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07/04/2015

Syrie : l’Occident ne cherche pas de solution

Entretien avec le chercheur Frédéric Pichon

Publié le 02 avril 2015 à 18:51 dans Monde

Mots-clés : 

syrie assad iran daech

Pour le spécialiste de la Syrie Frédéric Pichon, les Occidentaux refusent de choisir entre Assad et l’Etat islamique. L’Europe et les Etats-Unis laissent donc se développer une guerre de basse intensité dont ils n’attendent aucun vainqueur. L’auteur de Syrie : pourquoi l’Occident s’est trompé pense enfin qu’Obama mise sur un la réintégration de  Téhéran dans le grand jeu moyen-oriental… tout en laissant les puissances sunnites contrebalancer l’influence iranienne.

Daoud Boughezala : Alors qu’on a longtemps cru les jours de Bachar Al-Assad comptés, depuis l’émergence de l’Etat islamique, de plus en plus de voix occidentales, à commencer par le secrétaire d’État américain, plaident pour un dialogue avec Damas. Les rebelles ayant récemment regagné du terrain, à Idleb et sur le front sud, certains médias renouent avec les espoirs révolutionnaires de 2011. Pensez-vous le régime d’Assad condamné à moyen terme ?

Frédéric Pichon : Le dialogue avec Damas n’a pas vraiment été prôné par les Etats-Unis ou la France, du moins officiellement. Comme on n’a pas voulu voir que l’enlisement du conflit allait mener à la constitution d’un Djihadistan, on se console en proclamant partout la formule magique, reprise d’ailleurs par les “spécialistes” appointés de “Ni Assad, ni Daech”. Et effectivement, tant qu’il n’y aura pas un net ciblage de Daech ou de Nosra en Syrie (notammment par la chasse française qui a eu jusqu’ici pour instruction de ne frapper qu’en Irak), on maintient les deux adversaires  en situation de se combattre et de remporter épisodiquement des batailles qui ne sont jamais décisives. D’ailleurs, la stratégie de l’État islamique en Syrie semble être celle du harcèlement (comme dans le camp palestinien de Yarmouk, au sud de Damas) afin d’épuiser l’armée syrienne. Et je me demande si ce n’est pas également ce que souhaitent les Occidentaux: laisser durer un conflit de relativement basse intensité jusqu’à épuisement des belligérants. De ce point de vue, force est de reconnaître que la Syrie se vide de ses forces – même si elle est sous perfusion iranienne et, dans une moindre mesure, russe. Reste que le gouvernement syrien tient – ni les fameuses défections ni le coup d’État interne tant attendus ne sont arrivés et ils ne surviendront sans doute pas. N’oublions pas que les loyalistes jouent leur survie et celle de leurs familles. Sûr de sa victoire, Assad n’a pas l’intention de lâcher le pouvoir.

Ces derniers mois, le pouvoir syrien, d’habitude très jaloux de sa souveraineté, a reconnu pour la première fois avoir confié le commandement des opérations sur le Golan à des officiers iraniens, ainsi qu’au Hezbollah et à des milices chiites irakiennes. Militairement, l’armée syrienne et son haut commandement sont-ils dépassés ?

Cela fait longtemps que l’on sait que le Hezbollah et les Pasdarans iraniens assistent l’armée syrienne. À Qusayr au printemps 2013, le Hezbollah a eu un rôle décisif dans la victoire. Il faut savoir que l’armée syrienne est une armée de type soviétique, organisé sur le modèle classique avec infanterie, appui aérien et arme blindée. Dans le combat urbain à l’intérieur d’un conflit asymétrique, ce type d’armée ne peut vaincre et subit de lourdes pertes. Le Hezbollah, lui, à une grande expérience du conflit asymétrique, que les Iraniens lui ont enseigné dans les camps d’entraînement de la Bekaa au début des années 80 puis qu’ils ont testé pendant la Guerre du Liban et contre Tsahal à des nombreuses reprises, dont la dernière en 2006 fut plutôt un succès. Quant aux Iraniens, ils ont acquis une vraie expertise dans ce domaine et n’hésitent pas à dépêcher des conseillers aux côtés de l’armée syrienne. Sans leur soutien, l’armée syrienne n’aurait vraisemblablement pas pu mener certaines offensives ou sanctuariser certains axes vitaux.

La volonté d’arriver coûte que coûte à un accord avec l’Iran explique-t-elle le revirement américain d’août 2013 sur la question des armes chimiques ?

Il faut déconnecter la problématique chimique de la question nucléaire iranienne. En septembre 2013, l’accord sur la neutralisation de l’arsenal syrien et la renonciation à des frappes de la part d’Obama sont la traduction du retrait américain et des fortes pressions russes, ces derniers n’ayant pas du tout été convaincus par les “preuves” qui attribuaient ce massacre à Damas. Et personne en fait n’y a vraiment cru à l’époque. Côté français, il a fallu que Matignon sorte un pseudo rapport bidonné pour donner le change mais cela n’a pas fonctionné.

Plus globalement, la politique d’Obama en Syrie est-elle liée à sa stratégie iranienne ?

Les États-Unis sont tiraillés entre leurs alliés régionaux, Arabie Saoudite en tête, qui sentent bien qu’ils sont en train d’être lâchés – et leur volonté de quitter la région. Ce que veut Obama c’est parier sur la multipolarité et laisser émerger l’Iran tout en sachant très bien que ce dernier sera et devra être entravé au maximum par les sunnites de la région. De toute façon, les États-Unis n’ont plus les moyens d’imposer leur embargo sur l’Iran : les Chinois y opèrent massivement, notamment par l’intermédiaire de leurs banques, et n’ont pas été sanctionnés. Il n’y a que les banques françaises pour se faire condamner ! C’est un jeu sans gagnant, qui affaiblira tout le monde mais pas l’Amérique. En Syrie, les Américains appliquent la même stratégie : ne pas laisser gagner Assad… mais ne rien faire pour qu’il tombe.

 

source causeur

10/09/2013

Un pavé dans la mare ?

Témoignage d'un enseignant  Belge qui assure que les attaques au gaz sarin ne sont pas le fait de Bachar al Assad mais des insurgés. Vu l'impartialité de nos journalistes, il semble incroyable que ce témoignage n'ait pas été censuré.

 

05/12/2009

L'Europe, une Démocratie ?

Préoccupation concernant le référendum sur les minarets

Déclaration du Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, Thorbjørn Jagland

Strasbourg, 30.11.2009 - “Gardant à l’esprit que le droit de débattre et de voter sur des questions importantes pour la société est un droit fondamental des Etats démocratiques, le référendum qui s’est tenu hier sur la construction de nouveaux minarets en Suisse soulève néanmoins la question de savoir si les droits fondamentaux individuels, protégés par des traités internationaux, devraient être soumis à des référendums populaires.

L’interdiction de construire de nouveaux minarets touche à la liberté d’expression, à la liberté de religion et à l’interdiction de toute discrimination, qui sont garanties par la Convention européenne des droits de l’homme. C’est pourquoi, si la Cour européenne des droits de l’homme était saisie d’une requête, ce serait à elle de décider si l’interdiction de construire de nouveaux minarets est compatible avec la Convention.” source

 

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Les suisses ont-ils votés contre les libertés religieuses d'une minorité ou bien contre les symboles (de plus en plus) visibles et ostensibles d'une religion dominatrice, et de plus en plus conquérante ?

Et pourquoi les élites européennes font-elles semblant de se méprendre sur les réelles intentions de leurs peuples ? Pourquoi font-elles toujours semblant de croire que les réactions populaires sont inévitablement empreintes d'intolérance et/ou de xénophobie, ? Alors même que l'Europe est le continent le plus tolérant au monde ! L'intolérance est-elle, aujourd'hui, le fait de la vieille Europe ou bien de l'Islam ? Est-ce la « minorité » musulmane en Europe qui est persécutée ou bien les minorités chrétiennes en terre d'Islam ?

Cynisme ou stupidité de la part de nos élites ? Les deux, peut-être ?


Le français vont enfin comprendre (du moins je l'espère) les liens étroits qui existent entre la souveraineté , la liberté, la prospérité et la paix civile d'une Nation.

27/07/2007

Pourquoi le Président busch est-il si pressé de voir le Kosovo indépendant ?

Voici un article paru dans libération le lundi 11 juin 2007 :

 

"Cacophonie sur le futur statut du Kosovo. En visite en Bulgarie lundi, George Bush a de nouveau répété que le Kosovo devait être indépendant, tout en déclarant qu'il fallait offrir à la Serbie la perspective d'une intégration à l'Otan afin qu'elle accepte la perte de sa province à majorité albanaise.
«Le moment est venu de faire avancer le plan Ahtisaari», du nom médiateur de l’ONU accordant une quasi-indépendance au Kosovo, a déclaré le président américain lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue bulgare Georgi Parvanov à Sofia. «L'Amérique croit que le Kosovo doit être indépendant», a-t-il dit malgré les résistances de Belgrade et de son alliée, la Russie.
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D'ailleurs, lundi après-midi, la Serbie s'est dit «dégoûtée» par la déclaration du président américain, a déclaré le Premier ministre serbe Vojislav Kostunica. "Les Etats-Unis ont le droit de soutenir certains gouvernements et nations en accord avec leurs intérêts, mais ils ne peuvent sûrement pas leur faire cadeau de quelque chose qui ne leur appartient pas", a ajouté Kostunica.

Dimanche, à Tirana (Albanie) où il a été accueilli en héros, Bush a été explicite et a rejeté l’hypothèse d’un «dialogue sans fin» sur le Kosovo. En pleine crise des relations avec la Russie, il a même menacé de passer outre à l'opposition de celle-ci pour établir l'indépendance de la province placée sous contrôle international depuis 1999.

Si Américains et Européens, favorables à l'indépendance du Kosovo, ne parviennent pas rapidement à un accord avec les Russes et les Serbes, qui y sont hostiles, «vous devez dire: ça suffit, le Kosovo est indépendant», a déclaré M. Bush, au cours d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre albanais Sali Berisha à Tirana. S'il apparaît qu'un terrain d'entente ne peut être trouvé «dans un délai relativement rapide (...) nous devons déposer (au Conseil de sécurité de l'ONU, ndlr) la résolution» conduisant le Kosovo à une quasi-indépendance. «C'est ce que date-butoir veut dire», a affirmé le président américain.
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A Belgrade, l’entourage de Vojislav Kostunica, avait immédiatement indiqué que le gouvernement serbe proclamerait «immédiatement nulle et non avenue» toute déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo.

La fermeté américaine rajoute à la cacophonie sur le futur statut du Kosovo. Jeudi, au G8 de Heiligendamm en Allemagne, Nicolas Sarkozy avait surpris diplomates et chefs d’Etat en proposant d'instaurer un délai de six mois avant tout vote d'une résolution au Conseil de sécurité, mais avec, pour préalable, une reconnaissance par Moscou du caractère inéluctable de l'indépendance. En vain.
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La Russie avait insisté sur la nécessité de  respecter l’intégrité du territoire de la Serbie. De son côté, Angela Merkel, la chancelière allemande, avait indiqué que le «temps pressait» et qu'elle n'était pas favorable à un report d'une décision sur le statut futur du Kosovo.

Mardi, à Paris, des hauts fonctionnaires des pays membres du groupe de contact sur le Kosovo, à l'exception de la Russie, se réuniront pour évoquer le futur statut de la province, Cette réunion «s'inscrit dans la continuité des efforts menés au sein de la communauté internationale pour parvenir à une solution sur le futur statut du Kosovo», a déclaré le porte-parole adjoint du ministère, Denis Simonneau.


Dans les prochains jours, le débat ne devrait pas manquer de rebondir au Conseil de sécurité des Nations unies qui doit décider du statut de la province serbe, administrée par l'ONU depuis 1999."
 
article paru dans libération 
 
Cette insistance n'est-elle pas étonnante, quand on sait que la Palestine attend son indépendance depuis un demi siècle ?
Lors du conflit en 1999, Bill Clinton n'avait-il pas affirmé que l'indépendance du kosovo n'était pas l'objectif de la guerre ? 
Pour ceux qui semblent croire qu'il y a une différence de politique entre républicains et démocrates, voici la preuve du contraire !
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Pourquoi l'Allemagne, après avoir soutenu la Croatie (son ancienne alliée dans les années 40) en 1992, ce qui fut l'une des causes principales de la guerre au début de la décennie 90, s'acharne t'elle sur la Serbie (son ancienne ennemie dans les années 40) ?
Pour comprendre les véritables motivations de nos amis US cliquez ici 

 

Quant à l'Allemagne, elle ne fait que reprendre son ancienne Ostpolitik d'avant la deuxième guerre mondiale.

Péricles 

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09/06/2007

Y-a-t-il encore un gramme d'intelligence dans la tête de nos politiciens ?

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"J'en finirai avec la repentance, je veux que l'on soit fier de la France" : quel beau slogan de Mr Sarkozy, radio diffusé 2 jours avant le deuxième tour ! Mais qu'en est-il des actes ? Le 8 mai 2007, pour la commémoration de l'armistice qui a mis fin à la deuxième guerre mondiale, notre président fraîchement élu a brillé par son absence. Cette guerre est pourtant riche en symbolique pour notre pays.
Notre président a préféré se rendre à la commémoration de l'abolition de l'esclavage, pour en finir avec la repentance. Peut-être est-ce plus moderne, moins frenchy ? Plus "communauté", plus "tensions ethniques à l'américaine", allez savoir ?
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De plus certains de nos députés UMP, républicains à coup sûr, nous prépare un projet de loi tendant à reconnaître "le génocide Vendéen de 1793-1794". Mais non, vous avez bien lu, un génocide ! Pour en finir avec la repentance !

Jusqu'où iront-ils ? Devrons-nous verser des indemnités pour dédommager les huguenots de la Saint-Barthélemy ?
Devrons-nous nous agenouiller pour implorer le pardon pour les croisades du Moyen-Age ? Et les Cathares, ne les oublions pas, les pauvres ! Et Jeanne d'Arc, quand va-t-on enfin faire son procès pour fondamentalisme religieux ?

Nous, français, sommes maudits ! Le mal nous habite. Vous verrez qu'un jour on découvrira que, sans la France, Staline, Hitler, Pol Pot... n'auraient jamais existé.

Mais que signifie cette farce ? Peut-être que nos politiciens incompétents voudraient nous faire croire qu'ils agissent ? C'est plus facile d'accuser des morts que de s'attaquer aux privilèges et aux injustices.
Continuez à dénigrer votre pays, pendant ce temps-là, on vous oublie.
Et puis si tout cela nous amène à la guerre civile, qu'importe, on accusera un mort d'en être responsable : de Gaulle peut-être ?

Du bon usage de l'irresponsabilité.

28/05/2007

Comment juger les premiers actes politiques du Président Sarkozy ?

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Comment interpréter les premiers actes de Mr Sarkozy ? Comment interpréter le fait qu'au lendemain de son élection, il se fasse inviter sur le yacht d'un milliardaire ? Bien entendu, ses thuriféraires clament à qui veut l'entendre que cet épisode appartient à sa vie privée, et que de toutes façons, ce séjour n'a pas coûté un centime au contribuable français. Ah, l'argent, l'argent, ils n'ont que cela à la bouche !
Je ne parle pas d'argent, je parle de symboles, de sens, de significations. N'y a-t'il que l'argent qui vous intéresse ?
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Comment ne pas être choqué quand le premier fonctionnaire de France (dans la hiérarchie) passe ses vacances tous frais payés, sur le yacht d'un milliardaire, qui travaille à l'occasion avec les commandes de l'Etat ? Cela n'a-t'il donc aucune signification à vos yeux ? Manifestement, il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir.
N'importe quel fonctionnaire s'autorisant ce genre de comportement ferait l'objet d'une enquête administrative pour suspicion de corruption.
Mais il est vrai qu'à notre époque les élections effacent toutes les fautes.
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Comment interpréter le fait que le Mr Sarkozy fasse son footing, au lendemain de son élection, affublé d'un tee-shirt NYPD " New York Police Department". Connaissant ses penchants pour le modèle americain, il y a de quoi être troublé. Mais non, mais non - crient à l'unisson ses feudataires- cela ne veut rien dire, c'est un détail, après tout, il a bien le droit de s'habiller comme il veut !
Il y a quelque chose d'incroyable dans cet aveuglement : à notre époque où tous les détails du comportement, de l'apparence, des paroles des hommes publiques sont réglés comme du papier à musique (Merci Mr Séguéla) jusqu'à en devenir ridicules (voir l'attitude de Mme Royal singeant les de Gaulle pendant la campagne, entre autres), se dire que ce qu'a fait Mr Sarkozy n'a pas de signification est à proprement parler, stupéfiant .
Naïveté, aveuglement, esprit partisan, mauvaise foi ?
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Pour moi, le symbole est clair : Mr Sarkozy tombe le masque. Ses vraies valeurs sont anglo-saxonnes. Son regard ne se porte pas vers la France ascétique d'un de Gaulle ou d'un Jules Ferry, mais vers l'Amérique de Reagan et son argent roi.
Mon amertume n'est pas due à cela. Après tout, libre à lui de croire que le salut viendra de l'étranger. Bien d'autres avant lui se sont laissés séduire : Pétain et l'Allemagne, les Alexandre Adler, Kouchner, Gluksmann (entre autres) avec les états totalitaires communistes (Mr Sarkozy, c'est mauvais signe d'avoir de tels soutiens ! Mauvais signe pour qui, au fait ?), tous les contres-révolutionnaires français du dix-neuvième siècle qui préféraient voir les armées étrangères défiler à Paris, plutôt que de voir la Révolution Française réussir.
Non, mon amertume n'est pas due à cela. C'est d'avoir compris (trop vite peut-être) que toutes les promesses, tous les espoirs suscités pendant quatre mois n'étaient que du flan.
Je lui sais gré de nous avoir dégrisé rapidement ; Mr Sarkozy est un pragmatique : continuer à raconter du bobard est un acte désormais inutile. Place à l'action et aux vrais convictions : King money bless France !

Vous me direz " les promesses n'engagent que ceux qui y croient, et comment un candidat qui a promis tout et son contraire pourrait-il tenir parole ?"
Après tout, pour beaucoup de nos concitoyens, la fin justifie les moyens, et quand le pouvoir est au bout de l'ambition, tous les moyens sont bons.
Beaucoup de nos concitoyens pensent que le cynisme en politique est une vertu cardinale : je pense quant à moi que la vertu cardinale doit reposer sur la conviction que l'intérêt et l'avenir de son pays priment sur sa carrière personnelle : vieux débat entre l'éthique de conviction et l'éthique de responsabilité.

La vrai démocratie pour la France ne réside pas dans les illusions de démocratie participative, mais dans la relation entre un peuple et des hommes politiques responsables.

La droite est-elle le seul mouvement politique permettant de redresser la France ?

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Dans notre histoire, la droite est-elle le mouvement politique qui a permis à la France d'être la cinquième puissance mondiale ?

Je crois bien que non.
La gauche comme la droite ont été capables du pire comme du meilleur, chacune de leur côté. Voici quelques erreurs de la droite qui auraient pu nous renvoyer au Moyen-Age ( difficile de toutes les énumérer, il faudrait un blog spécial).

La raclée que la France a subie en mai-juin 1940 est de la responsabilité autant de la droite que la gauche puisqu'ils ont gouverné ensemble, de manière alternée (les gouvernements avaient une durée moyenne de 6 mois), dans les années 30. Ils n'ont pas su, les uns les autres, préparer la France à l'épreuve de la guerre contre les nazis.
Une bonne partie de la droite s'est réjouie de cette défaite car, pour elle, c'était la fin du mouvement progressiste issu de la Révolution Française. Les gens de droite préféraient retrouver les pleins pouvoirs sous la botte de Hitler, que de voir des gueux leur tenir tête.
En juin 1940, la France n'est plus une puissance mais une colonie, et les français des esclaves. Vive la droite, et vive le Maréchal.
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La droite était, dans sa majeure partie, partisane du maintien des colonies en Indochine et en Algérie.
Imaginez la situation de la France si, aujourd'hui, on avait gardé l'Algérie française. Grâce à la décolonisation, l'armée française s'est modernisée -elle a accédé au club très fermé des puissances nucléaires- et l'économie française a connu un tel boom économique dans les années 60 (l'Algérie étant devenue, malgré tout ce qu'on veut bien nous raconter aujourd'hui, un gouffre financier et un obstacle à la modernisation de l'économie française), qu'au début des années 70 sa puissance inquiétait les USA. Heureusement pour les USA, il y a eu depuis Giscard (de droite), Mitterrand (de gauche) et Chirac (de droite). Je n'ai pas l'impression qu'après 14 ans de gauche et de 19 ans de droite (et oui 7 ans de Giscard et 12 ans de Chirac), la France ait gagné en puissance.

Car il ne faut pas oublier que Mr Chirac a gouverné pendant 12 ans, et la France n'a jamais été aussi mal en point (c'est pas moi qui le dit, c'est Mr Sarkozy qui a d'ailleurs gouverné avec lui pendant 5 ans).
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Donc, après d'aussi piètres résultats, je pense que la droite devrait faire preuve de plus d'humilité. Le carriérisme, le manque de scrupules, l'incompétence, le dogmatisme et la bêtise ne sont pas des spécialités de la gauche. La droite a toujours su se montrer à la hauteur dans ces domaines.

http://pericles.midiblogs.com/

19/05/2007

Mr Sarkozy, fils spirituel de Mitterrand.

  1. N'y a t'il pas une contradiction fondamentale entre un Sarkozy défendant la constitution supra-nationale de 2005, et un Sarkozy prônant le retour à la Nation Républicaine ?
Mais après tout Mitterrand nous avait bien promis la révolution, pour finir par proner le traité ultra-libéral de Maastricht.
Que de ressemblances entre Sarkozy et Mitterrand : l'ambition démesurée, la capacité aux coups tordus, l'amour du fric et du strass, les promesses contradictoires (un peu pour les patrons, un peu pour les salariés), l'atlantisme, la capacité à aller dans le sens du vent, jusqu'à son actuel gouvernement qui n'aurait pas fait tâche sous tonton : il manque Bernard Tapie et le tableau serait parfait.

03/05/2007

Pourquoi la sécurité sociale est condamnée.

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Il est intéressant de constater que tout le monde parle de la sécu et de ses problèmes, sans se demander pourquoi elle en est là.
Bien sûr, nos médias nous rappellent souvent que, si la sécu est en difficulté, le chômage mais aussi le sens des responsabilités défaillant des français en sont les principales causes. Tout cela n'est pas faux mais, comme d'habitude, le problème est mal posé; ce qui permet de ne jamais y remédier.

Pourquoi ces deux arguments ne tiennent pas ?
- Parce que, depuis trente ans, malgré la crise économique et un chômage de masse endémique, les (ir)responsables politiques et les dirigeants de tous poils ont multiplié les largesses et distribué l'argent de la collectivité à qui voulait bien le prendre.
Pourtant, tout homme sain d'esprit qui croule sous les dettes, qui a une femme et des enfants à sa charge, réduirait ses dépenses au strict nécessaire.
- Quant à l'irresponsabilité des français ; ils ne font que ce qu'on les laisse faire.
Pourquoi lorsqu'il s'agit des impôts (et donc des recettes de l'Etat), l'administration part du principe que tout citoyen peut frauder et investit donc une bonne partie de ses budgets au contrôle ?
Pourquoi avec la sécu n'y-a-t'il pratiquement jamais de contrôles, sans parler de sanctions ?
Tout simplement parce que certains aimeraient bien la voir mourir de sa belle mort.

Pourquoi ?

Posons-nous la question : pourquoi la Sécurité Sociale est-elle apparue en 1945 ? Est-ce parce que les dirigeants et patrons de l'époque étaient subitement devenus humanistes ?
Pourtant, du début de la révolution industrielle jusqu'à la fin de la deuxième guerre mondiale, les travailleurs ne disposaient de presqu'aucune protection sociale.Ils travaillaient comme des esclaves dans les usines ou les mines, prenaient des risques énormes avec leur santé et parfois leur vie, et étaient payés juste ce qu'il fallait pour survivre (pour reproduire la force de travail comme disait Marx). Bien entendu, lorsqu'ils ne pouvaient plus travailler (pour cause d'accident, de maladie ou de vieillesse), ils n'avaient plus qu'à crever dans les nombreux mouroirs pour indigents.
Je rappelle que les enfants subissaient les mêmes traitements : à l'âge de 4 ou 5 ans, ils travaillaient dans les usines ou les mines, vingt heures par jour, six jours par semaine (avec la bénédiction de l'Eglise, garante de l'ordre), souvent victimes d'accidents mortels ou invalidants.
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Tout au long de ces années, aucune (ou presque aucune) loi significative ne vint changer cet état de fait, le patronat se protégeant derrière le principe de responsabilité personnelle -chaque individu devant économiser dans un but de prévoyance- ce qui, bien entendu, reléguait une bonne partie de la population à la misère et à la mort.
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La Révolution Russe changea complètement la donne. Le communisme naquit sur les horreurs du libéralisme économique (ce dernier étant la première forme de totalitarisme du monde moderne).
Le rapport de force allait être complètement bouleversé. Ce qui explique que la droite française, ainsi que bien des patrons français, allaient soutenir Hitler, héraut de l'anticommunisme, et se fourvoyer dans la collaboration.
Mais Hitler le fou fut écrasé par la machine de guerre soviétique. La France était au bord de la révolution rouge. Les grèves générales et les émeutes se multipliaient, organisées par la CGT et le parti communiste français ; le patronat français commençait à faire dans sa culotte.
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C'est la raison pour laquelle ce fut le patronat français, et non le PC, qui voulut la sécu (même si ce fut de Gaulle qui signa le décret), le PC n'ayant, en effet, aucun intérêt à voir une mesure sociale ralentir la marche de la révolution.
Ce furent pour les mêmes raisons que les USA nous fournirent le plan MARSHALL.
L'alliance militaire en 1947 avec les USA ainsi que la création de la communauté européenne avaient également pour objectif de faire barrage au communisme.
Nos élites et dirigeants n'étaient pas devenus spontanément des apôtres de la paix, de l'amour et du partage, seule la peur de tout perdre les a incités à donner.
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Petit à petit, l'URSS va monter en puissance et, comme par hasard, les inégalités économiques vont progressivement s'atténuer dans les pays occidentaux. Puis arrive le moment où l'URSS s'affaisse, avec la guerre en Afghanistan. Bien entendu, l'ultra-libéralisme et ses inégalités économiques refont surface, incarnés par Ronald Reagan et Margaret Thatcher. Est-ce un hasard ?
Et François Mitterrand, qui se fait élire pour le grand soir en 1981, pratiquera, dans les faits, une politique économique de droite, et soutiendra un projet européen d'inspiration ultra-libérale (traité de Maastricht en 1992).

A partir de quand le déficit de la sécu devint-il une préoccupation nationale ? Au début des années 90 (1).
Quand l'URSS a-t'elle sombré définitivement ? Au début des années 90.

Je viens donc de vous démontrer que la sécurité sociale n'a plus d'utilité pour nos élites. Elle est donc condamnée. Ce n'est qu'une question de temps.
Comment faire ? C'est très simple : il suffit de ne jamais contrôler afin que les escroqueries se multiplient. Il suffit de distribuer l'argent à quiconque le réclame, citoyen français ou non, souvent pour des motifs à dormir debout.
On cache tout ceci sous une couche de bons sentiments ; on organise quelques campagnes de presse pour convaincre le citoyen moyen que le système est pourri et qu'il n'a aucun intérêt à continuer de payer pour une passoire... et le tour est joué.

Mes chers concitoyens, rendormez-vous, vos représentants politiques veillent sur vos intérêts.
Ne vous syndiquez pas, ne soyez pas solidaires, haïssez le conflit, soyez optimistes, ne voyez pas le mal partout, vivez dans la paix et dans l'amour. Ayez confiance dans vos médias et dans vos partis politiques, surtout s'ils se disent de gauche.
Et puis à quoi sert l'esprit critique sinon à être malheureux.

Bonne nuit.




(1) Depuis 1993, des exonérations de charges patronales sont accordées aux entreprises dans le but de diminuer le coût du travail, notamment du travail le moins qualifié. Depuis la loi du 25 juillet 1994, toute nouvelle exonération doit être compensée intégralement par l'État
D'une manière générale, on assiste en France à une augmentation du financement de la Sécurité Sociale par l'impôt, les entreprises se désengageant du financement.
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25/04/2007

Qu'est-ce qu'être français ?

La Belgique polyglotte n'est-elle pas une Nation ? Monsieur Yann, c'est une très bonne question.

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Laissez-moi donc vous poser quelques questions à mon tour :
- L'Empire des Habsbourg était-il une Nation ?
- La Yougoslavie était-elle une Nation ?
- La Tchécoslovaquie était-elle une Nation ?
- L'URSS était-elle une Nation ?
- Le Rwanda est-il une Nation ?

Je ne suis pas un spécialiste de la Belgique, mais je pense qu'il ne faut pas confondre frontières administratives et Nation. Ce ne sont pas une armée, une administration, un gouvernement, des frontières qui font une Nation (bien des colonies au début du XXème siècle avaient ces caractéristiques). Un territoire occupé par des peuples de langues différentes peut exister, parfois pendant des siècles, sans pour cela former une Nation.

Une Nation peut se créer sur des bases ethniques, religieuses, ou bien sur une histoire commune (souvent liée à une aire géographique, comme la France). Une chose est sûre, un pays sans homogénéité linguistique (et donc culturelle) n'est pas une Nation, même si elle en a l'apparence.
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Bien entendu, en France, nous avons beaucoup de mal à l'accepter, car nous avons le fantasme de l'homme universel, et surtout la hantise du conflit, car nous confondons souvent Nation et nationalisme.
Mais l'homme universel n'existe pas. Il existe des français, des espagnols... qui deviennent des français, des espagnols...grâce à leur langue. Un français ne sera jamais français s'il ne parle pas le français. C'est par l'intermédiaire de la langue qu'une collectivité transmet ses valeurs et ses représentations. Cela se fait tellement naturellement que nous ne nous en apercevons même pas. Quand à 7 ans, nous commençons à prendre conscience du monde (et que nous commençons à avoir l'illusion de la liberté), la culture française nous a déjà façonnés ; nous sommes déjà des petits français : la langue en a été le vecteur.
L'enfant qui n'a pas été façonné par une langue quelconque ne deviendra pas un homme, mais un animal (voir Victor, l'enfant sauvage de l'Aveyron, décrit par Jean Itard).
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Un français (ou un anglais) ne comprendra jamais qu'artificiellement et de l'extérieur les spécificités d'une autre culture. Même s'il a l'impression de les comprendre, il ne fait souvent que les déformer par le prisme de ses représentations, et de ses préjugés (essayez donc de comprendre le sens du "ki" dans les arts orientaux).
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Pour conclure, je pense donc que la Belgique n'est pas une Nation mais une construction administrative qui restera toujours très fragile. Au moindre remous historique (ce qui n'est qu'une question de temps),
qu'adviendra-t-elle ?
De Gaulle a lui même écrit qu'en 1945 s'il avait voulu intégrer la Belgique francophone à la France, elle se serait jetée dans ses bras.
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J'ai du mal à croire que la même chose aurait été possible entre la Bretagne et l'Angleterre par exemple.