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07/08/2007

Mondialisation, islam et enjeux stratégiques pour la France.

Article tiré des ouvrages de Pierre Marie Gallois

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1 Paradoxalement, le libéralisme anglo-saxon rivalise avec l'ex-internationale marxiste-léniniste dans la mesure où il a pour objectif l'affaiblissement des États, la suppression des frontières, l'effacement des particularismes nationaux en vue d'élargir au maximum l'étendue du marché, l'économie remplaçant, par ses exigences, l'idéologie, et les profits d'une minorité, la répartition générale des produits du travail.

Ce n'est plus l'objectif social et politique qui est visé mais la réussite financière de l'entreprise, celle-ci se substituant au « parti » et à son rayonnement international. La souveraineté des États-nations veillant au mieux-être de leurs populations respectives est, évidemment, un obstacle à la généralisation de cette forme agressive du libéralisme. Elle n'a que faire des intérêts nationaux.
Devoir de vérité, p. 31

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2
La maîtrise du marché mondial - à des fins plus politiques, d'ailleurs, qu'économiques - est un objectif lointain, mais évident de la politique des États-Unis. Ce grand dessein implique la fin des particularismes économiques et sociaux formés au cours des siècles dans le cadre général de la nation, selon la volonté des hommes et la nécessité de vivre ensemble, sous les mêmes lois, sur un territoire souvent délimité par la nature. « Une grande agrégation d'hommes [...] crée une conscience morale qui s'appelle une nation », a écrit Ernest Renan.

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La mondialisation de la connaissance a imposé à l'État-nation, entre autres missions, de créer pour ses ressortissants les conditions d'un « mieux-vivre » progressif, rapprochant la sienne des quelques sociétés où les citoyens vivent libres et prospères. Jusqu'à ces derniers temps la pratique de la démocratie n'avait pas été entravée par cette forme de structure politique et sociale. Bien au contraire l'État-nation avait été à l'origine de la démocratie et il en demeurait le gardien. Rassemblant les ressources nationales pour les répartir au profit de tous les siens, il protégeait leurs activités à ses frontières, qu'elles soient militaires ou, s'il arrive que leur intérêt le commande, économiques.

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Vue par ses bénéficiaires, la mondialisation n'admet pas de se heurter à de tels obstacles et, s'en prenant à l'État-nation, elle s'attaque à la souveraineté populaire. Ses partisans substitueraient volontiers aux États-nations - déclarés d'un autre âge - des territoires de consommateurs dociles, ne produisant que pour être en mesure de se porter acquéreurs. Aussi l'État est-il vilipendé. Son omnipotence lui est reprochée dans le même temps que ses carences. Et aussi ses limitations et son coût, ses empiétements et ses défaillances.
Ibidem, p. 35-36

3
Passant en revue les causes du dépeuplement de la France Solène Doucet mentionne, à juste titre, l' allongement de la durée des études, la chute du nombre des mariages et l'instabilité qui en résulte, les naissances hors mariage limitées par la précarité du couple, et la légalisation de l'avortement, probablement plusieurs centaines de milliers par an, l'ensemble amenuisant la descendance. Si depuis 1975, les femmes ont acquis 3 millions d'emplois, les hommes en perdant 1 million, en revanche, le taux d'activité des femmes passe de 75 % à moins de 40 % lorsqu'elles ont chacune deux à trois enfants à charge, estime Béatrice Majnoni d'Intignano. La collectivité nationale - dans la mesure où elle existe encore - n'a rien à gagner à une pareille généralisation du travail à temps partiel. Les femmes au travail non plus, si bien que s'impose l'impasse aux naissances.

L'intervention de l'État, ou plutôt sa non-intervention, accélère le dépeuplement national. C'est ainsi qu'à des fins électorales, afin de « ratisser large », selon une expression couramment utilisée, la part des allocations accordées sous conditions de ressources - donc indépendamment des enfants à charge - qui était de 13,6 % en 1970 est passée à 66,5 % en 1998. En 1976, la part des prestations familiales qui était de 2 % du PIB est tombée à 1,4 % vingt ans plus tard.
Ibidem, p. 45-46

4
En 1997, Paul Lambert publia un ouvrage magistral sur l'immigration en France. Il était politiquement non conforme, c'est pourquoi les médias se gardèrent d'inciter les Français à en prendre connaissance. Pourtant, l'auteur exposait à la fois les causes et les conséquences de l'immigration massive et proposait des mesures capables d'y mettre un terme, dans l'intérêt de la France mais aussi à l'avantage des pays d'origine des migrants.

En Vème République dévoyée, les propositions de Paul Lambert ne pouvaient être prises en considération. C'eût été aller à l'encontre du dessein des « élites politiques » du pays cherchant à accélérer le déclin de la nation afin d'en faire une région, éventuellement elle-même morcelée, de l'Europe politique.
Le coût des mesures sociales que nécessite l'immigration et celui du chômage qui en résulte, ajouté aux charges créées par le vieillissement de la population, absorbent une part importante des ressources de la nation, réduisant d'autant celles qu'elle aurait dû consacrer au développement scientifique, industriel, commercial, la préparant ainsi à devenir une région.
Ibidem, p. 101-102

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6
Divers, divisés, souvent opposés les uns aux autres, avant tout soucieux de défendre leurs intérêts individuels, les pays musulmans n'en ont pas moins une doctrine commune, confessionnelle, dans une certaine mesure plus déterminante que ne l'avait été, naguère, la chrétienté. Cette doctrine récemment (en 1970), Alija Izetbegovic, futur président de Bosnie-Herzégovine, l'avait définie dans sa Déclaration islamique :

La plus brève définition de l'ordre islamique le définit comme l'unité de la foi et de la loi... Le Musulman n'existe pas en tant qu'individu. S'il veut vivre et demeurer musulman il doit créer un milieu, une communauté, un ordre. Il doit transformer le Monde, ou alors c'est lui-même qui sera transformé. L'Islam est une croyance et en même temps une philosophie, une éthique, un Ordre des choses, un style, une atmosphère. En un mot, une manière de vivre intégrale.

L'ordre islamique, c'est l'unité de la croyance et de la politique. D'où des conclusions importantes. La première est sans doute l'impossibilité du lien entre l' Islam et d'autres systèmes non islamiques. Il n'y a pas de paix, ni de coexistence entre la religion islamique et les institutions sociales et politiques non islamiques... L'Islam exclut clairement le droit et la possibilité de la mise en œuvre d'une idéologie étrangère sur son territoire. Il n'y a donc pas de principe de gouvernement laïque et l'État doit être l'expression et le soutien des concepts moraux de la religion.

Nous ne commencerons pas par la conquête du pouvoir mais par la conquête des hommes [...] nous devons être, tout d'abord, des prédicateurs et, ensuite, des soldats... Le mouvement islamique doit, et peut prendre le pouvoir dès qu'il est numériquement assez fort pour qu'il puisse non seulement détruire le pouvoir non islamique existant mais aussi être en mesure de construire ce nouveau pouvoir islamique.

Article tiré du site: denistouretne

21/02/2007

Du conformisme de la pensée politique française.

Cher Touriste,
Il me semble qu'il y a une certaine confusion dans votre esprit. Mon propos n'était pas de défendre Mr Sarkozy mais une certaine conception de la société.
Je pense, comme vous, que les idées de Mr Sarkozy sont à combattre dans la mesure où elles représentent une vision anglo-saxonne de la société : communautarisme, profit comme idéal et ciment de la société, non prise en compte des inégalités de fait entre les hommes (celui qui veut réussir peut aller très haut).

Par contre, je pense que votre raisonnement, s'il semble logique, repose sur une succession de préjugés qui me semblent contestables.

1- Contrairement à vous, je pense que la légitimité des institutions républicaines en général, et de la
police en particulier, est remise en cause actuellement. Pas au travers de débats, mais de manière larvée, liée à la survivance de vieilles idéologies fumeuses dans l'esprit des élites françaises. Pour preuve (parmi tant d'autres), cette émission de débat politique sur une chaîne publique (Français votez pour moi, le 30/01/2007). Un reportage mettait face à face un policier et un "jeune" des cités, chacun s'exprimant face à l'autre. Ce reportage est vite devenu un réquisitoire à charge contre le policier, le "jeune" endossant le rôle du procureur, défendant les opprimés des banlieues. Le policier étant, bien entendu, obligé de justifier ses actions devant cette personne. Je ne referais pas l'argumentation sur la police et sur les représentants de la collectivité ; je rappelle que la démocratie ne s'exprime pas dans les rues et les banlieues, ni sur les plateaux de télévision. Cela prouve bien la confusion sur les rôles de chacun : un policier n'est pas un assistant social, ni un médiateur. Il est là pour faire respecter la loi. A chacun son métier..
Des structures de domination sont inévitables dans une société, même si ce terme effraie vos chastes oreilles et vous donne mauvaise conscience. Je répète que l'alternative à une structure de domination démocratiquement consentie n'est pas la libération et le bonheur de l'homme, mais soit la barbarie, soit le totalitarisme (l'apparition du voile et du fondamentalisme musulman en est une preuve éclatante). Je vous invite à relire vos livres d'histoire contant la libération de l'homme par Lénine ou Marx ( Et pourtant le rêve d'anarchisme existait déjà ).

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2- Contrairement à vous, je n'aurais pas l'hypocrisie de rendre Mr Sarkozy seul responsable de la situation dans les banlieues. C'est un état de fait qui existe depuis au moins 20 ans. Les gouvernements précédents n'ont eu comme seule obsession à ce sujet de "ne pas faire de vagues" et donc de fermer les yeux sur les trafics en tout genre, la polygamie, l'excision, les mariages forcés, le grand banditisme voire le terrorisme et j'en passe...Ce qui leur permit d'éviter de régler le problème de la paupérisation dans ces quartiers : trop risqué pour leurs carrières.

3- Contrairement à vous, je ne pense pas que la question de la délinquance se règlera en nombre
d'effectif (la France disposant d'une des plus grandes proportions de policiers par citoyen en Europe) mais bien par la volonté politique. Celui qui ne veut pas mettre sa carrière en jeu n'a qu'une solution : jeter les problèmes sous le tapis.
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4- Contrairement à vous, je ne pense pas que la délinquance a pour seule cause la pauvreté et qu'elle est donc uniquement imputable à la société. Ma mère fut orpheline de guerre. Comme tant d'autres dans les années 50, elle a connu la misère (je précise la misère, pas la pauvreté) financière et affective bien éloignée de celle nos banlieusards médiatisés en Nike et blousons de cuir. Malgré cela, elle m'a toujours enseigné le respect de ce qui nous permet de vivre ensemble : la République, la démocratie, la loi, nos institutions, notre Histoire... Réduire le problème de la violence et de la délinquance à un problème économique et social est une vaste fumisterie, ou la répétition idiote d'un schéma de pensée stérile (marxiste en l'occurence) et souvent intéressé. Je pense, quant à moi, que ces problèmes sont également liés à une crise de représentation et de valeurs de la société française.

5- Contrairement à vous, je ne pense pas que la mondialisation soit la seule cause du délitement social. Au
début du XXème siècle, le volume des échanges entre les pays était à peu près équivalent à celui de notre époque (ce qui est l'une des explications de la crise de 1929). Pourtant, malgré la misère et la pauvreté qui existaient à l'époque, les français étaient fiers d'être français. Ils étaient attachés à leur Nation, à son Histoire et à sa culture. Je pense que la cause de la déliquescence sociale se touve plutôt dans le refus d'un peuple, mais d'abord et surtout de ses élites, d'adhérer aux valeurs de ce pays, chacun pensant à son propre intérêt. Malgré les beaux discours, il n'y a plus de citoyens ; il ne reste que des consommateurs, le principe de responsabilité envers la collectivité ayant totalement disparu au profit de la notion de confort personnel.

En conclusion, vous êtes représentatif d'un courant de pensée typiquement français qui refuse la notion de conflit. Vous pensez qu'en étant aimable, poli et compatissant, vous convertirez une crapule en agneau. Cette conception très "chrétienne" - ou très rousseauiste si vous préférez - ne démontre qu'une chose : vous prenez vos désirs pour des réalités. Vous analysez par syllogisme, vous refusez les contradictions inhérentes à la réalité qui pourraient s'opposer à votre vision des choses. Enfin, vous amalgamez les pauvres des cités aux crapules pour nous faire croire que ces derniers se révoltent au nom des démunis. Un délinquant ou un trafiquant ne défend qu'un intérêt : le sien.
Mais je vous rassure, vous êtes à l'image de 90 % de nos journalistes, intellos, et politiciens...Sauf que ses derniers trouvent beaucoup d'avantages à raconter de pareilles sornettes : cela leur évite de régler les problèmes à la source.

En réponse au commentaire:
http://pericles.midiblogs.com/archive/2007/02/15/en-reponse-a-une-vision-trop-largement-repandue-a-mon-gout.html