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04/01/2007

Traité de Lisbonne : un plat réchauffé !

L’avis du Conseil constitutionnel rendu le 20 décembre établit que le traité de Lisbonne et le TCE sont presque identiques.0f07b5be3d8fc89c96bb721e68a9786a.jpg

Marianne2.fr. — Quelle est la portée de la décision rendue par le Conseil constitutionnel sur le traité de Lisbonne ce jeudi 20 décembre ?

Anne-Marie Le Pourhiet. — Quand on met côte à côte les conclusions de décembre 2007 sur le traité de Lisbonne et celles de novembre 2004 sur le traité constitutionnel (TCE), on est bien en peine de voir les différences ! Il s’agit pratiquement de la même décision, et le texte publié le 20 décembre fait clairement référence à celui que le Conseil constitutionnel avait rendu sur le TCE. Dans le 12e point, qui porte sur les droits fondamentaux, le conseil note même que « hormis les changements de numérotation » la Charte est la même ! Il y a quelques modifications, comme sur le droit de la famille, qui connaît de nouvelles restrictions pour l’intervention des parlements nationaux. Mais dans l’analyse qui est celle des clauses affectant l’exercice de la souveraineté, il n’y a rien de neuf. Le Conseil n’a pas vocation à statuer sur la procédure de validation par voie parlementaire.

M. — La Constitution que révisera le Congrès pour adopter le traité de Lisbonne. Un Comité national pour un référendum (CNR) s’est constitué : étant donné le constat d’identité dressé par le Conseil constitutionnel entre le traité de Lisbonne et le TCE, les parlementaires qui y ont adhéré pourraient-ils obtenir l’annulation de la validation par l’Assemblée nationale ?23ccdd950e0f53db0dbb49ef0f9e05c4.jpg

A.-M. L. P. — Selon la Constitution, soixante députés ou soixante sénateurs peuvent saisir le Conseil constitutionnel. Ils peuvent déférer la loi qui autorise la ratification du traité de Lisbonne en plaidant que l’adoption par voie parlementaire d’un texte qui reprend l’essentiel d’un traité rejeté par le peuple est contraire au principe démocratique consacré par la Constitution. Il n’y pas dans la Constitution français, comme dans celle de la Californie, de interdisant expressément de modifier une loi référendaire par une loi parlementaire. Le Conseil constitutionnel ne consacre pas non plus dans sa jurisprudence, comme le fait la Cour constitutionnelle italienne, la nécessité d’un nouveau référendum pour contourner la volonté populaire. Le Conseil rejeterait probablement la requête mais, pour les partisans du référendum, ce serait un baroud d’honneur.

M. — François Fillon a donné dans un entretien au Monde un résumé de la réforme Balladur sur les institutions : qu’en est-il de l’option référendaire dans cette révision ?

A.-M. L. P. — Le caractère anti-démocratique de la démarche européenne du gouvernement se confirme, puisque l’avant-projet de révision constitutionnel, préparé par François Fillon, prévoit de ne plus rendre le référendum obligatoire pour les futurs élargissements de l’Union. Cette obligation avait été ajouté par l’article 88.5 modifié en 2005 par Jacques Chirac à l’occasion du TCE. Alors que le rapport du « comité Balladur » voulait une « cinquième république plus démocratique », on nous sert, en réalité, une confiscation supplémentaire du pouvoir du peuple.

Anne-Marie Le Pourhiet : « La décision du Conseil constitutionnel sur le traité de Lisbonne confirme celle sur le TCE »

Article publié sur Marianne.fr mercredi 26 décembre 2007