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22/05/2007

Scoop : voici la première mouture (réécrite depuis) du discours d'investiture de Sarkozy

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"Mesdames, Messieurs,

En ce jour où je prends la responsabilité d'assumer la plus haute charge de l'Etat, je me sens dépositaire d'une espérance.
L'élection présidentielle n'a pas vu la victoire d'une France contre une autre, d'une idéologie contre une autre. Elle a vu la victoire d'une France qui veut se donner les moyens de sa puissance pour le troisième millénaire.

Il n’y a eu qu’un vainqueur le 6 mai 2007, c’est l’espoir. Puisse-t-il devenir la chose de France la mieux partagée ! Pour cela j’avancerai sans jamais me lasser sur le chemin de l'efficacité, de la confrontation dans le respect d’autrui. Président de tous les Français, je veux les rassembler pour les grandes causes qui nous attendent et créer en toutes circonstances les conditions d’une véritable communauté nationale

Le 6 mai, le peuple français a exprimé sa volonté de changement.


...Cette nouvelle société, quant à moi, je la vois comme une société prospère, jeune, généreuse et libérée.
Une société prospère, parce que chacune des fins essentielles de notre vie collective suppose que nous disposions de grandes possibilités matérielles : parce que c’est la prospérité qui permet de faire passer le droit dans les faits et le rêve dans la réalité. Une société prospère, c’est-à-dire une société dans laquelle chacun des gestes qui concourent à la production soit plus efficace, parce qu’il incorpore plus de savoir et s’inscrit dans une organisation plus réfléchie et prend appui sur une plus grande quantité de capital accumulé.
La prospérité et l'efficacité conditionnent tout. L’exemple de pays plus en pointe que nous dans la voie de l'efficacité économique le montre. La prospérité est nécessaire pour édifier une société meilleure.

Les mots qui les ont désignées, ces ambitions - liberté, égalité, fraternité - ont perdu leur force, d’abord parce qu’ils sont anciens, ensuite parce qu’ils sont abstraits. Mais c’est à nous qu’il appartient de leur donner un sens nouveau, une réalité nouvelle et concrète, que seul rend possible le développement de l'efficacité économique.

Une société libérée, celle dont nous rêvons, est une société qui, au lieu de brider les imaginations, leur offre des possibilités concrètes de s’exercer et de se déployer. »

....Il est dans la nature d’une grande nation de concevoir de grands desseins. Dans le monde d’aujourd’hui, c’est, en tout cas, l’idée que je m’en fais et la volonté qui me porte, assuré qu’il ne peut y avoir d’ordre et de sécurité là où règnerait l’injustice, le manquement à la morale et l'irresponsabilité. C’est vaincre au bénéfice de la France, qui m’importe et non convaincre.
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... De ce jour, date une ère nouvelle de la politique française. Ceci n'est pas seulement dû, M. le président du Conseil Constitutionnel, à la proclamation du résultat que vous venez de rappeler et dont, par respect pour la France et pour sa longue histoire, je mesure l'honneur. Ceci n'est pas seulement dû aux 53% de français qui m'ont fait la confiance de me désigner pour devenir le vingt-deuxième Président de la République française. Ceci est dû en réalité à la totalité des suffrages du 6 mai 2007. Ces suffrages égaux selon la règle démocratique qu'il s'agisse de ceux des femmes et des hommes, des jeunes et des moins jeunes, des travailleurs et des inactifs, et qui se sont prononcés chacun à leur manière et selon leur préférence en témoignant leur volonté de changement.


...J'adresse le premier salut du nouveau Président de la République à celle qui dans cette compétition aspirait à le devenir et qui avait la capacité de le faire, je veux parler de Mme Royal. Ainsi c'est moi qui conduirait le changement, et je le conduirai seul. Si j'entends assumer pleinement la tâche de Président, et si j'accepte, à cet égard, les responsabilités qu'une telle attitude implique, l'action à entreprendre pourra associer le gouvernement dans ses initiatives et le Parlement. Je le conduirai seul parce que j'écoute et que j'entends encore l'immense rumeur du peuple français qui nous a demandé le changement. Nous ferons ce changement, pour lui, tel qu'il est dans son nombre et dans sa légitimité, et nous le conduirons en particulier pour sa jeunesse qui porte comme des torches la gaieté et l'avenir.

Messieurs les présidents, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, voici que s'ouvre le livre du temps avec le vertige de ses pages blanches. Ensemble comme un grand peuple uni abordons l'ère nouvelle de la politique française.
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Vive la République

Vive la France !"

Comme vous avez pu le constater, ce discours est un faux. C'est un mélange de plusieurs discours prononcés dans le passé -certains ont plus de trente ans- par des Présidents ou premiers ministres français (j'ai bien entendu été obligé de faire quelques modifications minimes pour coller au nouveau président).
Ces discours vous les avez déjà entendus, vous y avez déjà cru, vous avez tous été déçus. Pourtant, on vous réchauffe le plat tous les 5 ans, et vous vous jetez dessus comme des affamés.
Le peuple français est manifestement fait d'un bois léger.

Au fait, petit quizz : avez-vous deviné à qui appartiennent ces bouts de discours ?