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Je ne crois pas pour ma part à une conspiration. Je ne crois pas, par exemple, que d'aucuns, à seule fin d'instaurer ou de laisser s'instaurer la société antiraciste, aient voulu consciemment la mort de la culture, et organisé délibérément son trépas -

Je ne crois pas pour ma part à une conspiration. Je ne crois pas, par exemple, que d'aucuns, à seule fin d'instaurer ou de laisser s'instaurer la société antiraciste, aient voulu consciemment la mort de la culture, et organisé délibérément son trépas - par exemple en détruisant le système éducatif, et en abandonnant à la télévision la bien nommée in-formation des esprits. Non, je ne crois pas cela. Je ne crois à rien d'aussi soigneusement arrêté. Je crois plutôt, hélas, à d'obscurs mouvements au tréfonds de l'espèce, soumis aux lois même de la tragédie, à commencer par la première d'entre elles, qui veut que soient exaucés les civilisations et les hommes dont la perte est écrite - ainsi on a voulu que l'éducation soient égalitaire : c'est fait, personne n'apprend plus rien.

Ce que je sais en revanche, mais avec certitude, c'est qu'une culture vivante, au sens plein du terme, ne se serait jamais accommodée du triomphe de l'antiracisme, au sens et dans la consistance qu'il a revêtus parmi nous. Un peuple qui sait ce qu'il est - disons «qui connaît ses classiques» -, n'accepte pas de mourir parce qu'on le lui demande, ne consent pas à disparaître pour renaître vidé de lui-même, ne se résigne pas sans résistance à se fondre dans une masse violente, certes, mais officiellement indifférenciée, qui de lui ne conserve un moment que le nom, et ce n'est qu'une humiliation de plus. Un peuple qui sait sa langue, qui connaît sa littérature, qui se souvient de sa civilisation et qui garde en son sein une classe cultivée, des élites (mais certes pas dans la pitoyable acception que les nouveaux maîtres ont donné à ce mot), un tel peuple ne se laisse pas mener à l'abattoir sans se révolter, ni même ne se laisse expliquer sans broncher qu'il n'est pas un peuple, et qu'il n'en a jamais été un («Et d'abord c'est quoi, "un peuple" ? Vous pouvez nous expliquer exactement ce que vous voulez dire par là?»).

Renaud Camus " Le communisme du XXI ème siècle"

http://www.in-nocence.org/pages/parti/editoriaux/edit_42_main.html

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