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30/11/2007

Quelles leçons tirer des émeutes de Villiers le Bel

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Qui pourrait m'aider à comprendre ? Dès qu'une crapule décide de casser du flic et de brûler des voitures avec ses copains, tous nos curés de banlieues et autres travailleurs sociaux nous ressortent leurs psalmodies au sujet des ravages de la discrimination, de l'exclusion, du racisme, etc...

Il y a pourtant plusieurs choses qui me chiffonnent :
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Pouvez-vous m'expliquer pourquoi nos dirigeants politiques nous affirment que les violences de ces quartiers ont pour cause l'exclusion et la discrimination quand, dans le même temps, ils ont l'intention de faire appel à des étrangers pour pourvoir au manque de main-d'oeuvre dans certaines branches (comme le bâtiment où il y a des milliers de postes, avec ou sans qualifications, qui ne trouvent pas preneur) ?
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Comment font nos compatriotes des banlieues parisiennes pour ne pas trouver de travail... à Paris, la ville de France où il est le plus facile de trouver un emploi, même et surtout s'il est peu qualifié ? Parce qu'ils sont de couleur ? Je connais pourtant des amis d'origine maghrébine (sans qualification particulière) qui m'ont toujours affirmé qu'il n'y a que ceux qui ne cherchent pas de travail qui n'en trouvent pas dans la capitale.
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J'ai peut-être une explication qui est, en partie, basée sur l'expérience : pour avoir travaillé dans la grande distribution de nombreuses années, j'ai eu affaire à certains de ces jeunes de banlieue. Ils venaient occuper des postes sans qualification mais ils restaient rarement : soit parce qu'ils ne supportaient pas les contraintes du monde du travail, soit parce qu'ils ne savaient pas parler correctement le français ou ne savaient pas respecter un minimum de codes sociaux (vis à vis de la clientèle, les zyva et les batards, ça fait désordre !) ; enfin, certains d'entres eux qui venaient travailler au volant d'une mercedes à 50 000 euros ne comprenaient pas bien les "bouffons" qui étaient prêt à travailler pour 1000 euros alors qu'avec un peu de débrouille, ils pouvaient gagner dix fois plus sans efforts.


Je ne comprends pas non plus pourquoi nos élites sont aujourd'hui étonnées du comportement violent et irresponsable des jeunes de banlieue alors que, depuis 25 ans, elles ont encouragé les français à ne plus avoir de complexe vis-à-vis de l'argent, à justifier toutes les brutalités économiques et sociales par la fameuse loi du marché, à chanter à qui veut l'entendre que les fonctionnaires sont des parasites fainéants et privilégiés, à inonder les écrans de télévisions de séries US ou d'émissions qui prônent la loi du plus fort, à affirmer que la nation (et donc le sens du collectif) est une notion obsolète et que seule l'efficacité économique compte. Résultat : nos banlieusards ne pensent qu'au fric facile, s'en prennent aux institutions et agressent les représentants de l'Etat. CQFD
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Nos jeunes des "quartiers" sont les enfants légitimes de ces docteurs Frankenstein, de véritables incarnations vivantes des théories ultra-libérales professées par nos gouvernants : individus qui ont pour seul objectif de s'enrichir par les moyens les plus simples et les plus rapides avec le minimum d'effort, le minimum d'investissement. Toute contrainte, qu'elle soit morale, sociale, institutionnelle ou sentimentale, est un obstacle au profit et donc superflue. Belle leçon d'efficacité économique ! 4e8a3382ac0120a6d9b8bf555ffb141c.jpg
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Cependant, une question se pose : combien de temps une société peut-elle survivre à une telle mentalité ?