriss Deby Itno que la presse française, toujours prompte à déstabiliser les pouvoirs stabilisateurs, ne cesse d’attaquer. Son pouvoir est solide, mais la question de sa succession se posera un jour avec toutes les conséquences qui en découleront.
Aujourd’hui, le maillon le plus faible de l’arc saharo-sahélien est le Mali. Or, c’est très exactement là que se produisent actuellement des évènements dont les conséquences risquent d’être catastrophiques en raison de la proximité de ces trois autres foyers de déstabilisation que sont le nord du Nigeria avec la secte fondamentaliste Boko Haram, la région du Sahara nord occidental avec Aqmi et les confins algéro-maroco-mauritaniens avec le Polisario.

Au Mali où, depuis 1962, la guerre n’a jamais véritablement cessé entre les Touaregs et l’Etat contrôlé par les Noirs sudistes, les hostilités ont repris au mois de janvier 2012. Plusieurs milliers de Touaregs, dont nombre d’anciens militaires libyens, ont en effet pris le contrôle de l’Azawad, le nord nord est du Mali.
Leur chef militaire est Ag Mohammed Najem, de la tribu des Igforas. Cet ancien colonel de l’armée libyenne qui commandait une unité spécialisée dans le combat en zone désertique et qui était casernée à Sebha, a quitté la Libye avec armes et bagages quelques jours avant le lynchage du colonel Kadhafi par les fondamentalistes de Misrata. Son groupe dispose d’un matériel de pointe, y compris des missiles sol-air ; l’un d’entre eux a semble t-il abattu un avion de l’armée malienne.
Remarque importante : ces rebelles qui se réclament du MNLA (Mouvement national pour la Libération de l’Azawad) ne demandent plus une meilleure intégration des Touaregs dans l’Etat malien, comme lors des précédentes insurrections, mais la sécession pure et simple. Ils combattent ainsi pour la prise en compte de la réalité géographique et humaine régionale contre l’utopie consistant à vouloir faire vivre dans le même Etat les agriculteurs noirs sédentaires du Sud et les nomades berbères du Nord. Nous retrouvons là l’idée qui fut longtemps portée par le colonel Kadhafi qui prônait la création d’un Etat touareg au centre du Sahara.

Totalement dépassées par la situation, les autorités maliennes tentent d’obtenir une intervention directe des Occidentaux en affirmant que les insurgés ont des liens directs avec Aqmi. Ces derniers disent au contraire qu’étant Berbères, ils sont le meilleur rempart contre les fondamentalistes arabo-musulmans. Certes, mais un petit groupe touareg, très minoritaire toutefois, ayant participé à une récente opération menée par Aqmi, le risque de porosité n’est pas exclu.
La situation est donc à suivre[1].

 

 



Bernard Lugan
07/02/12

[1] Cette question sera développée dans le prochain numéro de l’Afrique réelle que les abonnés recevront par PDF le 15 février.


Par Bernard Lugan (site : http://www.bernardlugan.blogspot.fr)


Bernard Lugan : les deux guerres du Mali par realpolitiktv

09/01/2012

« L'oligarchie des incapables »

Ils monopolisent les postes les plus importants, cumulent les privilèges et font de l'argent leur principale passion. Ils se servent de l'Etat pour aider leurs amis, fabriquent des lois sur mesure pour leur bon plaisir et laissent le pays aux mains de bandes rivales. Patrons, hauts fonctionnaires, élus ou experts, ces oligarques nous gouvernent avec un mélange d'incompétence et de lâcheté. Après L'Omerta française, Sophie Coignard dont les enquêtes font trembler le monde politique et Romain Gubert, journalistes au Point, nous révèlent vingt ans de compromissions et d'affaires cachées, qui ont permis à une caste de maintenir son règne malgré ses échecs répétés. En toute impunité. 

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05/01/2012

Nazisme hier, libéralisme aujourd'hui !

Le 18 février 2008 le gouvernement français de M. Sarkozy a reconnu la province Serbe du Kosovo comme nation indépendante et ce, après avoir approuvé le démantèlement de la Nation Française par le traité de Lisbonne: comprenne qui pourra !

A moins de décrypter ces évènements à la lueur des intérêts stratégiques des USA et l'Allemagne.

   * Pour les américains, l'objectif était d'affaiblir deux puissances mondiales et donc deux rivales potentielles : l'Europe et la Russie. La Russie, en la ceinturant d'états musulmans hostiles (la fameuse ceinture verte). L'Europe et la Russie, en donnant un signal d'encouragement puissant aux nombreuses minorités (basques, bretons, corses, Ossètes...). (1)

   * Pour l'Allemagne, l'objectif était également d'affaiblir les états européens car tout le monde peut aujourd'hui le constater : plus l'Europe se développe, plus les nations s'atomisent et plus l'Allemagne se renforce.

L'Allemagne et ses principaux ex-alliés de la seconde guerre mondiale, Croatie et Italie, furent les premiers à reconnaître l'indépendance du Kosovo, bafouant le droit international ; Allemagne qui fut pourtant la principale responsable de la dislocation de la Yougoslavie et donc de la guerre opposant les Serbes aux Croates au début des années 90, en reconnaissant l'indépendance de la Croatie de manière prématurée (2). Malgré l'Europe supra-nationale et contrairement à la France, l'Allemagne n'oublie pas ses intérêts nationaux en renouant avec son ancienne Ost-politik.

Cette reconnaissance du Kosovo s'éclaire d'ailleurs d'une lumière nouvelle, au regard des évènements de la crise de la dette. Il semble de plus en plus évident pour beaucoup de Français que le gouvernement de M. Sarkozy (3), à l'instar du gouvernement de Vichy, a décidé de défendre, coûte que coûte, les intérêts allemands. Car défendre cette politique d'austérité au prix du sacrifice des peuples d'Europe du sud (et bientôt des Français), c'est évidemment défendre les intérêts allemands.

Il est d'ailleurs amusant que cette allégeance à la puissance allemande se fasse, comme en 1940, sur des bases idéologiques. Pétain répugnait à voir le monde ouvrier accéder petit à petit, à force de luttes, à un statut d'autonomie politique dans la société française. Il préféra donc s'allier au nazisme, ruiner son pays, sacrifier son peuple et asservir son propre pays plutôt que de voir les humbles accéder à la Démocratie, et donc, par voie de conséquence, à un certain niveau de vie (4).

Et c'est pour les mêmes raisons que nos élites n'ont eu de cesse, et ce depuis le Général de Gaulle, de confisquer la Démocratie, de la vider peu à peu de son contenu (5), car elles n'ont jamais supporté de voir le peuple français accéder, dans les années 60, à un tel niveau de vie et à un tel statut d'autonomie politique.

Nazisme hier, libéralisme aujourd'hui.

Et demain, le peuple français se réveillera t-il ?

 

(1) Il n'est d'ailleurs pas exclu que certaines minorités d'origine étrangère comme les minorités musulmanes de France réclament une autonomie partielle dans certaines régions françaises et ce dans un avenir très proche.

(2) La Serbie paya très cher son opposition aux nazis dans les années 40.

(3) On pourrait en dire autant des divers gouvernements depuis Giscard.

(4) Car si vous perdez la Démocratie, vous perdrez rapidement votre niveau de vie.

(5) Grâce à cette fameuse (fumeuse) Europe !

Nous devons nous préparer aux elections

"La prostitution est grave parce qu'elle est l'avilissement de l'amour. La prostitution électorale est grave parce qu'elle est l'avilissement d'une institution qui fut aimée ; par des hommes généreux ; d'une institution pour qui ont pensé deux siècles de penseurs, pour qui ont travaillé deux siècles d'ouvriers, pour qui ont souffert, pour qui beaucoup d'homme des générations précédentes sont morts.

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25/05/2011

Eugénisme et libéralisme

« Vint enfin un temps où tout ce que les hommes avaient regardé comme inaliénable devint objet d'échange, de trafic et pouvait s'aliéner. C'est le temps où les choses mêmes qui jusqu'alors étaient communiquées mais jamais échangées ; données mais jamais vendues ; acquises mais jamais achetées - vertu, amour, opinion, science, conscience, etc. - où tout enfin passa dans le commerce. C'est le temps de la corruption générale, de la vénalité universelle, ou, pour parler en termes d'économie politique, le temps où toute chose, morale ou physique, devenue valeur vénale, est portée au marché. »

 

Karl Marx « Misère de la philosophie » 1847

 

Quel chemin parcouru depuis par cette idéologie totalitaire (1) que l'on nomme le libéralisme (2). De la Renaissance à aujourd'hui, ce cancer déshumanisant n'a cessé de croître au dépens de l'homme (3)...

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