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17/03/2009

De la République au communautarisme.

images.jpegQuelle signification donner à l’obsession dont font preuve nos élites au sujet de la discrimination raciale ?

Selon Julien Landfried (1), la dérive idéologique de la "gauche" française (qui de la lutte des classes a abouti à la lutte des races) serait essentiellement liée à la chute des systèmes communistes et donc à l’effondrement de l’idéologie marxiste.

Cette explication n'est pas fausse, mais comment justifier le fait que la "gauche non totalitaire" ne soit pas revenue vers l'idéal républicain, seule idéologie qui ait permis d'approcher, dans les pratiques, l'humanisme universaliste des Lumières ?


Revenons en arrière : à partir de quel moment la gauche française a-t-elle décidé d'abandonner l'idéologie marxiste ? Ce n'est pas en 1989, date de la chute du mur de Berlin, mais bien en 1984 que notre gauche s'est caviardisée sans complexes. Après avoir conquis le pouvoir avec des discours révolutionnaires et subversifs, il ne lui restait plus qu'à se débarrasser d'une idéologie devenue un tantinet encombrante.

Mais alors pourquoi ne pas revenir à l'idéal républicain ? Tout simplement parce que  l'homme et la collectivité humaine sont les buts suprêmes de la République (l'argent et le profit y étant subordonnés). Mitterrand a très vite compris, en bon opportuniste, qu'il était risqué pour sa carrière de mordre la main qui l'avait financé, alors qu'il est si simple d'endormir le peuple à grand renfort de propagande et de slogans.
J'ajouterais que les principes républicains n'éludent pas les conflits internes à la société (contrairement aux idéologies totalitaires comme le fascisme, le communisme ou le communautarisme) ce qui peut sembler dangereux pour toute personne ou organisation désirant garder le pouvoir pour le pouvoir.

Au moment même où elle accédait au pouvoir, et après avoir usé de toutes les ficelles de la démagogie, la gauche se voyait bien embarrassée avec ces deux idéologies qui pouvaient désormais se révéler à double tranchant. Face aux réalités du pouvoir, le temps des discours démagogiques était compté, la croisée des chemins était proche : il fallait désormais choisir entre l'éthique de la responsabilité avec tous les risques qu'elle implique, et l'éthique du mensonge, seule à même de garantir la conservation du pouvoir à moyen terme.

C'est en lorgnant du côté des USA que la gauche française a trouvé son nouveau crédo : la lutte contre les discriminations raciales et le retour aux communautés. Rien de tel pour diviser un peuple et occulter les problèmes économiques ; en effet, ces nouveaux dogmes présentaient l'immense avantage de limiter les conflits sociaux ascendants (revendications salariales pour n'en citer qu'un) et d'étendre les conflits transversaux (conflits inter-ethniques, religieux, sexuels...), tout ceci pour le plus grand profit des classes possédantes qui se voyaient libérées de toutes les pressions sociales que la République et le marxisme leur avaient imposées depuis 1944. Ce qui explique, en partie, pourquoi la droite française n'a, depuis, jamais vraiment contesté cette idéologie, se contentant de mimer la pantomime du conflit droite/gauche au grand théâtre des illusions cathodiques.

C'est donc dans la deuxième partie des années 80 qu'a commencé la propagande anti-raciste. Propagande digne de Staline ou de Goebbels, menée de main de maître par Mitterrand en personne. Goebbels était parvenu, en quelques mois, à faire croire aux Allemands qu'ils étaient antisémites ; Mr Mitterrand, quant à lui, a convaincu les français qu'ils étaient racistes tout en se faisant passer pour un humaniste : artiste diabolique..... mais artiste quand même.

Je vois poindre sur les lèvres de nos bien-pensants l'objection qui, depuis trente ans, clôt tout débat sur le sujet : "Monsieur, vous êtes un raciste qui voudrait occulter les problèmes de la discrimination raciale dans notre pays" ?

Mon propos n'est pas d'occulter ce problème ; le racisme existe sans nul doute dans notre pays (quel pays pourrait se targuer de n'avoir aucun citoyen raciste ?) et le combattre est une nécessité. Mais j'ai également l'intime conviction que l'intérêt récent de nos élites pour les problèmes raciaux cache des motivations moins avouables, disons plus sonnantes et trébuchantes !


Ainsi, il ne fait aucun doute dans mon esprit que le pseudo-combat contre la discrimination raciale n'est qu'une manipulation servant à masquer une autre discrimination tout aussi destructrice socialement et bien plus gênante pour les classes possédantes mais qui est pourtant passée totalement sous silence : la discrimination politique et syndicale dans les entreprises.

Pendant que les marionnettes de Mr Mitterrand criaient "Touche pas à mon pote", les entreprises licenciaient les syndicalistes à tour de bras et ce, dans un silence médiatique total.
Une coïncidence ? Un hasard ? Une contradiction à coup sûr pour un parti qui se disait socialiste.


Prenons l'exemple de la  grande distribution, grosse pourvoyeuse de fonds des partis politiques dans les années 80. Les méthodes utilisées, à l'époque,  par ces enseignes pour décourager leur personnel de jouir de leurs droits (sociaux, économiques et politiques) étaient pour le moins brutales, inhumaines et, la plupart du temps, illégales. Beaucoup d'extensions en CDEC (2) étaient liées à la corruption, le droit du travail était interprété à la sauce "ultra-libérale", le harcèlement moral était préconisé comme un mode de management normal dans la formation des cadres...

Combien d'employés du commerce sur le carreau, dépressifs ou suicidés ? Combien de "unes" dans les grands médias ? Comme si la couverture médiatique était inversement proportionnelle à la représentativité du phénomène. Un hasard ou bien une nécessité pour nos élites ?

L'anti-racisme, nouvelle invention des possédants pour escamoter le concept de lutte des classes et combattre la démocratie républicaine, deux derniers obstacles idéologiques à leur hégémonie économique et politique, à l'instar des élites américaines ! Car seules ces deux idéologies furent, dans notre Histoire récente, de puissants leviers qui permirent la remise en cause de l'ordre établi.

Notes :

(1) Julien Landfried, cofondateur et directeur de l’Observatoire du communautarisme (www.communautarisme.net)

(2) Permission d'extension de la surface commerciale autorisée à l'accès au public délivrée par la Commission Départementale d'Equipement Commercial.