De la guerre
Auteur : Gérard Chaliand, Carl von Clausewitz, Laurent Murawiec
Editeur : Librairie Académique Perrin
Année : 2006
Pour comprendre les horreurs du
XXème siècle.
Carl Von Clausewitz (1780-1831) est à juste titre considéré comme le plus grand théoricien militaire. Son traité, De la Guerre, est inachevé. Il est cependant la tentative la plus aboutie pour comprendre la guerre, à la fois dans sa dynamique interne et comme instrument de la politique.
Publié en 1837, reconnu tardivement, souvent cité depuis, assez rarement lu, De la Guerre est l’œuvre majeure d’un militaire prussien qui combattit les Français sous la Révolution et l’Empire à une époque de mutation où aux guerres limitées du XVIIIe siècle succèdent les guerres à caractère absolu qui visent à l’anéantissement de l’adversaire.
Clausewitz insiste sur l’importance de la finalité politique de la guerre où il s’agit de contraindre la volonté de l’adversaire par la violence afin de réaliser un gain politique.
C’est en effet par la violence que se définit le duel guerrier et son résultat. Quelle que soit l’intelligence d’une stratégie, l’issue d’une bataille dépend aussi du hasard, des inévitables frictions qui marquent la différence entre la guerre abstraite et la guerre réelle. Pour surmonter les frictions et les difficultés inhérentes à la guerre, les forces morales occupent une place centrale.
Afin de triompher il s’agit de frapper l’adversaire en son centre de gravité : anéantir par exemple ses forces armées ou conquérir son territoire, parfois sa capitale ; enfin briser sa volonté de poursuivre le combat. D’une façon générale, Clausewitz, privilégie la défense à l’offensive car elle oblige l’adversaire à de gros efforts logistiques. La supériorité éventuellement acquise par des victoires défensives permet de passer à l’offensive.
En somme, Clausewitz dégage une théorie de la guerre, explicite la nature et la fonction de la stratégie et montre clairement la subordination de la guerre et sa politique : personne depuis, n’a été en mesure de dépasser ou même d’égaler la rigueur de son traité.
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