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28/09/2007

L’étau américain se resserre un peu plus sur la « construction européenne »

Suite et fin du feuilleton de la nomination du représentant roumain à la Commission européenne.


L’un de mes destinataires, un ami français d’origine arménienne, m’a aimablement transmis un article des Nouvelles d’Arménie [1] sur les problèmes rencontrés par la Roumanie pour nommer son commissaire à Bruxelles, et en particulier sur le rejet de M. Vosganian, roumain d’origine arménienne.

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Monica MacoveiSous des dehors neutres, l’article apporte des informations extrêmement intéressantes qui permettent d’éclaire ce qui s’est passé à Bruxelles et qui permettent de conforter et de préciser mes analyses précédentes. On y apprend en effet que, si la nomination de M. Vosganian a été refusée, « la Commission ne faisait pas mystère de sa préférence pour la ministre roumaine de la Justice, Monica Macovei ». Or un petit coup d’oeil à la biographie de Monica Macovei sur Wikipedia-Roumanie [2] nous en apprend de belles : on y découvre que :
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— cette « candidate préférée par la Commission » a été membre du programme Eisenhower Exchange Fellowship en 1997 [3]
— elle avait aussi pour spécificité d’être membre fondateur de Transparency International- Roumanie, ONG qui a fait son fonds de commerce sur la lutte contre la corruption internationale. Louable motif dira-t-on. Oui, sauf que Transparency International est très largement financée par USAid, un faux-nez de la CIA, et que cette ONG prétendument indépendante est financée aussi par des majors américaines (General Motors, Exxon, Ford, IBM, Lockheed Martin,Pfizer Pharmaceuticals...) très connues en Europe pour leur moralité suspecte. Comment est-il possible d’imaginer que Boeing, réputé pour ses pots-de-vin et ses méthodes déloyales contre Airbus, soit devenu un défenseur soudain de la moralité économique ? [4]
Conclusion
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L’article des Nouvelles d’Arménie compte enfin un dernier point très intéressant : il montre que la Commission a par ailleurs tenté de manipuler l’opinion publique de façon particulièrement savante, en donnant à croire que Vosganian a été écarté parce qu’il était... trop libéral ! C’est en tout cas ce qu’ont osé sortir, semble-t-il, des « socialistes du Parlement européen »", mystérieusement sortis d’un chapeau. (On notera que c’est encore une attaque supplémentaire contre le pauvre Vosganian, décidément accusé de tous les maux : trop à droite, puis trop communiste, puis trop lié aux milieux d’affaires, et enfin trop libéral : on se croirait dans la fable de La Fontaine Le Loup et l’Agneau.)

En d’autres termes, Barroso ne voulait pas de Vosganian parce qu’il souhaitait que la Commission soit un peu moins dérégulatrice ! Pour qui connaît Barroso, un tel mensonge, c’est vraiment se moquer du monde. D’autant plus que le portefeuille accordé au Roumain concernera le multilinguisme et n’a donc guère de rapport avec les questions économiques.

La réalité est probablement toute autre et conforme à ce que j’anticipais déjà dans mon précédent article. M. Vosganian, étant d’origine arménienne et « inconnu » pour ses prises de position pro-européenne, a fait peur aux Américains qui ont dû estimer que ce serait un « empêcheur de vassaliser en rond » et qu’il poserait de gros problèmes quant à l’entrée de la Turquie dans l’UE.
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Les services secrets américains ont donc probablement dû déstabiliser ce commissaire et pousser, via Commission et Barroso interposés, la candidature d’une autre commissaire roumaine, qui présentait, quant à elle, toutes les « qualités » requises : ancienne du « Eisenhower Exchange Fellowship » — dont les liens avec la CIA et le gouvernement turc sont évidents —, et membre fondatrice de Transparency International, une ONG également complètement infiltrée par la CIA et le complexe militaro-industriel américain.
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En point final, on notera que le gouvernement roumain — sans doute dûment conseillé par ses services de renseignement —, s’il a battu en retraite sur la nomination de Vosganian, a néanmoins refusé de nommer Mme Macovei, si souhaitée par la Commission... et ses commanditaires.

Bucarest a fini par nommer un haut fonctionnaire, Leonard Orban, connu quand même pour être un « Européen convaincu ». Évidemment.

François ASSELINEAU

__________

[1] Article consultable ici : http://www.armenews.com/article.php....

[2] Article en roumain consultable ici : http://ro.wikipedia.org/wiki/Monica....

[3] Or ce « programme d’échanges » américain (comparable au programme des "Bourses Fulbright") présente des particularités remarquables :
comme les bourses Fulbright, il s’agit d’un institut qui vise à développer des réseaux d’influence américains à travers le monde, en ciblant particulièrement les « futurs dirigeants ». C’est d’ailleurs ce que dit sans ambages le site web dudit institut, en présentant bien entendu de façon anodine : « Eisenhower Fellowships engages emerging leaders from around the world to enhance their professional capabilities, broaden their contacts, deepen their perspectives, and unite them in a diverse, global community — a network where dialogue, understanding, and collaboration lead to a more prosperous, just, and peaceful world. » (Source : http://eisenhowerfellowships.org.
il est présidé par l’ancien président des États-Unis George H. Bush : « Since leaving office in 1992, Mr. Bush has served as Chairman of the Eisenhower Exchange Fellowship » (Source : http://www.aans.org/Library/Article....
on trouve dans son conseil d’administration rien moins que Donald Rumsfeld, secrétaire d’Etat à la Défense : « In addition to Gilead, Mr. Rumsfeld presently serves as an advisor to several companies and as a member of the board of directors of ABB AB ; Gulfstream Aerospace Corp. ; Kellogg ; Metricom, Inc. ; Sears, Roebuck and Co. and Tribune Company. Mr. Rumsfeld’s current civic activities include service on the board of trustees of the Eisenhower Exchange Fellowship, Freedom House and the RAND Corporation. » (Source :http://84.96.22.11/observabilis/FMP....
enfin, on découvre sur le web que le « Eisenhower Exchange Fellowship » semble particulièrement actif en Turquie. Google recense ainsi 416 sources où l’on trouve à la fois les mots « Eisenhower Exchange Fellowship » et « Turkey ». En particulier, on apprend que Suleyman Demirel, qui fut président de la Turquie, a été le premier Turc à faire une scolarité avec le « Eisenhower Exchange Fellowship ». Or c’est bien à l’issue de son entretien avec le président Suleyman Demirel, à Ankara le 15 novembre 1999, que le Président américain Clinton a déclaré que les États-Unis soutenaient « fermement » l’entrée de la Turquie dans l’UE (je renvoie ici de nouveau à ma conférence où je cite Clinton : « Je suis ferme dans mon soutien à la candidature de la Turquie. Je crois très fermement que l’une des quatre ou cinq questions pour cette partie du monde est de savoir si la Turquie deviendra un partenaire de plein droit de l’UE. (Conférence de presse du Président Clinton, dépêche AFP, 15 novembre 1999,15h35.). On peut lire aussi : « Turkish President Suleyman Demirel was the first Turk to get a scholarship from the Eisenhower Exchange Fellowship, which is controlled by the CIA. » (Source : http://users.westnet.gr/~cgian/0061.htm. Nota : cette source précise noir sur blanc ce qui semble une évidence : le « Eisenhower Exchange Fellowship » est entièrement contrôlé par la CIA.)

[4] Pour plus de précisions, vous pouvez lire le petit article bien fait sur le site très sérieux de Infoguerre : cliquez sur http://www.infoguerre.com/article.p....

Article de François ASSELINEAU publié le jeudi 2 novembre 2006 sur revue républicaine

19/03/2007

L'Europe est-elle une Nation ?

Il n'y a pas d'unité de langage, ce qui me paraît être une preuve irréfutable que l'Europe n'est pas une Nation ni une société. Le langage n'est pas qu'un outil pour communiquer : il est le moyen qu'une société utilise pour transmettre ses valeurs, ses représentations ; le moyen qu'elle utilise aussi pour s'incarner dans l'individu. En dehors de sa société, l'individu n'est rien.
Comment croyez-vous que la "société" européenne va s'incarner ? Va-t-on obliger la population française et européenne à apprendre l'anglais ? Va-t-on lui inculquer les valeurs anglo-saxonnes ? Savez-vous comment on reconnait un esclave ou un colonisé d'un homme libre ? Il a perdu, à coup sûr, l'usage de sa langue maternelle. Est-ce l'avenir que vous préparez à vos enfants ? Sans cette unité de langage, l'Europe ne sera jamais qu'une chimère comme l'a été l'internationale communiste. Il n'y a jamais eu d'internationale communiste ; il n'y a eu qu'une société russe qui a exploité, grâce à une subtile propagande, les fantasmes et les désirs des démunis pour étendre son empire.
L'apparente stabilité européenne n'est qu'illusion et ne repose que sur quelques éléments que personne ne peut garantir : la prospérité économique, la paix liée essentiellement au nucléaire et à l'implication des USA dans la défense européenne, la relative faiblesse politique et militaire des concurrents de l'Europe et des USA : Russie, Chine, Inde, Moyen-Orient.
Comment croyez-vous qu'évoluerait la soi-disant unité européenne en cas de grave récession économique ou de désengagement des USA dans la défense européenne ? Seriez-vous prêt à mourir ou à voir mourir vos enfants pour sauver la Roumanie attaquée militairement par la Russie ? Quant au nucléaire, il n'est qu'une technologie, qui comme toutes celles qui l'ont précédé, deviendra obsolète. Et alors, croyez-vous que les puissances étrangères nous laisseront tranquilles ? L'Histoire a déjà répondu à cette question.
Comment expliquez-vous que la Tchécoslovaquie ait disparu dans les années 90, pour devenir deux Etats distincts ? Comment expliquez-vous la guerre de l'ex-Yougoslavie ? Sont-ils d'indécrottables arriérés et barbares qui n'ont pas atteint un degré d'évolution suffisant pour comprendre ? L'Europe supranationale n'est qu'un fantasme qui nous rassure et nous permet de nous illusionner sur notre sécurité présente et future. Mais cette idéologie est dangereuse car elle nous oblige à déconstruire une société et une Nation bimillénaire pour la remplacer par........des mots et des concepts souvent fumeux, donc par rien. Les émeutes, les crises identitaires, le communautarisme, le retour de
l'obscurantisme religieux, la récession scolaire et culturelle, les problèmes de violence, le désengagement politique sont les signes avant-coureurs de crises beaucoup plus graves. Ils restent pourtant totalement incompréhensibles pour nos concitoyens qui s'habituent, petit à petit, au pire et à l'inacceptable.
Le totalitarisme, comme réaction à la perte des valeurs et à une atomisation de la société n'est, à mon avis, pas à exclure.
L'Europe existera si elle prend comme pilier les différentes sociétés et donc les Nations. Elles ont des intérêts communs, économiques et stratégiques. Une alliance et une imbrication économique sont bien suffisantes, le reste n'est qu'une dangereuse utopie.
Savez-vous combien de millions de morts l'utopie communiste a fait ? Croyez-vous que nous sommes à l'abri de nouvelles tempêtes ? Le mieux est parfois l'ennemi du bien.
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